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Le syndrome de stress tibial médial
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Le syndrome de stress tibial médial

Vous trouverez ici tous les éléments nécessaires pour comprendre cette blessure, pour réaliser un examen clinique complet et pour effectuer une prise en charge en suivant les dernières recommandations EBP.
Mis à jour le :
13/1/2022

Avant-propos

Le syndrome de stress tibial médial (MTSS), communément appelé “périostite tibiale” ou encore “shin splint” est une pathologie qui se caractérise par une douleur située dans les deux tiers distaux du bord postéro-médial du tibia (Bliekendaal et al., 2018 ; Naderi et al., 2020; Reinking et al., 2017). Cette douleur peut survenir pendant ou après l’activité physique (Brown, 2016; Naderi et al., 2020).

Dans les premiers temps de la pathologie, la douleur apparaît dès le début de l’activité pour ensuite disparaître dans la suite de l’effort. Cependant, à un stade plus avancé, elle peut persister durant toute la durée de l’activité (Brown, 2016).
La lésion induisant cette souffrance se situerait au niveau de la jonction entre le périoste et le fascia (Saeki et al. 2017).
La pathologie sous-jacente au MTSS est incertaine : certains rapports suggèrent qu'il est dû à une fasciapathie (Johnell et al. 1982), tandis que des rapports plus récents chez des athlètes présentant un MTSS prolongé indiquent qu'il s'agit d'une lésion de surcharge osseuse. Ces études ont révélé des densités minérales osseuses tibiales réduites au niveau du site du MTSS, qui sont revenues à des valeurs normales après la disparition des symptômes (Magnusson et al. 2001 ; Magnusson et al. 2003). Une autre étude a mis en évidence des microfissures sans réponse réparatrice dans les biopsies prélevées sur les sites douloureux chez les athlètes atteints de troubles musculo-squelettiques (TMS), ce qui suggère une altération de la fonction de réparation osseuse (Winters et al. 2019).
En l'absence de preuves solides pour l'une ou l'autre des théories sur sa pathologie, le MTSS est considéré comme un syndrome de douleur clinique (Winters et al. 2017 ; Winters et al. 2018).

Introduction à la pathologie

Epidémiologie

C’est une pathologie courante associée à la mise en charge et touchant une large partie de la population active telle que les recrues militaires ainsi que les athlètes et sportifs récréatifs pratiquant la course à pied (Bliekendaal et al., 2018; Naderi et al., 2020; Reinking et al., 2017).
La prévalence du MTSS est élevée. En effet, elle se situe entre 13,6 et 20 % chez les coureurs (Naderi et al. 2020). Une étude de 2018 a montré qu'il s'agit de la blessure la plus fréquente chez les coureurs récréatifs : 16 % de toutes les blessures liées à la course à pied seraient dues au MTSS (Mulvad et al. 2018).

D’autres études montrent que le MTSS constituerait 9,5 % de toutes les blessures musculosquelettiques et 60% des blessures aux membres inférieurs chez les athlètes (Ohya et al. 2017 ; Orava et al. 1979).
Chez les recrues militaires, la prévalence se trouve entre 7,9 et 35 % selon Bliekendaal et al. (2018) et Garnock et al. (2018). Elle serait de 35 % chez les recrues navales selon Edama et al. (2017).

Selon Kakouris et al (2021),  les cinq principales pathologies avec les proportions d'incidence les plus élevées parmi les non-ultramarathoniens étaient la tendinopathie d'Achille, le MTSS la douleur fémoro-patellaire, la fasciite plantaire et l'entorse de la cheville (Kakouris et al. 2021). Il est intéressant de noter que dans leur étude de 2021, Balsamo et al, indiquent que les sprinteurs ont signalé plus de symptômes de MTSS que les coureurs d’endurance (Balsamo et al. 2021).


Pronostique

Le temps moyen nécessaire pour récupérer d’un MTSS était de 72 jours (Nielsen et al. 2014) et 70 jours (Mulvad et al. 2018) ce qui peut sembler long et nuire considérablement aux sportifs amateurs et professionnels (Beck. 1998).
Dans l’étude de Mulvad, la date de récupération était définie comme la date à laquelle le soulagement total de la douleur s'est produit, qui a ensuite été suivi d'au moins trois semaines sans douleur dans le site anatomique concerné (Mulvad et al. 2018).

Dans le seul essai contrôlé randomisé réalisé avec différents protocoles de traitement chez des coureurs de loisir, les coureurs ont mis en moyenne six mois à récupérer suffisamment pour terminer une course de 18 minutes consécutives à l'extérieur à une vitesse à laquelle la parole devient difficile avec un score < 4/10 sur l’EVA (Moen et al. 2012).

Dans une revue systématique, les auteurs indiquent que le temps de récupération approximatif est de 16 à 18 semaines chez les coureurs débutants et les coureurs récréatifs (Menéndez et al. 2020).

Il est important de garder à l’esprit que les définitions de “récupération” varient considérablement d’une étude à l’autre.

Ajoutons à cela le taux excessif de récidives (Garnock et al., 2018; Ohya et al., 2017) qui est estimé entre 20 et 32% selon Garnock et al. (2018).

Le MTSS est donc assez fréquent et récidivant, ce qui représente un vrai enjeu pour les professionnels de santé étant donné le temps d’invalidité qu’elle engendre chez les athlètes, les militaires et les sportifs récréatifs.

Quels sont ces facteurs de risques ? Prévention secondaire et tertiaire.

Le nombre important d’hypothèses et de facteurs de risques pourrait nous offrir une première idée de l’intervention à mener face à ce problème récurrent chez les sportifs, notamment chez les coureurs (Becker et al. 2018).
Selon Blaise Dubois, les facteurs de risques extrinsèques sont liés à l’exercice lui-même : le MTSS peut être associé à 2 causes distinctes. Elle peut, d’une part, apparaître à la suite d’un changement de chaussures, de surfaces ou d’une modification de la technique de course, de même que chez les coureurs dont l’impact du pied au sol est bruyant et, d’autre part, être le résultat d’une surcharge sur la chaîne postérieure occasionnée par toute activité inhabituelle qui amène davantage sur la pointe des pieds (par exemple courir plus vite, sauter, monter des côtes…) (Dubois et al. 2021).
Dans la littérature, il a également été mentionné le port de semelles orthopédiques, le nombre d’années de pratique de la course à pied, une précédente expérience de MTSS et une blessure lors de la pratique sportive (Reinking et al. 2017 ; Hubbard et al. 2009 ; Newman et al. 2013 ; Bliekendaal et al. 2018)

La semelle orthopédique : Newman et son équipe (2013) nous interpellent sur le lien causal entre l’utilisation de semelles orthopédiques et le développement de MTSS. La fonction de ces orthèses n’est pas clairement établie et comprise notamment pour la prévention. Elles sont prescrites dans un but correctif d’un mauvais alignement ou de soutien du pied. L’utilisation d’orthèses pourrait engendrer un déconditionnement de certains muscles du pied voire du membre inférieur. Cependant, la littérature n’aborde pas les faiblesses ou la fatigabilité musculaire parmi les facteurs de risques de MTSS. De plus amples informations sur les matériaux utilisés et leur utilité devraient être précisées pour tenter d’expliquer la variabilité d’effets des orthèses proposées. De manière générale, il semble que des semelles non adaptées lors du traitement ou préconisées en prévention du MTSS sont des facteurs de risques de celui-ci.
La clinique du coureur qui est devenue une référence mondiale dans la prévention des blessures de la course à pied indique par exemple que les technologies de contrôle de la pronation comme les densités plus importantes à l’intérieur de la semelle ne parviennent pas à réduire la pronation. Les experts précisent que le pied dans la chaussure fait bien ce qu’il veut. Ces semelles orthopédiques anti-pronatrices ne corrigent donc non seulement pas le supposé problème, mais pourraient également engendrer d’autres effets secondaires non souhaités (Dubois et al. 2019).

Le nombre d’années de pratique de course à pied : aucune des 2 variables d'entraînement (années d'expérience de course à pied et kilométrage d'entraînement hebdomadaire) n'était un facteur de risque de MTSS selon la méta-analyse de Reinking et al. (2017). L'hétérogénéité statistique des années de pratique de course à pied est élevée ; par exemple Hubbard et al. (2009) ont indiqué que moins d'années de pratique était un facteur de risque de MTSS alors que Lee et al. (2009) ont rapporté que plus d’années de pratique était un facteur de risque de MTSS.
Plisky et al. (2007) n'ont pas trouvé que les années de course à pied étaient un facteur de risque de MTSS chez les coureurs d’un lycée et Reinking et al. (2017) soulignent que le kilométrage hebdomadaire n'était pas un facteur de risque sur base des données regroupées provenant de 2 études (Hubbard et al. 2009 ; Lee et al. 2009).  

Une précédente expérience de MTSS est considérée par plusieurs auteurs (Hubbard et al. 2009, Newman et al. 2013, Reinking et al. 2017; Bliekendaal et al. 2018) comme un élément précipitant la récidive. Newman et al. (2013) rapportent un odd ratio (OR) global de 3,74 (IC à 95 % 1,17 à 11,91) pour les sujets ayant des antécédents de MTSS. Dans leur étude en 2018, Bliekendaal et al soulignent qu’il s’agit du facteur de risque le plus pertinent dans leur étude avec un OR de 5,03 (IC à 95 % 1,90 à 13,30) (Bliekendaal et al. 2018). L’argumentation en faveur de ce facteur serait dû à la différence de cicatrisation entre l’ensemble des organes tissulaires. En effet, les lésions de l’os observent une guérison bien plus longue que les tissus mous (structures myo-fasciales et tendineuses). Les douleurs cessent mais la corticale osseuse est fragilisée et sujette aux récidives.

Les antécédents de toute blessure de course à pied seraient également un facteur important pour le développement de MTSS d’après la revue systématique et méta-analyse de Reinking et al (2017). L'odd ratio groupé pour toute blessure en course à pied en tant que facteur de risque de MTSS était de 2,181 (Reiking et al. 2017).

Les facteurs de risques intrinsèques sont également nombreux. Parmi les plus récurrents, nous retrouvons le Body Mass Index (BMI), le sexe féminin, un pied pronateur et la chute de l’os naviculaire. Il existe cependant d’autres facteurs de risques faisant l’objet de discorde selon les études ou ne trouvant pas d’explication rationnelle en lien avec le MTSS. Ces potentiels facteurs de risques sont l’âge, l'habitude de fumer, la circonférence des jambes, la ROM (Range Of Motion) de la cheville, la ROM de la hanche en rotation médiale et latérale (hanche fléchie), la force musculaire de la hanche.

Le body mass index : la prise de poids d’un athlète a souvent été corrélée avec le risque de MTSS, Moen et al. (2009) parlent d’un BMI > 20,2. Dans leur revue systématique et méta-analyse, Reinking et al. (2017) ont également trouvé un effet poolé significatif, mais l'hétérogénéité étant modérée, les auteurs n’ont pas inclus l'IMC comme facteur de risque de niveau de confiance élevé pour le MTSS. Toutefois, il est important de noter que Reinking et al. (2017) ont constaté que l'augmentation du poids était un facteur de risque de MTSS lors de la mise en commun des résultats de 7 études de leur méta-analyse. Les mêmes auteurs ont indiqué que la différence de taille n'était pas un facteur de risque pour le MTSS. Par conséquent, les résultats de l'IMC en tant que facteur de risque rapportés par Hamstra-Wright et al. (2015) et par Newman et al. (2013) peuvent être liés aux différences de poids entre les groupes MTSS et non MTSS.

En 2018, Bliekendaal et al. rapportent également une relation significative entre un IMC plus élevé et un risque de MTSS avec un OR de 2,29 (IC à 95 % 1,02 à 5,16) pour le groupe avec un IMC supérieur à la moyenne. Selon Moen et al. (2009) et Hamstra-wight et al. (2015), il est important de clarifier que le BMI n’est pas un indicateur de masse graisseuse, surtout chez les sportifs, et que l’augmentation du BMI peut être due à la prise de masse maigre et/ou masse grasse. L'une des explications est liée à la réponse de l'os à la charge ou la contrainte, en particulier à l'inclinaison ou à la flexion du tibia, provoquant une hyperstimulation du périoste. Les micros lésions engendrent une réorganisation de l’os dans un but de consolidation en réponse à la surcharge osseuse. Le poids n’est pas le seul facteur de contraintes. En effet, les muscles ayant un rapport direct (insertion sur le périoste) ou indirect (s’insérant sur les fascias en lien avec le périoste) sont également responsables de l’ostéogenèse. Un déséquilibre entre micro-dommage et régénération de l’os peut apparaître. L’os étant adaptable, une progression de la charge d’exercice peut être intéressante en fonction du BMI de chacun·e et de leurs historiques face à cette atteinte. Un BMI plus élevé demanderait ainsi une progression plus longue dans les activités sportives.

Le sexe féminin est un FDR fréquemment mis en évidence dans la littérature scientifique. Certains auteurs indiquent en effet que les femmes ont 2,35 (IC à 95 % 1,58 à 3,50) (Reinking et al. 2017) et 1,71 (IC à 95 % 1,15 à 2,54) (Newman et al. 2013) fois plus de risques de développer un MTSS par rapport aux hommes. En 2018, Bliekendaal et al. ont trouvé un risque relatif de 3,14 (IC 95% 1,39 à 7,11) pour le sexe féminin (Bliekendaal et al. 2018). On ne sait pas pourquoi les femmes sont plus prédisposées à développer le MTSS. Plusieurs hypothèses sont avancées sur la cinématique et les patterns de mouvements à la course ainsi que les troubles menstruels très souvent associés à une diminution de la densité minérale osseuse. Les femmes ayant de base une densité osseuse basse, seraient donc beaucoup plus à risque de développer des MTSS. Ce critère étant également retrouvé pour la fracture de stress du tibia (SF) (Moen et al., 2009 ; Newman et al.,2013).

Une chute du naviculaire plus importante a émergé de la méta-analyse de Reinking et al. (2017) en tant que facteur de risque de MTSS, ce qui est cohérent avec les résultats de Hamstra-Wright et al. (2015) et de Newman et al. (2013). La mesure de la chute de l’os naviculaire est utilisée par les cliniciens comme mesure de la pronation du pied (Mueller et al. 1993) et il a été démontré qu'elle a une relation avec le mouvement de l'arrière-pied pendant la marche (McPoil et al. 1996). Sur les 8 études incluses dans la méta-analyse de Reinking et al. (2017) pour la chute naviculaire, 5 ont rapporté une chute du naviculaire significativement plus importante dans les groupes MTSS (McPoil et al. 2008 ; Bennett et al. 2001 ; Moen et al. 2012 ; Raissi et al. 2009 ; Rathleff et al. 2012) (groupe MTSS : intervalle, 6,0-7,7 mm ; athlètes non blessés : intervalle , 3,6-5,4 mm). Dans 2 des 3 autres études de la méta-analyse (Hubbard et al. 2009 ; Yagi et al. 2013), le groupe MTSS avait une valeur de chute naviculaire plus élevée que le groupe non-MTSS, mais la différence n'était pas significative. Plisky et al n'ont trouvé aucune différence dans le pourcentage d'athlètes avec MTSS qui avaient une chute naviculaire > 10 mm par rapport aux athlètes sans MTSS (Plisky et al. 2007).
En 2018, Bliekendaal et al n’ont également trouvé aucune relation significative entre la chute du naviculaire et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).
Il nous semble important de préciser que la clinique du coureur soutient qu’un pied en pronation n’est pas un problème (Dubois et al. 2019). En effet, les experts de la course à pied indiquent que les particularités cinématiques et anatomiques (pronation, supination, pieds plats, pieds creux, etc.) ne sont pas la cause des blessures si elles ne sont pas nouvellement apparues. Les auteurs soulèvent en effet une question pertinente : “comment une particularité présente depuis toujours chez un coureur deviendrait soudainement la cause d’une nouvelle douleur ?”. Pour ces experts, le coureur “pronateur” n’est pas plus à risque de blessure que le coureur “universel” et ce, que sa chaussure intègre ou non un système de contrôle de la pronation (Dubois et al. 2019).

La ROM de la hanche, en position genou et hanche fléchis à 90°, est un FDR fréquemment cité. Cependant de nombreuses discordes surviennent entre les auteurs de différentes revues de littératures et méta-analyses concernant le sexe associé à ce facteur, le type de rotation (interne ou externe), la modalité de prise de mesure (passive ou active) et tout simplement sur son association supposée avec un MTSS.
Selon Moen et al. (2009), l’augmentation de la ROM en RI et RE est un FDR à prendre en compte malgré l’absence de solides explications à celui-ci. Dans l’étude en question, les différences observées entre le groupe expérimental et témoin sont de 8 à 12°.
Newman et al. (2013) présentent la rotation externe de hanche en position fléchie à 90° lors d’un mouvement passif comme FDR mais uniquement chez les hommes, puisque serait non significatif chez la femme.
Hamstra-Wright et al. (2015) s’accordent sur 2 hypothèses : une non-modifiable et une modifiable. La première étant liée à l’anatomie du col fémoral avec un angle anté ou rétroversé modifiant la biomécanique du fémur sur le tibia. La seconde concerne l’équilibre entre la ROM en RI et RE ainsi que l’amplitude totale. Pour ces auteurs, ces facteurs doivent être pris en compte dans un objectif de prévention voire de traitement du MTSS en attendant des recherches plus approfondies. De manière générale, l’ensemble des auteurs se mettent d’accord sur le fait que les mécanismes en cause pour ce FDR ne sont pas clairs.
Dans leur revue systématique et méta-analyse de 2017, Reinking et al ont également indiqué qu’une plus grande rotation externe de la hanche avec la hanche fléchie constituait un facteur de risque de développer un MTSS. En revanche, ils n’ont trouvé aucune relation significative avec la ROM interne de hanche.

En 2018, Bliekendaal et al. n’ont pas trouvé de relation significative entre la ROM en RE/RI de hanche et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).

Les ROM de cheville en flexion dorsale (FD) et plantaire (FP) observent de nombreuses contradictions sur ce critère.
Une ROM en FP est analysée comme significativement plus grande dans le groupe avec MTSS au sein de l’étude prospective de Hubbard et al. (2009).
À contrario, il a été montré qu’une diminution de la ROM en FP était retrouvée chez les personnes atteintes. Newman et al. (2013) n’attribuent aucun effet de l’augmentation ou la diminution de la ROM en flexion dorsale dans le processus de MTSS. Pour eux, l’augmentation de la raideur des fléchisseurs plantaires n’est qu’une conséquence du MTSS et non une de ces causes. Ainsi, malgré ce constat, un des axes de traitement et de prévention serait le gain de mobilité et l’assouplissement du pied et de la cheville selon Newman et al. (2013), bien qu’ils ne traitent pas de cette partie du sujet.
Plus récemment, Hamstra-Wright et al. (2015) ont affirmé qu’une augmentation accrue de la flexion plantaire est un FDR car : la position du pied étant modifiée, la pose d’appui sur l’avant pied intensifie les contraintes en postéro-médial du tibia associant chute du naviculaire et augmentation de la ROM active en FP. En effet, celle-ci est permise par une extensibilité importante des releveurs notamment du tibial antérieur dont l’insertion se trouve sur l’articulation cunéo-métatarsienne du premier rayon. Ainsi en position neutre du pied, ce muscle ne permettrait pas de suspendre la voûte et donc nous observerions une chute du naviculaire.
L’idée préventive que nous retrouvons derrière est une ré harmonisation des muscles antagonistes, le tibial antérieur étant un muscle clé pour ré-établir le contrôle neuro-musculaire dans ce mouvement.
Un besoin incontestable de nouvelles études est déclaré dans chacune de ces sources.
En ce qui concerne la ROM en Flexion dorsale, la revue de littérature de Moen et al. (2009) suggère que la réduction de la ROM en FD n’est pas un FDR de développement du MTSS, tandis que Becker et al. (2017) avancent la diminution de cette ROM comme facteur de risque lié à la cascade d’évènements biomécaniques. En effet, ils démontrent une durée d’éversion du pied plus longue avec une réduction de la ROM en dorsiflexion, un arrière pied plus éversé lorsque le talon quitte le sol et un angle du tibia plus grand en varus. Ces caractéristiques ayant un enchainement particulier de conséquences potentielles : plusieurs auteurs suggèrent qu’un manque de dorsiflexion peut impliquer un équin fonctionnel, surmonté d’un angle en varus du tibia plus important, pouvant nécessiter une compensation en pronation pour garder une stabilité au sol de l’avant pied.
Cette cascade de facteurs biomécaniques vient appuyer les arguments en faveurs du stress tissulaire évoqué dans l’article de Saeki et al. (2018). Selon lui, la raideur des muscles de la loge postérieure profonde (Long Fléchisseur des Orteils (LFO), Tibial Postérieur (TP)) ainsi que le Soléaire induirait une traction du fascia crural se traduisant par un stress tissulaire important engendré par de fortes contraintes.

De Blaiser et al., 2017 propose le « core stability » comme FDR de blessure des membres inférieurs chez les athlètes. Cette revue inclut notamment 2 études : Verrelst et al. (2013) et Verrelst et al. (2014) portant sur les douleurs du tibia en médial à l’effort et la relation avec le contrôle neuromusculaire du « core » (ou complexe adbo-lombo-pelvien). Ce qui renforce l’intérêt envers la prévention du MTSS. De la sorte, un travail en « core stability » permettrait également d’augmenter la stabilité à distance.

Il existe des suppositions quant au rôle de la force des muscles de la hanche sur les blessures du membre inférieur. Différents auteurs ont travaillé sur ce sujet avec différentes pathologies. Mais certains d’entre eux se contredisent. Verrelst et al. (2013) dans leur étude prospective affirment que la diminution de force des muscles de la hanche est un facteur de risque pour le développement de l’EMTP (Exertional medial tibial pain), notamment chez la femme. Javdaneh et al. (2014) ont étudié l’impact de la force des muscles de la hanche sur le pied hyper-pronateur. Ils précisent dans leur étude que l’hyperpronation est retrouvée dans diverses atteintes du membre inférieur, le MTSS y est mentionné comme nous avons pu le constater précédemment. Il résulte de cette étude que la force des abducteurs et rotateurs externes jouent un rôle contre ce phénomène. Une autre étude poursuivie par Goo et al. (2016) va dans ce même sens en y ajoutant une relation entre la force du gluteus maximus et de l’abductor hallucis pour prévenir la chute du naviculaire.
En 2018, Bliekendaal et al. n’ont pas trouvé de relation significative entre la force d'adduction et d'abduction de la hanche, le rapport de force d'adduction-abduction de la hanche et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).

Dans leur étude de 2018, Bliekendaal et al ont trouvé des résultats en contradiction avec le reste de la littérature concernant l'âge comme facteur de risque de développer un MTSS. La littérature rapporte systématiquement que l'âge n'est pas associé à un risque accru (Reinking et al. 2017). Or Bliekendaal et al indiquent un OR de 0,31 (IC à 95 % 0,13 à 0,76) pour le groupe d'âge supérieur à la moyenne dans leur population. Les auteurs soulignent également que les observations de la pratique vont dans le sens de ce résultat (Bliekendaal et al. 2017). L'une des raisons de cette constatation est que les élèves plus âgés sont plus susceptibles de subir une blessure aiguë aux membres inférieurs que les élèves plus jeunes (Bliekendaal et al. 2017). Les élèves plus âgés et blessés peuvent être moins activement impliqués dans le programme sportif et donc moins susceptibles de développer un MTSS. Cependant, ils manquent clairement de données pour étayer cette justification (Bliekendaal et al. 2019).

Un facteur de risque proposé pour contribuer au développement du MTSS, qui pourrait être modifié, mais qui n'a pas encore été largement exploré, est la réduction de la circonférence des jambes (Burne et al. 2004). Les chercheurs suggèrent que la réduction de la musculature de la jambe altère la capacité de la jambe à moduler les contraintes tibiales causées par les forces de réaction au sol pendant la phase d'appui de la course, exposant les individus à un risque de développer un MTSS (Burne et al. 2004).
Les chercheurs ont utilisé deux protocoles pour mesurer la circonférence des jambes :
(i) la circonférence de la jambe maigre
(ii) la circonférence maximale de la jambe
La circonférence de la jambe maigre est la circonférence maximale de la jambe mesurée pendant qu'un participant est debout, corrigée de l'épaisseur du tissu adipeux (Burne et al. 2004 ; Moen et al. 2012). La circonférence maximale des jambes est une mesure de la circonférence des jambes, debout, non corrigée (Clément. 1974 ; Moen et al. 2012 ; Sobhani et al. 2015).  
Bien que la circonférence des jambes fournisse une mesure globale de la masse musculaire, elle ne fournit pas de détail sur la composition structurelle ou la capacité fonctionnelle des muscles des jambes. Par conséquent, il est impossible de savoir quels muscles spécifiques des jambes pourraient être compromis chez les personnes atteintes de MTSS ou comment cela pourrait affecter la fonction des membres inférieurs.  
Une étude cas-témoin de 2021 réalisée par Mattock et al ont rapporté que bien que la circonférence de la jambe inférieure soit considérée comme un facteur de risque associé au développement du MTSS, leurs résultats ont montré que la circonférence maigre de la jambe inférieure ne différait pas significativement entre les membres symptomatiques et les membres témoins. Les résultats de leur étude suggèrent que bien que l'épaisseur du soléaire et la CSA  (section transversale) du long fléchisseur de l’hallux soient plus faibles dans les membres symptomatiques, ces tailles plus petites sont probablement compensées par un gastrocnémien latérale (GL) plus épais et, dans une moindre mesure, l'épaisseur du gastrocnémien médial (GM), masquant toute différence de circonférence de jambe entre les groupes (Mattock et al. 2021).

De manière générale, il existe des difficultés à baser les protocoles de traitement MTSS sur ces supposés “facteurs de risque” actuels car nombre d'entre eux ne peuvent pas être modifiés. De plus, il n'y a pas de preuve de haute qualité pour l'effet d'une intervention actuelle dans la gestion du MTSS sur la base des “facteurs de risque” (Winters et al. 2013).

Habitude de fumer : l’étude de Sharma met en évidence la proportion plus importante de personnes qui fument dans le groupe MTSS que dans le groupe sain (NMTSS). En effet, le groupe MTSS a 67,6% de personnes fumeuses contre seulement 24,2% dans le groupe NMTSS. Le résultat est statistiquement significatif (p=0,001) (Sharma et al. 2011).

Etiologie et physiopathologie

Comme nous l’avons dors et déjà mentionné plus haut, l'étiologie et la physiopathologie du MTSS n'ont pas été définitivement établies.
En effet, aucun consensus n’a été trouvé pour l’instant (Brown, 2016; Craig, 2008; Franklyn & Oakes, 2015; Madeley et al., 2007; Naderi et al., 2020; Nakamura et al., 2019). Néanmoins, deux modèles physiopathologiques dominent dans la littérature (Edama et al., 2017; Naderi et al., 2020; Stickley et al., 2009).
Le premier modèle est celui de la réaction au stress osseux. Celui-ci évoque que le remodelage osseux, dû au stress répétitif durant l’exercice, est inapproprié (Moen et al., 2009; Naderi et al., 2020). Les flexions plantaires de cheville provoqueraient une adaptation osseuse au niveau de l’os tibial mais de façon mal adaptative (Brown, 2016; Edama et al., 2017). Pour Winters et al. 2019, le remodelage osseux associé aux microfissures est rarement observé dans les biopsies d'athlètes atteints du syndrome de stress tibial médial (Winters et al. 2019).
Le deuxième modèle est celui de la traction du fascia tibial. Ce modèle sous-entend que les muscles fléchisseurs plantaires exercent trop de tension sur le tibia et son périoste par un phénomène de traction (Naderi et al., 2020; Ohya et al., 2017; Stickley et al., 2009). Ce serait également le cas pour leurs fascias qui exercent aussi une traction sur le tibia et son périoste, ce qui occasionne une douleur ressentie au niveau du bord médial du tibia, au site le plus courant de MTSS (Edama et al., 2017; Ohya et al., 2017).
En effet, les contractions répétées de ces muscles provoqueraient des tractions qui déclencheraient à leur tour un MTSS et une myosite (Edama et al., 2017).
Ce dernier modèle suggère donc qu’un ou plusieurs muscles ainsi que leurs fascias sont impliqués. Cependant, il existe des résultats contradictoires entre les différentes études de dissection qui ont analysé quelles structures sont directement insérées au niveau du bord médial du tibia, soit le site principal des symptômes du MTSS (Brown, 2016; Edama et al., 2017; Franklyn & Oakes, 2015; Stickley et al., 2009).


Si nous devions résumer, il semble effectivement que le MTSS soit une blessure complexe. Son étiologie n’est pas certaine, les facteurs contribuant à son apparition sont vraisemblablement nombreux, la prévalence dans la population sportive et militaire est élevée, le taux de récidive est également élevé. Elle touche toutes sortes de sports nécessitant d’être en charge, et la durée moyenne de récupération est longue, mettant à mal la compétitivité des sportifs et le travail optimal des militaires. La meilleure solution actuellement semble donc de prévenir son apparition, ce qui implique de mieux comprendre les mécanismes qui en découlent.

Muscles impliqués dans le MTSS

Stickley et al., (2009) ont disséqué seize cadavres adultes dans le but de définir le pourcentage d’insertions sur les tiers moyen et distal du bord médial du tibia des muscles soléaire et long fléchisseur des orteils, et du fascia crural profond (DCF).

Ils ont déterminé que seul le DCF s’insère suffisamment sur le bord médial du tibia, en particulier dans son tiers distal, ce qui correspond au site le plus fréquent des symptômes du MTSS. Ils en ont conclu que le soléaire, le tibial postérieur et le long fléchisseur des orteils ne peuvent pas participer à la traction responsable du MTSS, contrairement au DCF. Ces résultats sont partiellement en accord avec ceux de Beck & Osternig (1994) et contredisent ceux de Saxena et al. (1990). En effet, l’absence d’insertion des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils le long du bord médial du tibia rejoint les observations de Beck & Osternig (1994), mais ces derniers en ont conclu que le soléaire est la seule structure musculaire capable, théoriquement, de développer les tractions associées au MTSS.

Stickley et al. (2009) ne jugent pas le soléaire capable de participer à ces tractions étant donné les résultats de leur étude. Saxena et al. (1990) ont conclu que le muscle tibial postérieur s’insère au bord médial du tibia et pourrait être responsable du développement du MTSS.
Brown (2016) a disséqué treize cadavres afin de définir quels muscles s’insèrent à l’emplacement le plus souvent douloureux lors du MTSS. Il stipule que le muscle tibial postérieur ne s’y insère pas et que le muscle soléaire a une plus grande proportion d’insertion que le muscle long fléchisseur des orteils, ce qui rejoint les résultats de Michael & Holder (1985) et de Beck & Osternig (1994), et contredit à nouveau ceux de Saxena et al. (1990). Brown (2016) conclut que si les tractions sont bien responsables du MTSS, alors les muscles soléaire et long fléchisseur des orteils en sont la source la plus probable et que le muscle tibial postérieur n’est pas impliqué.
Comme nous l’avons vu précédemment, le sexe féminin est un facteur de risque bien connu du MTSS (Bliekendaal et al., 2018; Edama et al., 2017; Nakamura et al., 2019; Reinking et al., 2017; Yagi et al., 2013).
Edama et al. (2017) ont disséqué 55 cadavres afin de vérifier s’il existe des différences anatomiques au niveau des insertions musculaires et du fascia crural entre les sexes. Ils ont constaté chez les deux sexes que le muscle long fléchisseur des orteils a une proportion d’insertion, aux tiers moyen et distal du bord médial du tibia, plus élevée que le soléaire. Cette constatation ne rejoint pas les résultats de Beck & Osternig (1994) qui, eux, ont stipulé que le FDL ne s’attache pas aux tiers moyen et distal. Chez les cadavres féminins, la proportion d’attache du soléaire aux tiers moyen et distal est plus importante que chez les cadavres masculins.
Plus récemment, Nakamura et al. (2019) ont observé les proportions d’insertions des muscles soléaire et long fléchisseur des orteils aux tiers moyen et distal du bord médial du tibia de cinquante sujets vivants, en utilisant l’échographie. Ils ont constaté que la proportion d’attachement du FDL est de 100 % chez les deux sexes et que la proportion d’insertion du soléaire est plus importante chez les femmes par rapport aux hommes. Ces résultats sont similaires à ceux de Edama et al. (2017). Quel que soit le sexe, il n’y avait pas de différences significatives dans la proportion d’insertion du soléaire avec ou sans antécédent de MTSS, dans l’étude de Nakamura et al. (2019). Les chercheurs ont donc suggéré que les insertions du soléaire pourraient ne pas être impliquées dans le développement du MTSS, contrairement au FDL (Nakamura et al. 2019).

Les résultats des études se contredisent et aucun consensus n’est présent actuellement. Il est donc difficile de savoir précisément quelle structure est réellement la cause du MTSS. Le faible nombre de sujets analysés dans la majorité des études ne donne que peu de poids aux résultats des auteurs.

La force et l’activation musculaire dans le MTSS

Rathleff et al. (2011) ont comparé la structure de la variabilité de la chute naviculaire dynamique moyenne (dNH) et le signal de l’électromyographie de surface (SEMG) des muscles soléaire et tibial antérieur entre un groupe de patients atteints de MTSS et un groupe témoin.
Ils ont remarqué que la mesure de la dNH est moins variable chez les patients ayant le MTSS, mais que l’activité musculaire du soléaire et du tibial antérieur a un signal SEMG moins régulier et donc plus variable. L’activité musculaire du muscle soléaire est également plus faible chez les sujets atteints de MTSS, ceci est probablement due à la douleur selon Rathleff et al. (2011).
Les auteurs ont confirmé que les patients atteints de MTSS sont caractérisés par une diminution de la variabilité de la cinématique du milieu du pied et par une variabilité augmentée du signal SEMG du soléaire et du tibial antérieur.
Rathleff et al. (2011) rappellent que la conception de leur étude ne permet pas de déduire une relation de cause à effet.
Yüksel et al. (2011) ont mesuré ́ la force des muscles inverseurs et éverseurs de la cheville dans un groupe de patients ayant un MTSS et un groupe témoin non pathologique. La force concentrique a été mesurée de façon bilatérale en isocinétisme. Les auteurs ont déterminé que la force d’éversion est plus élevée dans le groupe MTSS, mais qu’il n’y a pas de différences entre les groupes en ce qui concerne la force d’inversion. Yüksel et al. (2011) expliquent que lorsque le pied touche le sol, un moment d’éversion plus grand implique une plus grande pronation du pied, ce qui pourrait entrainer une surcharge au niveau du muscle soléaire.

Saeki et al. (2017) ont mesuré la force musculaire de la première articulation métatarso-phalangienne (MTPJ) et de la flexion plantaire du deuxième au cinquième MTPJ chez des coureurs ayant des antécédents de MTSS.
Ils ont également mesuré le couple maximal de contraction isométrique volontaire (MVIC) de la flexion dorsale et plantaire, ainsi que de l’éversion et de l’inversion.

Le MVIC de la flexion plantaire du premier MTPJ est significativement plus élevé chez les coureurs ayant des antécédents de MTSS que chez les coureurs sans antécédents. Il n’y a pas de différences significatives pour la flexion plantaire du deuxième au cinquième MTPJ, ni pour le MVIC des autres mouvements.
Saeki et al. (2017) expliquent qu’il est possible que les coureurs avec des antécédents de MTSS adoptent une stratégie de réduction de la charge au niveau du bord médial du tibia. L’utilisation majorée du FHL, au détriment du FDL, permettrait d’éviter la douleur que cause la contraction du FDL. Il serait donc logique que le MVIC du premier MTPJ soit supérieur aux MVIC du deuxième au quatrième MTPJ.
Un antécédent de MTSS augmenterait donc la force isométrique du FHL.
Les résultats concernant la force isométrique rejoignent ceux de Hubbard et al. (2009) qui stipulent que la force isométrique de la cheville n’est pas liée au développement du MTSS.

Naderi et al. (2020) ont comparé l’activité des muscles soléaire et tibial antérieur pendant la course à pied, entre des coureurs ayant des antécédents de MTSS et des coureurs n’ayant pas d’antécédent. Ils ont mesuré la posture statique et dynamique du pied, ainsi que les signaux EMG de ces deux muscles. La posture statique a été mesurée via l’indice de posture du pied (FPI), qui permet de quantifier le degré de supination ou de pronation du pied.
La posture dynamique a été mesurée via l’indice dynamique de la voûte plantaire (DAI) qui est un rapport de la zone de contact du milieu du pied par rapport à l’ensemble de l’empreinte.
Ils ont déterminé que le score DAI du groupe MTSS est significativement supérieur à celui du groupe témoin. Il n’y a pas de différence significative entre les groupes concernant le FPI.
Le signal EMG du muscle soléaire est plus élevé dans le groupe MTSS, pendant la phase d’absorption et pendant la phase de propulsion. L’amplitude de pointe du signal EMG du soléaire est plus élevée chez les personnes ayant des antécédents de MTSS.
Naderi et al. (2020) soutiennent que la posture dynamique du pied en pronation est un prédicteur de MTSS plus important que la posture statique du pied. Une augmentation de la pronation dynamique du pied résulte d’une augmentation de l’activité du soléaire et donc d’une augmentation de la pression exercée sur le tibia.
Le résultat concernant le soléaire rejoint les études de Beck & Osternig (1994), de Brown (2016) et de Stickley et al. (2009) qui rapportent que l’augmentation de la tension exercée sur le tibia par le soléaire est un facteur de risque possible.
Il y a une contradiction en ce qui concerne l’activité du muscle soléaire. Elle serait diminuée selon Rathleff et al. (2011) et augmentée selon Naderi et al. (2020). Le design prospectif et le nombre de participants quatre fois plus élevé donnent plus de poids aux résultats de Naderi et al. (2020).
Les résultats de Yüksel et al. (2011) impliquent qu’un renforcement musculaire permettant d’harmoniser le rapport inversion/éversion serait utile, que ce soit pour prévenir le développement de la MTSS ou pour traiter les conséquences de la blessure. Cependant, le design et le faible nombre de participants ne donnent pas de poids à leur conclusion.
Les résultats de l’étude transversale de Saeki et al. (2017) semblent montrer qu’une quantification du stress mécanique du muscle long fléchisseur des orteils serait une piste de traitement envisageable.

L’endurance musculaire dans le MTSS

La seule étude s’intéressant à l’endurance musculaire dans le MTSS est celle de Madeley et al. (2007). Leur but est de comparer l’endurance isotonique des muscles fléchisseurs plantaires entre des athlètes présentant un MTSS et des athlètes ne présentant aucune blessure. Chaque groupe est composé de trente athlètes. Pour mesurer cette endurance, ils ont utilisé ​ le test d’élévation du talon debout (Heel Raise tes) décrit par Ross & Fontenot (2000).
Les résultats de Madeley et al. (2007) montrent que les athlètes atteints de MTSS ont une endurance isotonique des muscles fléchisseurs plantaires significativement inférieure (p < 0,001) aux athlètes non pathologiques.
Cependant, les auteurs précisent que seule l’endurance des fléchisseurs plantaires a été analysée et qu’il n’est pas possible de déterminer si le résultat n’est pas dû à une diminution globale de l’endurance du membre inférieur.
De plus, le test utilisé ne permet pas de dissocier les muscles fléchisseurs plantaires entre eux, et donc de déterminer précisément les muscles défaillants.
Enfin, près de 80 % des athlètes du groupe atteint de MTSS ont signalé que leurs symptômes les limitaient dans leurs activités quotidiennes et sportives. Il se pourrait donc que cette diminution d’activité ait causé la diminution d’endurance de ces muscles.
Il est difficile de déterminer si la perte d’endurance est la cause ou l’effet du MTSS. Quoiqu’il en soit, les résultats semblent montrer qu’il serait judicieux de travailler l’endurance des muscles fléchisseurs plantaires dans la population à risque de MTSS, que ce soit en prévention ou en traitement.

La raideur musculaire dans le MTSS

L’étude de Akiyama et al. (2016) a pour but de quantifier la tension musculaire du triceps sural, du long fibulaire et du tibial antérieur chez des patients ayant un MTSS, en utilisant l’élastographie par ultrasons.
Ils ont trouvé que les modules de cisaillement des muscles gastrocnémiens médial (GM), gastrocnémien latéral (GL), soléaire, tibial antérieur et long fibulaire sont significativement plus élevés.
Les modules de cisaillement du triceps sural et l’amplitude en flexion dorsale ne sont pas corrélés.
Sur base de leurs résultats, Akiyama et al. (2016) stipulent que le manque de flexion dorsale ne semble pas caractériser le MTSS.

Saeki et al. (2018) ont comparé la rigidité des muscles de la loge postérieure de la jambe entre des individus avec et sans antécédent de MTSS, en utilisant l’élastographie par ultrasons à ondes de cisaillement. Chez les patients ayant des antécédents, les modules de cisaillement des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils sont significativement plus élevés. De par son insertion sur le bord postéro médial du tibia, c’est-à-dire le site le plus souvent douloureux en cas de MTSS, le résultat concernant le long fléchisseur des orteils est cohérent. Par contre, Saeki et al. (2018) expliquent que le fait que le tibial postérieur possède également des modules de cisaillement élevés, malgré qu’il ne soit pas inséré sur le bord postéro-médial, pourrait être dû à la transmission de la force myofasciale d’un muscle adjacent. Ils n’ont pas trouvé de modules de cisaillement significativement plus élevés pour les muscles gastrocnémien médial, gastrocnémien latéral, soléaire et long fibulaire, ce qui contredit l’étude de Akiyama et al. (2016).
Saeki et al. (2018) expliquent ce résultat contradictoire par le fait que leurs patients n’avaient pas de douleurs lors de la prise de mesure, contrairement aux patients de Akiyama et al. (2016).
Les patients ayant un MTSS ont des modules de cisaillement des muscles de la loge postérieure de la jambe plus élevés (Akiyama et al., 2016). Ohya et al. (2017) ont mesuré l’effet d’une session de trente minutes de course à pied sur les modules de cisaillement des muscles de la loge postérieure de la jambe chez des sujets n’ayant pas de MTSS, afin de déterminer si ces modules de cisaillement élevés sont uniquement dus à la pathologie.
Ils ont trouvé qu’il n’y a pas de différences significatives, avant et après la session de course, pour les modules de cisaillement des muscles gastrocnémien latéral, gastrocnémien médial, long fibulaire et court fibulaire.
Ces résultats, rejoignent ceux de Saeki et al. (2018).
Ohya et al. (2017) ont également montré que les modules de cisaillement des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils ont augmenté après une session de trente minutes de course à pied chez des sujets sains.
Les résultats de l’étude transversale d’Akiyama et al. (2016) ne pointent pas le manque de dorsiflexion de la cheville comme responsable du MTSS.
Par contre, les résultats de l’étude transversale de Saeki et al. (2018) suggèrent que le contrôle de la raideur des muscles FDL et TP via des étirements pourrait jouer un rôle dans la prévention.
Enfin, les résultats de l’étude prospective d’Ohya et al. (2017) montrent que les modules de cisaillement augmentent également chez des sujets sains après une session de course à pied. Il est donc difficile à ce stade de déterminer si ces modules de cisaillement jouent un rôle clair dans le MTSS.

Les tractions du fascia dans le MTSS

Bouché & Johnson (2007) ont proposé la théorie de la traction du fascia tibial. Selon eux, les muscles fléchisseurs plantaires effectuent des contractions excentriques lors des mouvements de pronation médio-tarsien et sous talaire du pied. Ces contractions produisent un effet de tension sur le fascia tibial, et la répétition de cette tension causerait des lésions au niveau des insertions médiales du fascia tibial.
Pour évaluer la plausibilité de leur théorie, Bouché & Johnson (2007) ont examiné trois cadavres féminins. Par un système de jauge de contrainte et d’un logiciel spécifique, chaque tendon a été mis en tension de façon à simuler des contractions excentriques. Les résultats montrent que la contraction excentrique des tendons des muscles fléchisseurs plantaires provoque une augmentation de la tension du fascia tibial au niveau de la crête médiale.
De plus, les résultats de l’étude de Stickley et al. (2009), rapportant que seul le fascia crural profond s’insère suffisamment sur le bord médial du tibia, appuient également le modèle de Bouché & Johnson (2007) mettant en cause les tractions du fascia crural profond dans le développement du MTSS.
Enfin, les résultats de l’étude de Brown (2016) montrent que le fascia crural profond s’insère bien sur le bord postéro médial du tibia, c’est-à-dire au site le plus douloureux du MTSS, ce qui appui une nouvelle fois la théorie émise par Bouché & Johnson (2007).
Cependant, le faible nombre de cadavres analysés donne à nouveau peu de poids aux résultats de ces trois études.

En conclusion, il n’est pas possible d’affirmer quelle est l’influence des propriétés musculaires des muscles fléchisseurs plantaires de la loge postérieure et des tractions qu’exerce le fascia crural profond dans le MTSS, sur base de la littérature actuelle

Les résultats sont contradictoires à propos des structures concernées, de l’activation musculaire et de la raideur musculaire dans le MTSS.

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Bilan

BILAN & DIAGNOSTIC

L'anamnèse et l'examen physique sont les pierres angulaires du processus de diagnostic des syndromes douloureux cliniques. De nombreuses études ont montré que les modalités d'imagerie telles que la radiographie, l'échographie, l'imagerie par résonance magnétique, la tomographie assistée par ordinateur et la scintigraphie osseuse sont incapables de différencier les athlètes atteints d’un MTSS de ceux qui ne le sont pas (Mulvad et al. 2018 ; Batt et al. 1998 ; Gaeta et al. 2005 ; Winters et al. 2017). Tant que la pathologie du MTSS est équivoque, il ne semble pas logique d'utiliser l'imagerie pour établir ou écarter le diagnostic de MTSS. Les cliniciens qui établissent des diagnostics fiables constituent une bonne base pour discuter des attentes et planifier le traitement avec le patient.
Tout en établissant un diagnostic fiable, il est également important de pouvoir identifier les lésions coexistantes du membre inférieur ; la présence de blessures concomitantes peut affecter le pronostic et le traitement en pratique.

À cette fin, Winters et al. (2018) ont récemment réalisé une étude de fiabilité transversale afin de déterminer si le diagnostic du MTSS et l'identification des blessures coexistantes pouvaient être effectués de manière fiable (Winters et al. 2018). L'étude a montré que l'établissement du diagnostic du MTSS à partir de l'anamnèse et de l'examen physique est d'une fiabilité presque parfaite entre des cliniciens ayant une formation en médecine et en kinésithérapie, ainsi qu'un large éventail d'années d'expérience clinique.
Les cliniciens ont également été en mesure d'identifier de manière fiable les athlètes présentant des blessures concomitantes du membre inférieur. Le syndrome de stress du tibia médial peut être diagnostiqué à l'aide d'une approche standardisée en sept étapes basée sur l'anamnèse et l'examen physique.

Histoire

La première étape consiste à déterminer s'il existe une douleur induite par l'exercice le long du bord interne du tibia. De manière générale, le thérapeute pourra poser les questions suivantes : ressentez-vous une douleur à l'effort ? Lors d'un impact ? Avec les mouvements ? La douleur est-elle focale ou diffuse, unilatérale ou bilatérale ? Quel type de douleur (brûlure ? crampes ? pression ?...). À quels moments du jour ou de la nuit ressentez-vous des douleurs ? (Nwakibu et al. 2020).
L'activité physique doit provoquer la douleur pendant ou après l'activité, sinon il est peu probable que le patient souffre d'un MTSS. Si l'arrêt de l’activité sportive soulage les douleurs, quel est le délai ? (Ex : 5 min ? 15 min ? ).
On demandera également au patient si cette douleur est apparue de manière progressive ou suite à un choc, depuis combien de temps il en souffre et quelle est l’évolution des symptômes. Comme pour la plupart des atteintes musculo-squelettiques, le délai entre les premières gênes et la consultation médicale, s’il y en a une, se fait au bout de quelques semaines voire quelques mois.
On demande également à l'athlète ce qui aggrave et soulage sa douleur. On cherchera à savoir s’il existe des facteurs de prédispositions (terrain accidenté, mauvaise chaussure, course sur bitume, activité inhabituelle, trouble du sommeil, pas d’échauffement avant l’activité physique...).
Au vu des facteurs de risques, il sera également important de demander au patient s’il présente des antécédents de MTSS ou de blessures des membres inférieurs. Si le patient rapporte des antécédents de MTSS, il peut être intéressant de lui demander ce qui avait été fait comme traitement, si ce traitement avait été ou non efficace et comprendre pourquoi cela aurait pu être un échec.
L'athlète est également interrogé sur les douleurs dans toute autre zone adjacente ou éloignée de la jambe inférieure.

Dans la troisième étape, on demande spécifiquement à l'athlète s'il ressent des crampes, des brûlures ou des douleurs de type pression dans le mollet. Ces signes peuvent indiquer la présence d'un syndrome chronique des loges à l'effort (CECS), qui peut être présent en même temps que le MTSS ou comme seule explication de la douleur. Le CECS est généralement présent pendant l'exercice et diminue rapidement après l'exercice. Cette pathologie sera développée plus loin dans cette partie. En outre, on demande aux athlètes s'ils ressentent des picotements dans le pied ou un pied froid pendant ou après l'exercice, en particulier lorsqu'une douleur dans la zone est rapportée (Winters et al. 2018). Cette pathologie sera développée dans la partie “diagnostic différentiel”.

Pour obtenir davantage d’informations sur la pathologie du patient, le thérapeute peut proposer au patient de remplir chez lui (gain de temps) le questionnaire suivant :


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Examen physique

Lorsque l'on suspecte un MTSS sur la base de l'anamnèse, il faut palper le bord postéro-médial du tibia. On demande à l'athlète s'il ressent une douleur reconnaissable (c'est-à-dire provenant d'activités douloureuses) pendant la palpation. En l'absence de douleur reconnaissable à la palpation, ou lorsque la douleur reconnaissable ne peut être palpée sur au moins 5 centimètres consécutifs, il faut envisager d'autres lésions de la jambe inférieure (par exemple, une fracture de stress). Le diagnostic de MTSS peut être confirmé lorsqu'une douleur reconnaissable est présente à la palpation du bord postéro-interne du tibia sur 5 cm ou plus. Lors de l'examen physique, il faut demander à l'athlète s'il a des douleurs dans les structures adjacentes et, le cas échéant, palper ces structures pour vérifier s'il y a des blessures concomitantes. Une douleur reconnaissable doit être provoquée lors de la palpation de ces structures pour identifier une blessure concomitante. Il est important que les cliniciens sachent qu'environ 1/3 (32 %) des athlètes atteints du syndrome de stress tibial médial présentent des blessures coexistantes à la jambe inférieure (Lohrer et al. 2019).

Enfin, il faut s'assurer qu'il n'y a pas de symptômes ou de signes présents qui suggèrent une pathologie grave, par exemple la présence d'un gonflement important ou d'un érythème (Winters et al. 2018).

Quels sont les diagnostics différentiels ?

Parfois, il peut s’avérer difficile d’identifier précisément le problème au vu des nombreux diagnostics différentiels que nous rencontrons lorsque nous parlons de douleur de jambe induite par l’exercice physique.

Les revues de Lohrer et al. 2018, Edward et al. 2005, Milgrom et al. 2020, Nwakibu et al. 2020 ainsi que le document de Lecoq (2015) ont permis d’identifier différents diagnostics différentiels tels que la fracture de fatigue (SF : Stress Fracture), le syndrome des loges d’effort (CECS : Chronic Exertional compartment syndrome), la compression nerveuse (NE : Nerve Entrapment), le syndrome de l’artère poplité piégée (PAES : Popliteal Artery Entrapment Syndrome).

La fracture de fatigue (SF) : Parmi les deux principaux diagnostics de douleur du tibia médial, on retrouve le syndrome de stress du tibia médial (MTSS) et la fracture de stress du tibia médial (SF), cette dernière est de loin la plus préoccupante pour le personnel médical et d'entraînement. En plus de la douleur associée qui peut affecter les performances physiques des membres inférieurs, il y a le risque que la fracture de stress évolue d'un micro stade vers une fracture franche d'une corticale (Devas et al. 1958).
La douleur se distingue à l’effort et peut être nocturne dans de rare cas. Initialement, elle apparait comme légère après une quantité spécifique d’exercice et finit par s’estomper. Une augmentation rapide et récente de la charge d’entraînement, sa modification ou sa reprise sont souvent évoquées chez les athlètes ayant connu cette atteinte.
Typiquement, une manifestation insidieuse, d’aggravation progressive et plutôt localisée, accompagnée d’un changement quelconque de l’activité nous suggère d’approfondir l’hypothèse de la SF. Il existe cependant des formes aigues dont les douleurs sont rapidement invalidantes et durables après l’effort.
Les athlètes décrivent unilatéralement ces symptômes selon deux localisations qui n’auront pas les mêmes conséquences. La partie antérieure du tibia est dite à « haut risque » évolutif car cette fracture survient sur la convexité du tibia et se produit en distraction tandis que la partie postéro médiale du tibia est à « bas risque » évolutif se situant dans la concavité du tibia et engendrée par de la compression. Puis la douleur progresse, pouvant devenir sévère, avec une évolution rapide en quelques jours ou semaines. La régression dépendra de la forme classique ou aigue : respectivement de 1 heure à quelques heures, ou une absence de régression à l’arrêt de l’effort pour les formes sévères.
Au repos, la clinique est souvent normale ou avec quelques gênes localisées. La palpation quant à elle induira une sensibilité punctiforme avec parfois une tuméfaction au site fracturaire.

Dans une étude de 2020, Milgrom et al ont souligné que :
- La sensibilité du test de saut pour diagnostiquer une fracture de stress du tibia médial en présence de douleur et de sensibilité était de 100 %, la spécificité de 45 %, la valeur prédictive positive de 74 % et la valeur prédictive négative de 100 %, avec un odds ratio de 57,52 (95 % CL, 3,11-1062,58).
- Le test du fulcrum ne s'est pas révélé avoir une relation statistiquement significative avec l'incidence des fractures de stress du tibia médial.
- Les fractures de stress du tibia médial se produisaient lorsque la longueur de la sensibilité tibiale était ≤10 cm, mais pas lorsque la longueur de la sensibilité était >10 cm.
- Les scores de douleur tibiale auto-rapportés en fonction de l'activité n'étaient pas prédictif de fracture de stress du tibia médial.

Comme pour chaque situation, le sujet concerné prendra (ou non) rendez-vous pour obtenir un avis médical selon la perception de son atteinte. Dans le cas d’un SF « aigu », l’athlète ira consulter rapidement (d’emblée), ou attendra jusqu’à quelques semaines (voire 1 à 2 mois) pour des SF insidieux.

Une attention très particulière doit être portée aux athlètes féminines, avec ce que l’on appelle « la triade » impliquant troubles alimentaires, aménorrhées et ostéoporose. Ces consultations débouchent régulièrement sur des examens complémentaires avec une scintigraphie osseuse ou une IRM, permettant à la fois d’infirmer ou confirmer le diagnostic, tout en précisant le stade pré-fracturaire ou fracturaire si SF. Toutefois Milgrom et al ont indiqué dans leur étude de 2020 que l'approche consistant à traiter initialement les fractures de stress du tibia médial suspectées par une brève période de repos sans imagerie a permis de résoudre les symptômes dans plus de 2/3 des cas (Milgrom et al.2020).
Également, la clinique du coureur met en garde le thérapeute et le patient contre l’hypermédicalisation : les auteurs affirment que la majorité des fractures de stress ne devraient pas être investiguées. Seules celles qualifiées de “haut risque”, avec des localisations précises, doivent l’être.

Le syndrome des loges d’effort (CECS) est l'une des nombreuses causes de douleurs aux jambes liées à l'effort chez les athlètes. Il est défini comme une augmentation transitoire de la pression des compartiments pendant l'activité, qui provoque une douleur en raison de l'incapacité des compartiments aponévrotiques à s'adapter et qui est généralement soulagée par l'arrêt de l'exercice (Nwakibu et al. 2020). Certains chercheurs affirment que l'augmentation de la pression intracompartimentale entraîne une perturbation de la perfusion tissulaire locale (George et al. 2012 ; Wilder et al. 2010) mais d'autres en doutent (Trease et al. 2001 ; Balduini et al. 1993 ; Amendola et al. 1990).

Les patients souffrant de CECS se plaignent le plus souvent de douleur, d'oppression, de faiblesse, de crampes et de perte sensorielle dans l'extrémité affectée (Solis et al. 2018). Les personnes symptomatiques ne ressentent généralement aucune douleur au repos, mais décrivent souvent une douleur sourde ou une sensation de brûlure qui survient peu après le début de l'exercice. La douleur progresse lentement au cours d'un effort constant et ne disparaît pas avant l'arrêt de l'activité physique, généralement dans les 15 minutes (Zimmermann et al. 2017). La reproductibilité des symptômes de douleur est caractéristique de la CECS, car les patients peuvent souvent identifier un laps de temps et une intensité d'exercice relativement cohérents au cours desquels ils peuvent s'attendre à voir apparaître les symptômes.

Pour diagnostiquer correctement le CECS, il est de la plus haute importance de mettre le patient à l’effort et d'essayer de reproduire les symptômes qu'il ressent pendant l'exercice. Le Running Leg Pain Profile (RLPP), initialement développé par les forces armées néérlandaises, peut être utile pour évaluer si les symptômes sont secondaires au MTSS, au CECS ou à une combinaison des deux (Zimmermann et al. 2017).  Le RLPP est un test standardisé sur tapis roulant au cours duquel la vitesse et l'inclinaison sont progressivement augmentées. Les patients effectuent le test dans des chaussures de course et sont invités à donner toutes les minutes un score de douleur de 1 à 10 pour quatre (ou six) régions de ses jambes (compartiment antéro-latéral et bord médial du tibia pour les jambes droite et gauche et les mollets sont les deux régions supplémentaires) (Zimmermann et al. 2017). Les symptômes du CECS peuvent être mieux reproduits par la marche (Roscoe et al. 2015 ; Franklyn-Miller et al. 2012). Le RLPP aide à déterminer un diagnostic précis et fournit des informations sur la diagnostic précis et fournit également des informations sur la gravité des symptômes. En outre, au cours du test, l'investigateur peut évaluer la biomécanique de la course à pied (Godefrooij et al. 2012).

Au vu de ces nombreuses variations de situations et tableaux cliniques pour cette pathologie, la temporalité entre les premières douleurs et la consultation médicale va de quelques semaines à quelques années. Cette consultation médicale débouchant parfois sur des examens complémentaires dont le test de référence et de certitude est la prise de mesure de pression intra-musculaire (PIM).
La tendance naturelle à la guérison est faible. Sans traitement adéquat, les patients restent incapables de courir ou de marcher pendant de nombreuses années et sont contraints de réduire définitivement leurs activités sportives (Brand van den et al. 2004 ; Fronek et al. 1987 ; Wal van der et al. 2015).

La compression nerveuse (NE) a pour particularité de se révéler en nocturne, au repos, ou provoquée à l’effort et exacerbée par l’exercice continu. Son apparition n’est pas en rapport direct avec l’entrainement et ses modifications possibles selon Edward et al. (2005), mais serait de causes chirurgicales, traumatiques, ou de blessures répétitives (entorses, fractures, etc...) notamment au genou. Lohrer et al. (2018) parlent de 2 sortent d’étiologie : mécanique (fibroses et tunnels ostéo-fibreux) ou dynamique (avec des positions spécifiques provoquant les symptômes). La constriction des fascias semble la cause interne la plus plausible de compression. À noter qu’une des causes intrinsèques de la compression peut être liée au CECS et à la présence de hernie musculaire. Une présentation unilatérale typique mais non spécifique de la douleur concerne le genou ou la jambe dans sa partie médiale, avec claudication au repos ou liée à l’exercice.

Plusieurs localisations sont évoquées par Edward et al. (2005) en rapport aux 3 nerfs les plus fréquemment concernés : le nerf fibulaire commun, le nerf fibulaire superficiel et le nerf saphène. À chaque nerf comprimé est attribué des douleurs référées (bien que la notion de territoires ou dermatomes soit remise en cause) :

Le nerf fibulaire commun peut être comprimé de l’extérieur (plâtre, orthèse) ou de l’intérieur (ostéophytes, kystes, etc... au niveau de l’articulation tibio- fibulaire supérieure), et rend compte de douleurs au site de compression ainsi que des douleurs référées au pied et à la jambe, en latéral. La provocation de ses douleurs est consécutive aux successions de mouvements en inversion et éversion.


Le nerf fibulaire superficiel, le plus connu lors de NE chez les athlètes, est piégé à sa sortie du fascia profond du compartiment latéral, les symptômes engendrés se situent dans la partie latérale de la jambe ainsi que sur le dos du pied.

Le nerf saphène, lors de sa compression provoque des douleurs juste au-dessus de la malléole interne, avec la possibilité de douleurs référées au dos du pied en médial.
Aucune évolution en termes de durée n’est décrite dans ces 3 articles présentés et seul l’article de Lohrer et al., 2018 évoque la persistance des symptômes à l’arrêt de l’effort et l’évaluent de quelques heures à quelques jours.
Les auteurs se mettent d’accord sur la clinique au repos ou l’examen physique avec provocation (Tinel’s test ou des mouvements répétés) manifestant de probables sensibilités au site compressif, à type de paresthésies semblables à des brûlures ou picotements. Un gonflement localisé, une faiblesse musculaire et une modification des réflexes peut survenir. Lors des examens complémentaires, l’injection anesthésiante, le bloc nerveux ou l’EMG peuvent permettre de confirmer ou non l’hypothèse de NE.

L’artère poplité piégée (PAES) entraîne des symptômes après l’effort lorsque l’exercice est intense, et peut également apparaître pendant l’effort. Deux étiologies sont impliquées chez les jeunes adultes de moins de 30 ans : le FPAES (Functional Popliteal Artery Entrapment Syndrome) et le PAES (Popliteal Artery Entrapment Syndrome) dû à une variation anatomique.
Le PAES véritable est une aberration anatomique de l’insertion proximale de ce même muscle fréquemment rencontrée chez l’homme (plus de 80% d’homme). Différentes aberrations peuvent être observées et sont recensées dans une classification en 6 grades, mais quelque-soit la variation anatomique constatée, cette anomalie congénitale entraine un développement anormal et un trajet de l’artère poplitée anormal dans la fosse poplitée.

Le FPAES est comme son nom l’indique un piège fonctionnel, provoqué par l’hypertrophie des gastrocnémiens. Les symptômes correspondent à une sensibilité postérieure pendant l’effort et à la marche ils peuvent entrainer une claudication, car le temps de contraction du gastrocnémien augmente (et survient typiquement à la montée des escaliers ou à la course). Ils sont bilatéraux dans plus d’un tiers des cas.

La plainte des patients, dont l’exercice induit une douleur à la jambe (EILP : Exercise-Induced Leg Pain), se situe aux gastrocnémiens et permet d’évincer du diagnostic différentiel le MTSS, le SF et CECS. L’arrêt de l’effort entraîne une régression instantanée de la douleur. Du fait de l’intensité de l’activité physique et de l’évolution lente des symptômes, le délai de consultation peut aller de quelques semaines à quelques années.

La clinique au repos est normale mais l’examen physique via la prise de pulsations bilatérales grâce aux manœuvres de provocation en flexionplantaire passive ou flexion dorsale active, genou en extension, peut s’avérer modifiée. Dans ce cas, la réduction du pouls est considérée comme un signe pathognomonique. Ainsi l’Echo-doppler dynamique avec manœuvre de provocation identifiera les modifications de flux. Les examens complémentaires recommandés sont l’IRM ou l’ARM. Si l’un d’entre eux suggère un PAES, le gold standard suggère une artériographie permettant de confirmer le diagnostic.

Elements du bilan, outils de mesures

Lorsque nous avons confirmé le diagnostic du syndrome de stress tibial médial (MTSS), il peut être judicieux de faire passer le score du syndrome de stress tibial médial (MTSS) (Winters et al. 2015). Il s’agit d’une mesure des résultats rapportés par les patients qui mesure la gravité des blessures de manière pratique. Les auteurs soulignent que ce score s'est avéré être valide, fiable et sensible (Winters et al. 2015).

Pour la conception de ce score, les auteurs ont prédéfini des domaines pertinents (limitations des activités sportives, douleur lors de la pratique d'activités sportives, douleur lors de l'exécution des AVJ (activité de la vie journalière) et douleur au repos).

Pour chaque domaine, les auteurs ont sélectionné les meilleurs items :
Pour la limitation dans les activités sportives : item " activités sportives actuelles ", " quantité actuelle d'activités sportives " ou " contenu actuel des activités sportives " ;

Pour la douleur lors de la pratique d'activités sportives : item 'douleur lors de la pratique d'activités sportives', 'délai d'apparition de la douleur lors de la pratique d'activités sportives', 'douleur tout au long de la pratique d'activités sportives
1', 'douleur pendant les activités sportives
2' ou 'douleur après les activités sportives' ;

Pour la douleur lors de la réalisation des AVJ : item " douleur en position debout ", " douleur en marchant ", " douleur en montant ou descendant les escaliers " ou " douleur lors de la réalisation des activités quotidiennes courantes " ;

Pour la douleur au repos : item "douleur au repos", "douleur la nuit" ou "douleur au toucher".

L’étude de Winters et al. 2015 montre que chez les patients diagnostiqués MTSS (N = 133), dans 78% la participation sportive était réduite en raison de la douleur liée au MTSS. De plus, l'étude montre que 97% des patients ont signalé des douleurs lors d'activités sportives, 69% ont signalé des douleurs en marchant et 64% ont signalé des douleurs au repos.

Pour le même score, les résultats de Bliekendaal et al. 2018 sont respectivement de 35 %, 78 %, 51 % et 56 %.
Cette différence dans les résultats peut s’expliquer par le fait que dans l’étude de Bliekendaal et al. 2018, les auteurs ont utilisé le questionnaire de score MTSS pour suivre les plaintes dans un groupe de non-patients. Cela conduit logiquement à l'inclusion des cas avec un MTSS léger comparé à ceux de Winters et al. 2013. Ce principe est bien documenté dans la littérature (Clarsen et al. 2014).

Toutes les 2 semaines (au cours de la rééducation), le thérapeute peut proposer les 2 questions suivantes :

Demander au patient s’il a ressenti des symptômes (douleur, élancement gêne, inconfort) au niveau de la jambe au cours des 2 dernières semaines.

  • jamais
  • 1-2 fois
  • 1-2 fois par semaine
  • 3-6 fois par semaine
  • Chaque jour
  • plusieurs fois par jour

Demander au patient de quantifier (de 0 à 10) les symptômes ressentis au cours des 2 semaines en ce qui concerne :

  • la douleur habituelle
  • la pire douleur
  • la pire douleur pendant l’activité sportive
  • la douleur la plus faible

Au tout début de la prise en charge, un test de course peut être effectué. Ce test de course consiste à courir sur un tapis roulant à une vitesse fixe, tout en portant les propres chaussures de course de l'athlète. Bien que ce test de course à pied ne soit pas validé pour une utilisation chez les athlètes MTSS, il a déjà été utilisé dans des études de traitement sur le MTSS (Moen et al. 2010 ;  Moen et al. 2012 b).
Tout d'abord, il est conseillé de montrer à l'athlète une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur. Ensuite, le thérapeute explique au patient que lorsqu'il atteint un quatre (sur une échelle de 1 à 10 VAS) pour son MTSS, indiquant que la douleur commence à devenir gênante, le test de course doit être arrêté. Le test de course commence à 7,5 km/h pendant deux minutes.
Après cette phase d'échauffement initiale, le thérapeute note la distance pouvant être parcourue par le patient à 10 km/h jusqu'à ce qu'un quatre sur l'échelle VAS soit noté.
La distance parcourue à 7,5 km/heure est ensuite soustraite du nombre total de mètres parcourus et sera appelée « mètres parcourus à 10 km/h ». En fonction de la distance obtenue, le réentrainement à la course à pied débutera à un stade différent (cf partie 3 : prise en charge, “programme de réentrainement à la marche et course à pied”). L’objectif de ce programme de réentrainement sera d’effectuer une course à pied continue de 18 min en extérieur (sur béton) avec une EVA < 4/10 (Moen et al. 2012 a).

Le manque de données probantes dans la littérature scientifique et les contradictions fréquentes dans les revues de littératures exposant les facteurs de risques, engendrent des difficultés à proposer des évaluations de suivis pertinentes. Il semblerait donc que les outils de mesure doivent être personnalisés en fonction du patient.

Il pourrait être intéressant de récolter des données comme le poids, la taille, l’IMC, le type de sport, les centimètres de douleur à la palpation du bord postéro-médial du tibia (Moen et al. 2012). 

Plusieurs tests fréquemment retrouvés dans la littérature scientifique mais non spécifiques au syndrome de stress tibial médial pourront être utilisés pour évaluer l’athlète.
Les évaluations proposées, certaines s’appuyant sur les facteurs de risques supposés, peuvent donc être les suivantes : le Navicular Drop test (ND), le star excursion balance test modifié (SMBT), le Heel Rise test, le Weight bearing lunge (WBL), les amplitudes de hanche en rotation (hanche fléchie) et les amplitudes de cheville dans le plan sagittal : Flexion Dorsale (FD) et Flexion Plantaire (FP), le Single Leg Drop Jump (SLDJ), les mesures de force des abducteurs de hanche (dynamomètre), l’algomètre à pression.

Concernant la batterie de tests, la première évaluation est la mesure du Navicular Drop Test (NDT).

Nous enchaînons alors par le Weight Beiring Lunge

Pour corroborer le précédent test, la mesure des amplitudes articulaires passives fait suite. Elles s’effectuent à l’aide d’un plurimètre, d’un inclinomètre ou d’un goniomètre.
L’évaluation de la ROM de cheville se fait en charge. La position neutre est prise quand l’athlète est debout les pieds au même niveau. Le plurimètre est placé sur le tibia à environ 15cm au-dessus du coup de pied, dans le plan de flexion dorsale et plantaire (axe de Henke). La mesure de la ROM en flexion dorsale est prise lorsque le sujet est en fin de course sans avoir soulevé le talon du sol.

Les valeurs obtenues genou tendu sont en moyenne de 38° ± 4° chez des sujets jeunes et sains des deux sexes (Munteanu et al. 2009). Le fait d’effectuer cette mesure genou tendu permet d’évaluer l’extensibilité des gastrocnémiens en charge.

La ROM en flexion plantaire est couramment évaluée en décharge genou fléchit et on retrouve fréquemment une amplitude comprise entre 30° et 50°.
L’évaluation de la ROM de la hanche, en rotations, hanches à 90°, se réalise également avec l’inclinomètre. Le sujet est assis, une serviette roulée sous la cuisse proche de l’articulation du genou, les jambes relachées caractérisant la position neutre. Le plurimètre est placé dans le plan des rotations à environ 15cm du pli de flexion du genou. Les normes pratiquées par Dufour et Pillu (2011) rapportent une RI entre 30 à 45°, pouvant être plus important chez la femme et une RE de 50 à 60°. Comme pour la ROM de la cheville, l’attention sera portée sur les différences entre les 2 membres inférieurs.

Le star excursion balance test modifié

Le Heel Rise test

Le Single Leg Drop Jump (SLDJ). Ce test, jouant sur la fatigue neuro-musculaire, se déroule en 3 phases. La première permet de rendre compte de la posture dynamique qu’adopte l’athlète au cours du mouvement sans notion de « fatigue ». Les sujets doivent se positionner sur un plinth d’une hauteur de 30,5 cm. La consigne est la suivante : « laissez vous tomber du plinth sur un appui et rebondir immédiatement le plus haut possible » Ceci est réalisé 3 fois pour chaque côté. Puis « enchainez par 5 demis squats sans rebonds puis 5 demis squats sautés ». Aucune pose n’est autorisée, le but étant d’atteindre la cotation 7 sur l’échelle de Borg modifié classant ainsi l’exercice comme très difficile dans une zone d’effort intense. Une fois que l’athlète atteint cette limite, une dernière série doit être effectuée et enchainée avec la première consigne des 3 sauts unilatéraux pliométriques sur chaque jambe. Une vidéo de qualité en 240 images par secondes permettant la décomposition des mouvements est nécessaire à l’analyse. Les conditions doivent impérativement être reproductibles (distance de l’appareil vidéo au plinth, inclinaison et hauteur de l’appareil, repère métrique). Les déficits recherchés étant l’inclinaison du tronc ou chute du bassin.
La méthode d’évaluation de l’intervention sera objectivée par le ressenti positif ou négatif des athlètes, par le regard critique offert par le clinicien, et par l’évolution des tests hebdomadaires.

Mesure de la force des abducteurs de hanche : la contraction volontaire isométrique maximale (MVC) des muscles abducteurs de la hanche peut être mesurée avec un dynamomètre manuel (Boling et al. 2009). La force du muscle abducteur de la hanche est couramment évaluée en position couchée sur le côté sous la forme d'un "make test" (contraction isométrique).

Le genou de la jambe controlatérale peut être placé en flexion de 90° et la tête du patient est placée sur sa propre main avec un bras fléchi et l'autre main est utilisée pour se tenir sur la table d'examen. On demande alors au patient de construire progressivement leur force maximale puis de la tenir trois secondes contre la résistance du thérapeute. Deux essais pourront être effectués de chaque côté et les scores en Newton seront enregistrés.

Aweid et al. ont découvert qu'un algomètre à pression était une méthode fiable et bien tolérée pour évaluer le seuil de pression de la douleur chez neuf coureurs souffrant de MTSS et vingt ne présentant aucun symptôme (Aweid et al. 2014). Ces résultats sont en accord avec ceux d'autres personnes qui ont rapporté une fiabilité acceptable pour cette procédure (Kinser et al. 2009 ; Walton et al. 2011), et peuvent soutenir l'utilisation de l'algométrie de pression pour le suivi du processus de rééducation.

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Prise en charge

Le syndrome de stress tibial médial (MTSS) est une blessure de surmenage fréquente chez les athlètes pratiquant le saut et la course. Il est également fréquent chez les coureurs débutants, qui sont moins habitués aux chocs de la course à pied, et le seul fait d’augmenter leur volume de course à pied un peu trop rapidement peut provoquer un MTSS.

Repos relatif

La première chose à faire chez ces patients est de leur faire cesser temporairement les activités de vitesse, les entrainements en intervalle et les sauts. En effet, d’après Johnson et Stephen (2020), le traitement initial du MTSS commence par le respect d’une période de repos relatif, c'est-à-dire que le coureur doit arrêter provisoirement les activités qui aggravent ses symptômes (Rajasekaran et Finnoff, 2016 ; Moen et al. 2009 ; Beck et Osternig, 1994 ; Galbraith et Lavallee, 2009). La durée du repos relatif est basée sur les critères de l'IRM de Fredericson (Fredericson et al. 1995 ; Arendt et Griffiths, 1997). En revanche si aucune IRM n'a été réalisée, Johnson et Stephen (2020) suggèrent le patient doit se reposer jusqu'à ce qu'il ne ressente plus de douleur lors de ses activités quotidiennes et jusqu’à ce que la région affectée du tibia ne soit plus sensible à la palpation. Cependant, d’après une revue systématique et méta-analyse de Smith et al. (2017), une certaine douleur pendant la mise en charge semble être plus bénéfique que la réduction de la mise en charge jusqu'à ce que le patient n'ait plus de douleur. D'après l'expérience clinique, il est recommandé de ne pas dépasser un score de douleur de 2/10 à l’EVA pendant la pratique d'une activité physique. Le kinésithérapeute doit superviser son patient pour s'assurer qu'il gère sa douleur de manière appropriée.

Bien que la durée du repos varie en fonction de la gravité de l'affection, 4 à 6 semaines sont souvent nécessaires (Galbraith et Lavallee, 2009).

Cryothérapie et anti-inflammatoires

Généralement, une des attentes principales du patient va être le soulagement de ses symptômes. D’après plusieurs articles, la cryothérapie serait efficace pour diminuer la douleur et la sensibilité au cours de la période de traitement chez des sujets souffrant de MTSS (Ahmed et al. 2020 ; Nayak et al. 2020). Dans leur revue systématique, Winters et al. (2013) ont constaté avec un niveau de preuve 3 à 4 que le massage à la glace pouvait être efficace dans le traitement de MTSS. Cependant, Dubois et al. (2019) recommande de ne pas appliquer de glace ni de gels antalgiques, et également de ne pas prendre d’anti-inflammatoires, pour ne pas nuire à la guérison des tissus. Ils soutiennent qu’un bandage de soutien de type strapping pourrait davantage aider à court terme (à ne pas utiliser à long terme) lors des activités exigeantes en diminuant le stress sur le périoste.

Concernant les anti-inflammatoires, il est clair qu’ils sont beaucoup trop prescrits et trop utilisés en automédication par la population à la moindre blessure / douleur musculosquelettique dans le but de réduire la douleur au plus vite et « d’accélérer la guérison ».  

Il est bon de savoir qu’à la suite d’une lésion tissulaire, engendrée par un traumatisme ponctuel ou par des microtraumatismes répétés, le corps déclenche une réaction inflammatoire, qui est en fait une cascade de processus physiologiques, nécessaire à la dégradation (nettoyage) puis à la régénération et enfin au remodelage du tissu lésé. L’objectif de cette réaction inflammatoire est de ramener le tissu à son niveau fonctionnel initial, voire d’apporter des adaptations tissulaires augmentant la tolérance du tissu au stress mécanique. Il faut donc garder en tête que la douleur est un signal d’alerte envoyé par le corps et que l’inflammation est l’amorce du processus de guérison.

Donc lorsqu’on prend des AINS, on vient inhiber cette réaction inflammatoire naturelle faisant suite à la lésion tissulaire. Il a été prouvé que les effets des anti-inflammatoires sont plutôt néfastes car ils ralentissent la guérison et fragilisent les tissus (osseux, tendineux, musculaires, ligamentaires), entrainant parfois une mauvaise guérison tissulaire irréversible.

En résumé, masquer la douleur d’un tissu fragile et incapable d’absorber le stress mécanique semble peu raisonnable voire à risque. (Duchesne et al. 2017 ; Côté et al. 2008).

Strapping

A propos des techniques de strapping, Guo et son équipe ont publié en 2021 une revue systématique ayant pour but d'évaluer l'efficacité thérapeutique du KT (kinesio-taping) dans le traitement du syndrome de stress tibial médial. Le KT semble être efficace pour contrôler la chute du naviculaire (ND : navicular drop) et prévenir un déplacement médial du centre de pression (COP) pendant la phase de décélération de la pronation du pied (Prusak et al. 2014). D’après différentes études, le KT surpasserait le taping rigide (RT) en termes de soutien musculaire et de maintien des amplitudes articulaires pendant les AVJ (Kim et Park, 2017) ; le KT serait également plus efficace que des orthèses standards pour soulager les douleurs et améliorer la performance fonctionnelle chez des sujets souffrant de MTSS (Kachanatu et al. 2018 ; Ferreira et al. 2017 ; Alvarez – Alvarez et al. 2014). En revanche d’autres études (Sharma et Shina, 2017) n’ont pas révélé de différences significatives en ce qui concerne l'intensité de la douleur entre des groupes KT et RT.

Globalement, le KT serait potentiellement utile pour soulager les douleurs, faciliter la proprioception, influencer l’activation musculaire et la correction biomécanique (Williams et al. 2012), mais les meilleurs résultats portent sur la diminution des douleurs et la récupération fonctionnelle des individus souffrant de MTSS, qui reprennent leur sport avec une gêne moindre. En ce qui concerne les variations des protocoles de traitement entre les études, l'effet réel du soulagement de la douleur grâce au KT devrait être étudié plus en profondeur à l'avenir, car malgré des résultats intéressants, aucune standardisation quant au type de tape, à la durée de tenue, à la direction, à la tension d’étirement et à son positionnement pendant le taping n’existe à l’heure actuelle.

Étant donné que la proprioception joue un rôle essentiel dans le traitement et la prévention des blessures sportives (Ferreira et al. 2017), certaines études se sont penchées sur les effets du KT sur la proprioception, et la plupart ont constaté des effets bénéfiques bien que des études futures soient encore nécessaires (Lauersen et al. 2014). Il semblerait que l’amélioration de la proprioception soit engendrée par les effets de pression et d’étirement appliqués sur la peau par le KT, qui viennent stimuler les mécanorécepteurs qui transportent à leur tour les informations de position et de mouvements des articulations (Williams et al. 2012). Dans une étude de Long et al. (2017), il a été démontré que le KT peut contribuer à amplifier les entrées sensorielles pour améliorer les performances proprioceptives des personnes peu performantes. Par ailleurs, il semblerait que le KT puisse améliorer la proprioception en raccourcissant la distance origine – terminaison des muscles tendus et fatigués dans les cas de MTSS, optimisant ainsi la relation tension-longueur des muscles dans les cas de MTSS (Keenan et al. 2017).

Par ailleurs, il semblerait que le KT ait une influence positive sur l’activité musculaire en présence d’un MTSS mais trop peu d’études ont analysé ces changements d’activation musculaire chez des sujets ayant un MTSS pour tirer de réelles conclusions sur les bénéfices du KT dans le traitement des MTSS (Kachanatu et al. 2018, Dos Santos et al. 2019, Yam et al. 2019 ; Slupik et al. 2007).

Enfin, plusieurs facteurs biomécaniques ont été associés au MTSS, notamment la ND, l'amplitude de flexion plantaire et l'amplitude de rotation de la hanche (Winters et al. 2020 ; Thaker et al. 2002). La chute du naviculaire au-delà de la plage normale peut modifier la répartition de la pression plantaire et compromettre la fonction des membres inférieurs. Par ailleurs, les patients souffrant de MTSS présentent une abduction antérieure du pied et un valgus postérieur du pied accrus pendant la course par rapport aux individus sains (Okunuki et al. 2019), ce qui entraîne également une augmentation de la pression dans la région métatarsienne médiane (Kinoshita et al. 2019). Griebert et al. (2016) ont évalué la pression plantaire après l'application du KT immédiatement après le traitement et 24 heures après le traitement. Ils ont constaté une diminution du taux de charge médiale chez les sujets souffrant de MTSS, ce qui implique que le KT peut réduire le stress dans la partie médiale du pied à court terme. Franettovich et son équipe (2010) ont également constaté dans leur étude que le KT pourrait être utilisé pour augmenter la hauteur de la voûte plantaire.

Guo et al. (2021) signalent tout de même dans leur revue systématique qu’étant donné le nombre limité d'études de qualité méthodologique moyenne, l'efficacité du KT dans le traitement du MTSS n'est pas encore validée par les preuves existantes. De futures études de haute qualité méthodologique sont nécessaire.

Une autre étude, réalisée par Kim et Park en 2017, a cherché à analyser à court terme les effets du taping sur la hauteur du naviculaire, la chute du naviculaire et la pression plantaire maximale, et ce dans 4 situations différents : position assise, debout, marche et course. Ils ont comparé 4 conditions de taping : taping rigide (RT), kinesio-taping (KT) taping placebo (PT) et pas de taping (NT). En conclusion, il s’est avéré que la technique avec du tape rigide (RT) pourrait être une stratégie de prévention et de traitement efficace pour les MTSS car les résultats de cette étude ont montré que le RT pouvait contrôler la diminution de la hauteur du naviculaire pendant le jogging et suggèrent que le RT appliqué dans le bas de la jambe pourrait prévenir et traiter le MTSS en réduisant un facteur de risque potentiel.

KT d’après Griebert et al. (2014) :

Avant l'application du KT, les poils de la jambe sont rasés et la zone est nettoyée avec un tampon d'alcool. Un spray adhésif peut être appliqué sur la zone pour améliorer l'adhérence de la bande. Une seule bande en Y de KT (Kinesio USA, Charlotte, NC) est appliquée en commençant par la queue placée sur le tiers proximal du tibia médial. Chaque moitié de la bande en Y est ensuite appliquée de manière à ce qu'elle se trouve en avant et en arrière de la malléole médiale et se termine sous l'arche longitudinale médiale du pied. Aucune tension ne doit être appliquée sur les extrémités proximale et distale de la bande, tandis que le reste de la bande est appliqué avec une tension de 75 % (Kase et al., 2003).

RT d’après Kim et Park (2017) :

La pose du RT est réalisée à l'aide d'une bande rigide de 35 cm (Euro Tape ; Muller, Prairie du Sac, WI), selon une technique modifiée « navicular-sling technique » rapportée par Newell et al. (2015). En partant de la malléole latérale de la cheville, la bandelette est fixée latéralement en travers des métatarsiens et se poursuit vers la cinquième base métatarsienne, au pied sous la surface plantaire, à la première base métatarsienne et sous la tubérosité naviculaire. La bande passe sur le devant de la cheville et s'enroule autour du bas de la jambe. Pour éviter les irritations cutanées, une sous-bande hypoallergénique (Fixomull stretch ; Beiersdorf Australia Ltd., Sydney, Nouvelle-Galles du Sud, Australie) est appliquée sans aucune force et de la même manière, avant d'appliquer la bande rigide.

KT d’après Kim et Park (2017) :

Le KT, tel que rapporté par Aguilar et Merino-Marbán (2015), est réalisé à l'aide d'une bande Kinesio (Kinesio USA Corporation, Ltd., Albuquerque, NM). Deux bandes de 25 cm sont utilisées : une bande est appliquée à l'arrière-pied avec un étirement de 75 % de la malléole latérale au tiers médian du tibia médial, et l'autre est appliquée au milieu du pied à partir de la base du cinquième métatarsien, à travers l'articulation talo-naviculaire, à la face interne du tiers moyen du tibia, également avec 75 % d'étirement. Le thérapeute demande au patient, placé en décubitus dorsal, de maintenir l’arrière-pied en supination et la cheville en flexion dorsale jusqu'à la fin du taping.

Bas de compression

Aux Pays-Bas, les bas de compression pour le sport sont fréquemment utilisés dans le cadre du traitement du MTSS (Zimmermann et Paantjes, 2009). Ce type de bas pourrait fournir une compression directe du tibia et des tissus mous environnants, en particulier lors d'une charge intermittente. Il a été démontré que la compression du tissu osseux favorise l'expression de gènes spécifiques aux os (Roelofsen et al. 1995). Cependant, les effets des bas de compression ont très peu été étudiés dans des essais randomisés dans la population sportive.
C’est ce qu’a tenté de réaliser Moen et al. (2012), qui est à notre connaissance la seule étude ayant analysé l’effet des bas de compression chez des sujets ayant un MTSS. Ils ont cherché à étudier les effets d’un programme de course gradué seul (groupe 1) ou combiné à des exercices de renforcement et d’étirement (groupe 2), avec un groupe (groupe 3) exécutant le programme de course avec des bas de compression au niveau de la jambe chez des sujets souffrant de MTSS. Ils n’ont trouvé aucune différence significative entre les 3 groupes de traitement à propos du temps nécessaire pour terminer un programme de course (capacité à courir 18 minutes à une intensité élevée) et à propos du critère de jugement secondaire qui était la satisfaction générale vis-à-vis du traitement.

Entrainement croisé et entrainement cardio-vasculaire

Bien qu’un repos relatif soit de mise, il ne s’agit pas simplement de cesser les activités douloureuses telles que les séances de vitesse ou de pliométrie, les courses en montée, etc… mais bien de les remplacer par des activités de transfert (entrainement croisé) qui exercent moins de stress sur le périoste, telles que le vélo, la natation ou la course en piscine, pour continuer une activité physique régulière (Rajasekaran et Finnoff, 2016 ; Moen et al. 2009 ; Kortebein et al. 2000 ; Galbraith et Lavallee, 2009). Poursuivre une activité aérobie est bénéfique, y compris pour les patients souffrant de MTSS. Lors d’une activité aérobie, le corps produit des endorphines, qui est une substance analgésique, c’est-à-dire qui diminue la douleur.
Par ailleurs, le métabolisme de base augmente de 5 à 10% après un exercice aérobie et cet effet se prolonge jusqu’à 48 heures post-exercice, ce qui permet d’accélérer les processus de guérison des tissus endommagés. De manière générale, un exercice fréquent réduit l’inflammation systémique, régule à la hausse les protéines et les enzymes qui contribuent à l’oxydation des acides gras et favorisent le maintien d’un état anti-inflammatoire généralisé (Gonzalez-Gil et al. 2020). En somme, la pratique d’une activité cardio régulière est importante pour, entre autres, prévenir d’éventuelles blessures.

En conclusion, à court terme, il va être pertinent de réduire les stresseurs et d’éviter les entrainements douloureux (vitesse, pliométrie, dénivelé,…), de pratiquer un entrainement croisé (vélo ou natation) pour réduire le stress sur le périoste mais pour tout de même poursuivre une activité cardiovasculaire, éviter la glace et les anti-inflammatoires qui peuvent nuire à la guérison des tissus et enfin d’appliquer un tape de soutien (strapping)  pouvant interférer avec le signal douloureux et diminuer le stress sur le périoste (ne doit donc pas être utilisé sur le long terme).

REEDUCATION

Étant donné que le MTSS est une blessure de surmenage/surcharge, il est avant tout suggéré d’effectuer des modifications de la charge (loading management) (Winters et al. de 2019 ; Dubois et al. 2019). Une stratégie de gestion doit être mise en place avec le patient. Cependant, un grand nombre de modalités de traitement (pour le court et le long terme), telles que le réentraînement à la marche, le repos, le massage à la glace, la thérapie par ondes de choc, les exercices d'étirement et de renforcement, les programmes de course gradués, les attelles pour le membre inférieur et les thérapies par injection, ne se sont pas avérées très efficaces d’après l’analyse systématique de Winters et al. (2019) (Winters et al. 2013 et 2019). En l'absence de preuves solides, Winters et al. (2018) suggèrent qu’il convient de donner la priorité aux preuves issues d'études d'observation et au raisonnement clinique. Quant à Dubois et al. (2019), ils recommandent avant tout de quantifier le stress mécanique en augmentant progressivement le volume d’entrainement, qui devrait être quotidien, et ensuite d’intégrer les intervalles, puis la vitesse et enfin les dénivelés positifs. Ils suggèrent également de réaliser des exercices de renforcement fonctionnel du mollet. Concernant les étirements du mollet, ils préconisent de les réaliser uniquement si une asymétrie de raideur est observée. Sans asymétrie significative, les exercices d’assouplissement ne sont pas nécessaires et ne font pas systématiquement partie de la prise en charge du MTSS.

Éducation thérapeutique et attentes du patient

Avant de débuter une prise en charge, le kinésithérapeute doit discuter avec le patient de ses attentes par rapport au traitement car souvent, la plupart des patients/athlètes sont trop optimistes quant au temps nécessaire pour reprendre leur activité sportive favorite. Dans la littérature, il est suggéré qu’il faut attendre parfois jusqu’à 90 jours pour courir à intensité modérée pendant 20 minutes avec une douleur minimale (Moen et al. 2014 ; Moen et al. 2012). Cependant, d’après Winters et al. (2019), l’expérience clinique présenterait un pronostic plus réaliste allant de 9 à 12 mois pour un athlète souffrant de douleur au tibia depuis plus de 3 mois.

Il est primordial d’expliquer au patient quelle est la nature du MTSS et sa relation avec la gestion (inadéquate) de la charge, c’est-à-dire expliquer au patient que c’est un syndrome variable, que l’intensité de sa douleur et la gravité de son incapacité semblent dépendre de sa capacité à équilibrer la charge avec sa capacité de charge, et que c’est lorsque cet équilibre est rompu que le MTSS survient, revient ou s’aggrave. On dit alors que le patient « a fait trop, et trop vite ! ». Ce principe peut s’expliquer avec la métaphore du récipient et du robinet : la survenue d’une blessure de surutilisation en course à pied a souvent pour origine le fait que la quantité de stress mécanique appliquée sur le corps dépasse sa capacité à la tolérer. C’est-à-dire que les tissus sont plus rapidement lésés que la vitesse à laquelle ils se réparent. C’est ce déséquilibre entre la dégénérescence produite par le stress de l’activité pratiquée et la vitesse de régénération du corps qui provoque la blessure de surutilisation. Ce processus est toutefois réversible si on réduit le débit du robinet associé au traumatisme (diminuer l’activité irritante) et si on ouvre davantage le robinet représentant la réparation, c’est-à-dire veiller à avoir un bon sommeil, une bonne alimentation, un repos relatif, etc… Le tout est que le récipient ne déborde pas et que sa capacité augmente progressivement après ma blessure.

Il peut également être nécessaire d’expliquer au patient que la plupart des blessures surviennent après un changement (chaussures, type de terrain, volume d’entrainement, technique, vitesse, dénivelé, exercices) ; changement souvent subtil, parfois non perçu par le coureur et qui peut même ne pas être en lien direct avec l’activité physique, comme la fatigue, le stress ou la nutrition (Dubois et al. 2019).

Quantification du stress mécanique (QSM) :

Lors de la course à pied ou d’activités physiques avec de la course, c’est-à-dire impliquant une série de sauts, les tissus, que ce soient les os, les tendons, les muscles, les cartilages, sont stressés mécaniquement par différentes forces. Un stress mécanique insuffisant aura pour conséquence sur le long terme de fragiliser ces tissus et donc de participer au déconditionnement tissulaire. A l’inverse, un stress mécanique trop important aura pour effet d’irriter voire d’enflammer les tissus, et cette exagération se traduira par des signes de blessure tels qu’une douleur ou un œdème par exemple. Dubois et al. (2019) explique que l’idéal est donc de stresser le corps sans excès, afin de créer de l’adaptation, et ce, sans dépasser la capacité maximale d’adaptation. En restant dans la zone d’adaptation, le corps s’adapte au stress et augmente sa tolérance ; les structures se solidifient et permettent d’augmenter l’intensité de la pratique sportive sans s’exposer aux blessures. D’après Blaise Dubois (2019), « la bonne quantification du stress mécanique, c’est 80% du traitement des blessures chez le coureur ».

Un essai récent suggère que les activités de mise en charge améliorent le remodelage osseux (Vlachopoulos et al. 2018) et un essai contrôlé randomisé mené chez des patients souffrant de fasciapathie plantaire suggère que la stimulation des propriétés mécaniques du fascia par des exercices lourds de mise en charge lente réduit la douleur et améliore la fonction (Rathleff et al. 2015). L’exposition graduelle à la charge, c’est-à-dire une combinaison d’exercices de mise en charge progressive du tibia et des exercices de renforcement des muscles fléchisseurs plantaires de la cheville,  semble donc être une stratégie de gestion prometteuse pour les athlètes souffrant de MTSS.

Comment adapter la charge ?

Suite à la période de repos relatif, la mise en place d’un programme de mise en charge graduelle pour le tibia et d’exercices de flexion plantaire de la cheville semble constituer un bon début pour le programme de mise en charge. Après quelques séances, l'athlète peut continuer à exécuter ce programme de manière autonome, avec quelques séances de suivi pour vérifier les progrès du patient et apporter des ajustements au programme en fonction de ses progrès et de la manière dont il gère lui-même son MTSS. Le patient et le thérapeute peuvent utiliser le score MTSS pour suivre les progrès du coureur.

Winters et al. (2019) et Dubois et al. (2019) s’accordent pour dire qu’une augmentation du volume d’entrainement de 10% maximum par semaine peut être une solution probante pour bon nombres de personnes engagées dans un programme d’entrainement structuré pour éviter les (re)blessures (Gabbett et al. 2016). Bien que la règle des 10% semble être une ligne directrice logique pour exposer les coureurs à une charge croissante et qu’il semble établi qu’une augmentation trop rapide du volume d’entrainement augmente la prévalence des blessures, aucune étude n’est parvenue à valider ce seuil pour lequel l’augmentation reste sécuritaire. De récentes études suggèrent qu’une modification de la charge jusqu’à 20% voire 30% d’une semaine à l’autre peut être sûre chez des individus courant moins de 20km par semaine ou qui reprennent la saison à moins de 40% du volume d’entrainement habituel (Damsted et al. 2018). Certaines applications de course à pied peuvent aider le sportif à surveiller sa charge afin d’éviter les pics dans ses activités sportives (Winters et al. 2019).

Opter pour une technique de course plus protectrice 

Courir « léger », c’est-à-dire avec de bons comportements de modération d’impact (en faisant moins de bruit, avec une cadence de pas > 170 pas/minute, avec éventuellement des chaussures plus minimalistes ou encore une attaque avant-pied ou médio-pied) est associé à une réduction de la vitesse de la force d’impact. La vitesse de la force d’impact est un paramètre biomécanique jouant un rôle dans la prévention des blessures en course à pied. Plus un contact au sol se fait avec vigueur, plus le coureur fait du bruit, plus la décélération de son corps se fait rapidement et donc plus c’est stressant pour les os et les articulations. Ce n’est pas tant l’intensité de la force d’impact en elle-même qui est corrélée aux blessures mais plutôt la vitesse de cet impact au sol, c’est-à-dire le taux d’application de la force d’impact (Dubois et al. 2019). Par exemple un coureur ayant une attaque talon aura une vitesse plus élevée d’application de la force d’impact qu’un coureur ayant une attaque avant-pied, ce qui implique une augmentation des contraintes au niveau antérieur de la jambe, du genou, des hanches et du dos.

Blaise Dubois (2019) conseille comme tout premier changement de s’habituer à des chaussures plus simples et plus légères (Indice Minimaliste plus élevé) car ce changement progressif provoquera des transformations subtiles, inconscientes (eh oui, il n’est pas question d’intellectualiser !) et plus durables dans le temps.

Il recommande par la suite d’augmenter la cadence de 5 pas/minute pour les coureurs ayant une cadence de 160 pas/minute, en conservant la vitesse de course habituelle, qui est une autre intervention pertinente et facile à intégrer et qui permet d’induire une biomécanique de course plus protectrice : diminution du stress mécanique et de la vitesse de force d’impact. L’objectif serait d’atteindre environ 180 pas/minute, qui correspond à la cadence moyenne des coureurs pieds-nus (Dubois et al. 2019).

Attention cependant à intégrer ces changements de manière suffisamment progressive dans le programme d’entrainement du coureur car de meilleurs comportements de modération d’impact augmentent la charge appliquée sur la chaine postérieure et le pied, ce qui peut créer des douleurs ou des blessures. Il ne s’agit donc pas de décider de courir avec une attaque avant-pied du jour au lendemain. On retrouve là encore l’application du fameux principe de la « quantification du stress mécanique ».

Adopter des chaussures appropriées

Blaise Dubois explique dans son livre La Clinique Du Coureur (2019) que les chaussures de course à pied promues par les marques et commercialisées sont saturées de technologies, qui au final perturbent la manière dont on court. Il conseille donc de se tourner vers des chaussures avec un indice minimaliste plus élevé (minimum 70% pour induire des biomécaniques protectrices – 0% correspond à une chaussure maximaliste). Une chaussure minimaliste est une chaussure plus légère, moins épaisse au niveau du talon, plus flexible, avec un dénivelé moins important et le moins de technologies de stabilité et de contrôle du mouvement intégrées possible (comme par exemple celles pour contrer la pronation du pied). Il est également important que la chaussure reste confortable, ce qui inclus une forme plus élargie de l’avant de la chaussure, également appelé « fit anatomique », laissant les orteils libres de leurs mouvements.

Le port de chaussures minimalistes peut augmenter les bons comportements de modération d’impacts, stimuler l’adaptation au niveau de la chaine postérieure et aussi réduire le stress au niveau du tibia. Attention cependant à ne pas effectuer la transition entre une chaussure maximaliste et minimaliste trop rapidement pour éviter l’apparition de douleurs au pied, au tendon d’Achille ou au mollet. D’après Dubois et al. (2019) et quelques études, environ 1 mois de transition doit être respecté pour chaque tranche de 10% à 20% de différence d’IM (indice minimaliste). En revanche, il est bon de noter que pour les sujets blessés depuis environ < 6 semaines au pied, au tendon d’Achille ou au mollet, il est préférable de conserver un certain temps des chaussures maximalistes (< 50% d’IM).

Renforcement et entrainement neuromusculaire :

Après la quantification du stress mécanique, l’adoption d’une technique de course protectrice et de chaussures appropriées, le renforcement musculaire est un élément très important de la prévention et du traitement des pathologies du coureur selon Dubois et al. (2019). Cependant, dans la littérature actuelle, il n’existe aucune preuve donc aucune recommandation claire concernant le renforcement pour la prise en charge des MTSS, très peu d’études en parlent et n’émettent à son sujet que des hypothèses ou suggestions.  

Tout d’abord, étant donné que la pronation excessive du pied est un possible facteur de risque de MTSS, il pourrait être pertinent d’intégrer à un programme de renforcement musculaire des exercices des muscles intrinsèques du pied tels que l’ESF (short-foot exercise) ou le toe-spread (écartement des orteils). D’après Pabon-Carrasco et al. (2020), l’ESF pourrait être considéré comme un outil utile pour traiter les pathologies dont l'étiologie inclut une pronation excessive du pied, comme les MTSS. Cette idée est confirmée par Johnson et Stephen (2020) qui semblent dire que les déficits biomécaniques et les facteurs de risque modifiables devraient être traités. Si par exemple le Navicular Drop Test (chute du naviculaire) est positif, il faudrait traiter la surpronation avec un renforcement du pied, un réentrainement à la marche, une modification des chaussures, l’utilisation d’orthèses ou de bandes de tapping (Rajasekaran et al. 2016 ; Cheung et al. 2011 ; Napier et al. 2015). Par ailleurs, d’après Goo et al. (2016), le renforcement des muscles intrinsèques du pied avec le « toe spread » et le « short foot », accompagné d’un renforcement du grand fessier, permettraient la réduction de la chute du naviculaire pendant la marche chez des sujets avec des pieds plats. De plus, une étude de Kim et Kim. (2016) comparant l’effet du « short foot exercices » et des semelles orthopédiques a révélé que pour améliorer le pied plat, la réalisation d’EFS était plus efficace que l'application de semelles de soutien de la voûte plantaire en termes d'amélioration de la voûte plantaire longitudinale médiale (amélioration du NDT – navicular drop test) et de capacité d'équilibre dynamique (amélioration au YBT – Y balance test).

Rappelons que Dubois et al. (2019) ne soutiennent pas l’hypothèse selon laquelle les technologies de contrôle de la pronation du pied dans les chaussures de course sont efficaces, ne considérant pas non plus un pied pronateur comme un facteur de risque de blessure musculosquelettique. D’après eux, les systèmes de contrôle de la pronation dans les chaussures n’ont aucun effet protecteur contre les blessures.

Selon Hamstra-Wright et al. (2015), réaliser des exercices excentriques pour le muscle tibial antérieur dans le but de contrôler la fin de mouvement en flexion plantaire serait un moyen pertinent de prévenir voire de traiter le MTSS. Par ailleurs, Alam et al. (2019) montrent qu’il serait également intéressant d’inclure un renforcement spécifique du muscle tibial postérieur et un étirement de l’ilio-psoas à un programme d’exercices conventionnels de towel curl pour le pied, pour les pathologies observant un effondrement dynamique de l’arche longitudinal médial, afin d’améliorer des résultats cliniques importants tels que le NDT, l’activité musculaire et l’équilibre dynamique des pieds plats (YBT).

Dans la littérature, les preuves concernant le fait que la force de hanche serait un probable facteur de risque intrinsèque de MTSS sont contradictoires et les auteurs ne trouvent pas vraiment d’explications rationnelles. Pourtant, il semblerait qu’effectuer un travail sur la hanche jouerait un rôle préventif sur les blessures du membre inférieur, et que la force de la hanche est très souvent corrélée au YBT (Mccann et al., 2017 ; Smith et al., 2018). Le protocole de Pau-Toronto (Bouvard et al. 2004), qui cherche l’intégration par le patient de la dissociation entre le tronc et les membres inférieurs, le travail de l’équilibre monopodal, le travail de correction de l’hyperlordose, et le renforcement des muscles abdominaux et des muscles stabilisateurs du bassin. Il pourrait donc être utile dans le but d’associer ré-harmonisation articulaire et musculaire de la hanche de façon dynamique tout en améliorant les qualités proprioceptives chez les patients souffrant de MTSS.

Protocole de Pau-Toronto, initialement utilisé dans le module concernant les douleurs de l'aine. 

De la même manière, la ROM de la hanche en rotation médiale et latérale (hanche fléchie) et la ROM de la cheville sont placées au rang de facteur de risque potentiel de MTSS. Cependant, évaluer la ROM de hanche et de cheville pourrait permettre de suivre les éventuelles modifications de celles-ci faisant suite aux renforcements globaux et spécifiques mis en place. Les exercices de renforcement de certains muscles de la hanche pourraient permettre d’augmenter la raideur des muscles adjacents et de réduire certaines ROM jugées excessives ou discordantes avec leur homologue controlatérale. Si à contrario, les sujets ne sont pas concernés par ces déséquilibres, un maintien harmonieux du travail de mobilité peut être intéressant. Toutefois il est important d’émettre une réserve quant à ces affirmations étant donné qu’il existe de nombreuses controverses sur ces supposés facteurs prédisposant. Blaise Dubois rappelle dans son livre La Clinique Du Coureur (2019) que les particularités anatomiques et biomécaniques (hors malformations sévères) ne prédisposent pas aux blessures, car chacun est adapté au corps dans lequel il a grandi, peu importe son éloignement supposé de la norme.

Il existe extrêmement peu d’études récentes abordant les effets d’un entrainement neuromusculaire sur le syndrome de stress tibial médial. A notre connaissance, seul l’essai randomisé réalisé par Mendez-Rebolledo et al. en 2021 évalue le rôle de l'entraînement NM dans la prévention des MTSS. D’après leurs résultats, l’entrainement NM pourrait en effet améliorer la condition physique des jeunes athlètes féminines et réduire leur risque de blessure relatif au MTSS. Ils recommandent aux thérapeutes d’intégrer un programme d’entrainement NM non seulement en pré-saison chez les jeunes athlètes féminines d'athlétisme mais également de le prolonger tout au long de la saison afin de maximiser les effets préventifs de l’entrainement.

Dans leur étude, un programme d'entraînement NM a été réalisé en pré-saison, et a été comparé au programme conventionnel des athlètes, tous les deux sur une durée de 6 semaines. Le programme conventionnel consistait en la réalisation de 3 séances d’entrainement par semaine, chacune d’une durée de 120 minutes. Il comportait un entraînement anaérobique (sprint court, courses techniques et exercices de course), musculaire et aérobique (extensive/intensive tempo runs, entraînement cardiovasculaire en circuit). L'entraînement de force était principalement axé sur des exercices avec des poids libres (squat, fente, soulevé de terre, clean exercise et développé couché).

Quant au programme d’entrainement NM, les athlètes ont été invités à suivre leur programme normal de pré-saison d'athlétisme et, après 10 minutes de repos, à effectuer un entraînement NM à la fin de chaque session, soit 3 séances par semaine également. La durée de chaque séance d'entraînement NM était de 30 minutes. Cette durée d'entraînement s'est avérée être un temps d'exposition approprié pour l'entraînement NM (Emery et al. 2015 ; Emery et al. 2005). L'entraînement NM consistait en un programme à plusieurs composantes, intégrant des sauts, des réceptions et des courses, avec un entraînement en force, en endurance, en agilité, en équilibre et en core training par le biais d'exercices pliométriques et de poids corporel (Foss et al. 2018 ; Hubscher et al. 2010 ; Bonato et al. 2018 ; Hewett et al. 1999 ; Sandrey et Mitzel, 2013).

Selon Mendez-Rebolledo et al. (2021), le programme d’entrainement devrait également tenir compte de ces mêmes éléments d’entrainement pour les muscles distaux des membres inférieurs, y compris la cheville et le pied. Des exercices de renforcement globaux dédiés au « core stability » pourraient être inclus dans un échauffement quotidien par exemple. Selon Huxel Bliven et Anderson. (2013), le core stability consistant à renforcer les muscles stabilisateurs et mobilisateurs du complexe abdomino-lombo-pelvien, aurait un effet préventif sur les blessures du membre inférieur. Cependant, des preuves supplémentaires sont nécessaires car il n’existe pas de consensus sur les exercices les plus efficaces à l’heure actuelle.

Quant au travail proprioceptif plus spécifiquement, il pourrait participer à l’optimisation du renforcement musculaire (pied, cheville, ceinture abdomino-lombo-pelvienne), de l’équilibre dynamique et du contrôle neuromusculaire.  Un protocole proprioceptif spécifiquement conçu pour les sprinters a été décrit par Franco-Romero et al. (2012). Le concept étant d’ajouter des situations proprioceptives dans les positions et patterns de mouvements propre au sprint. Les données de leur étude indiquent que des programmes d'entraînement proprioceptif spécifiques avec BOSU et swiss ball permettent d'améliorer la stabilité posturale et le contrôle du centre de gravité, ce qui pourrait améliorer l'efficacité de la technique de course de l'athlète comme objectif à long terme. Bien que leurs résultats ne soient applicables qu’à leur population évaluée, c’est-à-dire les sprinters, des recherches antérieures ont montré des améliorations de la stabilité résultant de l'entraînement avec Bosu et swiss ball et que ces outils d'entraînement peuvent contribuer à la prévention des blessures sportives (Griffin et al. 2003 ; Matsusaka et al. 2001).

Étirements

Concernant les étirements, ils vont être importants chez les individus ayant des raideurs au niveau de la chaine postérieure. D’après Dubois et al. (2019), ils ne font pas partie en tant que tel du traitement pour aider à la guérison du MTSS mais doivent être effectués si une asymétrie de raideur est observée.

Une récente revue réalisée par Zhang et al. en 2021 a tenté de déterminer quels changements de la rigidité musculaire peuvent être liés au MTSS et la corrélation entre l'épaisseur périostée tibiale médiale et la rigidité musculaire du bas de la jambe. Ils ont trouvé que le périoste tibial médial était épaissi après un entraînement en course et que cette épaisseur périostée de la partie médiale du tibia est positivement corrélée à la raideur des muscles de la jambe. Selon les auteurs, les changements de rigidité des muscles soléaire, tibial postérieur et long fléchisseur des orteils peuvent être liés à l'apparition de MTSS.

Le meilleur exercice reste tout de même la course à pied donc le patient va pouvoir progressivement augmenter sa fréquence hebdomadaire de sorties.

RÉENTRAINEMENT À LA MARCHE ET PROGRAMME DE COURSE À PIED GRADUÉ

D’après l’étude de Johnson et Stephen (2020), le patient devrait passer des activités restreintes à la course sans restriction de manière très progressive et en suivant certaines étapes. Par ailleurs, Dubois et al. (2019) insistent sur le fait qu’il est important de stresser progressivement le périoste pour éviter tout déconditionnement et toute fragilisation, et faire en sorte qu’il s’adapte à nouveau à amortir des impacts répétés.

Dans un premier temps, le retour à la course à pied doit être envisagé lorsque le patient ne ressent plus de douleur lors de ses activités quotidiennes, lors d’exercices à faible impact et lorsqu’il n’est pas sensible à la palpation le long de la zone affectée. Les auteurs suggèrent que le patient reprenne la course à pied sur un tapis roulant, afin de mieux absorber les chocs et de moins solliciter le membre inférieur ; en gardant le contrôle sur le rythme, la durée et l’inclinaison/déclinaison de la course grâce au tapis. La durée de la course devrait être augmentée avant l’intensité, avec par exemple des augmentations lentes de 10% par semaine (Rajasekaran et al. 2016). Puis, le patient pourra débuter la pratique de la course en extérieur, d’abord sur piste (ou une surface uniforme modérément ferme pour mieux absorber les chocs) puis sur terrains plus accidentés. Dès le début de l’entrainement en course à pied, le thérapeute doit veiller à la bonne technique de course et au bon réentrainement de la démarche. Dubois et al. (2019) soulignent le fait qu’il est nécessaire que le coureur adopte progressivement une biomécanique de course davantage protectrice et propose 3 conseils à appliquer :  

- Amortir le bruit des pas

- Accélérer la cadence

- Opter pour des chaussures plus minimalistes

La notion de progressivité est très importante lors de la reprise de la course à pied (Dubois et al. 2019). Dubois et al. (2019) proposent un programme de retour progressif à la course à pied très intéressant. Bien évidemment, ce programme n’est qu’un exemple et doit être adapté à chaque coureur, en fonction de sa condition physique, de ses facteurs environnementaux, etc… Dubois et al. soulignent le fait que le stress mécanique doit être quantifier de manière adéquate, c’est-à-dire en augmentant petit à petit le volume hebdomadaire de course à pied. Cela signifie que le patient peut sortir courir fréquemment mais pas trop longtemps, par exemple entre 4 et 6 jours par semaine mais seulement quelques minutes à chaque fois. Puis, quand ses symptômes le permettent, il réintègre peu à peu des intervalles longs à vitesse modérée, puis des intervalles courts à vitesse élevée, puis les montées, et enfin les sauts et la pliométrie, en fonction de ces exigences et objectifs de course.  

Parallèlement au programme de course à pied, Dubois et al. (2019) recommande de poursuivre l’entrainement effectué depuis le début de la prise en charge, c’est-à-dire des exercices de renforcement des muscles fléchisseurs plantaires, éventuellement des étirements, ou autre.

Dans cette même optique de reprendre la course de manière progressive, une autre étude propose d’effectuer un test de course en début de prise en charge afin de tenter de définir le niveau auquel le patient pourrait reprendre la course à pied (Moen et al. 2012). Comme nous l’avons mentionné dans la partie bilan de ce module, ce test de course à pied n’est pas validé pour une utilisation chez les athlètes MTSS, mais il a déjà été utilisé dans des études à propos du traitement du MTSS (Moen et al. 2010 ;  Moen et al. 2012 (b)).

Rappelons que ce test de course consiste à ce que le sujet cours sur un tapis roulant à une vitesse fixe, tout en portant ses propres chaussures de course. Tout d'abord, il est conseillé de présenter à l'athlète une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur. Ensuite, le thérapeute explique au patient que lorsqu’il ressent une gêne de 4 / 10 à l’EVA pour son MTSS, indiquant que la douleur commence à devenir gênante, le test de course doit être arrêté. Le test de course commence à 7,5 km/h pendant deux minutes. Après cette phase d'échauffement initiale, le thérapeute note la distance pouvant être parcourue par le patient à 10 km/h jusqu'à ce qu'un 4 sur l'échelle EVA soit noté. La distance parcourue à 7,5 km/heure est ensuite soustraite du nombre total de mètres parcourus et sera appelée « mètres parcourus à 10 km/h ». En fonction de la distance obtenue, le réentrainement à la course à pied débutera à un stade différent. L’objectif de ce programme de réentrainement sera d’effectuer une course à pied continue de 18 min en extérieur (sur béton) avec une EVA < 4/10 (Moen et al. 2012 a).

Dans quelle phase placer l’athlète en fonction de sa distance parcourue ?

Si l’athlète a parcouru entre 0 et 400 mètres : phase 1.

Si l’athlète a parcouru entre 401 et 800 mètres : phase 2.

Si l’athlète a parcouru entre 801 et 1200 mètres : phase 3.

Si l’athlète a parcouru entre 1201 et 1600 mètres : phase 4.

Si l’athlète a parcouru plus de 1600 mètres : phase 5.

Dans leur étude, aucun test de course n’a été réalisé lorsque la douleur était déjà présente pendant la marche. Lorsque, chez ces athlètes, la douleur n'était plus présente pendant la marche pendant deux jours consécutifs, la première phase du programme de course a été lancée. L’athlète pouvait passer à la phase de course suivante lorsqu’il avait réussi à terminer sa phase avec un score de douleur inférieur à 4/10. Si une douleur de 4/10 ou plus était présente immédiatement pendant la course ou le lendemain de la course, le programme n progressait pas : la phase de course restait identique et le temps de course était diminué de 2 minutes.

Tout comme Blaise Dubois (2019), Moen et al. (2012) conseillent de poursuivre la réalisation d’un programme d’exercices d’étirements et de renforcement des mollets parallèlement au programme de réentrainement à la course à pied (à domicile si possible).

Thérapie par ondes de chocs

Dans la littérature, les preuves concernant les ondes de choc pour traiter le MTSS sont quelque peu contradictoires, bien qu’il semble que davantage d’études aient trouvé des résultats bénéfiques de l’utilisation des ESWT pour traiter le MTSS.

Dans leur essai contrôlé randomisé, Gomez Garcia et al. (2017) ont trouvé qu’une seule application de traitement par ondes de choc extracorporelles ciblées en combinaison avec un programme d'exercices spécifiques accélère la récupération clinique et fonctionnelle chez des militaires atteints de MTSS, avec un taux de réussite de 82,6 % à 4 semaines. Ils ont utilisé un protocole d’ODC de 1500 impulsions avec une EFD (energy flux density) de 0,20 mJ/ mm2 et le programme d’exercices consistait en la réalisation d’étirements et d’exercices de renforcement des muscles de la jambe et des muscles stabilisateurs du bassin. Les militaires étaient moins douloureux (2,17 contre 4,26 dans le groupe sans ODC), pouvaient courir plus longtemps (17min33s contre 4min48s pour le groupe sans ODC) et avaient un score de Roles and Moseley plus élevé.

Une récente revue réalisée par Schroeder et al. en 2021 confirme que l'ESWT peut être utilisé en toute sécurité pour traiter diverses affections musculosquelettiques chez les athlètes, notamment la tendinopathie de la coiffe des rotateurs, l’épicondylalgie latérale du coude, le syndrome douloureux du grand trochanter, la tendinopathie des ischio-jambiers, la tendinopathie rotulienne, la tendinopathie d'Achille ainsi que d'autres tendinopathies, mais également la fasciapathie plantaire, les lésions de stress osseux et enfin le syndrome de stress tibial médial. Bien entendu, les protocoles d'ESWT (décrivant la densité du flux énergétique, le nombre d'impulsions, le type d'onde de choc (focalisée ou radiale), le nombre/fréquence/durée de la session de traitement, la zone d'application et les protocoles de thérapie post-procédure) doivent être ajustés dans le cadre clinique, d’autant plus qu’ils varient selon les études. Les réglages optimaux pour la plupart des indications restent à déterminer.

Schroeder et al. (2021) indiquent que l'ESWT peut être utilisé pour traiter les athlètes en cours de saison, car il ne nécessite pas ou peu de temps d'arrêt du sport et peut apporter des bénéfices rapides. Ils ajoutent que l'ESWT doit être utilisé en complément de la thérapie physique afin de faciliter les gains fonctionnels à long terme et optimiser la guérison.

Une autre étude, observationnelle prospective, réalisée par Moen et al. en 2012 a conclu que les patients souffrant de MTSS peuvent bénéficier d’une thérapie ESWT en plus d’un programme de course gradué. En effet, leurs résultats montrent que le temps de récupération complète était significativement plus rapide dans le groupe « programme de course gradué + ESWT » que dans le programme de course gradué seul (59,7 ± 25,8 conte 91,6 ± 43,0 jours (p=0,008)). Rompe et al. (2010) ont également trouvé que les patients atteints de MTSS de leur étude cas-témoins, ayant été traité avec des ESWT radiales, ont repris leur sport plus rapidement à 15 mois (40 sur 47 ont repris leur sport), que ceux n’ayant pas eu d’ESWT (22 sur 40 ont repris le sport). De plus, les patients du groupe ESWT étaient plus susceptibles de déclarer qu'ils se sentaient « complètement rétablis » ou « beaucoup améliorés » à 1, 4 et 15 mois.  

En revanche, dans leur étude, Newman et al. (2017) ont conclu que la thérapie par ondes de choc à dose standard n'est pas plus efficace qu'une dose fictive pour améliorer la douleur ou la distance de course dans le MTSS, mais supposent que la dose fictive peut avoir eu un effet clinique. Une enquête plus approfondie est nécessaire pour évaluer l'effet de la thérapie par ondes de choc dans la gestion du MTSS.

Thérapie par injection

La prolothérapie est une technique d'injection régénérative (ou plutôt proliférative, d’où son nom « prolothérapie) non chirurgicale qui consiste à administrer de petites quantités d'une solution irritante aux insertions tendineuses dégénérées, aux articulations, aux ligaments ou aux espaces articulaires adjacents au cours d'une série de plusieurs séances de traitement (Linetsky et Manchikanti, 2005 ; Goswami, 2012). L’injection de « proliférants », comme par exemple une solution de glucose hypertonique, dans le tissu conjonctif endommagé déclenche une réaction inflammatoire locale, qui conduit à un processus de guérison similaire au processus naturel de guérison du corps, entrainant une fibroplasie, une libération de facteurs de croissance, un dépôt de nouveau collagène (augmentant la force de la jonction os-ligament-os et la masse ligamentaire) et une hypertrophie tissulaire (Hung et al. 2016 ; Ekweme et al. 2017 ; Banks AR, 1991 ; Liu et al. 1983).

Le périoste étant richement innervé par des fibres nerveuses nociceptives (Safadi et al. 2009), Padhiar et al. (2021) suggèrent que dans les cas de MTSS, une injection de prolothérapie peut réduire la douleur en perturbant les fibres sensorielles grâce à l'action du choc osmotique directe de la solution de dextrose hypertonique sur les cellules locales au site d'injection (Banks AR, 1991). Ils indiquent que cette injection sous-périostée de dextrose à 15% guidée par échographie a un effet significatif à moyen terme sur la douleur dans le MTSS. Ils précisent que cet avantage pourrait être maintenu à long terme mais que des essais plus robustes sont nécessaires pour valider ces résultats. En effet, leurs résultats rapportent que les patients ont signalé une  réduction significative ( p < 0,01) du score médian de la douleur EVA lors du suivi à moyen et long terme par rapport au score initial. L'amélioration médiane par patient était de 4,5/10. Les patients ont évalué leur état comme « beaucoup amélioré » lors du suivi à moyen terme et le score médian de retour au sport était « revenu au niveau souhaité mais pas avant la blessure » lors du suivi à moyen et à long terme. Selon eux, les cliniciens devraient envisager l'utilisation de la prolothérapie comme une option de traitement viable pour réduire la douleur et faciliter le retour à l'activité chez les patients atteints de MTSS récalcitrant.

A l’heure actuelle, il existe toujours peu d’études traitant de l’utilisation de la prolothérapie chez des sujets souffrant de MTSS. Dans une étude pilote, Curtin et al. (2011) ont tenté d’évaluer l’efficacité de la prolothérapie dans la prise en charge du MTSS. Tous leurs sujets (7 sujets) ont signalé une nette amélioration de leurs symptômes avec une diminution significative de la douleur moyenne sur l’EVA (diminution de 4/10 en moyenne chez chaque sujet par rapport à leur score de base)  à 4 semaines (p < 0,05) et à 18 semaines (p < 0,05). A 18 semaines de suivi post-injection, les sujets ont pu retrouver un « niveau de sport désiré mais pas au niveau pré-lésionnel » et ont évalué leur amélioration globale comme « beaucoup d’amélioration ». Les auteurs ont conclu que l'injection de dextrose a entraîné une amélioration tangible des symptômes chez leurs sept patients atteints de MTSS récalcitrant douloureux mais jugent que des essais contrôlés supplémentaires de ce type d’intervention sont nécessaires.

Enfin, une revue systématique et méta-analyse réalisée par Bae et al. en 2021 avait pour but de déterminer l’efficacité de la prolothérapie au dextrose comme traitement à long terme des douleurs musculosquelettiques chroniques allant de 6 mois à 1 an (épicondylalgie latérale du coude, arthrose du genou, syndrome de conflit sous-acromial, douleurs articulaires sacro-iliaques, tendinopathie rotulienne chronique, lombalgie chronique, fasciapathie plantaire, syndrome de Tietze). Ils ont conclu que la prolothérapie au dextrose est plus efficace dans le traitement de la douleur chronique que l'injection de solution saline ou l'exercice. Son effet était cependant comparable à celui du plasma riche en plaquettes et à celui de l'injection de stéroïdes.

D’après les résultats de ces études, il semblerait que la prolothérapie soit un traitement utile dans la prise en charge des sujets souffrant de MTSS.

Chirurgie

Parfois, une intervention chirurgicale est pratiquée lorsque la douleur persiste malgré un traitement conservateur du MTSS. La chirurgie consiste en une fasciotomie le long du bord postéro-médial du tibia, soit seule (Jarvinnen et al. 1989 ; Holen et al. 1995 ; Wallensten et al. 1983), soit en combinaison avec un stripping du périoste (Abramowitz et al. 1994 ; Yates et al. 2003, Detmer, 1986). A ce jour, il n’existe que très peu d’études concernant la chirurgie du MTSS (que des séries de cas et aucun essai clinique randomisé) et les résultats dans ces séries de cas sont mal rapportés. D'excellents résultats ont été rapportés en ce qui concerne la douleur chez 69 % à 92 % des athlètes ayant un MTSS (Yates et al. 2003, Detmer, 1986), tandis que le retour au sport a été obtenu chez 31 % à 93 % des athlètes (Moen et al. 2009). De nouvelles études sont nécessaires pour rapporter des preuves de haute qualité afin de justifier les recommandations cliniques. Etant donné que la cause du MTSS ne fait pas l’objet d’un consensus, la chirurgie ne semble pas être une approche thérapeutique plausible pour la prise en charge efficace de cette pathologie et devrait être évitée en tant que traitement de première intention.

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Le syndrome de stress tibial médial
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Le syndrome de stress tibial médial

Vous trouverez ici tous les éléments nécessaires pour comprendre cette blessure, pour réaliser un examen clinique complet et pour effectuer une prise en charge en suivant les dernières recommandations EBP.
Mis à jour le :
13/1/2022

Avant-propos

Le syndrome de stress tibial médial (MTSS), communément appelé “périostite tibiale” ou encore “shin splint” est une pathologie qui se caractérise par une douleur située dans les deux tiers distaux du bord postéro-médial du tibia (Bliekendaal et al., 2018 ; Naderi et al., 2020; Reinking et al., 2017). Cette douleur peut survenir pendant ou après l’activité physique (Brown, 2016; Naderi et al., 2020).

Dans les premiers temps de la pathologie, la douleur apparaît dès le début de l’activité pour ensuite disparaître dans la suite de l’effort. Cependant, à un stade plus avancé, elle peut persister durant toute la durée de l’activité (Brown, 2016).
La lésion induisant cette souffrance se situerait au niveau de la jonction entre le périoste et le fascia (Saeki et al. 2017).
La pathologie sous-jacente au MTSS est incertaine : certains rapports suggèrent qu'il est dû à une fasciapathie (Johnell et al. 1982), tandis que des rapports plus récents chez des athlètes présentant un MTSS prolongé indiquent qu'il s'agit d'une lésion de surcharge osseuse. Ces études ont révélé des densités minérales osseuses tibiales réduites au niveau du site du MTSS, qui sont revenues à des valeurs normales après la disparition des symptômes (Magnusson et al. 2001 ; Magnusson et al. 2003). Une autre étude a mis en évidence des microfissures sans réponse réparatrice dans les biopsies prélevées sur les sites douloureux chez les athlètes atteints de troubles musculo-squelettiques (TMS), ce qui suggère une altération de la fonction de réparation osseuse (Winters et al. 2019).
En l'absence de preuves solides pour l'une ou l'autre des théories sur sa pathologie, le MTSS est considéré comme un syndrome de douleur clinique (Winters et al. 2017 ; Winters et al. 2018).

Introduction à la pathologie

Epidémiologie

C’est une pathologie courante associée à la mise en charge et touchant une large partie de la population active telle que les recrues militaires ainsi que les athlètes et sportifs récréatifs pratiquant la course à pied (Bliekendaal et al., 2018; Naderi et al., 2020; Reinking et al., 2017).
La prévalence du MTSS est élevée. En effet, elle se situe entre 13,6 et 20 % chez les coureurs (Naderi et al. 2020). Une étude de 2018 a montré qu'il s'agit de la blessure la plus fréquente chez les coureurs récréatifs : 16 % de toutes les blessures liées à la course à pied seraient dues au MTSS (Mulvad et al. 2018).

D’autres études montrent que le MTSS constituerait 9,5 % de toutes les blessures musculosquelettiques et 60% des blessures aux membres inférieurs chez les athlètes (Ohya et al. 2017 ; Orava et al. 1979).
Chez les recrues militaires, la prévalence se trouve entre 7,9 et 35 % selon Bliekendaal et al. (2018) et Garnock et al. (2018). Elle serait de 35 % chez les recrues navales selon Edama et al. (2017).

Selon Kakouris et al (2021),  les cinq principales pathologies avec les proportions d'incidence les plus élevées parmi les non-ultramarathoniens étaient la tendinopathie d'Achille, le MTSS la douleur fémoro-patellaire, la fasciite plantaire et l'entorse de la cheville (Kakouris et al. 2021). Il est intéressant de noter que dans leur étude de 2021, Balsamo et al, indiquent que les sprinteurs ont signalé plus de symptômes de MTSS que les coureurs d’endurance (Balsamo et al. 2021).


Pronostique

Le temps moyen nécessaire pour récupérer d’un MTSS était de 72 jours (Nielsen et al. 2014) et 70 jours (Mulvad et al. 2018) ce qui peut sembler long et nuire considérablement aux sportifs amateurs et professionnels (Beck. 1998).
Dans l’étude de Mulvad, la date de récupération était définie comme la date à laquelle le soulagement total de la douleur s'est produit, qui a ensuite été suivi d'au moins trois semaines sans douleur dans le site anatomique concerné (Mulvad et al. 2018).

Dans le seul essai contrôlé randomisé réalisé avec différents protocoles de traitement chez des coureurs de loisir, les coureurs ont mis en moyenne six mois à récupérer suffisamment pour terminer une course de 18 minutes consécutives à l'extérieur à une vitesse à laquelle la parole devient difficile avec un score < 4/10 sur l’EVA (Moen et al. 2012).

Dans une revue systématique, les auteurs indiquent que le temps de récupération approximatif est de 16 à 18 semaines chez les coureurs débutants et les coureurs récréatifs (Menéndez et al. 2020).

Il est important de garder à l’esprit que les définitions de “récupération” varient considérablement d’une étude à l’autre.

Ajoutons à cela le taux excessif de récidives (Garnock et al., 2018; Ohya et al., 2017) qui est estimé entre 20 et 32% selon Garnock et al. (2018).

Le MTSS est donc assez fréquent et récidivant, ce qui représente un vrai enjeu pour les professionnels de santé étant donné le temps d’invalidité qu’elle engendre chez les athlètes, les militaires et les sportifs récréatifs.

Quels sont ces facteurs de risques ? Prévention secondaire et tertiaire.

Le nombre important d’hypothèses et de facteurs de risques pourrait nous offrir une première idée de l’intervention à mener face à ce problème récurrent chez les sportifs, notamment chez les coureurs (Becker et al. 2018).
Selon Blaise Dubois, les facteurs de risques extrinsèques sont liés à l’exercice lui-même : le MTSS peut être associé à 2 causes distinctes. Elle peut, d’une part, apparaître à la suite d’un changement de chaussures, de surfaces ou d’une modification de la technique de course, de même que chez les coureurs dont l’impact du pied au sol est bruyant et, d’autre part, être le résultat d’une surcharge sur la chaîne postérieure occasionnée par toute activité inhabituelle qui amène davantage sur la pointe des pieds (par exemple courir plus vite, sauter, monter des côtes…) (Dubois et al. 2021).
Dans la littérature, il a également été mentionné le port de semelles orthopédiques, le nombre d’années de pratique de la course à pied, une précédente expérience de MTSS et une blessure lors de la pratique sportive (Reinking et al. 2017 ; Hubbard et al. 2009 ; Newman et al. 2013 ; Bliekendaal et al. 2018)

La semelle orthopédique : Newman et son équipe (2013) nous interpellent sur le lien causal entre l’utilisation de semelles orthopédiques et le développement de MTSS. La fonction de ces orthèses n’est pas clairement établie et comprise notamment pour la prévention. Elles sont prescrites dans un but correctif d’un mauvais alignement ou de soutien du pied. L’utilisation d’orthèses pourrait engendrer un déconditionnement de certains muscles du pied voire du membre inférieur. Cependant, la littérature n’aborde pas les faiblesses ou la fatigabilité musculaire parmi les facteurs de risques de MTSS. De plus amples informations sur les matériaux utilisés et leur utilité devraient être précisées pour tenter d’expliquer la variabilité d’effets des orthèses proposées. De manière générale, il semble que des semelles non adaptées lors du traitement ou préconisées en prévention du MTSS sont des facteurs de risques de celui-ci.
La clinique du coureur qui est devenue une référence mondiale dans la prévention des blessures de la course à pied indique par exemple que les technologies de contrôle de la pronation comme les densités plus importantes à l’intérieur de la semelle ne parviennent pas à réduire la pronation. Les experts précisent que le pied dans la chaussure fait bien ce qu’il veut. Ces semelles orthopédiques anti-pronatrices ne corrigent donc non seulement pas le supposé problème, mais pourraient également engendrer d’autres effets secondaires non souhaités (Dubois et al. 2019).

Le nombre d’années de pratique de course à pied : aucune des 2 variables d'entraînement (années d'expérience de course à pied et kilométrage d'entraînement hebdomadaire) n'était un facteur de risque de MTSS selon la méta-analyse de Reinking et al. (2017). L'hétérogénéité statistique des années de pratique de course à pied est élevée ; par exemple Hubbard et al. (2009) ont indiqué que moins d'années de pratique était un facteur de risque de MTSS alors que Lee et al. (2009) ont rapporté que plus d’années de pratique était un facteur de risque de MTSS.
Plisky et al. (2007) n'ont pas trouvé que les années de course à pied étaient un facteur de risque de MTSS chez les coureurs d’un lycée et Reinking et al. (2017) soulignent que le kilométrage hebdomadaire n'était pas un facteur de risque sur base des données regroupées provenant de 2 études (Hubbard et al. 2009 ; Lee et al. 2009).  

Une précédente expérience de MTSS est considérée par plusieurs auteurs (Hubbard et al. 2009, Newman et al. 2013, Reinking et al. 2017; Bliekendaal et al. 2018) comme un élément précipitant la récidive. Newman et al. (2013) rapportent un odd ratio (OR) global de 3,74 (IC à 95 % 1,17 à 11,91) pour les sujets ayant des antécédents de MTSS. Dans leur étude en 2018, Bliekendaal et al soulignent qu’il s’agit du facteur de risque le plus pertinent dans leur étude avec un OR de 5,03 (IC à 95 % 1,90 à 13,30) (Bliekendaal et al. 2018). L’argumentation en faveur de ce facteur serait dû à la différence de cicatrisation entre l’ensemble des organes tissulaires. En effet, les lésions de l’os observent une guérison bien plus longue que les tissus mous (structures myo-fasciales et tendineuses). Les douleurs cessent mais la corticale osseuse est fragilisée et sujette aux récidives.

Les antécédents de toute blessure de course à pied seraient également un facteur important pour le développement de MTSS d’après la revue systématique et méta-analyse de Reinking et al (2017). L'odd ratio groupé pour toute blessure en course à pied en tant que facteur de risque de MTSS était de 2,181 (Reiking et al. 2017).

Les facteurs de risques intrinsèques sont également nombreux. Parmi les plus récurrents, nous retrouvons le Body Mass Index (BMI), le sexe féminin, un pied pronateur et la chute de l’os naviculaire. Il existe cependant d’autres facteurs de risques faisant l’objet de discorde selon les études ou ne trouvant pas d’explication rationnelle en lien avec le MTSS. Ces potentiels facteurs de risques sont l’âge, l'habitude de fumer, la circonférence des jambes, la ROM (Range Of Motion) de la cheville, la ROM de la hanche en rotation médiale et latérale (hanche fléchie), la force musculaire de la hanche.

Le body mass index : la prise de poids d’un athlète a souvent été corrélée avec le risque de MTSS, Moen et al. (2009) parlent d’un BMI > 20,2. Dans leur revue systématique et méta-analyse, Reinking et al. (2017) ont également trouvé un effet poolé significatif, mais l'hétérogénéité étant modérée, les auteurs n’ont pas inclus l'IMC comme facteur de risque de niveau de confiance élevé pour le MTSS. Toutefois, il est important de noter que Reinking et al. (2017) ont constaté que l'augmentation du poids était un facteur de risque de MTSS lors de la mise en commun des résultats de 7 études de leur méta-analyse. Les mêmes auteurs ont indiqué que la différence de taille n'était pas un facteur de risque pour le MTSS. Par conséquent, les résultats de l'IMC en tant que facteur de risque rapportés par Hamstra-Wright et al. (2015) et par Newman et al. (2013) peuvent être liés aux différences de poids entre les groupes MTSS et non MTSS.

En 2018, Bliekendaal et al. rapportent également une relation significative entre un IMC plus élevé et un risque de MTSS avec un OR de 2,29 (IC à 95 % 1,02 à 5,16) pour le groupe avec un IMC supérieur à la moyenne. Selon Moen et al. (2009) et Hamstra-wight et al. (2015), il est important de clarifier que le BMI n’est pas un indicateur de masse graisseuse, surtout chez les sportifs, et que l’augmentation du BMI peut être due à la prise de masse maigre et/ou masse grasse. L'une des explications est liée à la réponse de l'os à la charge ou la contrainte, en particulier à l'inclinaison ou à la flexion du tibia, provoquant une hyperstimulation du périoste. Les micros lésions engendrent une réorganisation de l’os dans un but de consolidation en réponse à la surcharge osseuse. Le poids n’est pas le seul facteur de contraintes. En effet, les muscles ayant un rapport direct (insertion sur le périoste) ou indirect (s’insérant sur les fascias en lien avec le périoste) sont également responsables de l’ostéogenèse. Un déséquilibre entre micro-dommage et régénération de l’os peut apparaître. L’os étant adaptable, une progression de la charge d’exercice peut être intéressante en fonction du BMI de chacun·e et de leurs historiques face à cette atteinte. Un BMI plus élevé demanderait ainsi une progression plus longue dans les activités sportives.

Le sexe féminin est un FDR fréquemment mis en évidence dans la littérature scientifique. Certains auteurs indiquent en effet que les femmes ont 2,35 (IC à 95 % 1,58 à 3,50) (Reinking et al. 2017) et 1,71 (IC à 95 % 1,15 à 2,54) (Newman et al. 2013) fois plus de risques de développer un MTSS par rapport aux hommes. En 2018, Bliekendaal et al. ont trouvé un risque relatif de 3,14 (IC 95% 1,39 à 7,11) pour le sexe féminin (Bliekendaal et al. 2018). On ne sait pas pourquoi les femmes sont plus prédisposées à développer le MTSS. Plusieurs hypothèses sont avancées sur la cinématique et les patterns de mouvements à la course ainsi que les troubles menstruels très souvent associés à une diminution de la densité minérale osseuse. Les femmes ayant de base une densité osseuse basse, seraient donc beaucoup plus à risque de développer des MTSS. Ce critère étant également retrouvé pour la fracture de stress du tibia (SF) (Moen et al., 2009 ; Newman et al.,2013).

Une chute du naviculaire plus importante a émergé de la méta-analyse de Reinking et al. (2017) en tant que facteur de risque de MTSS, ce qui est cohérent avec les résultats de Hamstra-Wright et al. (2015) et de Newman et al. (2013). La mesure de la chute de l’os naviculaire est utilisée par les cliniciens comme mesure de la pronation du pied (Mueller et al. 1993) et il a été démontré qu'elle a une relation avec le mouvement de l'arrière-pied pendant la marche (McPoil et al. 1996). Sur les 8 études incluses dans la méta-analyse de Reinking et al. (2017) pour la chute naviculaire, 5 ont rapporté une chute du naviculaire significativement plus importante dans les groupes MTSS (McPoil et al. 2008 ; Bennett et al. 2001 ; Moen et al. 2012 ; Raissi et al. 2009 ; Rathleff et al. 2012) (groupe MTSS : intervalle, 6,0-7,7 mm ; athlètes non blessés : intervalle , 3,6-5,4 mm). Dans 2 des 3 autres études de la méta-analyse (Hubbard et al. 2009 ; Yagi et al. 2013), le groupe MTSS avait une valeur de chute naviculaire plus élevée que le groupe non-MTSS, mais la différence n'était pas significative. Plisky et al n'ont trouvé aucune différence dans le pourcentage d'athlètes avec MTSS qui avaient une chute naviculaire > 10 mm par rapport aux athlètes sans MTSS (Plisky et al. 2007).
En 2018, Bliekendaal et al n’ont également trouvé aucune relation significative entre la chute du naviculaire et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).
Il nous semble important de préciser que la clinique du coureur soutient qu’un pied en pronation n’est pas un problème (Dubois et al. 2019). En effet, les experts de la course à pied indiquent que les particularités cinématiques et anatomiques (pronation, supination, pieds plats, pieds creux, etc.) ne sont pas la cause des blessures si elles ne sont pas nouvellement apparues. Les auteurs soulèvent en effet une question pertinente : “comment une particularité présente depuis toujours chez un coureur deviendrait soudainement la cause d’une nouvelle douleur ?”. Pour ces experts, le coureur “pronateur” n’est pas plus à risque de blessure que le coureur “universel” et ce, que sa chaussure intègre ou non un système de contrôle de la pronation (Dubois et al. 2019).

La ROM de la hanche, en position genou et hanche fléchis à 90°, est un FDR fréquemment cité. Cependant de nombreuses discordes surviennent entre les auteurs de différentes revues de littératures et méta-analyses concernant le sexe associé à ce facteur, le type de rotation (interne ou externe), la modalité de prise de mesure (passive ou active) et tout simplement sur son association supposée avec un MTSS.
Selon Moen et al. (2009), l’augmentation de la ROM en RI et RE est un FDR à prendre en compte malgré l’absence de solides explications à celui-ci. Dans l’étude en question, les différences observées entre le groupe expérimental et témoin sont de 8 à 12°.
Newman et al. (2013) présentent la rotation externe de hanche en position fléchie à 90° lors d’un mouvement passif comme FDR mais uniquement chez les hommes, puisque serait non significatif chez la femme.
Hamstra-Wright et al. (2015) s’accordent sur 2 hypothèses : une non-modifiable et une modifiable. La première étant liée à l’anatomie du col fémoral avec un angle anté ou rétroversé modifiant la biomécanique du fémur sur le tibia. La seconde concerne l’équilibre entre la ROM en RI et RE ainsi que l’amplitude totale. Pour ces auteurs, ces facteurs doivent être pris en compte dans un objectif de prévention voire de traitement du MTSS en attendant des recherches plus approfondies. De manière générale, l’ensemble des auteurs se mettent d’accord sur le fait que les mécanismes en cause pour ce FDR ne sont pas clairs.
Dans leur revue systématique et méta-analyse de 2017, Reinking et al ont également indiqué qu’une plus grande rotation externe de la hanche avec la hanche fléchie constituait un facteur de risque de développer un MTSS. En revanche, ils n’ont trouvé aucune relation significative avec la ROM interne de hanche.

En 2018, Bliekendaal et al. n’ont pas trouvé de relation significative entre la ROM en RE/RI de hanche et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).

Les ROM de cheville en flexion dorsale (FD) et plantaire (FP) observent de nombreuses contradictions sur ce critère.
Une ROM en FP est analysée comme significativement plus grande dans le groupe avec MTSS au sein de l’étude prospective de Hubbard et al. (2009).
À contrario, il a été montré qu’une diminution de la ROM en FP était retrouvée chez les personnes atteintes. Newman et al. (2013) n’attribuent aucun effet de l’augmentation ou la diminution de la ROM en flexion dorsale dans le processus de MTSS. Pour eux, l’augmentation de la raideur des fléchisseurs plantaires n’est qu’une conséquence du MTSS et non une de ces causes. Ainsi, malgré ce constat, un des axes de traitement et de prévention serait le gain de mobilité et l’assouplissement du pied et de la cheville selon Newman et al. (2013), bien qu’ils ne traitent pas de cette partie du sujet.
Plus récemment, Hamstra-Wright et al. (2015) ont affirmé qu’une augmentation accrue de la flexion plantaire est un FDR car : la position du pied étant modifiée, la pose d’appui sur l’avant pied intensifie les contraintes en postéro-médial du tibia associant chute du naviculaire et augmentation de la ROM active en FP. En effet, celle-ci est permise par une extensibilité importante des releveurs notamment du tibial antérieur dont l’insertion se trouve sur l’articulation cunéo-métatarsienne du premier rayon. Ainsi en position neutre du pied, ce muscle ne permettrait pas de suspendre la voûte et donc nous observerions une chute du naviculaire.
L’idée préventive que nous retrouvons derrière est une ré harmonisation des muscles antagonistes, le tibial antérieur étant un muscle clé pour ré-établir le contrôle neuro-musculaire dans ce mouvement.
Un besoin incontestable de nouvelles études est déclaré dans chacune de ces sources.
En ce qui concerne la ROM en Flexion dorsale, la revue de littérature de Moen et al. (2009) suggère que la réduction de la ROM en FD n’est pas un FDR de développement du MTSS, tandis que Becker et al. (2017) avancent la diminution de cette ROM comme facteur de risque lié à la cascade d’évènements biomécaniques. En effet, ils démontrent une durée d’éversion du pied plus longue avec une réduction de la ROM en dorsiflexion, un arrière pied plus éversé lorsque le talon quitte le sol et un angle du tibia plus grand en varus. Ces caractéristiques ayant un enchainement particulier de conséquences potentielles : plusieurs auteurs suggèrent qu’un manque de dorsiflexion peut impliquer un équin fonctionnel, surmonté d’un angle en varus du tibia plus important, pouvant nécessiter une compensation en pronation pour garder une stabilité au sol de l’avant pied.
Cette cascade de facteurs biomécaniques vient appuyer les arguments en faveurs du stress tissulaire évoqué dans l’article de Saeki et al. (2018). Selon lui, la raideur des muscles de la loge postérieure profonde (Long Fléchisseur des Orteils (LFO), Tibial Postérieur (TP)) ainsi que le Soléaire induirait une traction du fascia crural se traduisant par un stress tissulaire important engendré par de fortes contraintes.

De Blaiser et al., 2017 propose le « core stability » comme FDR de blessure des membres inférieurs chez les athlètes. Cette revue inclut notamment 2 études : Verrelst et al. (2013) et Verrelst et al. (2014) portant sur les douleurs du tibia en médial à l’effort et la relation avec le contrôle neuromusculaire du « core » (ou complexe adbo-lombo-pelvien). Ce qui renforce l’intérêt envers la prévention du MTSS. De la sorte, un travail en « core stability » permettrait également d’augmenter la stabilité à distance.

Il existe des suppositions quant au rôle de la force des muscles de la hanche sur les blessures du membre inférieur. Différents auteurs ont travaillé sur ce sujet avec différentes pathologies. Mais certains d’entre eux se contredisent. Verrelst et al. (2013) dans leur étude prospective affirment que la diminution de force des muscles de la hanche est un facteur de risque pour le développement de l’EMTP (Exertional medial tibial pain), notamment chez la femme. Javdaneh et al. (2014) ont étudié l’impact de la force des muscles de la hanche sur le pied hyper-pronateur. Ils précisent dans leur étude que l’hyperpronation est retrouvée dans diverses atteintes du membre inférieur, le MTSS y est mentionné comme nous avons pu le constater précédemment. Il résulte de cette étude que la force des abducteurs et rotateurs externes jouent un rôle contre ce phénomène. Une autre étude poursuivie par Goo et al. (2016) va dans ce même sens en y ajoutant une relation entre la force du gluteus maximus et de l’abductor hallucis pour prévenir la chute du naviculaire.
En 2018, Bliekendaal et al. n’ont pas trouvé de relation significative entre la force d'adduction et d'abduction de la hanche, le rapport de force d'adduction-abduction de la hanche et le développement du MTSS (Bliekendaal et al. 2018).

Dans leur étude de 2018, Bliekendaal et al ont trouvé des résultats en contradiction avec le reste de la littérature concernant l'âge comme facteur de risque de développer un MTSS. La littérature rapporte systématiquement que l'âge n'est pas associé à un risque accru (Reinking et al. 2017). Or Bliekendaal et al indiquent un OR de 0,31 (IC à 95 % 0,13 à 0,76) pour le groupe d'âge supérieur à la moyenne dans leur population. Les auteurs soulignent également que les observations de la pratique vont dans le sens de ce résultat (Bliekendaal et al. 2017). L'une des raisons de cette constatation est que les élèves plus âgés sont plus susceptibles de subir une blessure aiguë aux membres inférieurs que les élèves plus jeunes (Bliekendaal et al. 2017). Les élèves plus âgés et blessés peuvent être moins activement impliqués dans le programme sportif et donc moins susceptibles de développer un MTSS. Cependant, ils manquent clairement de données pour étayer cette justification (Bliekendaal et al. 2019).

Un facteur de risque proposé pour contribuer au développement du MTSS, qui pourrait être modifié, mais qui n'a pas encore été largement exploré, est la réduction de la circonférence des jambes (Burne et al. 2004). Les chercheurs suggèrent que la réduction de la musculature de la jambe altère la capacité de la jambe à moduler les contraintes tibiales causées par les forces de réaction au sol pendant la phase d'appui de la course, exposant les individus à un risque de développer un MTSS (Burne et al. 2004).
Les chercheurs ont utilisé deux protocoles pour mesurer la circonférence des jambes :
(i) la circonférence de la jambe maigre
(ii) la circonférence maximale de la jambe
La circonférence de la jambe maigre est la circonférence maximale de la jambe mesurée pendant qu'un participant est debout, corrigée de l'épaisseur du tissu adipeux (Burne et al. 2004 ; Moen et al. 2012). La circonférence maximale des jambes est une mesure de la circonférence des jambes, debout, non corrigée (Clément. 1974 ; Moen et al. 2012 ; Sobhani et al. 2015).  
Bien que la circonférence des jambes fournisse une mesure globale de la masse musculaire, elle ne fournit pas de détail sur la composition structurelle ou la capacité fonctionnelle des muscles des jambes. Par conséquent, il est impossible de savoir quels muscles spécifiques des jambes pourraient être compromis chez les personnes atteintes de MTSS ou comment cela pourrait affecter la fonction des membres inférieurs.  
Une étude cas-témoin de 2021 réalisée par Mattock et al ont rapporté que bien que la circonférence de la jambe inférieure soit considérée comme un facteur de risque associé au développement du MTSS, leurs résultats ont montré que la circonférence maigre de la jambe inférieure ne différait pas significativement entre les membres symptomatiques et les membres témoins. Les résultats de leur étude suggèrent que bien que l'épaisseur du soléaire et la CSA  (section transversale) du long fléchisseur de l’hallux soient plus faibles dans les membres symptomatiques, ces tailles plus petites sont probablement compensées par un gastrocnémien latérale (GL) plus épais et, dans une moindre mesure, l'épaisseur du gastrocnémien médial (GM), masquant toute différence de circonférence de jambe entre les groupes (Mattock et al. 2021).

De manière générale, il existe des difficultés à baser les protocoles de traitement MTSS sur ces supposés “facteurs de risque” actuels car nombre d'entre eux ne peuvent pas être modifiés. De plus, il n'y a pas de preuve de haute qualité pour l'effet d'une intervention actuelle dans la gestion du MTSS sur la base des “facteurs de risque” (Winters et al. 2013).

Habitude de fumer : l’étude de Sharma met en évidence la proportion plus importante de personnes qui fument dans le groupe MTSS que dans le groupe sain (NMTSS). En effet, le groupe MTSS a 67,6% de personnes fumeuses contre seulement 24,2% dans le groupe NMTSS. Le résultat est statistiquement significatif (p=0,001) (Sharma et al. 2011).

Etiologie et physiopathologie

Comme nous l’avons dors et déjà mentionné plus haut, l'étiologie et la physiopathologie du MTSS n'ont pas été définitivement établies.
En effet, aucun consensus n’a été trouvé pour l’instant (Brown, 2016; Craig, 2008; Franklyn & Oakes, 2015; Madeley et al., 2007; Naderi et al., 2020; Nakamura et al., 2019). Néanmoins, deux modèles physiopathologiques dominent dans la littérature (Edama et al., 2017; Naderi et al., 2020; Stickley et al., 2009).
Le premier modèle est celui de la réaction au stress osseux. Celui-ci évoque que le remodelage osseux, dû au stress répétitif durant l’exercice, est inapproprié (Moen et al., 2009; Naderi et al., 2020). Les flexions plantaires de cheville provoqueraient une adaptation osseuse au niveau de l’os tibial mais de façon mal adaptative (Brown, 2016; Edama et al., 2017). Pour Winters et al. 2019, le remodelage osseux associé aux microfissures est rarement observé dans les biopsies d'athlètes atteints du syndrome de stress tibial médial (Winters et al. 2019).
Le deuxième modèle est celui de la traction du fascia tibial. Ce modèle sous-entend que les muscles fléchisseurs plantaires exercent trop de tension sur le tibia et son périoste par un phénomène de traction (Naderi et al., 2020; Ohya et al., 2017; Stickley et al., 2009). Ce serait également le cas pour leurs fascias qui exercent aussi une traction sur le tibia et son périoste, ce qui occasionne une douleur ressentie au niveau du bord médial du tibia, au site le plus courant de MTSS (Edama et al., 2017; Ohya et al., 2017).
En effet, les contractions répétées de ces muscles provoqueraient des tractions qui déclencheraient à leur tour un MTSS et une myosite (Edama et al., 2017).
Ce dernier modèle suggère donc qu’un ou plusieurs muscles ainsi que leurs fascias sont impliqués. Cependant, il existe des résultats contradictoires entre les différentes études de dissection qui ont analysé quelles structures sont directement insérées au niveau du bord médial du tibia, soit le site principal des symptômes du MTSS (Brown, 2016; Edama et al., 2017; Franklyn & Oakes, 2015; Stickley et al., 2009).


Si nous devions résumer, il semble effectivement que le MTSS soit une blessure complexe. Son étiologie n’est pas certaine, les facteurs contribuant à son apparition sont vraisemblablement nombreux, la prévalence dans la population sportive et militaire est élevée, le taux de récidive est également élevé. Elle touche toutes sortes de sports nécessitant d’être en charge, et la durée moyenne de récupération est longue, mettant à mal la compétitivité des sportifs et le travail optimal des militaires. La meilleure solution actuellement semble donc de prévenir son apparition, ce qui implique de mieux comprendre les mécanismes qui en découlent.

Muscles impliqués dans le MTSS

Stickley et al., (2009) ont disséqué seize cadavres adultes dans le but de définir le pourcentage d’insertions sur les tiers moyen et distal du bord médial du tibia des muscles soléaire et long fléchisseur des orteils, et du fascia crural profond (DCF).

Ils ont déterminé que seul le DCF s’insère suffisamment sur le bord médial du tibia, en particulier dans son tiers distal, ce qui correspond au site le plus fréquent des symptômes du MTSS. Ils en ont conclu que le soléaire, le tibial postérieur et le long fléchisseur des orteils ne peuvent pas participer à la traction responsable du MTSS, contrairement au DCF. Ces résultats sont partiellement en accord avec ceux de Beck & Osternig (1994) et contredisent ceux de Saxena et al. (1990). En effet, l’absence d’insertion des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils le long du bord médial du tibia rejoint les observations de Beck & Osternig (1994), mais ces derniers en ont conclu que le soléaire est la seule structure musculaire capable, théoriquement, de développer les tractions associées au MTSS.

Stickley et al. (2009) ne jugent pas le soléaire capable de participer à ces tractions étant donné les résultats de leur étude. Saxena et al. (1990) ont conclu que le muscle tibial postérieur s’insère au bord médial du tibia et pourrait être responsable du développement du MTSS.
Brown (2016) a disséqué treize cadavres afin de définir quels muscles s’insèrent à l’emplacement le plus souvent douloureux lors du MTSS. Il stipule que le muscle tibial postérieur ne s’y insère pas et que le muscle soléaire a une plus grande proportion d’insertion que le muscle long fléchisseur des orteils, ce qui rejoint les résultats de Michael & Holder (1985) et de Beck & Osternig (1994), et contredit à nouveau ceux de Saxena et al. (1990). Brown (2016) conclut que si les tractions sont bien responsables du MTSS, alors les muscles soléaire et long fléchisseur des orteils en sont la source la plus probable et que le muscle tibial postérieur n’est pas impliqué.
Comme nous l’avons vu précédemment, le sexe féminin est un facteur de risque bien connu du MTSS (Bliekendaal et al., 2018; Edama et al., 2017; Nakamura et al., 2019; Reinking et al., 2017; Yagi et al., 2013).
Edama et al. (2017) ont disséqué 55 cadavres afin de vérifier s’il existe des différences anatomiques au niveau des insertions musculaires et du fascia crural entre les sexes. Ils ont constaté chez les deux sexes que le muscle long fléchisseur des orteils a une proportion d’insertion, aux tiers moyen et distal du bord médial du tibia, plus élevée que le soléaire. Cette constatation ne rejoint pas les résultats de Beck & Osternig (1994) qui, eux, ont stipulé que le FDL ne s’attache pas aux tiers moyen et distal. Chez les cadavres féminins, la proportion d’attache du soléaire aux tiers moyen et distal est plus importante que chez les cadavres masculins.
Plus récemment, Nakamura et al. (2019) ont observé les proportions d’insertions des muscles soléaire et long fléchisseur des orteils aux tiers moyen et distal du bord médial du tibia de cinquante sujets vivants, en utilisant l’échographie. Ils ont constaté que la proportion d’attachement du FDL est de 100 % chez les deux sexes et que la proportion d’insertion du soléaire est plus importante chez les femmes par rapport aux hommes. Ces résultats sont similaires à ceux de Edama et al. (2017). Quel que soit le sexe, il n’y avait pas de différences significatives dans la proportion d’insertion du soléaire avec ou sans antécédent de MTSS, dans l’étude de Nakamura et al. (2019). Les chercheurs ont donc suggéré que les insertions du soléaire pourraient ne pas être impliquées dans le développement du MTSS, contrairement au FDL (Nakamura et al. 2019).

Les résultats des études se contredisent et aucun consensus n’est présent actuellement. Il est donc difficile de savoir précisément quelle structure est réellement la cause du MTSS. Le faible nombre de sujets analysés dans la majorité des études ne donne que peu de poids aux résultats des auteurs.

La force et l’activation musculaire dans le MTSS

Rathleff et al. (2011) ont comparé la structure de la variabilité de la chute naviculaire dynamique moyenne (dNH) et le signal de l’électromyographie de surface (SEMG) des muscles soléaire et tibial antérieur entre un groupe de patients atteints de MTSS et un groupe témoin.
Ils ont remarqué que la mesure de la dNH est moins variable chez les patients ayant le MTSS, mais que l’activité musculaire du soléaire et du tibial antérieur a un signal SEMG moins régulier et donc plus variable. L’activité musculaire du muscle soléaire est également plus faible chez les sujets atteints de MTSS, ceci est probablement due à la douleur selon Rathleff et al. (2011).
Les auteurs ont confirmé que les patients atteints de MTSS sont caractérisés par une diminution de la variabilité de la cinématique du milieu du pied et par une variabilité augmentée du signal SEMG du soléaire et du tibial antérieur.
Rathleff et al. (2011) rappellent que la conception de leur étude ne permet pas de déduire une relation de cause à effet.
Yüksel et al. (2011) ont mesuré ́ la force des muscles inverseurs et éverseurs de la cheville dans un groupe de patients ayant un MTSS et un groupe témoin non pathologique. La force concentrique a été mesurée de façon bilatérale en isocinétisme. Les auteurs ont déterminé que la force d’éversion est plus élevée dans le groupe MTSS, mais qu’il n’y a pas de différences entre les groupes en ce qui concerne la force d’inversion. Yüksel et al. (2011) expliquent que lorsque le pied touche le sol, un moment d’éversion plus grand implique une plus grande pronation du pied, ce qui pourrait entrainer une surcharge au niveau du muscle soléaire.

Saeki et al. (2017) ont mesuré la force musculaire de la première articulation métatarso-phalangienne (MTPJ) et de la flexion plantaire du deuxième au cinquième MTPJ chez des coureurs ayant des antécédents de MTSS.
Ils ont également mesuré le couple maximal de contraction isométrique volontaire (MVIC) de la flexion dorsale et plantaire, ainsi que de l’éversion et de l’inversion.

Le MVIC de la flexion plantaire du premier MTPJ est significativement plus élevé chez les coureurs ayant des antécédents de MTSS que chez les coureurs sans antécédents. Il n’y a pas de différences significatives pour la flexion plantaire du deuxième au cinquième MTPJ, ni pour le MVIC des autres mouvements.
Saeki et al. (2017) expliquent qu’il est possible que les coureurs avec des antécédents de MTSS adoptent une stratégie de réduction de la charge au niveau du bord médial du tibia. L’utilisation majorée du FHL, au détriment du FDL, permettrait d’éviter la douleur que cause la contraction du FDL. Il serait donc logique que le MVIC du premier MTPJ soit supérieur aux MVIC du deuxième au quatrième MTPJ.
Un antécédent de MTSS augmenterait donc la force isométrique du FHL.
Les résultats concernant la force isométrique rejoignent ceux de Hubbard et al. (2009) qui stipulent que la force isométrique de la cheville n’est pas liée au développement du MTSS.

Naderi et al. (2020) ont comparé l’activité des muscles soléaire et tibial antérieur pendant la course à pied, entre des coureurs ayant des antécédents de MTSS et des coureurs n’ayant pas d’antécédent. Ils ont mesuré la posture statique et dynamique du pied, ainsi que les signaux EMG de ces deux muscles. La posture statique a été mesurée via l’indice de posture du pied (FPI), qui permet de quantifier le degré de supination ou de pronation du pied.
La posture dynamique a été mesurée via l’indice dynamique de la voûte plantaire (DAI) qui est un rapport de la zone de contact du milieu du pied par rapport à l’ensemble de l’empreinte.
Ils ont déterminé que le score DAI du groupe MTSS est significativement supérieur à celui du groupe témoin. Il n’y a pas de différence significative entre les groupes concernant le FPI.
Le signal EMG du muscle soléaire est plus élevé dans le groupe MTSS, pendant la phase d’absorption et pendant la phase de propulsion. L’amplitude de pointe du signal EMG du soléaire est plus élevée chez les personnes ayant des antécédents de MTSS.
Naderi et al. (2020) soutiennent que la posture dynamique du pied en pronation est un prédicteur de MTSS plus important que la posture statique du pied. Une augmentation de la pronation dynamique du pied résulte d’une augmentation de l’activité du soléaire et donc d’une augmentation de la pression exercée sur le tibia.
Le résultat concernant le soléaire rejoint les études de Beck & Osternig (1994), de Brown (2016) et de Stickley et al. (2009) qui rapportent que l’augmentation de la tension exercée sur le tibia par le soléaire est un facteur de risque possible.
Il y a une contradiction en ce qui concerne l’activité du muscle soléaire. Elle serait diminuée selon Rathleff et al. (2011) et augmentée selon Naderi et al. (2020). Le design prospectif et le nombre de participants quatre fois plus élevé donnent plus de poids aux résultats de Naderi et al. (2020).
Les résultats de Yüksel et al. (2011) impliquent qu’un renforcement musculaire permettant d’harmoniser le rapport inversion/éversion serait utile, que ce soit pour prévenir le développement de la MTSS ou pour traiter les conséquences de la blessure. Cependant, le design et le faible nombre de participants ne donnent pas de poids à leur conclusion.
Les résultats de l’étude transversale de Saeki et al. (2017) semblent montrer qu’une quantification du stress mécanique du muscle long fléchisseur des orteils serait une piste de traitement envisageable.

L’endurance musculaire dans le MTSS

La seule étude s’intéressant à l’endurance musculaire dans le MTSS est celle de Madeley et al. (2007). Leur but est de comparer l’endurance isotonique des muscles fléchisseurs plantaires entre des athlètes présentant un MTSS et des athlètes ne présentant aucune blessure. Chaque groupe est composé de trente athlètes. Pour mesurer cette endurance, ils ont utilisé ​ le test d’élévation du talon debout (Heel Raise tes) décrit par Ross & Fontenot (2000).
Les résultats de Madeley et al. (2007) montrent que les athlètes atteints de MTSS ont une endurance isotonique des muscles fléchisseurs plantaires significativement inférieure (p < 0,001) aux athlètes non pathologiques.
Cependant, les auteurs précisent que seule l’endurance des fléchisseurs plantaires a été analysée et qu’il n’est pas possible de déterminer si le résultat n’est pas dû à une diminution globale de l’endurance du membre inférieur.
De plus, le test utilisé ne permet pas de dissocier les muscles fléchisseurs plantaires entre eux, et donc de déterminer précisément les muscles défaillants.
Enfin, près de 80 % des athlètes du groupe atteint de MTSS ont signalé que leurs symptômes les limitaient dans leurs activités quotidiennes et sportives. Il se pourrait donc que cette diminution d’activité ait causé la diminution d’endurance de ces muscles.
Il est difficile de déterminer si la perte d’endurance est la cause ou l’effet du MTSS. Quoiqu’il en soit, les résultats semblent montrer qu’il serait judicieux de travailler l’endurance des muscles fléchisseurs plantaires dans la population à risque de MTSS, que ce soit en prévention ou en traitement.

La raideur musculaire dans le MTSS

L’étude de Akiyama et al. (2016) a pour but de quantifier la tension musculaire du triceps sural, du long fibulaire et du tibial antérieur chez des patients ayant un MTSS, en utilisant l’élastographie par ultrasons.
Ils ont trouvé que les modules de cisaillement des muscles gastrocnémiens médial (GM), gastrocnémien latéral (GL), soléaire, tibial antérieur et long fibulaire sont significativement plus élevés.
Les modules de cisaillement du triceps sural et l’amplitude en flexion dorsale ne sont pas corrélés.
Sur base de leurs résultats, Akiyama et al. (2016) stipulent que le manque de flexion dorsale ne semble pas caractériser le MTSS.

Saeki et al. (2018) ont comparé la rigidité des muscles de la loge postérieure de la jambe entre des individus avec et sans antécédent de MTSS, en utilisant l’élastographie par ultrasons à ondes de cisaillement. Chez les patients ayant des antécédents, les modules de cisaillement des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils sont significativement plus élevés. De par son insertion sur le bord postéro médial du tibia, c’est-à-dire le site le plus souvent douloureux en cas de MTSS, le résultat concernant le long fléchisseur des orteils est cohérent. Par contre, Saeki et al. (2018) expliquent que le fait que le tibial postérieur possède également des modules de cisaillement élevés, malgré qu’il ne soit pas inséré sur le bord postéro-médial, pourrait être dû à la transmission de la force myofasciale d’un muscle adjacent. Ils n’ont pas trouvé de modules de cisaillement significativement plus élevés pour les muscles gastrocnémien médial, gastrocnémien latéral, soléaire et long fibulaire, ce qui contredit l’étude de Akiyama et al. (2016).
Saeki et al. (2018) expliquent ce résultat contradictoire par le fait que leurs patients n’avaient pas de douleurs lors de la prise de mesure, contrairement aux patients de Akiyama et al. (2016).
Les patients ayant un MTSS ont des modules de cisaillement des muscles de la loge postérieure de la jambe plus élevés (Akiyama et al., 2016). Ohya et al. (2017) ont mesuré l’effet d’une session de trente minutes de course à pied sur les modules de cisaillement des muscles de la loge postérieure de la jambe chez des sujets n’ayant pas de MTSS, afin de déterminer si ces modules de cisaillement élevés sont uniquement dus à la pathologie.
Ils ont trouvé qu’il n’y a pas de différences significatives, avant et après la session de course, pour les modules de cisaillement des muscles gastrocnémien latéral, gastrocnémien médial, long fibulaire et court fibulaire.
Ces résultats, rejoignent ceux de Saeki et al. (2018).
Ohya et al. (2017) ont également montré que les modules de cisaillement des muscles tibial postérieur et long fléchisseur des orteils ont augmenté après une session de trente minutes de course à pied chez des sujets sains.
Les résultats de l’étude transversale d’Akiyama et al. (2016) ne pointent pas le manque de dorsiflexion de la cheville comme responsable du MTSS.
Par contre, les résultats de l’étude transversale de Saeki et al. (2018) suggèrent que le contrôle de la raideur des muscles FDL et TP via des étirements pourrait jouer un rôle dans la prévention.
Enfin, les résultats de l’étude prospective d’Ohya et al. (2017) montrent que les modules de cisaillement augmentent également chez des sujets sains après une session de course à pied. Il est donc difficile à ce stade de déterminer si ces modules de cisaillement jouent un rôle clair dans le MTSS.

Les tractions du fascia dans le MTSS

Bouché & Johnson (2007) ont proposé la théorie de la traction du fascia tibial. Selon eux, les muscles fléchisseurs plantaires effectuent des contractions excentriques lors des mouvements de pronation médio-tarsien et sous talaire du pied. Ces contractions produisent un effet de tension sur le fascia tibial, et la répétition de cette tension causerait des lésions au niveau des insertions médiales du fascia tibial.
Pour évaluer la plausibilité de leur théorie, Bouché & Johnson (2007) ont examiné trois cadavres féminins. Par un système de jauge de contrainte et d’un logiciel spécifique, chaque tendon a été mis en tension de façon à simuler des contractions excentriques. Les résultats montrent que la contraction excentrique des tendons des muscles fléchisseurs plantaires provoque une augmentation de la tension du fascia tibial au niveau de la crête médiale.
De plus, les résultats de l’étude de Stickley et al. (2009), rapportant que seul le fascia crural profond s’insère suffisamment sur le bord médial du tibia, appuient également le modèle de Bouché & Johnson (2007) mettant en cause les tractions du fascia crural profond dans le développement du MTSS.
Enfin, les résultats de l’étude de Brown (2016) montrent que le fascia crural profond s’insère bien sur le bord postéro médial du tibia, c’est-à-dire au site le plus douloureux du MTSS, ce qui appui une nouvelle fois la théorie émise par Bouché & Johnson (2007).
Cependant, le faible nombre de cadavres analysés donne à nouveau peu de poids aux résultats de ces trois études.

En conclusion, il n’est pas possible d’affirmer quelle est l’influence des propriétés musculaires des muscles fléchisseurs plantaires de la loge postérieure et des tractions qu’exerce le fascia crural profond dans le MTSS, sur base de la littérature actuelle

Les résultats sont contradictoires à propos des structures concernées, de l’activation musculaire et de la raideur musculaire dans le MTSS.

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Bilan

BILAN & DIAGNOSTIC

L'anamnèse et l'examen physique sont les pierres angulaires du processus de diagnostic des syndromes douloureux cliniques. De nombreuses études ont montré que les modalités d'imagerie telles que la radiographie, l'échographie, l'imagerie par résonance magnétique, la tomographie assistée par ordinateur et la scintigraphie osseuse sont incapables de différencier les athlètes atteints d’un MTSS de ceux qui ne le sont pas (Mulvad et al. 2018 ; Batt et al. 1998 ; Gaeta et al. 2005 ; Winters et al. 2017). Tant que la pathologie du MTSS est équivoque, il ne semble pas logique d'utiliser l'imagerie pour établir ou écarter le diagnostic de MTSS. Les cliniciens qui établissent des diagnostics fiables constituent une bonne base pour discuter des attentes et planifier le traitement avec le patient.
Tout en établissant un diagnostic fiable, il est également important de pouvoir identifier les lésions coexistantes du membre inférieur ; la présence de blessures concomitantes peut affecter le pronostic et le traitement en pratique.

À cette fin, Winters et al. (2018) ont récemment réalisé une étude de fiabilité transversale afin de déterminer si le diagnostic du MTSS et l'identification des blessures coexistantes pouvaient être effectués de manière fiable (Winters et al. 2018). L'étude a montré que l'établissement du diagnostic du MTSS à partir de l'anamnèse et de l'examen physique est d'une fiabilité presque parfaite entre des cliniciens ayant une formation en médecine et en kinésithérapie, ainsi qu'un large éventail d'années d'expérience clinique.
Les cliniciens ont également été en mesure d'identifier de manière fiable les athlètes présentant des blessures concomitantes du membre inférieur. Le syndrome de stress du tibia médial peut être diagnostiqué à l'aide d'une approche standardisée en sept étapes basée sur l'anamnèse et l'examen physique.

Histoire

La première étape consiste à déterminer s'il existe une douleur induite par l'exercice le long du bord interne du tibia. De manière générale, le thérapeute pourra poser les questions suivantes : ressentez-vous une douleur à l'effort ? Lors d'un impact ? Avec les mouvements ? La douleur est-elle focale ou diffuse, unilatérale ou bilatérale ? Quel type de douleur (brûlure ? crampes ? pression ?...). À quels moments du jour ou de la nuit ressentez-vous des douleurs ? (Nwakibu et al. 2020).
L'activité physique doit provoquer la douleur pendant ou après l'activité, sinon il est peu probable que le patient souffre d'un MTSS. Si l'arrêt de l’activité sportive soulage les douleurs, quel est le délai ? (Ex : 5 min ? 15 min ? ).
On demandera également au patient si cette douleur est apparue de manière progressive ou suite à un choc, depuis combien de temps il en souffre et quelle est l’évolution des symptômes. Comme pour la plupart des atteintes musculo-squelettiques, le délai entre les premières gênes et la consultation médicale, s’il y en a une, se fait au bout de quelques semaines voire quelques mois.
On demande également à l'athlète ce qui aggrave et soulage sa douleur. On cherchera à savoir s’il existe des facteurs de prédispositions (terrain accidenté, mauvaise chaussure, course sur bitume, activité inhabituelle, trouble du sommeil, pas d’échauffement avant l’activité physique...).
Au vu des facteurs de risques, il sera également important de demander au patient s’il présente des antécédents de MTSS ou de blessures des membres inférieurs. Si le patient rapporte des antécédents de MTSS, il peut être intéressant de lui demander ce qui avait été fait comme traitement, si ce traitement avait été ou non efficace et comprendre pourquoi cela aurait pu être un échec.
L'athlète est également interrogé sur les douleurs dans toute autre zone adjacente ou éloignée de la jambe inférieure.

Dans la troisième étape, on demande spécifiquement à l'athlète s'il ressent des crampes, des brûlures ou des douleurs de type pression dans le mollet. Ces signes peuvent indiquer la présence d'un syndrome chronique des loges à l'effort (CECS), qui peut être présent en même temps que le MTSS ou comme seule explication de la douleur. Le CECS est généralement présent pendant l'exercice et diminue rapidement après l'exercice. Cette pathologie sera développée plus loin dans cette partie. En outre, on demande aux athlètes s'ils ressentent des picotements dans le pied ou un pied froid pendant ou après l'exercice, en particulier lorsqu'une douleur dans la zone est rapportée (Winters et al. 2018). Cette pathologie sera développée dans la partie “diagnostic différentiel”.

Pour obtenir davantage d’informations sur la pathologie du patient, le thérapeute peut proposer au patient de remplir chez lui (gain de temps) le questionnaire suivant :


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Examen physique

Lorsque l'on suspecte un MTSS sur la base de l'anamnèse, il faut palper le bord postéro-médial du tibia. On demande à l'athlète s'il ressent une douleur reconnaissable (c'est-à-dire provenant d'activités douloureuses) pendant la palpation. En l'absence de douleur reconnaissable à la palpation, ou lorsque la douleur reconnaissable ne peut être palpée sur au moins 5 centimètres consécutifs, il faut envisager d'autres lésions de la jambe inférieure (par exemple, une fracture de stress). Le diagnostic de MTSS peut être confirmé lorsqu'une douleur reconnaissable est présente à la palpation du bord postéro-interne du tibia sur 5 cm ou plus. Lors de l'examen physique, il faut demander à l'athlète s'il a des douleurs dans les structures adjacentes et, le cas échéant, palper ces structures pour vérifier s'il y a des blessures concomitantes. Une douleur reconnaissable doit être provoquée lors de la palpation de ces structures pour identifier une blessure concomitante. Il est important que les cliniciens sachent qu'environ 1/3 (32 %) des athlètes atteints du syndrome de stress tibial médial présentent des blessures coexistantes à la jambe inférieure (Lohrer et al. 2019).

Enfin, il faut s'assurer qu'il n'y a pas de symptômes ou de signes présents qui suggèrent une pathologie grave, par exemple la présence d'un gonflement important ou d'un érythème (Winters et al. 2018).

Quels sont les diagnostics différentiels ?

Parfois, il peut s’avérer difficile d’identifier précisément le problème au vu des nombreux diagnostics différentiels que nous rencontrons lorsque nous parlons de douleur de jambe induite par l’exercice physique.

Les revues de Lohrer et al. 2018, Edward et al. 2005, Milgrom et al. 2020, Nwakibu et al. 2020 ainsi que le document de Lecoq (2015) ont permis d’identifier différents diagnostics différentiels tels que la fracture de fatigue (SF : Stress Fracture), le syndrome des loges d’effort (CECS : Chronic Exertional compartment syndrome), la compression nerveuse (NE : Nerve Entrapment), le syndrome de l’artère poplité piégée (PAES : Popliteal Artery Entrapment Syndrome).

La fracture de fatigue (SF) : Parmi les deux principaux diagnostics de douleur du tibia médial, on retrouve le syndrome de stress du tibia médial (MTSS) et la fracture de stress du tibia médial (SF), cette dernière est de loin la plus préoccupante pour le personnel médical et d'entraînement. En plus de la douleur associée qui peut affecter les performances physiques des membres inférieurs, il y a le risque que la fracture de stress évolue d'un micro stade vers une fracture franche d'une corticale (Devas et al. 1958).
La douleur se distingue à l’effort et peut être nocturne dans de rare cas. Initialement, elle apparait comme légère après une quantité spécifique d’exercice et finit par s’estomper. Une augmentation rapide et récente de la charge d’entraînement, sa modification ou sa reprise sont souvent évoquées chez les athlètes ayant connu cette atteinte.
Typiquement, une manifestation insidieuse, d’aggravation progressive et plutôt localisée, accompagnée d’un changement quelconque de l’activité nous suggère d’approfondir l’hypothèse de la SF. Il existe cependant des formes aigues dont les douleurs sont rapidement invalidantes et durables après l’effort.
Les athlètes décrivent unilatéralement ces symptômes selon deux localisations qui n’auront pas les mêmes conséquences. La partie antérieure du tibia est dite à « haut risque » évolutif car cette fracture survient sur la convexité du tibia et se produit en distraction tandis que la partie postéro médiale du tibia est à « bas risque » évolutif se situant dans la concavité du tibia et engendrée par de la compression. Puis la douleur progresse, pouvant devenir sévère, avec une évolution rapide en quelques jours ou semaines. La régression dépendra de la forme classique ou aigue : respectivement de 1 heure à quelques heures, ou une absence de régression à l’arrêt de l’effort pour les formes sévères.
Au repos, la clinique est souvent normale ou avec quelques gênes localisées. La palpation quant à elle induira une sensibilité punctiforme avec parfois une tuméfaction au site fracturaire.

Dans une étude de 2020, Milgrom et al ont souligné que :
- La sensibilité du test de saut pour diagnostiquer une fracture de stress du tibia médial en présence de douleur et de sensibilité était de 100 %, la spécificité de 45 %, la valeur prédictive positive de 74 % et la valeur prédictive négative de 100 %, avec un odds ratio de 57,52 (95 % CL, 3,11-1062,58).
- Le test du fulcrum ne s'est pas révélé avoir une relation statistiquement significative avec l'incidence des fractures de stress du tibia médial.
- Les fractures de stress du tibia médial se produisaient lorsque la longueur de la sensibilité tibiale était ≤10 cm, mais pas lorsque la longueur de la sensibilité était >10 cm.
- Les scores de douleur tibiale auto-rapportés en fonction de l'activité n'étaient pas prédictif de fracture de stress du tibia médial.

Comme pour chaque situation, le sujet concerné prendra (ou non) rendez-vous pour obtenir un avis médical selon la perception de son atteinte. Dans le cas d’un SF « aigu », l’athlète ira consulter rapidement (d’emblée), ou attendra jusqu’à quelques semaines (voire 1 à 2 mois) pour des SF insidieux.

Une attention très particulière doit être portée aux athlètes féminines, avec ce que l’on appelle « la triade » impliquant troubles alimentaires, aménorrhées et ostéoporose. Ces consultations débouchent régulièrement sur des examens complémentaires avec une scintigraphie osseuse ou une IRM, permettant à la fois d’infirmer ou confirmer le diagnostic, tout en précisant le stade pré-fracturaire ou fracturaire si SF. Toutefois Milgrom et al ont indiqué dans leur étude de 2020 que l'approche consistant à traiter initialement les fractures de stress du tibia médial suspectées par une brève période de repos sans imagerie a permis de résoudre les symptômes dans plus de 2/3 des cas (Milgrom et al.2020).
Également, la clinique du coureur met en garde le thérapeute et le patient contre l’hypermédicalisation : les auteurs affirment que la majorité des fractures de stress ne devraient pas être investiguées. Seules celles qualifiées de “haut risque”, avec des localisations précises, doivent l’être.

Le syndrome des loges d’effort (CECS) est l'une des nombreuses causes de douleurs aux jambes liées à l'effort chez les athlètes. Il est défini comme une augmentation transitoire de la pression des compartiments pendant l'activité, qui provoque une douleur en raison de l'incapacité des compartiments aponévrotiques à s'adapter et qui est généralement soulagée par l'arrêt de l'exercice (Nwakibu et al. 2020). Certains chercheurs affirment que l'augmentation de la pression intracompartimentale entraîne une perturbation de la perfusion tissulaire locale (George et al. 2012 ; Wilder et al. 2010) mais d'autres en doutent (Trease et al. 2001 ; Balduini et al. 1993 ; Amendola et al. 1990).

Les patients souffrant de CECS se plaignent le plus souvent de douleur, d'oppression, de faiblesse, de crampes et de perte sensorielle dans l'extrémité affectée (Solis et al. 2018). Les personnes symptomatiques ne ressentent généralement aucune douleur au repos, mais décrivent souvent une douleur sourde ou une sensation de brûlure qui survient peu après le début de l'exercice. La douleur progresse lentement au cours d'un effort constant et ne disparaît pas avant l'arrêt de l'activité physique, généralement dans les 15 minutes (Zimmermann et al. 2017). La reproductibilité des symptômes de douleur est caractéristique de la CECS, car les patients peuvent souvent identifier un laps de temps et une intensité d'exercice relativement cohérents au cours desquels ils peuvent s'attendre à voir apparaître les symptômes.

Pour diagnostiquer correctement le CECS, il est de la plus haute importance de mettre le patient à l’effort et d'essayer de reproduire les symptômes qu'il ressent pendant l'exercice. Le Running Leg Pain Profile (RLPP), initialement développé par les forces armées néérlandaises, peut être utile pour évaluer si les symptômes sont secondaires au MTSS, au CECS ou à une combinaison des deux (Zimmermann et al. 2017).  Le RLPP est un test standardisé sur tapis roulant au cours duquel la vitesse et l'inclinaison sont progressivement augmentées. Les patients effectuent le test dans des chaussures de course et sont invités à donner toutes les minutes un score de douleur de 1 à 10 pour quatre (ou six) régions de ses jambes (compartiment antéro-latéral et bord médial du tibia pour les jambes droite et gauche et les mollets sont les deux régions supplémentaires) (Zimmermann et al. 2017). Les symptômes du CECS peuvent être mieux reproduits par la marche (Roscoe et al. 2015 ; Franklyn-Miller et al. 2012). Le RLPP aide à déterminer un diagnostic précis et fournit des informations sur la diagnostic précis et fournit également des informations sur la gravité des symptômes. En outre, au cours du test, l'investigateur peut évaluer la biomécanique de la course à pied (Godefrooij et al. 2012).

Au vu de ces nombreuses variations de situations et tableaux cliniques pour cette pathologie, la temporalité entre les premières douleurs et la consultation médicale va de quelques semaines à quelques années. Cette consultation médicale débouchant parfois sur des examens complémentaires dont le test de référence et de certitude est la prise de mesure de pression intra-musculaire (PIM).
La tendance naturelle à la guérison est faible. Sans traitement adéquat, les patients restent incapables de courir ou de marcher pendant de nombreuses années et sont contraints de réduire définitivement leurs activités sportives (Brand van den et al. 2004 ; Fronek et al. 1987 ; Wal van der et al. 2015).

La compression nerveuse (NE) a pour particularité de se révéler en nocturne, au repos, ou provoquée à l’effort et exacerbée par l’exercice continu. Son apparition n’est pas en rapport direct avec l’entrainement et ses modifications possibles selon Edward et al. (2005), mais serait de causes chirurgicales, traumatiques, ou de blessures répétitives (entorses, fractures, etc...) notamment au genou. Lohrer et al. (2018) parlent de 2 sortent d’étiologie : mécanique (fibroses et tunnels ostéo-fibreux) ou dynamique (avec des positions spécifiques provoquant les symptômes). La constriction des fascias semble la cause interne la plus plausible de compression. À noter qu’une des causes intrinsèques de la compression peut être liée au CECS et à la présence de hernie musculaire. Une présentation unilatérale typique mais non spécifique de la douleur concerne le genou ou la jambe dans sa partie médiale, avec claudication au repos ou liée à l’exercice.

Plusieurs localisations sont évoquées par Edward et al. (2005) en rapport aux 3 nerfs les plus fréquemment concernés : le nerf fibulaire commun, le nerf fibulaire superficiel et le nerf saphène. À chaque nerf comprimé est attribué des douleurs référées (bien que la notion de territoires ou dermatomes soit remise en cause) :

Le nerf fibulaire commun peut être comprimé de l’extérieur (plâtre, orthèse) ou de l’intérieur (ostéophytes, kystes, etc... au niveau de l’articulation tibio- fibulaire supérieure), et rend compte de douleurs au site de compression ainsi que des douleurs référées au pied et à la jambe, en latéral. La provocation de ses douleurs est consécutive aux successions de mouvements en inversion et éversion.


Le nerf fibulaire superficiel, le plus connu lors de NE chez les athlètes, est piégé à sa sortie du fascia profond du compartiment latéral, les symptômes engendrés se situent dans la partie latérale de la jambe ainsi que sur le dos du pied.

Le nerf saphène, lors de sa compression provoque des douleurs juste au-dessus de la malléole interne, avec la possibilité de douleurs référées au dos du pied en médial.
Aucune évolution en termes de durée n’est décrite dans ces 3 articles présentés et seul l’article de Lohrer et al., 2018 évoque la persistance des symptômes à l’arrêt de l’effort et l’évaluent de quelques heures à quelques jours.
Les auteurs se mettent d’accord sur la clinique au repos ou l’examen physique avec provocation (Tinel’s test ou des mouvements répétés) manifestant de probables sensibilités au site compressif, à type de paresthésies semblables à des brûlures ou picotements. Un gonflement localisé, une faiblesse musculaire et une modification des réflexes peut survenir. Lors des examens complémentaires, l’injection anesthésiante, le bloc nerveux ou l’EMG peuvent permettre de confirmer ou non l’hypothèse de NE.

L’artère poplité piégée (PAES) entraîne des symptômes après l’effort lorsque l’exercice est intense, et peut également apparaître pendant l’effort. Deux étiologies sont impliquées chez les jeunes adultes de moins de 30 ans : le FPAES (Functional Popliteal Artery Entrapment Syndrome) et le PAES (Popliteal Artery Entrapment Syndrome) dû à une variation anatomique.
Le PAES véritable est une aberration anatomique de l’insertion proximale de ce même muscle fréquemment rencontrée chez l’homme (plus de 80% d’homme). Différentes aberrations peuvent être observées et sont recensées dans une classification en 6 grades, mais quelque-soit la variation anatomique constatée, cette anomalie congénitale entraine un développement anormal et un trajet de l’artère poplitée anormal dans la fosse poplitée.

Le FPAES est comme son nom l’indique un piège fonctionnel, provoqué par l’hypertrophie des gastrocnémiens. Les symptômes correspondent à une sensibilité postérieure pendant l’effort et à la marche ils peuvent entrainer une claudication, car le temps de contraction du gastrocnémien augmente (et survient typiquement à la montée des escaliers ou à la course). Ils sont bilatéraux dans plus d’un tiers des cas.

La plainte des patients, dont l’exercice induit une douleur à la jambe (EILP : Exercise-Induced Leg Pain), se situe aux gastrocnémiens et permet d’évincer du diagnostic différentiel le MTSS, le SF et CECS. L’arrêt de l’effort entraîne une régression instantanée de la douleur. Du fait de l’intensité de l’activité physique et de l’évolution lente des symptômes, le délai de consultation peut aller de quelques semaines à quelques années.

La clinique au repos est normale mais l’examen physique via la prise de pulsations bilatérales grâce aux manœuvres de provocation en flexionplantaire passive ou flexion dorsale active, genou en extension, peut s’avérer modifiée. Dans ce cas, la réduction du pouls est considérée comme un signe pathognomonique. Ainsi l’Echo-doppler dynamique avec manœuvre de provocation identifiera les modifications de flux. Les examens complémentaires recommandés sont l’IRM ou l’ARM. Si l’un d’entre eux suggère un PAES, le gold standard suggère une artériographie permettant de confirmer le diagnostic.

Elements du bilan, outils de mesures

Lorsque nous avons confirmé le diagnostic du syndrome de stress tibial médial (MTSS), il peut être judicieux de faire passer le score du syndrome de stress tibial médial (MTSS) (Winters et al. 2015). Il s’agit d’une mesure des résultats rapportés par les patients qui mesure la gravité des blessures de manière pratique. Les auteurs soulignent que ce score s'est avéré être valide, fiable et sensible (Winters et al. 2015).

Pour la conception de ce score, les auteurs ont prédéfini des domaines pertinents (limitations des activités sportives, douleur lors de la pratique d'activités sportives, douleur lors de l'exécution des AVJ (activité de la vie journalière) et douleur au repos).

Pour chaque domaine, les auteurs ont sélectionné les meilleurs items :
Pour la limitation dans les activités sportives : item " activités sportives actuelles ", " quantité actuelle d'activités sportives " ou " contenu actuel des activités sportives " ;

Pour la douleur lors de la pratique d'activités sportives : item 'douleur lors de la pratique d'activités sportives', 'délai d'apparition de la douleur lors de la pratique d'activités sportives', 'douleur tout au long de la pratique d'activités sportives
1', 'douleur pendant les activités sportives
2' ou 'douleur après les activités sportives' ;

Pour la douleur lors de la réalisation des AVJ : item " douleur en position debout ", " douleur en marchant ", " douleur en montant ou descendant les escaliers " ou " douleur lors de la réalisation des activités quotidiennes courantes " ;

Pour la douleur au repos : item "douleur au repos", "douleur la nuit" ou "douleur au toucher".

L’étude de Winters et al. 2015 montre que chez les patients diagnostiqués MTSS (N = 133), dans 78% la participation sportive était réduite en raison de la douleur liée au MTSS. De plus, l'étude montre que 97% des patients ont signalé des douleurs lors d'activités sportives, 69% ont signalé des douleurs en marchant et 64% ont signalé des douleurs au repos.

Pour le même score, les résultats de Bliekendaal et al. 2018 sont respectivement de 35 %, 78 %, 51 % et 56 %.
Cette différence dans les résultats peut s’expliquer par le fait que dans l’étude de Bliekendaal et al. 2018, les auteurs ont utilisé le questionnaire de score MTSS pour suivre les plaintes dans un groupe de non-patients. Cela conduit logiquement à l'inclusion des cas avec un MTSS léger comparé à ceux de Winters et al. 2013. Ce principe est bien documenté dans la littérature (Clarsen et al. 2014).

Toutes les 2 semaines (au cours de la rééducation), le thérapeute peut proposer les 2 questions suivantes :

Demander au patient s’il a ressenti des symptômes (douleur, élancement gêne, inconfort) au niveau de la jambe au cours des 2 dernières semaines.

  • jamais
  • 1-2 fois
  • 1-2 fois par semaine
  • 3-6 fois par semaine
  • Chaque jour
  • plusieurs fois par jour

Demander au patient de quantifier (de 0 à 10) les symptômes ressentis au cours des 2 semaines en ce qui concerne :

  • la douleur habituelle
  • la pire douleur
  • la pire douleur pendant l’activité sportive
  • la douleur la plus faible

Au tout début de la prise en charge, un test de course peut être effectué. Ce test de course consiste à courir sur un tapis roulant à une vitesse fixe, tout en portant les propres chaussures de course de l'athlète. Bien que ce test de course à pied ne soit pas validé pour une utilisation chez les athlètes MTSS, il a déjà été utilisé dans des études de traitement sur le MTSS (Moen et al. 2010 ;  Moen et al. 2012 b).
Tout d'abord, il est conseillé de montrer à l'athlète une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur. Ensuite, le thérapeute explique au patient que lorsqu'il atteint un quatre (sur une échelle de 1 à 10 VAS) pour son MTSS, indiquant que la douleur commence à devenir gênante, le test de course doit être arrêté. Le test de course commence à 7,5 km/h pendant deux minutes.
Après cette phase d'échauffement initiale, le thérapeute note la distance pouvant être parcourue par le patient à 10 km/h jusqu'à ce qu'un quatre sur l'échelle VAS soit noté.
La distance parcourue à 7,5 km/heure est ensuite soustraite du nombre total de mètres parcourus et sera appelée « mètres parcourus à 10 km/h ». En fonction de la distance obtenue, le réentrainement à la course à pied débutera à un stade différent (cf partie 3 : prise en charge, “programme de réentrainement à la marche et course à pied”). L’objectif de ce programme de réentrainement sera d’effectuer une course à pied continue de 18 min en extérieur (sur béton) avec une EVA < 4/10 (Moen et al. 2012 a).

Le manque de données probantes dans la littérature scientifique et les contradictions fréquentes dans les revues de littératures exposant les facteurs de risques, engendrent des difficultés à proposer des évaluations de suivis pertinentes. Il semblerait donc que les outils de mesure doivent être personnalisés en fonction du patient.

Il pourrait être intéressant de récolter des données comme le poids, la taille, l’IMC, le type de sport, les centimètres de douleur à la palpation du bord postéro-médial du tibia (Moen et al. 2012). 

Plusieurs tests fréquemment retrouvés dans la littérature scientifique mais non spécifiques au syndrome de stress tibial médial pourront être utilisés pour évaluer l’athlète.
Les évaluations proposées, certaines s’appuyant sur les facteurs de risques supposés, peuvent donc être les suivantes : le Navicular Drop test (ND), le star excursion balance test modifié (SMBT), le Heel Rise test, le Weight bearing lunge (WBL), les amplitudes de hanche en rotation (hanche fléchie) et les amplitudes de cheville dans le plan sagittal : Flexion Dorsale (FD) et Flexion Plantaire (FP), le Single Leg Drop Jump (SLDJ), les mesures de force des abducteurs de hanche (dynamomètre), l’algomètre à pression.

Concernant la batterie de tests, la première évaluation est la mesure du Navicular Drop Test (NDT).

Nous enchaînons alors par le Weight Beiring Lunge

Pour corroborer le précédent test, la mesure des amplitudes articulaires passives fait suite. Elles s’effectuent à l’aide d’un plurimètre, d’un inclinomètre ou d’un goniomètre.
L’évaluation de la ROM de cheville se fait en charge. La position neutre est prise quand l’athlète est debout les pieds au même niveau. Le plurimètre est placé sur le tibia à environ 15cm au-dessus du coup de pied, dans le plan de flexion dorsale et plantaire (axe de Henke). La mesure de la ROM en flexion dorsale est prise lorsque le sujet est en fin de course sans avoir soulevé le talon du sol.

Les valeurs obtenues genou tendu sont en moyenne de 38° ± 4° chez des sujets jeunes et sains des deux sexes (Munteanu et al. 2009). Le fait d’effectuer cette mesure genou tendu permet d’évaluer l’extensibilité des gastrocnémiens en charge.

La ROM en flexion plantaire est couramment évaluée en décharge genou fléchit et on retrouve fréquemment une amplitude comprise entre 30° et 50°.
L’évaluation de la ROM de la hanche, en rotations, hanches à 90°, se réalise également avec l’inclinomètre. Le sujet est assis, une serviette roulée sous la cuisse proche de l’articulation du genou, les jambes relachées caractérisant la position neutre. Le plurimètre est placé dans le plan des rotations à environ 15cm du pli de flexion du genou. Les normes pratiquées par Dufour et Pillu (2011) rapportent une RI entre 30 à 45°, pouvant être plus important chez la femme et une RE de 50 à 60°. Comme pour la ROM de la cheville, l’attention sera portée sur les différences entre les 2 membres inférieurs.

Le star excursion balance test modifié

Le Heel Rise test

Le Single Leg Drop Jump (SLDJ). Ce test, jouant sur la fatigue neuro-musculaire, se déroule en 3 phases. La première permet de rendre compte de la posture dynamique qu’adopte l’athlète au cours du mouvement sans notion de « fatigue ». Les sujets doivent se positionner sur un plinth d’une hauteur de 30,5 cm. La consigne est la suivante : « laissez vous tomber du plinth sur un appui et rebondir immédiatement le plus haut possible » Ceci est réalisé 3 fois pour chaque côté. Puis « enchainez par 5 demis squats sans rebonds puis 5 demis squats sautés ». Aucune pose n’est autorisée, le but étant d’atteindre la cotation 7 sur l’échelle de Borg modifié classant ainsi l’exercice comme très difficile dans une zone d’effort intense. Une fois que l’athlète atteint cette limite, une dernière série doit être effectuée et enchainée avec la première consigne des 3 sauts unilatéraux pliométriques sur chaque jambe. Une vidéo de qualité en 240 images par secondes permettant la décomposition des mouvements est nécessaire à l’analyse. Les conditions doivent impérativement être reproductibles (distance de l’appareil vidéo au plinth, inclinaison et hauteur de l’appareil, repère métrique). Les déficits recherchés étant l’inclinaison du tronc ou chute du bassin.
La méthode d’évaluation de l’intervention sera objectivée par le ressenti positif ou négatif des athlètes, par le regard critique offert par le clinicien, et par l’évolution des tests hebdomadaires.

Mesure de la force des abducteurs de hanche : la contraction volontaire isométrique maximale (MVC) des muscles abducteurs de la hanche peut être mesurée avec un dynamomètre manuel (Boling et al. 2009). La force du muscle abducteur de la hanche est couramment évaluée en position couchée sur le côté sous la forme d'un "make test" (contraction isométrique).

Le genou de la jambe controlatérale peut être placé en flexion de 90° et la tête du patient est placée sur sa propre main avec un bras fléchi et l'autre main est utilisée pour se tenir sur la table d'examen. On demande alors au patient de construire progressivement leur force maximale puis de la tenir trois secondes contre la résistance du thérapeute. Deux essais pourront être effectués de chaque côté et les scores en Newton seront enregistrés.

Aweid et al. ont découvert qu'un algomètre à pression était une méthode fiable et bien tolérée pour évaluer le seuil de pression de la douleur chez neuf coureurs souffrant de MTSS et vingt ne présentant aucun symptôme (Aweid et al. 2014). Ces résultats sont en accord avec ceux d'autres personnes qui ont rapporté une fiabilité acceptable pour cette procédure (Kinser et al. 2009 ; Walton et al. 2011), et peuvent soutenir l'utilisation de l'algométrie de pression pour le suivi du processus de rééducation.

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Prise en charge

Le syndrome de stress tibial médial (MTSS) est une blessure de surmenage fréquente chez les athlètes pratiquant le saut et la course. Il est également fréquent chez les coureurs débutants, qui sont moins habitués aux chocs de la course à pied, et le seul fait d’augmenter leur volume de course à pied un peu trop rapidement peut provoquer un MTSS.

Repos relatif

La première chose à faire chez ces patients est de leur faire cesser temporairement les activités de vitesse, les entrainements en intervalle et les sauts. En effet, d’après Johnson et Stephen (2020), le traitement initial du MTSS commence par le respect d’une période de repos relatif, c'est-à-dire que le coureur doit arrêter provisoirement les activités qui aggravent ses symptômes (Rajasekaran et Finnoff, 2016 ; Moen et al. 2009 ; Beck et Osternig, 1994 ; Galbraith et Lavallee, 2009). La durée du repos relatif est basée sur les critères de l'IRM de Fredericson (Fredericson et al. 1995 ; Arendt et Griffiths, 1997). En revanche si aucune IRM n'a été réalisée, Johnson et Stephen (2020) suggèrent le patient doit se reposer jusqu'à ce qu'il ne ressente plus de douleur lors de ses activités quotidiennes et jusqu’à ce que la région affectée du tibia ne soit plus sensible à la palpation. Cependant, d’après une revue systématique et méta-analyse de Smith et al. (2017), une certaine douleur pendant la mise en charge semble être plus bénéfique que la réduction de la mise en charge jusqu'à ce que le patient n'ait plus de douleur. D'après l'expérience clinique, il est recommandé de ne pas dépasser un score de douleur de 2/10 à l’EVA pendant la pratique d'une activité physique. Le kinésithérapeute doit superviser son patient pour s'assurer qu'il gère sa douleur de manière appropriée.

Bien que la durée du repos varie en fonction de la gravité de l'affection, 4 à 6 semaines sont souvent nécessaires (Galbraith et Lavallee, 2009).

Cryothérapie et anti-inflammatoires

Généralement, une des attentes principales du patient va être le soulagement de ses symptômes. D’après plusieurs articles, la cryothérapie serait efficace pour diminuer la douleur et la sensibilité au cours de la période de traitement chez des sujets souffrant de MTSS (Ahmed et al. 2020 ; Nayak et al. 2020). Dans leur revue systématique, Winters et al. (2013) ont constaté avec un niveau de preuve 3 à 4 que le massage à la glace pouvait être efficace dans le traitement de MTSS. Cependant, Dubois et al. (2019) recommande de ne pas appliquer de glace ni de gels antalgiques, et également de ne pas prendre d’anti-inflammatoires, pour ne pas nuire à la guérison des tissus. Ils soutiennent qu’un bandage de soutien de type strapping pourrait davantage aider à court terme (à ne pas utiliser à long terme) lors des activités exigeantes en diminuant le stress sur le périoste.

Concernant les anti-inflammatoires, il est clair qu’ils sont beaucoup trop prescrits et trop utilisés en automédication par la population à la moindre blessure / douleur musculosquelettique dans le but de réduire la douleur au plus vite et « d’accélérer la guérison ».  

Il est bon de savoir qu’à la suite d’une lésion tissulaire, engendrée par un traumatisme ponctuel ou par des microtraumatismes répétés, le corps déclenche une réaction inflammatoire, qui est en fait une cascade de processus physiologiques, nécessaire à la dégradation (nettoyage) puis à la régénération et enfin au remodelage du tissu lésé. L’objectif de cette réaction inflammatoire est de ramener le tissu à son niveau fonctionnel initial, voire d’apporter des adaptations tissulaires augmentant la tolérance du tissu au stress mécanique. Il faut donc garder en tête que la douleur est un signal d’alerte envoyé par le corps et que l’inflammation est l’amorce du processus de guérison.

Donc lorsqu’on prend des AINS, on vient inhiber cette réaction inflammatoire naturelle faisant suite à la lésion tissulaire. Il a été prouvé que les effets des anti-inflammatoires sont plutôt néfastes car ils ralentissent la guérison et fragilisent les tissus (osseux, tendineux, musculaires, ligamentaires), entrainant parfois une mauvaise guérison tissulaire irréversible.

En résumé, masquer la douleur d’un tissu fragile et incapable d’absorber le stress mécanique semble peu raisonnable voire à risque. (Duchesne et al. 2017 ; Côté et al. 2008).

Strapping

A propos des techniques de strapping, Guo et son équipe ont publié en 2021 une revue systématique ayant pour but d'évaluer l'efficacité thérapeutique du KT (kinesio-taping) dans le traitement du syndrome de stress tibial médial. Le KT semble être efficace pour contrôler la chute du naviculaire (ND : navicular drop) et prévenir un déplacement médial du centre de pression (COP) pendant la phase de décélération de la pronation du pied (Prusak et al. 2014). D’après différentes études, le KT surpasserait le taping rigide (RT) en termes de soutien musculaire et de maintien des amplitudes articulaires pendant les AVJ (Kim et Park, 2017) ; le KT serait également plus efficace que des orthèses standards pour soulager les douleurs et améliorer la performance fonctionnelle chez des sujets souffrant de MTSS (Kachanatu et al. 2018 ; Ferreira et al. 2017 ; Alvarez – Alvarez et al. 2014). En revanche d’autres études (Sharma et Shina, 2017) n’ont pas révélé de différences significatives en ce qui concerne l'intensité de la douleur entre des groupes KT et RT.

Globalement, le KT serait potentiellement utile pour soulager les douleurs, faciliter la proprioception, influencer l’activation musculaire et la correction biomécanique (Williams et al. 2012), mais les meilleurs résultats portent sur la diminution des douleurs et la récupération fonctionnelle des individus souffrant de MTSS, qui reprennent leur sport avec une gêne moindre. En ce qui concerne les variations des protocoles de traitement entre les études, l'effet réel du soulagement de la douleur grâce au KT devrait être étudié plus en profondeur à l'avenir, car malgré des résultats intéressants, aucune standardisation quant au type de tape, à la durée de tenue, à la direction, à la tension d’étirement et à son positionnement pendant le taping n’existe à l’heure actuelle.

Étant donné que la proprioception joue un rôle essentiel dans le traitement et la prévention des blessures sportives (Ferreira et al. 2017), certaines études se sont penchées sur les effets du KT sur la proprioception, et la plupart ont constaté des effets bénéfiques bien que des études futures soient encore nécessaires (Lauersen et al. 2014). Il semblerait que l’amélioration de la proprioception soit engendrée par les effets de pression et d’étirement appliqués sur la peau par le KT, qui viennent stimuler les mécanorécepteurs qui transportent à leur tour les informations de position et de mouvements des articulations (Williams et al. 2012). Dans une étude de Long et al. (2017), il a été démontré que le KT peut contribuer à amplifier les entrées sensorielles pour améliorer les performances proprioceptives des personnes peu performantes. Par ailleurs, il semblerait que le KT puisse améliorer la proprioception en raccourcissant la distance origine – terminaison des muscles tendus et fatigués dans les cas de MTSS, optimisant ainsi la relation tension-longueur des muscles dans les cas de MTSS (Keenan et al. 2017).

Par ailleurs, il semblerait que le KT ait une influence positive sur l’activité musculaire en présence d’un MTSS mais trop peu d’études ont analysé ces changements d’activation musculaire chez des sujets ayant un MTSS pour tirer de réelles conclusions sur les bénéfices du KT dans le traitement des MTSS (Kachanatu et al. 2018, Dos Santos et al. 2019, Yam et al. 2019 ; Slupik et al. 2007).

Enfin, plusieurs facteurs biomécaniques ont été associés au MTSS, notamment la ND, l'amplitude de flexion plantaire et l'amplitude de rotation de la hanche (Winters et al. 2020 ; Thaker et al. 2002). La chute du naviculaire au-delà de la plage normale peut modifier la répartition de la pression plantaire et compromettre la fonction des membres inférieurs. Par ailleurs, les patients souffrant de MTSS présentent une abduction antérieure du pied et un valgus postérieur du pied accrus pendant la course par rapport aux individus sains (Okunuki et al. 2019), ce qui entraîne également une augmentation de la pression dans la région métatarsienne médiane (Kinoshita et al. 2019). Griebert et al. (2016) ont évalué la pression plantaire après l'application du KT immédiatement après le traitement et 24 heures après le traitement. Ils ont constaté une diminution du taux de charge médiale chez les sujets souffrant de MTSS, ce qui implique que le KT peut réduire le stress dans la partie médiale du pied à court terme. Franettovich et son équipe (2010) ont également constaté dans leur étude que le KT pourrait être utilisé pour augmenter la hauteur de la voûte plantaire.

Guo et al. (2021) signalent tout de même dans leur revue systématique qu’étant donné le nombre limité d'études de qualité méthodologique moyenne, l'efficacité du KT dans le traitement du MTSS n'est pas encore validée par les preuves existantes. De futures études de haute qualité méthodologique sont nécessaire.

Une autre étude, réalisée par Kim et Park en 2017, a cherché à analyser à court terme les effets du taping sur la hauteur du naviculaire, la chute du naviculaire et la pression plantaire maximale, et ce dans 4 situations différents : position assise, debout, marche et course. Ils ont comparé 4 conditions de taping : taping rigide (RT), kinesio-taping (KT) taping placebo (PT) et pas de taping (NT). En conclusion, il s’est avéré que la technique avec du tape rigide (RT) pourrait être une stratégie de prévention et de traitement efficace pour les MTSS car les résultats de cette étude ont montré que le RT pouvait contrôler la diminution de la hauteur du naviculaire pendant le jogging et suggèrent que le RT appliqué dans le bas de la jambe pourrait prévenir et traiter le MTSS en réduisant un facteur de risque potentiel.

KT d’après Griebert et al. (2014) :

Avant l'application du KT, les poils de la jambe sont rasés et la zone est nettoyée avec un tampon d'alcool. Un spray adhésif peut être appliqué sur la zone pour améliorer l'adhérence de la bande. Une seule bande en Y de KT (Kinesio USA, Charlotte, NC) est appliquée en commençant par la queue placée sur le tiers proximal du tibia médial. Chaque moitié de la bande en Y est ensuite appliquée de manière à ce qu'elle se trouve en avant et en arrière de la malléole médiale et se termine sous l'arche longitudinale médiale du pied. Aucune tension ne doit être appliquée sur les extrémités proximale et distale de la bande, tandis que le reste de la bande est appliqué avec une tension de 75 % (Kase et al., 2003).

RT d’après Kim et Park (2017) :

La pose du RT est réalisée à l'aide d'une bande rigide de 35 cm (Euro Tape ; Muller, Prairie du Sac, WI), selon une technique modifiée « navicular-sling technique » rapportée par Newell et al. (2015). En partant de la malléole latérale de la cheville, la bandelette est fixée latéralement en travers des métatarsiens et se poursuit vers la cinquième base métatarsienne, au pied sous la surface plantaire, à la première base métatarsienne et sous la tubérosité naviculaire. La bande passe sur le devant de la cheville et s'enroule autour du bas de la jambe. Pour éviter les irritations cutanées, une sous-bande hypoallergénique (Fixomull stretch ; Beiersdorf Australia Ltd., Sydney, Nouvelle-Galles du Sud, Australie) est appliquée sans aucune force et de la même manière, avant d'appliquer la bande rigide.

KT d’après Kim et Park (2017) :

Le KT, tel que rapporté par Aguilar et Merino-Marbán (2015), est réalisé à l'aide d'une bande Kinesio (Kinesio USA Corporation, Ltd., Albuquerque, NM). Deux bandes de 25 cm sont utilisées : une bande est appliquée à l'arrière-pied avec un étirement de 75 % de la malléole latérale au tiers médian du tibia médial, et l'autre est appliquée au milieu du pied à partir de la base du cinquième métatarsien, à travers l'articulation talo-naviculaire, à la face interne du tiers moyen du tibia, également avec 75 % d'étirement. Le thérapeute demande au patient, placé en décubitus dorsal, de maintenir l’arrière-pied en supination et la cheville en flexion dorsale jusqu'à la fin du taping.

Bas de compression

Aux Pays-Bas, les bas de compression pour le sport sont fréquemment utilisés dans le cadre du traitement du MTSS (Zimmermann et Paantjes, 2009). Ce type de bas pourrait fournir une compression directe du tibia et des tissus mous environnants, en particulier lors d'une charge intermittente. Il a été démontré que la compression du tissu osseux favorise l'expression de gènes spécifiques aux os (Roelofsen et al. 1995). Cependant, les effets des bas de compression ont très peu été étudiés dans des essais randomisés dans la population sportive.
C’est ce qu’a tenté de réaliser Moen et al. (2012), qui est à notre connaissance la seule étude ayant analysé l’effet des bas de compression chez des sujets ayant un MTSS. Ils ont cherché à étudier les effets d’un programme de course gradué seul (groupe 1) ou combiné à des exercices de renforcement et d’étirement (groupe 2), avec un groupe (groupe 3) exécutant le programme de course avec des bas de compression au niveau de la jambe chez des sujets souffrant de MTSS. Ils n’ont trouvé aucune différence significative entre les 3 groupes de traitement à propos du temps nécessaire pour terminer un programme de course (capacité à courir 18 minutes à une intensité élevée) et à propos du critère de jugement secondaire qui était la satisfaction générale vis-à-vis du traitement.

Entrainement croisé et entrainement cardio-vasculaire

Bien qu’un repos relatif soit de mise, il ne s’agit pas simplement de cesser les activités douloureuses telles que les séances de vitesse ou de pliométrie, les courses en montée, etc… mais bien de les remplacer par des activités de transfert (entrainement croisé) qui exercent moins de stress sur le périoste, telles que le vélo, la natation ou la course en piscine, pour continuer une activité physique régulière (Rajasekaran et Finnoff, 2016 ; Moen et al. 2009 ; Kortebein et al. 2000 ; Galbraith et Lavallee, 2009). Poursuivre une activité aérobie est bénéfique, y compris pour les patients souffrant de MTSS. Lors d’une activité aérobie, le corps produit des endorphines, qui est une substance analgésique, c’est-à-dire qui diminue la douleur.
Par ailleurs, le métabolisme de base augmente de 5 à 10% après un exercice aérobie et cet effet se prolonge jusqu’à 48 heures post-exercice, ce qui permet d’accélérer les processus de guérison des tissus endommagés. De manière générale, un exercice fréquent réduit l’inflammation systémique, régule à la hausse les protéines et les enzymes qui contribuent à l’oxydation des acides gras et favorisent le maintien d’un état anti-inflammatoire généralisé (Gonzalez-Gil et al. 2020). En somme, la pratique d’une activité cardio régulière est importante pour, entre autres, prévenir d’éventuelles blessures.

En conclusion, à court terme, il va être pertinent de réduire les stresseurs et d’éviter les entrainements douloureux (vitesse, pliométrie, dénivelé,…), de pratiquer un entrainement croisé (vélo ou natation) pour réduire le stress sur le périoste mais pour tout de même poursuivre une activité cardiovasculaire, éviter la glace et les anti-inflammatoires qui peuvent nuire à la guérison des tissus et enfin d’appliquer un tape de soutien (strapping)  pouvant interférer avec le signal douloureux et diminuer le stress sur le périoste (ne doit donc pas être utilisé sur le long terme).

REEDUCATION

Étant donné que le MTSS est une blessure de surmenage/surcharge, il est avant tout suggéré d’effectuer des modifications de la charge (loading management) (Winters et al. de 2019 ; Dubois et al. 2019). Une stratégie de gestion doit être mise en place avec le patient. Cependant, un grand nombre de modalités de traitement (pour le court et le long terme), telles que le réentraînement à la marche, le repos, le massage à la glace, la thérapie par ondes de choc, les exercices d'étirement et de renforcement, les programmes de course gradués, les attelles pour le membre inférieur et les thérapies par injection, ne se sont pas avérées très efficaces d’après l’analyse systématique de Winters et al. (2019) (Winters et al. 2013 et 2019). En l'absence de preuves solides, Winters et al. (2018) suggèrent qu’il convient de donner la priorité aux preuves issues d'études d'observation et au raisonnement clinique. Quant à Dubois et al. (2019), ils recommandent avant tout de quantifier le stress mécanique en augmentant progressivement le volume d’entrainement, qui devrait être quotidien, et ensuite d’intégrer les intervalles, puis la vitesse et enfin les dénivelés positifs. Ils suggèrent également de réaliser des exercices de renforcement fonctionnel du mollet. Concernant les étirements du mollet, ils préconisent de les réaliser uniquement si une asymétrie de raideur est observée. Sans asymétrie significative, les exercices d’assouplissement ne sont pas nécessaires et ne font pas systématiquement partie de la prise en charge du MTSS.

Éducation thérapeutique et attentes du patient

Avant de débuter une prise en charge, le kinésithérapeute doit discuter avec le patient de ses attentes par rapport au traitement car souvent, la plupart des patients/athlètes sont trop optimistes quant au temps nécessaire pour reprendre leur activité sportive favorite. Dans la littérature, il est suggéré qu’il faut attendre parfois jusqu’à 90 jours pour courir à intensité modérée pendant 20 minutes avec une douleur minimale (Moen et al. 2014 ; Moen et al. 2012). Cependant, d’après Winters et al. (2019), l’expérience clinique présenterait un pronostic plus réaliste allant de 9 à 12 mois pour un athlète souffrant de douleur au tibia depuis plus de 3 mois.

Il est primordial d’expliquer au patient quelle est la nature du MTSS et sa relation avec la gestion (inadéquate) de la charge, c’est-à-dire expliquer au patient que c’est un syndrome variable, que l’intensité de sa douleur et la gravité de son incapacité semblent dépendre de sa capacité à équilibrer la charge avec sa capacité de charge, et que c’est lorsque cet équilibre est rompu que le MTSS survient, revient ou s’aggrave. On dit alors que le patient « a fait trop, et trop vite ! ». Ce principe peut s’expliquer avec la métaphore du récipient et du robinet : la survenue d’une blessure de surutilisation en course à pied a souvent pour origine le fait que la quantité de stress mécanique appliquée sur le corps dépasse sa capacité à la tolérer. C’est-à-dire que les tissus sont plus rapidement lésés que la vitesse à laquelle ils se réparent. C’est ce déséquilibre entre la dégénérescence produite par le stress de l’activité pratiquée et la vitesse de régénération du corps qui provoque la blessure de surutilisation. Ce processus est toutefois réversible si on réduit le débit du robinet associé au traumatisme (diminuer l’activité irritante) et si on ouvre davantage le robinet représentant la réparation, c’est-à-dire veiller à avoir un bon sommeil, une bonne alimentation, un repos relatif, etc… Le tout est que le récipient ne déborde pas et que sa capacité augmente progressivement après ma blessure.

Il peut également être nécessaire d’expliquer au patient que la plupart des blessures surviennent après un changement (chaussures, type de terrain, volume d’entrainement, technique, vitesse, dénivelé, exercices) ; changement souvent subtil, parfois non perçu par le coureur et qui peut même ne pas être en lien direct avec l’activité physique, comme la fatigue, le stress ou la nutrition (Dubois et al. 2019).

Quantification du stress mécanique (QSM) :

Lors de la course à pied ou d’activités physiques avec de la course, c’est-à-dire impliquant une série de sauts, les tissus, que ce soient les os, les tendons, les muscles, les cartilages, sont stressés mécaniquement par différentes forces. Un stress mécanique insuffisant aura pour conséquence sur le long terme de fragiliser ces tissus et donc de participer au déconditionnement tissulaire. A l’inverse, un stress mécanique trop important aura pour effet d’irriter voire d’enflammer les tissus, et cette exagération se traduira par des signes de blessure tels qu’une douleur ou un œdème par exemple. Dubois et al. (2019) explique que l’idéal est donc de stresser le corps sans excès, afin de créer de l’adaptation, et ce, sans dépasser la capacité maximale d’adaptation. En restant dans la zone d’adaptation, le corps s’adapte au stress et augmente sa tolérance ; les structures se solidifient et permettent d’augmenter l’intensité de la pratique sportive sans s’exposer aux blessures. D’après Blaise Dubois (2019), « la bonne quantification du stress mécanique, c’est 80% du traitement des blessures chez le coureur ».

Un essai récent suggère que les activités de mise en charge améliorent le remodelage osseux (Vlachopoulos et al. 2018) et un essai contrôlé randomisé mené chez des patients souffrant de fasciapathie plantaire suggère que la stimulation des propriétés mécaniques du fascia par des exercices lourds de mise en charge lente réduit la douleur et améliore la fonction (Rathleff et al. 2015). L’exposition graduelle à la charge, c’est-à-dire une combinaison d’exercices de mise en charge progressive du tibia et des exercices de renforcement des muscles fléchisseurs plantaires de la cheville,  semble donc être une stratégie de gestion prometteuse pour les athlètes souffrant de MTSS.

Comment adapter la charge ?

Suite à la période de repos relatif, la mise en place d’un programme de mise en charge graduelle pour le tibia et d’exercices de flexion plantaire de la cheville semble constituer un bon début pour le programme de mise en charge. Après quelques séances, l'athlète peut continuer à exécuter ce programme de manière autonome, avec quelques séances de suivi pour vérifier les progrès du patient et apporter des ajustements au programme en fonction de ses progrès et de la manière dont il gère lui-même son MTSS. Le patient et le thérapeute peuvent utiliser le score MTSS pour suivre les progrès du coureur.

Winters et al. (2019) et Dubois et al. (2019) s’accordent pour dire qu’une augmentation du volume d’entrainement de 10% maximum par semaine peut être une solution probante pour bon nombres de personnes engagées dans un programme d’entrainement structuré pour éviter les (re)blessures (Gabbett et al. 2016). Bien que la règle des 10% semble être une ligne directrice logique pour exposer les coureurs à une charge croissante et qu’il semble établi qu’une augmentation trop rapide du volume d’entrainement augmente la prévalence des blessures, aucune étude n’est parvenue à valider ce seuil pour lequel l’augmentation reste sécuritaire. De récentes études suggèrent qu’une modification de la charge jusqu’à 20% voire 30% d’une semaine à l’autre peut être sûre chez des individus courant moins de 20km par semaine ou qui reprennent la saison à moins de 40% du volume d’entrainement habituel (Damsted et al. 2018). Certaines applications de course à pied peuvent aider le sportif à surveiller sa charge afin d’éviter les pics dans ses activités sportives (Winters et al. 2019).

Opter pour une technique de course plus protectrice 

Courir « léger », c’est-à-dire avec de bons comportements de modération d’impact (en faisant moins de bruit, avec une cadence de pas > 170 pas/minute, avec éventuellement des chaussures plus minimalistes ou encore une attaque avant-pied ou médio-pied) est associé à une réduction de la vitesse de la force d’impact. La vitesse de la force d’impact est un paramètre biomécanique jouant un rôle dans la prévention des blessures en course à pied. Plus un contact au sol se fait avec vigueur, plus le coureur fait du bruit, plus la décélération de son corps se fait rapidement et donc plus c’est stressant pour les os et les articulations. Ce n’est pas tant l’intensité de la force d’impact en elle-même qui est corrélée aux blessures mais plutôt la vitesse de cet impact au sol, c’est-à-dire le taux d’application de la force d’impact (Dubois et al. 2019). Par exemple un coureur ayant une attaque talon aura une vitesse plus élevée d’application de la force d’impact qu’un coureur ayant une attaque avant-pied, ce qui implique une augmentation des contraintes au niveau antérieur de la jambe, du genou, des hanches et du dos.

Blaise Dubois (2019) conseille comme tout premier changement de s’habituer à des chaussures plus simples et plus légères (Indice Minimaliste plus élevé) car ce changement progressif provoquera des transformations subtiles, inconscientes (eh oui, il n’est pas question d’intellectualiser !) et plus durables dans le temps.

Il recommande par la suite d’augmenter la cadence de 5 pas/minute pour les coureurs ayant une cadence de 160 pas/minute, en conservant la vitesse de course habituelle, qui est une autre intervention pertinente et facile à intégrer et qui permet d’induire une biomécanique de course plus protectrice : diminution du stress mécanique et de la vitesse de force d’impact. L’objectif serait d’atteindre environ 180 pas/minute, qui correspond à la cadence moyenne des coureurs pieds-nus (Dubois et al. 2019).

Attention cependant à intégrer ces changements de manière suffisamment progressive dans le programme d’entrainement du coureur car de meilleurs comportements de modération d’impact augmentent la charge appliquée sur la chaine postérieure et le pied, ce qui peut créer des douleurs ou des blessures. Il ne s’agit donc pas de décider de courir avec une attaque avant-pied du jour au lendemain. On retrouve là encore l’application du fameux principe de la « quantification du stress mécanique ».

Adopter des chaussures appropriées

Blaise Dubois explique dans son livre La Clinique Du Coureur (2019) que les chaussures de course à pied promues par les marques et commercialisées sont saturées de technologies, qui au final perturbent la manière dont on court. Il conseille donc de se tourner vers des chaussures avec un indice minimaliste plus élevé (minimum 70% pour induire des biomécaniques protectrices – 0% correspond à une chaussure maximaliste). Une chaussure minimaliste est une chaussure plus légère, moins épaisse au niveau du talon, plus flexible, avec un dénivelé moins important et le moins de technologies de stabilité et de contrôle du mouvement intégrées possible (comme par exemple celles pour contrer la pronation du pied). Il est également important que la chaussure reste confortable, ce qui inclus une forme plus élargie de l’avant de la chaussure, également appelé « fit anatomique », laissant les orteils libres de leurs mouvements.

Le port de chaussures minimalistes peut augmenter les bons comportements de modération d’impacts, stimuler l’adaptation au niveau de la chaine postérieure et aussi réduire le stress au niveau du tibia. Attention cependant à ne pas effectuer la transition entre une chaussure maximaliste et minimaliste trop rapidement pour éviter l’apparition de douleurs au pied, au tendon d’Achille ou au mollet. D’après Dubois et al. (2019) et quelques études, environ 1 mois de transition doit être respecté pour chaque tranche de 10% à 20% de différence d’IM (indice minimaliste). En revanche, il est bon de noter que pour les sujets blessés depuis environ < 6 semaines au pied, au tendon d’Achille ou au mollet, il est préférable de conserver un certain temps des chaussures maximalistes (< 50% d’IM).

Renforcement et entrainement neuromusculaire :

Après la quantification du stress mécanique, l’adoption d’une technique de course protectrice et de chaussures appropriées, le renforcement musculaire est un élément très important de la prévention et du traitement des pathologies du coureur selon Dubois et al. (2019). Cependant, dans la littérature actuelle, il n’existe aucune preuve donc aucune recommandation claire concernant le renforcement pour la prise en charge des MTSS, très peu d’études en parlent et n’émettent à son sujet que des hypothèses ou suggestions.  

Tout d’abord, étant donné que la pronation excessive du pied est un possible facteur de risque de MTSS, il pourrait être pertinent d’intégrer à un programme de renforcement musculaire des exercices des muscles intrinsèques du pied tels que l’ESF (short-foot exercise) ou le toe-spread (écartement des orteils). D’après Pabon-Carrasco et al. (2020), l’ESF pourrait être considéré comme un outil utile pour traiter les pathologies dont l'étiologie inclut une pronation excessive du pied, comme les MTSS. Cette idée est confirmée par Johnson et Stephen (2020) qui semblent dire que les déficits biomécaniques et les facteurs de risque modifiables devraient être traités. Si par exemple le Navicular Drop Test (chute du naviculaire) est positif, il faudrait traiter la surpronation avec un renforcement du pied, un réentrainement à la marche, une modification des chaussures, l’utilisation d’orthèses ou de bandes de tapping (Rajasekaran et al. 2016 ; Cheung et al. 2011 ; Napier et al. 2015). Par ailleurs, d’après Goo et al. (2016), le renforcement des muscles intrinsèques du pied avec le « toe spread » et le « short foot », accompagné d’un renforcement du grand fessier, permettraient la réduction de la chute du naviculaire pendant la marche chez des sujets avec des pieds plats. De plus, une étude de Kim et Kim. (2016) comparant l’effet du « short foot exercices » et des semelles orthopédiques a révélé que pour améliorer le pied plat, la réalisation d’EFS était plus efficace que l'application de semelles de soutien de la voûte plantaire en termes d'amélioration de la voûte plantaire longitudinale médiale (amélioration du NDT – navicular drop test) et de capacité d'équilibre dynamique (amélioration au YBT – Y balance test).

Rappelons que Dubois et al. (2019) ne soutiennent pas l’hypothèse selon laquelle les technologies de contrôle de la pronation du pied dans les chaussures de course sont efficaces, ne considérant pas non plus un pied pronateur comme un facteur de risque de blessure musculosquelettique. D’après eux, les systèmes de contrôle de la pronation dans les chaussures n’ont aucun effet protecteur contre les blessures.

Selon Hamstra-Wright et al. (2015), réaliser des exercices excentriques pour le muscle tibial antérieur dans le but de contrôler la fin de mouvement en flexion plantaire serait un moyen pertinent de prévenir voire de traiter le MTSS. Par ailleurs, Alam et al. (2019) montrent qu’il serait également intéressant d’inclure un renforcement spécifique du muscle tibial postérieur et un étirement de l’ilio-psoas à un programme d’exercices conventionnels de towel curl pour le pied, pour les pathologies observant un effondrement dynamique de l’arche longitudinal médial, afin d’améliorer des résultats cliniques importants tels que le NDT, l’activité musculaire et l’équilibre dynamique des pieds plats (YBT).

Dans la littérature, les preuves concernant le fait que la force de hanche serait un probable facteur de risque intrinsèque de MTSS sont contradictoires et les auteurs ne trouvent pas vraiment d’explications rationnelles. Pourtant, il semblerait qu’effectuer un travail sur la hanche jouerait un rôle préventif sur les blessures du membre inférieur, et que la force de la hanche est très souvent corrélée au YBT (Mccann et al., 2017 ; Smith et al., 2018). Le protocole de Pau-Toronto (Bouvard et al. 2004), qui cherche l’intégration par le patient de la dissociation entre le tronc et les membres inférieurs, le travail de l’équilibre monopodal, le travail de correction de l’hyperlordose, et le renforcement des muscles abdominaux et des muscles stabilisateurs du bassin. Il pourrait donc être utile dans le but d’associer ré-harmonisation articulaire et musculaire de la hanche de façon dynamique tout en améliorant les qualités proprioceptives chez les patients souffrant de MTSS.

Protocole de Pau-Toronto, initialement utilisé dans le module concernant les douleurs de l'aine. 

De la même manière, la ROM de la hanche en rotation médiale et latérale (hanche fléchie) et la ROM de la cheville sont placées au rang de facteur de risque potentiel de MTSS. Cependant, évaluer la ROM de hanche et de cheville pourrait permettre de suivre les éventuelles modifications de celles-ci faisant suite aux renforcements globaux et spécifiques mis en place. Les exercices de renforcement de certains muscles de la hanche pourraient permettre d’augmenter la raideur des muscles adjacents et de réduire certaines ROM jugées excessives ou discordantes avec leur homologue controlatérale. Si à contrario, les sujets ne sont pas concernés par ces déséquilibres, un maintien harmonieux du travail de mobilité peut être intéressant. Toutefois il est important d’émettre une réserve quant à ces affirmations étant donné qu’il existe de nombreuses controverses sur ces supposés facteurs prédisposant. Blaise Dubois rappelle dans son livre La Clinique Du Coureur (2019) que les particularités anatomiques et biomécaniques (hors malformations sévères) ne prédisposent pas aux blessures, car chacun est adapté au corps dans lequel il a grandi, peu importe son éloignement supposé de la norme.

Il existe extrêmement peu d’études récentes abordant les effets d’un entrainement neuromusculaire sur le syndrome de stress tibial médial. A notre connaissance, seul l’essai randomisé réalisé par Mendez-Rebolledo et al. en 2021 évalue le rôle de l'entraînement NM dans la prévention des MTSS. D’après leurs résultats, l’entrainement NM pourrait en effet améliorer la condition physique des jeunes athlètes féminines et réduire leur risque de blessure relatif au MTSS. Ils recommandent aux thérapeutes d’intégrer un programme d’entrainement NM non seulement en pré-saison chez les jeunes athlètes féminines d'athlétisme mais également de le prolonger tout au long de la saison afin de maximiser les effets préventifs de l’entrainement.

Dans leur étude, un programme d'entraînement NM a été réalisé en pré-saison, et a été comparé au programme conventionnel des athlètes, tous les deux sur une durée de 6 semaines. Le programme conventionnel consistait en la réalisation de 3 séances d’entrainement par semaine, chacune d’une durée de 120 minutes. Il comportait un entraînement anaérobique (sprint court, courses techniques et exercices de course), musculaire et aérobique (extensive/intensive tempo runs, entraînement cardiovasculaire en circuit). L'entraînement de force était principalement axé sur des exercices avec des poids libres (squat, fente, soulevé de terre, clean exercise et développé couché).

Quant au programme d’entrainement NM, les athlètes ont été invités à suivre leur programme normal de pré-saison d'athlétisme et, après 10 minutes de repos, à effectuer un entraînement NM à la fin de chaque session, soit 3 séances par semaine également. La durée de chaque séance d'entraînement NM était de 30 minutes. Cette durée d'entraînement s'est avérée être un temps d'exposition approprié pour l'entraînement NM (Emery et al. 2015 ; Emery et al. 2005). L'entraînement NM consistait en un programme à plusieurs composantes, intégrant des sauts, des réceptions et des courses, avec un entraînement en force, en endurance, en agilité, en équilibre et en core training par le biais d'exercices pliométriques et de poids corporel (Foss et al. 2018 ; Hubscher et al. 2010 ; Bonato et al. 2018 ; Hewett et al. 1999 ; Sandrey et Mitzel, 2013).

Selon Mendez-Rebolledo et al. (2021), le programme d’entrainement devrait également tenir compte de ces mêmes éléments d’entrainement pour les muscles distaux des membres inférieurs, y compris la cheville et le pied. Des exercices de renforcement globaux dédiés au « core stability » pourraient être inclus dans un échauffement quotidien par exemple. Selon Huxel Bliven et Anderson. (2013), le core stability consistant à renforcer les muscles stabilisateurs et mobilisateurs du complexe abdomino-lombo-pelvien, aurait un effet préventif sur les blessures du membre inférieur. Cependant, des preuves supplémentaires sont nécessaires car il n’existe pas de consensus sur les exercices les plus efficaces à l’heure actuelle.

Quant au travail proprioceptif plus spécifiquement, il pourrait participer à l’optimisation du renforcement musculaire (pied, cheville, ceinture abdomino-lombo-pelvienne), de l’équilibre dynamique et du contrôle neuromusculaire.  Un protocole proprioceptif spécifiquement conçu pour les sprinters a été décrit par Franco-Romero et al. (2012). Le concept étant d’ajouter des situations proprioceptives dans les positions et patterns de mouvements propre au sprint. Les données de leur étude indiquent que des programmes d'entraînement proprioceptif spécifiques avec BOSU et swiss ball permettent d'améliorer la stabilité posturale et le contrôle du centre de gravité, ce qui pourrait améliorer l'efficacité de la technique de course de l'athlète comme objectif à long terme. Bien que leurs résultats ne soient applicables qu’à leur population évaluée, c’est-à-dire les sprinters, des recherches antérieures ont montré des améliorations de la stabilité résultant de l'entraînement avec Bosu et swiss ball et que ces outils d'entraînement peuvent contribuer à la prévention des blessures sportives (Griffin et al. 2003 ; Matsusaka et al. 2001).

Étirements

Concernant les étirements, ils vont être importants chez les individus ayant des raideurs au niveau de la chaine postérieure. D’après Dubois et al. (2019), ils ne font pas partie en tant que tel du traitement pour aider à la guérison du MTSS mais doivent être effectués si une asymétrie de raideur est observée.

Une récente revue réalisée par Zhang et al. en 2021 a tenté de déterminer quels changements de la rigidité musculaire peuvent être liés au MTSS et la corrélation entre l'épaisseur périostée tibiale médiale et la rigidité musculaire du bas de la jambe. Ils ont trouvé que le périoste tibial médial était épaissi après un entraînement en course et que cette épaisseur périostée de la partie médiale du tibia est positivement corrélée à la raideur des muscles de la jambe. Selon les auteurs, les changements de rigidité des muscles soléaire, tibial postérieur et long fléchisseur des orteils peuvent être liés à l'apparition de MTSS.

Le meilleur exercice reste tout de même la course à pied donc le patient va pouvoir progressivement augmenter sa fréquence hebdomadaire de sorties.

RÉENTRAINEMENT À LA MARCHE ET PROGRAMME DE COURSE À PIED GRADUÉ

D’après l’étude de Johnson et Stephen (2020), le patient devrait passer des activités restreintes à la course sans restriction de manière très progressive et en suivant certaines étapes. Par ailleurs, Dubois et al. (2019) insistent sur le fait qu’il est important de stresser progressivement le périoste pour éviter tout déconditionnement et toute fragilisation, et faire en sorte qu’il s’adapte à nouveau à amortir des impacts répétés.

Dans un premier temps, le retour à la course à pied doit être envisagé lorsque le patient ne ressent plus de douleur lors de ses activités quotidiennes, lors d’exercices à faible impact et lorsqu’il n’est pas sensible à la palpation le long de la zone affectée. Les auteurs suggèrent que le patient reprenne la course à pied sur un tapis roulant, afin de mieux absorber les chocs et de moins solliciter le membre inférieur ; en gardant le contrôle sur le rythme, la durée et l’inclinaison/déclinaison de la course grâce au tapis. La durée de la course devrait être augmentée avant l’intensité, avec par exemple des augmentations lentes de 10% par semaine (Rajasekaran et al. 2016). Puis, le patient pourra débuter la pratique de la course en extérieur, d’abord sur piste (ou une surface uniforme modérément ferme pour mieux absorber les chocs) puis sur terrains plus accidentés. Dès le début de l’entrainement en course à pied, le thérapeute doit veiller à la bonne technique de course et au bon réentrainement de la démarche. Dubois et al. (2019) soulignent le fait qu’il est nécessaire que le coureur adopte progressivement une biomécanique de course davantage protectrice et propose 3 conseils à appliquer :  

- Amortir le bruit des pas

- Accélérer la cadence

- Opter pour des chaussures plus minimalistes

La notion de progressivité est très importante lors de la reprise de la course à pied (Dubois et al. 2019). Dubois et al. (2019) proposent un programme de retour progressif à la course à pied très intéressant. Bien évidemment, ce programme n’est qu’un exemple et doit être adapté à chaque coureur, en fonction de sa condition physique, de ses facteurs environnementaux, etc… Dubois et al. soulignent le fait que le stress mécanique doit être quantifier de manière adéquate, c’est-à-dire en augmentant petit à petit le volume hebdomadaire de course à pied. Cela signifie que le patient peut sortir courir fréquemment mais pas trop longtemps, par exemple entre 4 et 6 jours par semaine mais seulement quelques minutes à chaque fois. Puis, quand ses symptômes le permettent, il réintègre peu à peu des intervalles longs à vitesse modérée, puis des intervalles courts à vitesse élevée, puis les montées, et enfin les sauts et la pliométrie, en fonction de ces exigences et objectifs de course.  

Parallèlement au programme de course à pied, Dubois et al. (2019) recommande de poursuivre l’entrainement effectué depuis le début de la prise en charge, c’est-à-dire des exercices de renforcement des muscles fléchisseurs plantaires, éventuellement des étirements, ou autre.

Dans cette même optique de reprendre la course de manière progressive, une autre étude propose d’effectuer un test de course en début de prise en charge afin de tenter de définir le niveau auquel le patient pourrait reprendre la course à pied (Moen et al. 2012). Comme nous l’avons mentionné dans la partie bilan de ce module, ce test de course à pied n’est pas validé pour une utilisation chez les athlètes MTSS, mais il a déjà été utilisé dans des études à propos du traitement du MTSS (Moen et al. 2010 ;  Moen et al. 2012 (b)).

Rappelons que ce test de course consiste à ce que le sujet cours sur un tapis roulant à une vitesse fixe, tout en portant ses propres chaussures de course. Tout d'abord, il est conseillé de présenter à l'athlète une échelle visuelle analogique (EVA) de la douleur. Ensuite, le thérapeute explique au patient que lorsqu’il ressent une gêne de 4 / 10 à l’EVA pour son MTSS, indiquant que la douleur commence à devenir gênante, le test de course doit être arrêté. Le test de course commence à 7,5 km/h pendant deux minutes. Après cette phase d'échauffement initiale, le thérapeute note la distance pouvant être parcourue par le patient à 10 km/h jusqu'à ce qu'un 4 sur l'échelle EVA soit noté. La distance parcourue à 7,5 km/heure est ensuite soustraite du nombre total de mètres parcourus et sera appelée « mètres parcourus à 10 km/h ». En fonction de la distance obtenue, le réentrainement à la course à pied débutera à un stade différent. L’objectif de ce programme de réentrainement sera d’effectuer une course à pied continue de 18 min en extérieur (sur béton) avec une EVA < 4/10 (Moen et al. 2012 a).

Dans quelle phase placer l’athlète en fonction de sa distance parcourue ?

Si l’athlète a parcouru entre 0 et 400 mètres : phase 1.

Si l’athlète a parcouru entre 401 et 800 mètres : phase 2.

Si l’athlète a parcouru entre 801 et 1200 mètres : phase 3.

Si l’athlète a parcouru entre 1201 et 1600 mètres : phase 4.

Si l’athlète a parcouru plus de 1600 mètres : phase 5.

Dans leur étude, aucun test de course n’a été réalisé lorsque la douleur était déjà présente pendant la marche. Lorsque, chez ces athlètes, la douleur n'était plus présente pendant la marche pendant deux jours consécutifs, la première phase du programme de course a été lancée. L’athlète pouvait passer à la phase de course suivante lorsqu’il avait réussi à terminer sa phase avec un score de douleur inférieur à 4/10. Si une douleur de 4/10 ou plus était présente immédiatement pendant la course ou le lendemain de la course, le programme n progressait pas : la phase de course restait identique et le temps de course était diminué de 2 minutes.

Tout comme Blaise Dubois (2019), Moen et al. (2012) conseillent de poursuivre la réalisation d’un programme d’exercices d’étirements et de renforcement des mollets parallèlement au programme de réentrainement à la course à pied (à domicile si possible).

Thérapie par ondes de chocs

Dans la littérature, les preuves concernant les ondes de choc pour traiter le MTSS sont quelque peu contradictoires, bien qu’il semble que davantage d’études aient trouvé des résultats bénéfiques de l’utilisation des ESWT pour traiter le MTSS.

Dans leur essai contrôlé randomisé, Gomez Garcia et al. (2017) ont trouvé qu’une seule application de traitement par ondes de choc extracorporelles ciblées en combinaison avec un programme d'exercices spécifiques accélère la récupération clinique et fonctionnelle chez des militaires atteints de MTSS, avec un taux de réussite de 82,6 % à 4 semaines. Ils ont utilisé un protocole d’ODC de 1500 impulsions avec une EFD (energy flux density) de 0,20 mJ/ mm2 et le programme d’exercices consistait en la réalisation d’étirements et d’exercices de renforcement des muscles de la jambe et des muscles stabilisateurs du bassin. Les militaires étaient moins douloureux (2,17 contre 4,26 dans le groupe sans ODC), pouvaient courir plus longtemps (17min33s contre 4min48s pour le groupe sans ODC) et avaient un score de Roles and Moseley plus élevé.

Une récente revue réalisée par Schroeder et al. en 2021 confirme que l'ESWT peut être utilisé en toute sécurité pour traiter diverses affections musculosquelettiques chez les athlètes, notamment la tendinopathie de la coiffe des rotateurs, l’épicondylalgie latérale du coude, le syndrome douloureux du grand trochanter, la tendinopathie des ischio-jambiers, la tendinopathie rotulienne, la tendinopathie d'Achille ainsi que d'autres tendinopathies, mais également la fasciapathie plantaire, les lésions de stress osseux et enfin le syndrome de stress tibial médial. Bien entendu, les protocoles d'ESWT (décrivant la densité du flux énergétique, le nombre d'impulsions, le type d'onde de choc (focalisée ou radiale), le nombre/fréquence/durée de la session de traitement, la zone d'application et les protocoles de thérapie post-procédure) doivent être ajustés dans le cadre clinique, d’autant plus qu’ils varient selon les études. Les réglages optimaux pour la plupart des indications restent à déterminer.

Schroeder et al. (2021) indiquent que l'ESWT peut être utilisé pour traiter les athlètes en cours de saison, car il ne nécessite pas ou peu de temps d'arrêt du sport et peut apporter des bénéfices rapides. Ils ajoutent que l'ESWT doit être utilisé en complément de la thérapie physique afin de faciliter les gains fonctionnels à long terme et optimiser la guérison.

Une autre étude, observationnelle prospective, réalisée par Moen et al. en 2012 a conclu que les patients souffrant de MTSS peuvent bénéficier d’une thérapie ESWT en plus d’un programme de course gradué. En effet, leurs résultats montrent que le temps de récupération complète était significativement plus rapide dans le groupe « programme de course gradué + ESWT » que dans le programme de course gradué seul (59,7 ± 25,8 conte 91,6 ± 43,0 jours (p=0,008)). Rompe et al. (2010) ont également trouvé que les patients atteints de MTSS de leur étude cas-témoins, ayant été traité avec des ESWT radiales, ont repris leur sport plus rapidement à 15 mois (40 sur 47 ont repris leur sport), que ceux n’ayant pas eu d’ESWT (22 sur 40 ont repris le sport). De plus, les patients du groupe ESWT étaient plus susceptibles de déclarer qu'ils se sentaient « complètement rétablis » ou « beaucoup améliorés » à 1, 4 et 15 mois.  

En revanche, dans leur étude, Newman et al. (2017) ont conclu que la thérapie par ondes de choc à dose standard n'est pas plus efficace qu'une dose fictive pour améliorer la douleur ou la distance de course dans le MTSS, mais supposent que la dose fictive peut avoir eu un effet clinique. Une enquête plus approfondie est nécessaire pour évaluer l'effet de la thérapie par ondes de choc dans la gestion du MTSS.

Thérapie par injection

La prolothérapie est une technique d'injection régénérative (ou plutôt proliférative, d’où son nom « prolothérapie) non chirurgicale qui consiste à administrer de petites quantités d'une solution irritante aux insertions tendineuses dégénérées, aux articulations, aux ligaments ou aux espaces articulaires adjacents au cours d'une série de plusieurs séances de traitement (Linetsky et Manchikanti, 2005 ; Goswami, 2012). L’injection de « proliférants », comme par exemple une solution de glucose hypertonique, dans le tissu conjonctif endommagé déclenche une réaction inflammatoire locale, qui conduit à un processus de guérison similaire au processus naturel de guérison du corps, entrainant une fibroplasie, une libération de facteurs de croissance, un dépôt de nouveau collagène (augmentant la force de la jonction os-ligament-os et la masse ligamentaire) et une hypertrophie tissulaire (Hung et al. 2016 ; Ekweme et al. 2017 ; Banks AR, 1991 ; Liu et al. 1983).

Le périoste étant richement innervé par des fibres nerveuses nociceptives (Safadi et al. 2009), Padhiar et al. (2021) suggèrent que dans les cas de MTSS, une injection de prolothérapie peut réduire la douleur en perturbant les fibres sensorielles grâce à l'action du choc osmotique directe de la solution de dextrose hypertonique sur les cellules locales au site d'injection (Banks AR, 1991). Ils indiquent que cette injection sous-périostée de dextrose à 15% guidée par échographie a un effet significatif à moyen terme sur la douleur dans le MTSS. Ils précisent que cet avantage pourrait être maintenu à long terme mais que des essais plus robustes sont nécessaires pour valider ces résultats. En effet, leurs résultats rapportent que les patients ont signalé une  réduction significative ( p < 0,01) du score médian de la douleur EVA lors du suivi à moyen et long terme par rapport au score initial. L'amélioration médiane par patient était de 4,5/10. Les patients ont évalué leur état comme « beaucoup amélioré » lors du suivi à moyen terme et le score médian de retour au sport était « revenu au niveau souhaité mais pas avant la blessure » lors du suivi à moyen et à long terme. Selon eux, les cliniciens devraient envisager l'utilisation de la prolothérapie comme une option de traitement viable pour réduire la douleur et faciliter le retour à l'activité chez les patients atteints de MTSS récalcitrant.

A l’heure actuelle, il existe toujours peu d’études traitant de l’utilisation de la prolothérapie chez des sujets souffrant de MTSS. Dans une étude pilote, Curtin et al. (2011) ont tenté d’évaluer l’efficacité de la prolothérapie dans la prise en charge du MTSS. Tous leurs sujets (7 sujets) ont signalé une nette amélioration de leurs symptômes avec une diminution significative de la douleur moyenne sur l’EVA (diminution de 4/10 en moyenne chez chaque sujet par rapport à leur score de base)  à 4 semaines (p < 0,05) et à 18 semaines (p < 0,05). A 18 semaines de suivi post-injection, les sujets ont pu retrouver un « niveau de sport désiré mais pas au niveau pré-lésionnel » et ont évalué leur amélioration globale comme « beaucoup d’amélioration ». Les auteurs ont conclu que l'injection de dextrose a entraîné une amélioration tangible des symptômes chez leurs sept patients atteints de MTSS récalcitrant douloureux mais jugent que des essais contrôlés supplémentaires de ce type d’intervention sont nécessaires.

Enfin, une revue systématique et méta-analyse réalisée par Bae et al. en 2021 avait pour but de déterminer l’efficacité de la prolothérapie au dextrose comme traitement à long terme des douleurs musculosquelettiques chroniques allant de 6 mois à 1 an (épicondylalgie latérale du coude, arthrose du genou, syndrome de conflit sous-acromial, douleurs articulaires sacro-iliaques, tendinopathie rotulienne chronique, lombalgie chronique, fasciapathie plantaire, syndrome de Tietze). Ils ont conclu que la prolothérapie au dextrose est plus efficace dans le traitement de la douleur chronique que l'injection de solution saline ou l'exercice. Son effet était cependant comparable à celui du plasma riche en plaquettes et à celui de l'injection de stéroïdes.

D’après les résultats de ces études, il semblerait que la prolothérapie soit un traitement utile dans la prise en charge des sujets souffrant de MTSS.

Chirurgie

Parfois, une intervention chirurgicale est pratiquée lorsque la douleur persiste malgré un traitement conservateur du MTSS. La chirurgie consiste en une fasciotomie le long du bord postéro-médial du tibia, soit seule (Jarvinnen et al. 1989 ; Holen et al. 1995 ; Wallensten et al. 1983), soit en combinaison avec un stripping du périoste (Abramowitz et al. 1994 ; Yates et al. 2003, Detmer, 1986). A ce jour, il n’existe que très peu d’études concernant la chirurgie du MTSS (que des séries de cas et aucun essai clinique randomisé) et les résultats dans ces séries de cas sont mal rapportés. D'excellents résultats ont été rapportés en ce qui concerne la douleur chez 69 % à 92 % des athlètes ayant un MTSS (Yates et al. 2003, Detmer, 1986), tandis que le retour au sport a été obtenu chez 31 % à 93 % des athlètes (Moen et al. 2009). De nouvelles études sont nécessaires pour rapporter des preuves de haute qualité afin de justifier les recommandations cliniques. Etant donné que la cause du MTSS ne fait pas l’objet d’un consensus, la chirurgie ne semble pas être une approche thérapeutique plausible pour la prise en charge efficace de cette pathologie et devrait être évitée en tant que traitement de première intention.

Exemples de prise en charge


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The Patient-Specific Functional Scale (PSFS)
Illimité
Échelle de Borg modifiée (CR10)
Illimité

Bibliographie du module

Abramowitz, A. J., A. Schepsis, et C. McArthur. « The Medial Tibial Syndrome. The Role of Surgery ». Orthopaedic Review 23, no 11 (novembre 1994): 875 81.

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