Chargement...
Chargement...
Chargement...
Tous les modules
L'instabilité de l'épaule
MODULE

L'instabilité de l'épaule

Vous trouverez ici tous les éléments nécessaires pour comprendre cette pathologie, pour réaliser un examen clinique complet et pour effectuer une prise en charge en suivant les dernières recommandations EBP.
Mis à jour le :
13/9/2021

Avant-propos

L'instabilité traumatique antérieure de l'épaule est une affection fréquente et invalidante qui touche les jeunes sportifs et les patients actifs (Bonazza et al. 2017 ; Degen et al. 2016). Étant donné que l'instabilité de l'épaule survient le plus souvent chez les patients pratiquant des activités à impacts élevés, une instabilité récurrente survient jusque chez 90 % des patients qui subissent un événement d'instabilité primaire avant l'âge de 20 ans (Robinson et al. 2006). Afin de restaurer la stabilité de l'articulation gléno-humérale, de nombreux patients subissent une stabilisation chirurgicale pour réduire le risque d'autres événements d'instabilité (Beletsky et al. 2020).

Dans ce module, nous nous pencherons dans un premier temps sur les éléments anatomiques et biomécaniques indispensables à la bonne stabilité et mobilité de l’épaule. Il sera également important de s’attarder sur les éléments pertinents de l’anamnèse et de l’examen clinique lorsqu’on se retrouve devant un patient se plaignant d’instabilité de l’épaule. Enfin, nous vous présenterons les dernières recommandations en termes de traitement dans le but de concevoir une décision de retour au sport s’appuyant sur un ensemble de facteurs physiques, psychologiques, sociaux, contextuels sans oublier les tests de performance fonctionnelle.

Introduction à la pathologie

Définition

Dans un premier temps, il est important de définir les différents termes qui sont couramment utilisés pour décrire l'instabilité gléno-humérale.

L’instabilité est un processus pathologique qui provoque une augmentation symptomatique de la translation de la tête humérale par rapport à la glène. L'instabilité, entraîne à son tour une perte de performance physique, des douleurs et parfois une faiblesse (Haley et al. 2017).

La laxité est une constatation normale, physiologique et asymptomatique, qui correspond à une translation de la tête humérale dans n'importe quelle direction dans la glène (Gerber et al. 1988).

L'hyperlaxité est constitutionnelle, multidirectionnelle, bilatérale et asymptomatique. L'hyperlaxité de l'épaule est probablement mieux définie comme une rotation externe en position R1 supérieure ou égale à 85 degrés (Walch et al. 1995) ou supérieure à 90° en R1 en décubitus dorsal (Ropars et al. 2010). Cette constatation non pathologique est un facteur de risque d'instabilité mais n'exige pas de traitement en soi, sauf en cas de laxisme pathologique manifeste.

Une laxité pathologique du ligament gléno-huméral inférieur est observée lorsque l'abduction passive en rotation neutre de l'articulation gléno-humérale est supérieure à 105 degrés, s’il existe une appréhension au-delà de 90 degrés d'abduction, ou si une différence de plus de 20 degrés entre les deux épaules est constatée (Gagey et al. 2001 ; Hovelius et al. 2016).

Une autre distinction importante concernant l'instabilité est la luxation par rapport à la subluxation. Une luxation se produit lorsqu'il n'y a plus de contact entre la tête humérale et la surface articulaire, ce qui nécessite généralement une manœuvre de réduction pour repositionner la tête humérale. Cependant, dans les cas où il y a une perte osseuse ou une fracture, il est possible de procéder à une réduction spontanée sans manœuvre de réduction (Haley et al. 2017).

Une subluxation peut être définie comme une luxation partielle ou incomplète pour laquelle aucune manœuvre de réduction n'est nécessaire (Owens et al. 2012).

Les luxations sont moins fréquentes que les subluxations et ne représentent que 15 % des nouveaux événements d'instabilité (Burkhart et al. 2000 ; Zacchilli et al. 2010).

Anatomie & Biomécanique de l’épaule

L’épaule n’est pas une mais plusieurs articulations formant un complexe appelé complexe scapulo-huméral. Ce complexe est formé de 4  articulations : l’articulation gléno-humérale, l’articulation acromio-claviculaire, l’articulation scapulo-thoracique et l’articulation sterno-claviculaire.

L’articulation gléno-humérale a 6 degrés de liberté et constitue l’articulation la plus mobile du corps humain, permettant à la main d’atteindre un large éventail de positions (Goetti et al. 2020). La mobilité de l’épaule est également assumée par 18 muscles agissant en synergie. D’un point de vue fonctionnel, l’épaule a besoin de toutes les structures anatomiques pour fonctionner en chaîne.

Dans un premier temps, le système nerveux central fournit un signal à l’unité muscle-tendon. En se contractant, le muscle transmet sa tension au tendon, qui agit alors comme un bras de levier sur l’articulation. Pour être efficace, un tel système nécessite un pivot stable.

La stabilité gléno-humérale dépend donc de la combinaison de différents facteurs que l'on peut regrouper en stabilisateurs capsulo-ligamentaires ou statiques, et en stabilisateurs musculo-tendineux ou dynamiques.

La stabilité dynamique de l'articulation est coordonnée par le contrôle cortical central exercé sur les unités musculo-tendineuses locales. A partir du signal proprioceptif provenant de ces récepteurs, un feedback coordonné et optimal de la musculature scapulo-humérale est généré. Cette réaction musculaire maintient la tête humérale centrée par rapport à la glène (Lippitt et al. 1993).

L'instabilité de l'épaule peut être causée par une blessure et/ou une défaillance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires statiques, qui possèdent les terminaisons afférentes sensitives. Cette altération des éléments stabilisateurs passifs provoque une perturbation ou un retard dans la délivrance du signal proprioceptif (Cuéllar et al. 2017). Ce signal retardé est transmis par les canaux afférents sensitifs provoquant un retard et/ou une erreur de coordination de la réponse musculaire correspondante (Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997 ; Tibone et al. 1997). Le mécanisme de stabilisation dynamique est ainsi altéré et entraine une perte de congruence articulaire.

L'arrachement (avulsion) ou la déchirure du labrum en association avec la capsule et les ligaments gléno-huméraux de l'épaule antérieure, connue sous le nom de lésion de Bankart (Bankart et al. 1993), résulte de la luxation antérieure de l'épaule. L'absence de cicatrisation de la lésion ou sa progression vers la partie inférieure de l'articulation est un facteur important de récidive d'instabilité. Plus la lésion capsulo-labrale est sévère et étendue, plus le récessus capsulaire grandit, plus la perturbation des mécanismes articulaires de la proprioception est importante et, par conséquent, plus le degré d'instabilité est important (Cuéllar et al. 2017).

La tête humérale :

La tête humérale et la fosse glénoïdienne forment l'articulation gléno-humérale. Contrairement à l'articulation de la hanche dans laquelle la tête fémorale repose complètement à l'intérieur de l'acétabulum, la tête humérale repose sur une fosse glénoïdienne peu profonde, qui ne la recouvre quasiment pas. Seulement 25% environ de la surface de la tête humérale interagit réellement avec la surface glénoïdienne (Adams et al. 2016 ; Turkel et al. 1981). En l'absence de couverture osseuse, la stabilité dépend des tissus mous qui fonctionnent comme des stabilisateurs statiques ou dynamiques : la capsule, les ligaments gléno-huméraux, la coiffe des rotateurs, la tête longue du biceps et le labrum (Cuéllar et al. 2017).

La glène humérale :

La forme habituelle de la glène est une virgule inversée. Le cartilage a une forme concave avec une épaisseur moindre de cartilage au centre de la glène, faisant de ce point le lieu de contact le plus important avec la tête humérale. La plupart des surfaces glénoïdiennes ont une orientation rétroversée de 7º et une inclinaison crânienne supérieure à 15º (Saha. 1971). La tête humérale a une rétroversion de 30º et une inclinaison de 130-150º par rapport à la tige (angle cervico-diaphysaire) (Cyprien et al. 1983)

La capsule gléno-humérale :

Elle s'étend de la glène au col anatomique de l'humérus. L'insertion glénoïdienne peut varier sur son point d'origine. Sur cette base, on peut classer la capsule en 2 types : dans le type I (80% des épaules) la capsule prend son origine sur le labrum, tandis que dans le type II (20% des épaules) la capsule prend son origine plus médialement sur le col glénoïdien (Eberly et al. 2002). Dans le type I, les récessus synoviaux capsulaires sont petits et la capsule antérieure est épaisse. En revanche dans le type II les récessus synoviaux sont plus grands et la capsule est moins résistante dans son ensemble.

La capsule gléno-humérale est volumineuse, lors du mouvement articulaire normal elle est relâchée et ne limite pas le mouvement, permettant une large amplitude de mouvement. Lorsque l'épaule approche des limites de l'amplitude normale de mouvement, la capsule se resserre progressivement et exerce un rôle stabilisateur. Lorsqu'elle se resserre, elle offre une stabilité mécanique à l'épaule et empêche la tête de dépasser les limites de stabilité. La capsule joue également un rôle clé dans le maintien de la stabilité car elle contient les afférences proprioceptives qui aident à maintenir la tête centrée en envoyant des signaux nerveux aux muscles pour qu'ils se contractent et évitent la luxation (Myers et al. 2002).

La capsule, sauf dans la partie inférieure, est renforcée par la coiffe des rotateurs. De plus, il existe des zones épaissies sur la capsule qui constituent les ligaments gléno-huméraux. Également, d'autres ligaments extra-articulaires contribuent à la stabilité gléno-humérale : ligament coraco-huméral, coraco-acromial et transverse huméral (Cuéllar et al. 2017).

Ligament huméral transverse :

Il est composé de fibres capsulaires qui s'étendent du tubercule mineur au tubercule majeur. Ce ligament n'a pas de fonction stabilisatrice directe, mais maintient la longue portion du biceps dans le sillon bicipital.

Ligament coraco-huméral :

Ce ligament prend naissance sur la face latérale de la base du processus coracoïde et s'insère sur le tubercule majeur. De par sa disposition transversale, il a pour fonction de suspendre la tête humérale lorsque le bras pend. Mais lorsque l'épaule est en abduction, ce ligament se détend et cesse d'avoir un rôle de suspension humérale.

Ligament coraco-acromial :

Ce ligament s'étend du bord antérieur de l'acromion à la pointe du processus coracoïde. Sa fonction est d'aider à stabiliser la tête humérale en évitant la translation antérieure et inférieure.

Ligaments gléno-huméraux (GHL) :

Ce sont des épaississements de la partie antérieure et inférieure de la capsule articulaire. Ils exercent leur rôle en fonction de la direction de leurs fibres. Ils n'agissent pas dans tous les mouvements possibles de l'épaule mais seulement dans certaines positions. Les ligaments gléno-huméraux sont au nombre de trois : supérieur, moyen et inférieur.

Ligament gléno-huméral supérieur :

L'origine glénoïdienne est variable : parfois elle a une origine commune avec le ligament gléno-huméral moyen, chez d'autres sujets, elle prend naissance au même endroit que le tendon du biceps et chez d'autres encore, quelque part entre ces deux structures. Dès son insertion, il s'étend jusqu'à une petite fosse légèrement supérieure à la petite tubérosité.

Il traverse l'intervalle des rotateurs formé entre le sous-scapulaire et le supra-épineux. Son épaisseur est très variable : dans quelques cas, il peut devenir presque aussi épais que le tendon du biceps, et peut être confondu avec lui. En revanche, dans d'autres cas, il ne s'agit que d'un petit épaississement capsulaire à peine perceptible sous arthroscopie.

De par sa trajectoire, il est tendu en flexion, en extension, en adduction et en rotation externe (Harryman et al. 1992). Lorsqu'il est tendu, il limite le déplacement postérieur et inférieur de la tête humérale. Cependant, les études anatomiques suggèrent que c'est le GHL qui est le moins pertinent dans la stabilité gléno-humérale (de Laat et al. 1994).

Ligament gléno-huméral moyen :

Son origine se situe dans le rebord glénoïdien antéro-supérieur et il s'insère à la face antérieure de l'humérus entre la grande tubérosité et la surface articulaire humérale. D'un point de vue arthroscopique intra-articulaire, il est identifié en avant du tendon du sous-scapulaire.

L'épaisseur de ce ligament est également très variable : il peut être épais et tendineux, mais peut aussi être très fin voire absent. Son absence semble être un facteur de risque de récidive en cas de luxation antérieure (Morgan et al. 1992).

Il devient tendu en rotation externe et en abduction jusqu'à 45º ; passé ce stade, le ligament gléno-huméral inférieur est plus pertinent (Terry et al. 1997). Sa fonction principale est d'empêcher la translation antérieure de la tête humérale.

Ligament gléno-huméral inférieur (IGHL) :

C'est le ligament de l'épaule le plus épais, le plus important et le principal stabilisateur statique lors de l'abduction de l'épaule. Il se compose de trois zones qui forment le complexe ligamentaire gléno-huméral inférieur : 2 bandes (antérieure et postérieure) et la poche axillaire qui s'étend entre les deux bandes. Cette disposition ressemble à un hamac pour la tête humérale.

Lors de l'abduction, ce complexe ligamentaire stabilise l'épaule, mais agit différemment selon la rotation du bras : en rotation interne, la bande postérieure se tend pour soutenir la tête et la face avant est relâchée. Lorsque le bras est positionné en rotation externe, la bande antérieure se tend et se déplie en soutenant la tête tandis que la bande postérieure est repliée. La bande postérieure limite également la flexion, l'adduction et la rotation interne (OBrien et al. 1990 ; Warren et al. 1984).

De manière générale, on peut retenir que le complexe capsulo-ligamentaire ne maintient l’articulation gléno-humérale que dans des positions extrêmes. Par conséquent, dans des positions intermédiaires de la vie de tous les jours, ces structures sont relâchées et ce sont plutôt les stabilisateurs actifs qui auront un impact sur la stabilité de la gléno-humérale.

Labrum :

Le labrum est un anneau fibreux qui est intimement attaché à l'os glénoïde, au cartilage articulaire et à la capsule articulaire. Histologiquement, il est composé de tissu fibreux dense. La longue portion du biceps s'y attache sur la partie supérieure et les ligaments gléno-huméraux s'attachent sur la partie antérieure. De plus, il augmente la profondeur fonctionnelle de la glène et donc améliore la zone de contact avec la tête humérale (McPherson et al. 1997 ; Pagnani et al. 1995 ; Lippitt et al. 1993).

On pense en outre que cela stabilise l'articulation en aidant à centrer la tête humérale lorsqu'elle est comprimée contre la glène par les muscles de la coiffe des rotateurs (mécanisme de compression de la concavité). Il a été rapporté qu'une perte complète du labrum antérieur diminue la zone de contact de 7 % à 15 % et augmente la pression de contact moyenne de 8 % à 20 % (Greis et al. 2002).

Une étude biomécanique de Hara et al. a identifié le labrum antéro-inférieur comme étant le point le plus faible (Hara et al. 1996). Enfin, il a été supposé qu'un labrum intact pourrait aider à créer une pression intra-articulaire négative (effet de vide) ; cet effet est cependant considéré comme marginal lorsque les muscles de la coiffe des rotateurs sont contractés (Kumar et al. 1985 ; Habermeyer et 1992 ; Warner et al. 1999).

Malgré ces effets stabilisants importants, Itoi et al ont révélé que les tissus mous seuls ne jouent qu'un rôle mineur dans la stabilité gléno-humérale à mi-amplitude de mouvement (Itoi. 2004).

PHYSIOLOGIE DE LA STABILITE gléno-humérale :

Stabilisation ligamentaire :

L'anatomie ligamentaire de l'épaule est clairement différente des ligaments du genou par exemple, car il n'y a pas de ligaments de l'épaule qui maintiennent la tension tout au long de l'arc de mouvement complet de l'épaule. Comme nous l’avions mentionné précédemment, les ligaments de l'épaule n'agissent que dans les positions extrêmes de l'amplitude de mouvement (ROM) et restent relâchés si l'épaule est au repos ou pendant une ROM non extrême (Warner et al. 1992).

Pendant la majeure partie de l'arc de mouvement, il n'y a pas de tension sur les ligaments, ceux-ci restent lâches jusqu'à un certain point où la tension augmente soudainement et rapidement. Les ligaments tendus exercent une force de compression sur la tête humérale contre la glène, stabilisant davantage l'articulation. De plus, il existe des variations personnelles de tension entre les individus ; les sujets avec une laxité accrue ont des degrés de rotation ou de translation plus élevés mais ne sont pas nécessairement moins stables (Harryman et al. 1992 ; Lippitt et al. 1994 ; Sperber et al. 1994). Ainsi les ligaments fournissent un cadre fermé de déplacement de l'articulation gléno-humérale, à l'intérieur de ce cadre les muscles jouent un rôle stabilisateur majeur.

Stabilisation musculaire :

Il existe différentes forces avec différentes intensités et directions qui agissent sur la tête humérale. Ces forces sont délivrées par le muscle deltoïde, le tendon du chef long du biceps et les muscles qui composent la coiffe des rotateurs. L'orientation musculaire est essentielle pour définir l'orientation de la force. Sous la direction de ces muscles, la force exercée sur l'épaule est différente. La somme des vecteurs de ces forces constitue la force de réaction nette. Si la force de réaction nette est dirigée vers la glène, l'articulation reste stable. Plus les forces exercées vers la glène sont importantes, plus la stabilité de l'articulation est grande. Concernant les forces exercées par le deltoïde, les portions postérieure et moyenne sont plus importantes pour stabiliser l'articulation (Kavanaugh et al. 1978). La coiffe des rotateurs postéro-supérieure (supra-épineux et infra-épineux) est indispensable car elle produit un effet « plafond » entre l'acromion et la tête humérale qui limite la translation supérieure même au repos (Flatow et al. 1996). Lorsqu'il y a un déficit de l'un de ces muscles, un désalignement des forces nettes se développe, augmentant les risques de luxation, car la force nette peut ne pas être dirigée vers la glène.

On peut également souligner l’importance des muscles scapulaires, bien plus nombreux que les muscles de la coiffe des rotateurs. En effet, le bon fonctionnement de ces muscles permet une stabilité adéquate de la scapula qui est elle-même essentielle à la bonne stabilité de l’articulation gléno-humérale.

Stabilisation osseuse :

L'arc glénoïdien « efficace » est la totalité de la surface glénoïdienne dans laquelle repose l'humérus. Cet arc est formé par le cartilage glénoïde, l'os sous-jacent et le labrum. Si cet arc diminue pour une raison quelconque, les risques de luxation augmentent, car la possibilité que la force de réaction nette soit dirigée loin de la glène augmente. L'antéversion glénoïde peut également augmenter le risque d'instabilité car la force de réaction nette peut être dirigée hors de la glène.

Le mouvement scapulo-thoracique est essentiel pour obtenir un large mouvement des bras avec l'humérus aligné avec la glène. Si la glène ne suit pas l'humérus pendant le mouvement, l'humérus peut s'éloigner du centre de la glène, ce qui augmente le risque d'instabilité. Quelle qu'en soit la cause, si la tête humérale n'est pas centrée dans la glène, l'articulation devient moins stable.

Propriétés physiques de l’articulation qui assurent la stabilité :

L'effet adhésif, l'effet d'aspiration et la pression négative sont des propriétés physiques de l’épaule qui font qu’elle reste stable, y compris au repos.

L'adhérence entre la glène et la tête humérale est due à l'attraction moléculaire entre le liquide synovial et les surfaces chondrales de la glène et de l'humérus. Les maladies dégénératives ou inflammatoires peuvent affecter cet effet d'attraction en modifiant les caractéristiques moléculaires du liquide articulaire (Hui et al. 2012).

L'effet d'aspiration est dû à l'environnement étanche qu'assurent le labrum et la capsule. Cet effet d'aspiration aspire le liquide et l'air hors de l’articulation et résiste à la traction.

De plus, il existe une pression négative produite par la membrane synoviale qui, par action osmotique, élimine le liquide articulaire libre. Cette dépression provoque un effet de vide et donne de la stabilité à l’articulation. Cet effet est affecté par les techniques arthroscopiques ou arthrographiques mais aussi par les épanchements articulaires (Levick et al. 1983).

Proprioception :

La proprioception est la somme de tous les stimuli afférents provenant de l'articulation vers le système nerveux. Depuis les travaux de Turkel et al. (1981), la connaissance du rôle important de la proprioception articulaire de l’épaule s’est accrue. La proprioception de l’épaule a en effet un rôle essentiel dans le contrôle de l’activation correcte des stabilisateurs actifs (Turkel et al. 1981). Des études sur des pièces anatomiques ont confirmé la présence des terminaisons afférentes correspondantes (corpuscules de Pacini et de Ruffini) et leur répartition dans le complexe capsulo-ligamentaire de l'épaule (Vangsness et al. 1995). Ces récepteurs surveillent les mouvements et les positions des extrémités articulaires dans l'espace.

PHYSIOPATHOLOGIE DE L’INSTABILITE

Tous ces éléments fonctionnent donc correctement et en synergie jusqu’à ce que l’épaule rencontre un problème : pathologies, traumatismes, micro-traumatismes...

Outre la lésion du labrum et des éléments capsulo-ligamentaires, d'autres altérations peuvent être présentes au niveau d'autres structures, pouvant engendrer une instabilité gléno-humérale : lésion osseuse glénoïdienne ou humérale, ou lésion du tendon glénoïdien sous-scapulaire.

De manière générale, il est désormais admis que la cause des luxations gléno-humérales récidivantes est une combinaison de lésions anatomiques (inhérentes ou acquises) des facteurs statiques dits capsulo-ligamentaires. Cette combinaison de blessures provoque, comme nous l'avons noté, un déséquilibre supplémentaire dans les performances harmoniques des différents éléments musculaires qui interagissent avec l'épaule (une altération des facteurs dits « dynamiques ») (Warner et al. 1999). Ainsi, la lésion par avulsion labrale (arrachement) est souvent associée à une laxité capsulaire excessive qui favorise une redondance pathologique.

Une telle redondance est retrouvée dans la plupart des cas de luxation humérale récidivante et surtout dans les cas plus complexes ou multidirectionnels (Warner et al. 1999). La laxité excessive qui favorise la redondance capsulaire pathologique peut même être de nature congénitale. Il existe cependant d'autres causes de laxité capsulaire plus fréquentes que l'étiologie congénitale : microtraumatismes répétés, traumatismes majeurs, épisodes multiples ou une combinaison de ceux-ci (Joseph et al. 2003).

De plus, dans certains cas, ces lésions des structures anatomiques peuvent être associées à des modifications structurelles ou morphologiques (maladies du collagène, dysplasie...) et/ou à des variantes anatomiques ou congénitales qui jouent également un rôle en facilitant la luxation de l'articulation de l'épaule (Uhthoff et al. 1985).

Analysons les différents éléments impliqués dans la stabilité de l'épaule et comment leurs variations ou blessures favorisent l'instabilité.

Blessures anatomiques :

Le concept de blessure en « cercle » l’instabilité résulte de la combinaison de quatre types de lésions (Warner et al. 1999) :

- Avulsion labrale (lésion de Bankart ou ses variantes) avec ou sans lésion associée de la bande antérieure du ligament gléno-huméral inférieur.

- Déformation plastique de la capsule : allongement irréversible de la capsule ou du ligament gléno-huméral inférieur.

- Lésion par distension ou allongement de la capsule dans l'intervalle des rotateurs.

- Défaut de l'os huméral ou glénoïdien.

Pour qu'une luxation se produise, les lésions doivent être produites au moins dans deux parties opposées de l'articulation. Ce phénomène intègre le concept dit de « blessure en cercle » décrit par Warren depuis 1984 (Warren et al. 1984 ; Schwartz et al. 1987).

Avulsion labrale et ligament gléno-huméral inférieur :

Sa blessure au cours de l'épisode de luxation a été initialement décrite par Perthes et, séparément, par Bankart (Fig.44) (Bankart et al. 1993 ; Pagnani et al. 1999). Le décollement du labrum entraîne une lésion de la capsule et de l'IGHL. Certaines variations anatomiques de la disposition du labrum et de ses attaches ligamentaires pourraient favoriser l'instabilité, comme l'a décrit De Palma (De Palma et al. 1949).  

Déformation plastique capsulaire :

L'allongement irréversible de la capsule et du ligament gléno-huméral inférieur est une condition nécessaire de la luxation récidivante. La capsule se comporte comme une structure unique et le développement d'une blessure à un moment donné s'accompagne d'une blessure dans la capsule opposée (« concept de cercle ») (Warren et al. 1984 ; Schwartz et al. 1987). Ainsi, les cas d'instabilité de l'épaule ont souvent plus d'une composante de blessure. Cette association est considérée comme une instabilité de type bidirectionnelle (antérieure-inférieure, postérieure-inférieure) ou une instabilité de type multidirectionnelle (Bigliani et al. 1992).

Neer a décrit la présence d'une redondance à la partie inférieure de la capsule dans des études d'instabilité multidirectionnelle ( OBrien et al. 1990). Cependant, les études de tension réalisées par Bigliani, Speer et Mc Mahon, entre autres, sont celles qui ont montré qu'une déformation plastique non récupérable de la capsule et du ligament gléno-huméral inférieur est primordiale pour une instabilité multidirectionnelle. La capsule peut également présenter une réduction congénitale des fibres de collagène (Neer et al. 1980 ; Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 1998 ; McMahon et al. 2001).

Il est bien connu que ces altérations conduisent à une hyperlaxité, qui est généralement poly-articulaire. Cependant, dans la plupart des cas de luxation récurrente, seules des formes moins prononcées de laxité sont trouvées; celles-ci peuvent entraîner la présence de signes d'hypermobilité articulaire. L'origine de la laxité capsulaire peut être congénitale ou constitutionnelle (Uhthoff et al. 1985 ; Rodeo et al. 1998 ; Wall et al. 1995), mais elle peut aussi être traumatique et acquise, l'origine probablement la plus fréquente étant un mélange de prédisposition inhérente et d'une composante traumatique (Bigliani et al. 1992 ; Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 2001 ; McMahon et al. 1998 ; Wall et al. 1995 ; Mok et al. 1990). Nous avons noté précédemment que la capsule peut également présenter des variations anatomiques dans son insertion qui peuvent prédisposer à l'instabilité (Uhthoff et al. 1985).

Lésion de l’intervalle des rotateurs :

Neer a introduit le terme « intervalle des rotateurs » (Neer et al. 1980) en définissant une zone capsulaire entre les muscles subscapulaire et supra-épineux s'étendant dans un triangle avec une base au niveau de la coracoïde. D'après les études anatomiques, cette structure capsulaire est renforcée par deux structures ligamentaires : le ligament gléno-huméral supérieur et le ligament coraco-huméral (Taylor et al. 1997). Harryman a montré que l'intervalle des rotateurs joue un rôle important dans la stabilisation de l'épaule en limitant les déplacements inférieurs et postérieurs (Harryman et al. 1992). Il existe deux types de lésion de l'intervalle des rotateurs : l'atténuation avec réaction synoviale ou la rupture nette (Nobuhara et al. 1987). La lésion de l'intervalle des rotateurs est nécessaire et concomitante au développement d'un évidement capsulaire inférieur élargi (« concept de cercle de blessures ») qui est typique d'une luxation récurrente avec une composante directionnelle antéro-inférieure (Warren et al. 1984, Schwartz et al. 1987).

Défauts osseux gléno-huméraux :

Les défauts osseux qui surviennent dans la glène et l'humérus lors des épisodes de luxation contribuent à l'instabilité récurrente. L'instabilité due au défaut glénoïdien se produit dans la gamme moyenne de mouvement, car dans cette gamme, la stabilité est donnée par la concavité glénoïdienne et l'effet de compression exercé par la musculature de l'épaule (Itoi et al. 2000). En revanche, l'instabilité due au défaut huméral se produit aux extrémités de l'amplitude de mouvement, car c'est là que les défauts huméraux peuvent s'engager avec le rebord glénoïdien, provoquant une instabilité. Les lésions osseuses glénoïdiennes surviennent dès le premier épisode de luxation dans 22 % des cas (Taylor et al. 1997), mais dans les cas de luxation récidivante, elles peuvent être observées dans 90 % des cas (Piasecki et al. 2009). Si la chirurgie est réalisée pendant la phase aiguë, des fragments d'os peuvent généralement être trouvés (Porcellini et al. 2005), alors que si la chirurgie est retardée de plus de 6 mois, ces fragments auront souvent été réabsorbés (Sugaya et al. 2005). Le défaut huméral se situe dans la tête humérale postérieure en cas d'instabilité antérieure, et il est connu sous le nom « d’encoche de Hill-Sachs ». Ce défaut huméral se produit lorsque l'humérus s'engage contre la glène pendant la luxation et la réduction et est déjà présent jusque chez 51 % des patients après le premier épisode de luxation. La perte osseuse doit être évaluée avec soin car si elle n'est pas traitée correctement pendant la chirurgie, elle peut entraîner l'échec de la chirurgie. Les patients sans défaut osseux ont un risque de récidive d'environ 4%, tandis que ceux ayant une perte osseuse ont un risque de récidive pouvant atteindre 67% (Burkhart et al. 2005).

Une étude biomécanique a montré qu'une perte glénoïdienne supérieure-inférieure de plus de 21 % de la longueur implique un risque élevé d'échec malgré une bonne réparation de la lésion de Bankart (Itoi  et al. 2000). D'autres cliniciens considèrent une perte de 25 % de la largeur de la glène comme la taille critique qui nécessite une attention supplémentaire et des procédures associées à la réparation chirurgicale de Bankart (Lo et al. 2004). Par conséquent, une perte de longueur supérieure-inférieure de 20 % ou une perte de largeur de 25 % ou plus au niveau de la partie antéro-inférieure de la glène nécessiterait la réalisation d'une procédure de greffe osseuse associée (Walch et al. 2000).

Altération de la proprioception :

Il existe deux théories qui tentent d'expliquer cette altération de la proprioception :

- Il y aurait une lésion ou une atteinte neurologique des éléments constitutifs de l'arc réflexe proprioceptif reposant soit sur les récepteurs eux-mêmes (mécanorécepteurs), soit sur les motoneurones qui complètent l'arc réflexe.

- Il existe une lésion primaire et / ou une insuffisance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires qui maintiennent les terminaisons afférentes sensorielles. Il en résulterait une perturbation de la détection des signaux de stress de pression et d'élongation, et une altération du signal serait transmise par les canaux afférents sensoriels.

Bien qu'il n'existe pas de travaux contrastés prouvant la certitude de la première théorie, la lésion capsulaire ("la déformation plastique") définie comme "redondance" a été confirmée par divers auteurs, comme déjà noté (Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 1998 ; McMahon et al. 2001). Par conséquent, un retard ou un manque de coordination de la réponse musculaire correspondante se produit (Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997).

Les résultats de diverses études nous permettent de constater que les capteurs capsulaires ne sont pas altérés ou lésés en cas d'instabilité (Tibone et al. 1997 ; Bigliani et al. 1997 ; Blasier et al. 1994 ; Carpenter et al. 1998 ; Zuckerman et al. 1999). Ceux-ci ne sont pas non plus modifiés par l'âge ou la chirurgie. Il existe certes une altération de la fonction proprioceptive chez les patients aux épaules instables, démontrée par différents auteurs par un retard dans la détection des mouvements passifs, notamment de rotation externe mais elle n'est pas liée à des modifications des capteurs (Tibone et al. 1997 ; Bigliani et al. 1997 ; Blasier et al. 1994 ; Carpenter et al. 1998 ; Zuckerman et al. 1999).

En résumé, le dysfonctionnement proprioceptif serait produit par une production du signal retardée due à des altérations structurelles au niveau de la capsule ( Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997). Dans l'épaule instable se serait produite une blessure et/ou une défaillance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires passifs. C'est à ce niveau que se trouvent les terminaisons afférentes sensorielles. En raison de cette blessure, il résulte une perturbation de la détection des signaux de pression, de stress et de l'allongement par les canaux sensoriels afférents. Cette perturbation prend la forme d'une réponse musculaire retardée et/ou non coordonnée, provoquant la perte de la congruence articulaire. Il s'agirait de la perturbation de la chaîne patho-mécanique qui altère le mécanisme de proprioception et provoque une instabilité ou une chaîne de luxation récurrente. Le tableau s'aggraverait avec une augmentation des dommages capsulo-labraux et un élargissement de l'évidement capsulaire (Zuckerman et al. 2003).

INCIDENCE

L’articulation gléno-humérale représente l’articulation du corps humain la plus souvent luxée, ce qui peut entraîner des luxations ou des subluxations récurrentes (Kazar et al. 1969). Environ 1% à 2% de la population générale connaîtra une luxation gléno-humérale au cours de sa vie (Gottschalk et al. 2016). En particulier, les hommes jeunes et actifs de moins de 30 ans, qui ont un risque accru d'instabilité récurrente (Heidari et al. 2014 ; Zacchilli et al. 2010). Près de la moitié de toutes les luxations de l'épaule (48,6%) se produisent chez les patients de 15 à 29 ans, avec le taux le plus élevé de luxations récurrentes (64%) chez ceux âgés de moins de 30 et un rapport de taux d'incidence homme-femme de 2,64 (Zacchilli et al. 2010).

La luxation antérieure représente 96 % des cas et est souvent le résultat de mécanismes indirects impliquant le plus souvent des mouvements forcés ayant des degrés variés d’abduction, de rotation externe et d’extension. L'exemple classique est celui de la chute dirigée en arrière avec réception main tendue (Chang et al. 2020).

La luxation postérieure est la 2e direction de luxation la plus fréquente, représentant 2 à 4 % des cas. Les luxations postérieures sont généralement dues à des mécanismes indirects tels qu'un choc électrique ou des convulsions, provoquant la contraction des rotateurs internes (relativement plus forts dans l'épaule) :  muscles grand dorsal, grand pectoral et subscapulaire (Chang et al. 2020).

Instabilité antérieure VS instabilité postérieure :

Une étude sur l'instabilité de l'épaule réalisée par le Multicenter Orthopedic Outcomes Network (MOON) Shoulder Instability Group (Kraeutler et al. 2018) a conclu que la plupart des patients qui subissent une chirurgie de stabilisation de l'épaule sont au début de la vingtaine ou moins, et que l'instabilité antérieure est plus fréquente que l’instabilité postérieure. Ces résultats ont également été trouvés par de nombreuses autres études (Bernhardson et al. 2019 ; Kane et al. 2015 ; Owens et al. 2007). Bien que l'instabilité postérieure ne soit pas aussi courante, certains sous-groupes ont une prévalence élevée, notamment les haltérophiles, les joueurs de football et les joueurs de rugby (Frank et al. 2017 ; Lanzi et al. 2017).

Les symptômes de présentation de l'instabilité antérieure sont très différents de l'instabilité postérieure. Une étude de cohorte de Bernhardson et al comparant les résultats de l'instabilité antérieure et postérieure entre 200 patients a déterminé que les patients présentant une instabilité antérieure se présentent généralement après un mécanisme identifiable de blessure (nécessitant une réduction par un médecin) et des plaintes d'instabilité (Bernhardson et al. 2019). D'autre part, les patients présentant une instabilité postérieure présentaient principalement de la douleur, mais aucun mécanisme de blessure ni plainte d'instabilité. Cela se produit fréquemment dans le cadre de microtraumatismes répétitifs, tels que le développé couché à long terme, le banc incliné ou les pompes. Ainsi, les haltérophiles, les joueurs de football et les joueurs de rugby ont une prévalence plus élevée d'instabilité postérieure de l'épaule (Frank et al. 2017 ; Lanzi et al. 2017).

Dans leur étude de 2021, Vopat et al indiquent que dans l'ensemble, les patients présentant une instabilité antérieure de l'épaule étaient 2,31 fois plus susceptibles d’atteindre un RTS que les patients présentant une instabilité postérieure. Même si les patients présentant une instabilité antérieure étaient plus susceptibles d’atteindre un RTS, ils avaient toujours un risque 1,53 fois plus élevé de souffrir d'instabilité postopératoire (Vopat et al. 2021).

A noter que les auteurs ont remarqué dans leur étude que les hommes étaient significativement plus susceptibles d'avoir une instabilité antérieure de l'épaule tandis que les femmes étaient significativement plus susceptibles d'avoir une instabilité postérieure de l'épaule (Vopat et al. 2021).

Vous avez terminé l'introduction à la pathologie ? Passez à la suite !
Voir le diagnostic/ bilan

Bilan

DIAGNOSTIC D’UNE INSTABILITE ANTERIEURE

Lors de l'évaluation d'un patient chez qui on suspecte une instabilité de l'épaule, il est essentiel d'obtenir une anamnèse détaillée et précise. Il faut demander au patient de décrire le moment déclencheur, le mécanisme lésionnel et la position de l'épaule lors d’un éventuel traumatisme : le thérapeute tentera de discerner une vraie luxation d'un événement de subluxation. Il déterminera également :

- Si le patient a eu recours à une réduction médicalement assistée ou à une réduction autonome

- Le temps écoulé depuis l'événement initial

- La fréquence des événements d'instabilité

- La perturbation fonctionnelle causée par l'instabilité.

Une anamnèse approfondie doit également évaluer le niveau d'activité (y compris les sports avec ou sans contact), tout traitement antérieur (Owens et al. 2011), les antécédents professionnels et le statut actuel de l'emploi, la main dominante, tout antécédent de blessure/traumatisme à l'épaule(s) et/ou au cou, et tout antécédent chirurgical pertinent.

Les patients souffrant d'une instabilité antérieure présentent souvent des douleurs qui surviennent en fin de mouvement et ils se plaignent souvent d'une sensation d'instabilité imminente lorsque le bras est en position d'abduction et de rotation externe.

Plusieurs facteurs dans l'anamnèse peuvent suggérer que la perte de l'os glénoïde est l'étiologie la plus probable de l'instabilité, y compris un événement initial à haute énergie impliquant une charge axiale sur la glène (Burkhart et al. 2000), des plaintes d'instabilité dans les zones médianes du mouvement (20 à 60 degrés d'abduction) (Owens et al. 2011) ou des luxations récurrentes survenant lors d'activités simples de la vie quotidienne.

Également une suspicion clinique accrue est justifiée dans le cadre d’antécédents de convulsions ou de chocs électriques, de polytraumatisme dans lequel l'instabilité de l'épaule a été négligée ou manquée (Varacallo et al. 2021). Des cas de subluxations récurrentes à basse énergie peuvent être suspectées si le patient se plaint d’épisodes d'instabilité de l'épaule pendant le sommeil, pouvant indiquer une instabilité plus complexe impliquant une perte osseuse importante (Varacallo et al. 2021). Les cliniciens doivent rechercher toute comorbidité médicale ou antécédents familiaux de troubles du tissu conjonctif sous-jacents ou d'hyperlaxité généralisée à l'examen.

EXAMEN PHYSIQUE

Un examen musculosquelettique complet doit être effectué, comprenant une inspection, une palpation, un test d'amplitude de mouvement (ROM), une évaluation de la force motrice, un état neuro-vasculaire et des tests de provocation.

Pour évaluer la laxité par rapport à l'instabilité, il faut examiner l'épaule controlatérale à la recherche de similitudes, ou pour détecter une hyperlaxité ou une instabilité multidirectionnelle. Par ailleurs, l'hypermobilité devra également être évaluée au niveau des autres articulations du corps.

Sur base des 5 tests de laxité articulaire proposés par Carter et Wilkinson (Carter et al. 1964), le thérapeute peut effectuer un examen généralisé de la laxité articulaire à la fois des membres supérieurs et des membres inférieurs :

1. Apposition passive du pouce sur la face palmaire de l'avant-bras

2. Hyperextension passive des doigts qui viennent se placer parallèlement à la face dorsale de l'avant-bras.

3. Hyperextension du coude supérieure à 10°

4. Hyperextension du genou supérieure à 10°

5. Dorsiflexion passive excessive de la cheville et éversion du pied

De manière générale, un point est attribué à chaque composante avec un score total sur cinq pour chaque côté. Un score de plus de 3 points incluant les articulations des membres supérieurs et inférieurs est généralement fixé comme critère de laxité articulaire généralisée Carter et al. 1964 ; Morita et al. 2017).

Pour rappel, les sujets présentant une laxité accru de l'articulation de l'épaule sont plus enclins à l'instabilité lors d'événements traumatiques mineurs (Lewis et al. 2004). De nombreuses études ont rapporté la présence d'une hyperlaxité articulaire généralisée chez les patients présentant une instabilité antérieure de l'épaule (Dubs et al. 1988 ; Caplan et al. 2007 ; Cooper et al. 1992).

Dans leur étude de 2017, Wataru et al. soulignent la difficulté de l'évaluation de la laxité de l'épaule par un seul test. L'avantage de combiner plusieurs tests cliniques a été discuté dans le diagnostic de l'instabilité de l'épaule (Farber et al. 2006 ; van Kampen et al. 2013) et devrait également être discuté pour la laxité de l’épaule l'épaule (Wataru et al. 2017).

Pour détecter une hyperlaxité de l’articulation gléno-humérale, le thérapeute peut effectuer plusieurs tests comme le test d'hyper-abduction de Gagey, le sulcus test, le test du tiroir antéro-postérieur modifié et le test de RE en R1.

L'inspection générale du patient doit également inclure l'évaluation des cicatrices chirurgicales antérieures, des déformations et de l'atrophie musculaire. Le muscle deltoïde présente souvent une atrophie dans les cas de luxations chroniques, atrophie qui se caractérise par la proéminence de l'acromion et l'écrasement de l'épaule. Cette atrophie du deltoïde peut être due à une lésion du nerf axillaire. Les résultats peuvent être assez subtils, en particulier chez les patients obèses (Varacallo et al. 2021).

Une atrophie au-dessus de l'épine scapulaire peut indiquer une lésion du supra-épineux. Une atrophie isolée de l'infra-épineux peut indiquer un piégeage du nerf supra-scapulaire au niveau de l'encoche spino-glénoïde. Il faut également évaluer la scapula pour voir si elle est ailée (Owens et al. 2011).

La palpation de la ceinture scapulaire peut fournir des informations précieuses. La sensibilité de la face antérieure de l'articulation gléno-humérale est fréquente chez les patients présentant une instabilité antérieure. Les amplitudes actives et passives de l'épaule doivent être documentées dans plusieurs positions, y compris la flexion, l'abduction et la rotation interne et externe coude au corps et à 90° d’abduction.

Un examen moteur et sensoriel complet doit également être effectué. Chez le patient plus âgé, un examen complet de la coiffe des rotateurs doit être effectué car plus de 50 % des patients âgés de plus de 40 ans développent une déchirure de la coiffe des rotateurs à la suite d'une luxation de l'épaule, et l'incidence continue d'augmenter avec l'âge (Simank et al. 2006). Des tests provocateurs doivent être utilisés pour évaluer l'instabilité de l'épaule comme l’apprehension test,  le relocation test et le surprise test.

Test d'appréhension :

Relocation test :

Surprise test :

DIAGNOSTIC DE LA LUXATION ANTERIEURE

Il est quasiment impossible de passer à côté d’une luxation antérieure. Elle est donc souvent diagnostiquée cliniquement compte tenu de son aspect classique.

Les patients présentent normalement le bras en adduction et en rotation interne, montrant une perte du contour deltoïde normal (Watson et al. 2016). Un sillon postérieur ou un vide gléno-huméral peut être visible, et la tête humérale peut être palpable en avant. Les radiographies peuvent être utilisées pour confirmer le diagnostic, ainsi que pour visualiser les dommages concomitants à l'os.

En général, les radiographies avant la réduction de l'épaule ne sont pas nécessaires sauf si l'une des trois conditions suivantes est remplie :

- âge supérieur à 40 ans

- première luxation

- mécanisme traumatique de la blessure

Si ces 3 facteurs sont négatifs, il existe une valeur prédictive négative de 96,6 % pour la fracture associée (Émond et al. 2004).

Les radiographies standards pour aider aux diagnostics initiaux, ou dans l'évaluation post-réduction, sont les suivantes : vues antéro-postérieures en rotation neutre, externe et interne, une vue latérale ou « Y » dans le plan scapulaire et une vue axillaire (Pollock et al. 1993). La tomodensitométrie (TDM) n'est pas systématiquement utilisée au départ, sauf pour mieux évaluer la perte osseuse chez les luxations primaires, si une intervention chirurgicale est nécessaire. Une angiographie TDM pour identifier une possible lésion vasculaire.

L'IRM est la meilleure imagerie pour les pathologies des tissus mous, telles que les lésions du labrum, du nerf axillaire ou de la capsule de l'épaule, mais elle est rarement utilisée car l'anamnèse et l'examen physique fournissent la plupart des informations essentielles (Pollock et al. 1993).

COMPLICATIONS ASSOCIEES

Atteinte osseuse :

L'évaluation des lésions osseuses avant la réduction est nécessaire car les fractures humérales peuvent entraîner des complications et des dommages supplémentaires. Une lésion relativement fréquente associée aux luxations antérieures de l'épaule implique la tête postérolatérale de l'humérus qui impacte la glène antéro-inférieure, provoquant une dépression corticale de la tête postérolatérale de l'humérus, connue sous le nom de lésion de Hill-Sachs (Hill et al. 1940). La prévalence des lésions de Hill-Sachs était de 54 % dans une étude à grande échelle des luxations antérieures (Hovelius et al. 1996). De la même manière, une lésion osseuse de Bankart survient lorsque le bord antérieur de la glène inférieure est endommagé par le déplacement de la tête de l'humérus. La prévalence des lésions de Bankart dans les luxations antérieures de l'épaule a été rapportée à environ 73 % dans deux études (Widjaja  et al. 2006 ; Horst et al. 2014). Un défaut de plus de 20 % de la zone est considéré comme « critique » et doit être traité chirurgicalement. La détection de ces lésions est intéressante étant donné leur association avec un risque accru de luxation récidivante.

Cependant, il a été démontré que les scores ISIS (Indice de gravité de l’instabilité) inférieurs ou égaux à 6 ne sont pas utiles pour prédire un risque accru de récidive à moyen terme (Iban et al. 2019). Toutefois une étude de cas-témoins en 2019 a démontré que l'Instability Severity Index Score (ISIS) est un outil validé permettant d'évaluer le taux de récidive de luxation après une chirurgie arthroscopique chez les patients présentant une instabilité de l'épaule. Dans leur étude, la stabilisation arthroscopique chez les patients avec un indice de gravité d'instabilité ≤ 3 est associée à un risque significativement plus faible de récidive de l'instabilité gléno-humérale par rapport à celui des patients avec un indice de sévérité d'instabilité > 3 points (Loppini et al. 2019).

Pour rappel, le score ISIS a été développé pour aider les chirurgiens dans la sélection du « bon » patient pour l’intervention de Bankart sous arthroscopie dans l’instabilité antérieure récidivante de l’épaule (Balg et al. 2007).

Les facteurs de risque suivants ont été intégrés dans ce score préopératoire de 10 points :

- Âge du patient inférieur à 20 ans au moment de la chirurgie

- Participation à des sports de compétition ou de contact ou à des activités impliquant une activité avec les bras au-dessus de la tête

- Hyperlaxité de l'épaule

- Lésion de Hill-Sachs présente sur une radiographie antéropostérieure de l'épaule en rotation externe

- Perte du contour glénoïdien inférieur

Les luxations de l'épaule avec fractures concomitantes sont fréquemment associées à une lésion vasculaire puisque seulement 1% des patients présentant une lésion vasculaire ne présentent aucune lésion osseuse (Sparks et al. 2000). Compte tenu de ces associations, l'évaluation des lésions osseuses dans les luxations de l'épaule est importante pour déterminer les stratégies de gestion appropriées.

Atteinte nerveuse :

Des lésions nerveuses surviennent également en association avec les luxations de l'épaule. La perte axonale après une luxation antérieure s'est avérée être de 45 à 48%, avec des facteurs de risque notables d'âge, d'ecchymoses et de fractures (Visser et al. 1999 ; de Laate et al. 1994). Le nerf axillaire est le plus souvent affecté compte tenu des rapports étroits qu’il développe avec l’articulation gléno-humérale. Initialement, le diagnostic n’est pas aisé, car la recherche de troubles de la sensibilité du moignon de l’épaule est peu discriminative “à chaud”. C’est le déficit moteur du deltoïde associé à une amyotrophie rapide qui est le plus évocateur dans les jours ou semaines qui suivent la luxation. Un électromyogramme sera demandé à 3 semaines de l’accident en cas de doute.

La “triade terrible” de l’épaule associe luxation antérieure récidivante, rupture de la coiffe des rotateurs et paralysie complète du nerf axillaire (Simonich et al. 2003).

Moins fréquemment, le plexus brachial peut être blessé à la suite d'une traction latérale produite par la luxation. Les types de dommages dépendent de la position humérale au moment de la luxation. L'abduction et la rotation interne peuvent endommager toutes les faisceaux tandis que l'extension du coude et du poignet sont associées à une lésion du faisceau médial. Les faisceaux postérieur et médial peuvent tous deux être impactés par luxation avec flexion du coude (Cutts et al. 2009).

Atteinte vasculaire :

Les lésions vasculaires sont des complications rares mais émergentes des luxations de l'épaule. La section de l'artère axillaire, une complication rare mais majeure de la luxation de l'épaule, laisse présager une morbidité élevée si elle n'est pas correctement reconnue (Magister et al. 2018). L'incidence des lésions artérielles avec luxation a été rapportée à 2% (Stayner et al. 2000). Bien que les problèmes vasculaires soient plus fréquents dans les luxations des patients âgés ou atteints d'athérosclérose, ils peuvent survenir chez des personnes de tout âge (Visser et al. 1999). Dans une revue concernant 90 personnes ayant eu une luxation antérieure, la morbidité était de 50 % lorsque la réduction était réalisée quelques semaines après la luxation (Calvet et al. 1942). La détection d'une lésion vasculaire implique généralement une diminution du pouls et un hématome axillaire saillant, bien que la circulation collatérale puisse fournir un remplissage capillaire malgré une lésion artérielle (Maweja et al. 2002). En cas d’une diminution du pouls ou d’une diminution de la température cutanée, une angiographie est recommandée pour évaluer correctement l'état vasculaire.

Déchirures de la coiffe des rotateurs :

Lorsque le premier épisode de luxation survient après 40 ans, le risque de rupture de la coiffe des rotateurs devient significatif du fait de la perte d’élasticité naturelle des tissus (Walch et al. 1987). C’est le tendon supra-épineux qui est le plus souvent concerné, parfois en association avec l’infra-épineux. Les déchirures de la coiffe des rotateurs se produisent à côté des luxations à une fréquence allant de 7 à 32 %, les personnes plus âgées étant plus fréquemment touchées (Imhoff et al. 2010 ; Simank et al. 2006 ; Berbig et al. 1999). Au moindre doute, cette complication sera systématiquement recherchée par l’examen clinique et une imagerie adaptée.

Chez le sujet âgé, la rupture de la coiffe des rotateurs peut préexister à l’instabilité ou en être la conséquence directe. Il s’agit le plus souvent de ruptures étendues et rétractées, concernant au moins 2 tendons. L’infiltration graisseuse est alors fréquemment significative. La rupture de la coiffe, souvent massive, peut être la conséquence d’un premier épisode d’instabilité antérieure chez une personne âgée. Dans d’autres cas, la rupture étendue de la coiffe survient de façon plus chronique, au décours d’une instabilité récidivante, qu’elle aggrave. La rupture étendue de la coiffe peut être elle-même source de récidives fréquentes, provoquant alors un tableau d’instabilité majeure de l’épaule.

PRONOSTIC

La re-luxation de l'articulation scapulo-humérale est encore très fréquente après un traitement approprié, avec dans certaines études des taux de récurrence supérieurs à 70% (Rowe. 1956 ; Wheeler et al. 1989 ; Bottoni et al. 2002).

Lorsqu’on s’intéresse à la physiopathologie des traumatismes dans des sports de type rugby (Crichton et al. 2012) ou dans des sports de lancer (Asker et al. 2018), on ne retrouve pas de facteurs prédictifs permettant de mettre en place des programmes de prévention d’un premier épisode de luxation. En effet dans leur revue systématique et méta-analyse de 2015 Olds et al. rapportent les facteurs de risques suivants :

- Une âge de ≤ 40 ans augmente le risque de récidive par 13

- Le fait d’être un homme augmente le risque de récidive par 3

- Le fait de présenter une fracture du tubercule majeur diminue le risque de récidive par 7

- Le fait de présenter une hyperlaxité augmente le risque de récidive par 3

Par conséquent, il est clair qu’un thérapeute ne peut s’appuyer sur ces facteurs de risques non modifiables pour mettre en place des programmes de préventions efficaces.

Concernant l’âge, une étude portant sur 15 246 luxations antérieures de l'épaule a révélé une récidive globale de 28,7 %. Le taux de récidive de luxation était plus élevé chez les soldats de moins de 40 ans (Kardouni et al. 2016). Une autre étude portant sur 154 luxations antérieures de l'épaule a retrouvé une tendance similaire, avec un taux de récidive de 68 % chez les patients de moins de 20 ans, 54 % chez les patients de moins de 30 ans et seulement 12 % chez les patients de plus de 30 ans (Vermeiren et al. 1999).

Une étude de 2020 sur 654 patients avec un suivi moyen de 11,1 ans a établi des pourcentages de risques en fonction de l’âge. Par rapport au premier épisode de luxation, les auteurs ont démontré que chaque année de moins (par rapport à 40 ans) augmente le risque de récidive de 4,1 % et de chirurgie de 2,8% (Leland et al. 2020).

Dans leur étude de 2019, Olds et al. se sont concentrés uniquement sur les sujets qui se sont re-luxés l’épaule dans l'année suivant l'événement initial et ont trouvé un taux de récidive de 36 % (Olds et al. 2019). Le caractère commun des luxations antérieures récurrentes de l'épaule peut être attribué aux déformations de l'anatomie de l'épaule présentes après la luxation initiale. Ces déformations causées par des blessures comprennent une laxité anormale de la capsule articulaire et des muscles environnants, des déformations de la tête de l'humérus et une contracture des muscles entourant l'articulation gléno-humérale (Hovelius et al. 1996 ;  Olds et al. 2019 ; Olds et al. 2015).

L’encoche de Malgaigne constitue une lésion au niveau de la tête humérale qui est retrouvée dans 70 à 95% des cas après une première luxation (Shin et al. 2016). Étant donné que cette encoche est retrouvée quasiment systématiquement dans la littérature, il n’a pas été initialement supposé qu’elle puisse influencer le risque d’instabilité après le premier épisode de luxation. Toutefois, Shin et al. en 2016 ont démontré que le positionnement et la taille de l’encoche peuvent augmenter l’instabilité (Shin et al. 2016).

Les lésions ligamentaires et labrales, retrouvées dans 95% des cas après une première luxation, ainsi que les lésions glénoïdiennes, retrouvées dans 30 à 70% des cas après une 1er épisode de luxation, augmentent le risque d’instabilité de l’épaule (Shin et al. 2016).

Les luxations antérieures de l'épaule qui surviennent ultérieurement augmentent le risque de perte osseuse glénoïdienne, exacerbant les déformations de l’épaule déjà présentes après la blessure initiale (Milano et al. 2011). Une évaluation de 714 athlètes a constaté une perte osseuse glénoïdienne de 6,8% après un premier événement d'instabilité antérieure de l'épaule et une perte osseuse glénoïdienne totale de 22,8% dans le cadre d'une instabilité récurrente (Dickens et al. 2019).

Une étude primaire évaluant les luxations récidivantes en cas de perte osseuse glénoïdienne a retrouvé des taux de récidive similaires au reste de la littérature, avec un taux de 27% chez les patients de plus de 30 ans et un taux de 72% chez les patients de moins de 23 ans (Hovelius et al. 1996) .

En outre, des études plus récentes, y compris une revue systématique et une méta-analyse, ont révélé que l'âge plus jeune des patients, le sexe masculin, l'hyperlaxité de l'articulation gléno-humérale, des niveaux d'activité plus élevés, une douleur accrue et des niveaux plus élevés de peur d'une nouvelle blessure augmentent également le risque de récidive de luxation (Hovelius et al. 1996 ; Olds et al. 2019).

Une enquête distincte a observé des luxations récurrentes en raison de facteurs anatomiques et a révélé que l’angle de contention huméral et le rapport hauteur/largeur de la glène étaient des facteurs de risque significatifs (Hong et al. 2019). En effet, un angle de contention huméral plus petit (< 64° = cut-off) est associé à un risque d’instabilité plus élevé ; et les personnes dont le rapport hauteur/largeur de la glène était supérieur à 1,58 (glène plus haute et plus fine) présentaient un risque de blessure 2,64 fois plus élevé que celles dont le rapport était inférieur à 1,58 (Hong et al. 2019)

Dans une récente étude de 2020, Olds et al ont développé le « Predicting Recurrent Instability of the Shoulder » (PRIS) qui est un outil permettant d’aider le praticien à prédire quels patients sont moins susceptibles de souffrir d'instabilité de l'épaule dans l'année suivant la première luxation traumatique antérieure de l'épaule (Olds et al. 2020). Il est pertinent de s’intéresser aux différents facteurs de risques qui ont été utilisés pour développer cet outil ; l’âge, les lésions osseuses de Bankart, l'immobilisation après une luxation, la luxation de l'épaule du côté dominant, la kinésiophobie (peur du mouvement et des blessures), la douleur et le handicap perçus.

Vous avez terminé le diagnostic/bilan ? Passez à la prise en charge !
Voir la prise en charge

Prise en charge

À noter : Retrouvez des exemples de prises en charge en vidéos en fonction de l'irritabilité du patient en bas de cette page

REDUCTION

La gestion rapide des luxations antérieures de l'épaule est absolument essentielle pour des résultats optimaux pour les patients, car il existe un risque élevé de réduction instable si l'épaule n'est pas traitée pendant plus de 24 heures après la blessure initiale (Hovelius et al. 1996). Une réduction précoce conduit également à une réduction du risque de spasme musculaire et de manipulation dommageable des structures neurovasculaires de l'épaule (Christofi et al. 2007).

Bien qu'il existe un consensus clair concernant la chronologie de la réduction de la luxation antérieure de l’épaule, la méthode optimale de réduction est moins évidente. Il existe plus de 20 méthodes différentes de réduction de l'épaule avec des variations de traction, de levier et de manipulation scapulaire ; cependant, aucune méthode de réduction optimale n'a été établie (Alkaduhimi et al. 2016 ; Kuhn et al. 2006).

Le choix d'une méthode de réduction par un clinicien est principalement basé sur les préférences personnelles et la capacité du patient à maintenir son épaule dans la position appropriée (Kuhn et al. 2006 ; Doshi et al. 2014 ; Riebel et al. 1991). En vue de la sédation procédurale pour la réduction de la luxation, une combinaison d'un narcotique et d'une benzodiazépine, avec ou sans addition de propofol, est le plus souvent utilisée (Hatamabadi et al. 2015).

Il a récemment été démontré que le rémifentanil avait une efficacité analgésique égale et un délai d'action plus court par rapport à l'association de propofol et de fentanyl, mais présentait également des taux d'apnée significativement plus élevés (Kasmaee et al. 2019).

Le méthoxyflurane inhalé, lorsqu'il est utilisé dans le service d'urgence pour les luxations de l'épaule, s'est récemment avéré avoir un temps de récupération plus court et être d'une efficacité égale à celle du propofol (Umana et al. 2019).

IMMOBILISATION

Plusieurs études ont étudié les techniques d'immobilisation optimales pour la gestion des luxations antérieures de l'épaule. Une de ces études a démontré que le risque de récidive de la luxation n'était pas influencé par la forme d'immobilisation choisie. En effet, il a été constaté que les patients qui portaient une écharpe standard, jusqu'à ce qu'ils se sentent à l'aise sans elle, présentaient des résultats à long terme tout aussi efficaces que les patients avec des formes formelles d'immobilisation (Hovelius et al. 1996).

Une méta-analyse a trouvé que l'immobilisation pendant plus d'une semaine après une luxation antérieure de l'épaule n'améliore pas le risque de récidive. La même étude démontre également une légère diminution des taux de récidive de luxation avec l'immobilisation en rotation externe par rapport à la rotation interne (Smith et al. 2015).

Cela peut être dû à une séparation moindre du labrum déchiré et à une force de contact labrum-glénoïde accrue dans les lésions de Bankart lorsque l'épaule affectée est fixée à l'extérieur (Itoi et al. 2001 ; Miller et al. 2004). Bien que ces résultats soient prometteurs, l'immobilisation en rotation externe peut être une position plus inconfortable pour les patients, posant des difficultés temporaires dans les activités quotidiennes. Ceci doit être pris en considération lors du choix de la meilleure forme d'immobilisation pour un patient.

Cependant, les rapports concernant la rotation externe ne sont pas unanimement favorables. Une revue de la littérature sur la position d'immobilisation après des luxations antérieures traumatiques de l'épaule a montré que la rotation externe n'avait pas de supériorité sur la rotation interne (Gutkowska et al. 2017).

Bien que la rotation externe ait entraîné une meilleure coaptation du labrum et de la fosse glénoïdienne, il n'y avait pas de différences significatives dans les taux de récidive de luxation ou concernant la qualité de vie des patients. Il est supposé que l'immobilisation en rotation externe peut être la méthode de choix pour les patients présentant une lésion labro-ligamenteuse spécifique avec luxation antérieure de l'épaule, mais les conclusions étayées par la recherche restent à déterminer (Gutkowska et al. 2017).

Il a été suggéré que l'immobilisation en rotation externe ne devrait être envisagée que chez des patients hautement motivés et compliants qui sont informés de l'inconfort et des difficultés possibles dans les tâches quotidiennes pendant l'utilisation de l’attelle. Enfin, les patients à forte demande d’activité physique, y compris les athlètes professionnels, devraient subir une évaluation IRM avant l'immobilisation pour toute lésion potentielle des tissus mous, telle qu'une déchirure du muscle sous-scapulaire, ce qui éliminerait la possibilité d'une immobilisation en rotation externe (Gutkowska et al. 2017).

Dernièrement, une étude de 2020 sur 50 patients a révélé que l’immobilisation en rotation externe montrait une amélioration significative par rapport à la rotation interne pour les luxations récurrentes dans le sous-groupe d'âge 20-40 ans (Murray et al. 2020).

Traitement chirurgical VS traitement conservateur

Les stratégies de gestion des luxations incluent souvent des options chirurgicales. Pour les patients de moins de 30 ans, le traitement non chirurgical a été associé à des taux significativement plus élevés de luxation récurrente en dehors des jeunes adolescents (Jakobsen et al. 2007 ; Mahure et al. 2018).

Une étude, sur 10 ans, a déterminé que les patients traités de manière conservatrice présentaient un taux de récidive de 62 % contre 9 % chez les patients ayant subi une réparation chirurgicale (Jakobsen et al. 2007). La réparation chirurgicale est une option attrayante pour les patients à haut risque ayant subi une luxation antérieure de l'épaule traumatique, âgés de 21 à 30 ans et qui participent à des sports à haut risque (Kralinger et al. 2002).

En 2017, Boffano et al. ont proposé un algorithme de traitement après une première luxation antérieure de l’épaule. Les auteurs rapportent que pour toutes les premières luxations, la prise en charge non opératoire est privilégiée dans leur établissement. C'est notamment le cas des personnes présentant une instabilité multidirectionnelle ou une laxité accrue des tissus mous. La kinésithérapie et la modification de l'activité sont initialement testées dans cette population.

Les mesures conservatrices sont souvent largement préférées chez les patients plus âgés ou les patients plus jeunes qui ne sont pas activement engagés dans des activités avec les bras au-dessus de la tête, comme par exemple le baseball, le hurling ou les tractions. Cependant, comme mentionné plus haut, les patients plus jeunes et plus actifs sont connus pour avoir un taux de récidive plus élevé. Par conséquent, la chirurgie pour les luxations primaires chez cette population peut permettre une diminution des récidives (Boffano et al. 2017).

De nombreuses études ont été publiées sur les options de traitement chirurgical de la luxation de l'épaule. Une revue de 655 articles sur la chirurgie de l'instabilité de l'épaule a révélé que 10 des 31 procédures recevaient des recommandations de grade A ou B (Glazebrook et al. 2018). Ceux qui ont reçu le grade A en faveur de la recommandation comprenaient les procédures de Bankart ouvert, de Bankart arthroscopique et de Latarjet.

Pour les lésions de Bankart, la réparation chirurgicale a montré un grand succès dans la prévention des luxations récurrentes avec une faible morbidité chirurgicale et est suggérée comme étant supérieure à l'immobilisation conservatrice (Wen et al. 1999 ; Bock et al. 2018).

Dans leur revue systématique et méta-analyse, Hurley et al ont démontré que la réparation arthroscopique de Bankart a entraîné un taux de récidive 7 fois inférieur et un taux de retour au jeu plus élevé que la gestion conservatrice. Les auteurs ont donc conclu que la réparation arthroscopique de Bankart peut être recommandée pour être effectuée de manière routinière chez les patients présentant une première luxation et pratiquant un sport (Hurley et al. 2020).

L'instabilité récurrente après la réparation arthroscopique de Bankart était de 8,1 % et était associée à des patients plus jeunes, une atteinte bilatérale et une réduction fermée (réduction non chirurgicale) avant la réparation (Mahure et al. 2018).

Le taux d'échec global de la réparation Bankart, regroupé à partir d'une méta-analyse de 12 études, s'est avéré être de 13,7 % (Adam et al. 2018). Une étude analysant le succès de cette procédure a révélé que les échecs surviennent généralement en raison d'erreurs techniques ou d'une mauvaise sélection des patients. Compte tenu de cela, certains cliniciens suggèrent que la réparation chirurgicale de Bankart devrait être réservée aux patients présentant une instabilité antérieure unidirectionnelle, post-traumatique et un tissu ligamentaire bien développé (Warner et al. 1995).

De plus cette technique n'est pas suffisante si il y a également une blessure osseuse significative qui se produit lors de la luxation. Certains auteurs emploient l’image d’une balle de golf et de son tee.  Si le côté du tee de golf se casse, la balle de golf tombera du tee.

De même, dans l'épaule, si plus de 20% de la glène antéro-inférieure est manquante ou fracturée, alors la réparation labrale standard de Bankart ne permettra pas d'obtenir une épaule stable. Une lésion bipolaire, c'est-à-dire une perte d'os glénoïde plus un défaut osseux dans la tête humérale, sera également instable avec une simple une réparation labrale.

Concernant la procédure Latarjet, celle-ci consiste à transposer le processus coracoïde avec le tendon du biceps à travers le subscapulaire, devant la glène. Le docteur Patte a ajouté un système de verrouillage en venant fixer la capsule sur la coracoïde pour augmenter la stabilité. Cette technique est utilisée pour traiter la luxation récurrente et a démontré d'excellents résultats cliniques à long terme et un taux de retour au sport élevé (Gilat et al. 2020).

Les complications les plus courantes rapportées après la procédure de Latarjet sont l'hématome postopératoire, l'infection, la non-union de la coracoïde, le matériel douloureux ou lâche, la rigidité et la perte de rotation externe, la maladie articulaire dégénérative iatrogène, la rupture du sous-scapulaire et la récurrence de l'instabilité (Young et al. 2011 ; Hovelius et al. 2004 ; Hovelius et al. 2006 ; Burkhart et al. 2007 ; Banas  et al. 1993 ; Hovelius et al. 2001). Des lésions neurologiques peuvent survenir après l'intervention de Latarjet avec un taux pouvant aller jusqu’à 10 % (Banas  et al. 1993). Les lésions neurologiques les plus courantes concernent les nerfs musculo-cutanés et axillaires, mais des lésions du nerf supra-scapulaire dues au placement de la vis près de l'encoche spinoglénoïde ont également été rapportées (Maquieira et al. 2007 ; Shah et al. 2012 ; Griesser et al. 2013 ; Bhatia et al. 2013).

Burkhart et al. (2007) ont trouvé seulement 4 luxations récurrentes chez 102 patients dans la période postopératoire précoce. Young et Walch (Young et al. 2011) ont commenté plus de 2000 cas dans leur institution, avec un taux d'instabilité récurrente de seulement 1%, un retour au niveau de jeu pré-lésionnel de 83%, et, sur la base du score de Rowe, 76% des patients ont obtenu de bons résultats. La non-union est survenue chez environ 3 % des patients (Young et al. 2011).

Banas et al. (1993) ont trouvé un taux d'union de 82% dans le suivi à long terme de la procédure de Latarjet ; cependant, 14% des patients avaient une union fibreuse et de nombreux patients souffraient de douleurs dues soit au matériel, soit à l'union fibreuse elle-même. Ils ont constaté que 14% des patients ont dû être réopérés : 10% pour le retrait de la vis et 4 % pour la stabilisation.

De nombreux patients ont une rotation externe réduite après la procédure de Latarjet. Hovelius et al. (2001) ont trouvé une perte moyenne de 7,4° de la rotation externe en adduction et de 8° en abduction.

Ils ont affirmé que cela pouvait être réduit par une rééducation appropriée. Young et Walch (Young et al. 2011) n'ont pas trouvé de perte significative de la rotation externe dans leur population de patients, et attribuent cela à leur approche par division du subscapulaire, à la réparation de la capsule au moignon du ligament acromio-coracoïdien, et à leurs protocoles de rééducation postopératoire immédiate.

Dans leur étude de 2018, Bliven et al ont démontré que la procédure de Latarjet produit moins de récidives, de meilleurs résultats rapportés par les patients et un mouvement de rotation externe moins restreint que la réparation de Bankart (Bliven et al. 2018).

GESTION POST-OPERATOIRE

Après une chirurgie, le patient présente généralement des douleurs, des limitations de mobilités voire des raideurs, une diminution de la force musculaire, des défauts proprioceptifs, une appréhension…

De ce fait les objectifs du kinésithérapeute reposeront sur la recherche d’une indolence, d’une récupération des amplitudes physiologiques, d’une récupération des propriétés musculaires, d’une récupération d’un contrôle neuro-moteur efficace et de la restauration de la confiance dans l’épaule.

La règle des 3 P sera importante à respecter quelle que soit l’intervention chirurgicale : la rééducation se doit d’être Précautionneuse au départ pour respecter le délai cicatriciel, Progressive tout le temps et Puissante en fin de rééducation.

Le patient se doit également de respecter la règle des 3 P le concernant : Patience, Persévérance et garder un esprit Positif.

Comparaison des protocoles de rééducation post-opératoires entre le transfert de la coracoïde de Latarjet et la réparation arthroscopique de Bankart :

Quelle que soit la technique ou la stratégie utilisée pour traiter l'instabilité antérieure de l'épaule, le rôle de la rééducation postopératoire est essentiel pour obtenir une stabilité fonctionnelle et un retour à l'activité approprié (Damkjær et al. 2015 ; DeFroda et al. 2018 ; Fedorka et al. 2015).

De nombreux chirurgiens considèrent que les protocoles de rééducation postopératoire sont similaires (après un Bankart ou un Latarjet), étant donné que les deux procédures traitent l'instabilité antérieure de l'épaule (Beletsky et al. 2020).

Dans leur étude de 2020, Beletsky et al. ont comparé les protocoles de rééducation post-opératoire entre le transfert de la coracoïde de Latarjet et la réparation arthroscopique de Bankart (Beletsky et al. 2020).

Les auteurs ont indiqué que quelle que soit l’intervention chirurgicale, les protocoles de rééducation contiennent un degré élevé de variabilité en ce qui concerne les exercices recommandés et les objectifs de mouvement.

Ils soulignent toutefois qu’un bon nombre de variables et dates de début se produisent beaucoup plus tôt dans les protocoles Latarjet par rapport aux programmes Bankart. Par exemple, les auteurs rapportent des délais moyens plus longs pour la flexion passive complète (7,2 ± 2,4 vs 3,2 ± 2,4 semaines), la RE de 20° à 30° (3,6 ± 1,6 vs 1,5 ± 1. 8 semaines) et le mouvement scapulo-thoracique normal (14,7 ± 4,6 vs 9,3 ± 4,8 semaines) pour les protocoles de Bankart par rapport aux protocoles de Latarjet.

De plus, les protocoles de Bankart recommandent plus souvent l'immobilisation en écharpe que les protocoles de Latarjet (80 % contre 35,5 % ; P < 0,001).

Ces constatations peuvent contribuer aux métriques de retour au jeu plus précoces identifiées dans la littérature pour le Latarjet par rapport à la réparation arthroscopique de Bankart (32,4 ± 9,3 vs 19,6 ± 5,2 semaines) (Beletsky et al. 2020).

Après une opération de type Latarjet, il est essentiel d'établir une communication ouverte entre le patient, le chirurgien, et le kinésithérapeute. Le thérapeute doit comprendre le protocole de rééducation du chirurgien et apprécier la confiance qu’à le chirurgien dans la stabilité du greffon et de la réparation.

La plupart des programmes de rééducation postopératoire comportent 4 ou 5 phases qui guident le patient à travers un ensemble gradué d'exercices progressant de la ROM passive à la ROM active-assistée, et finalement au renforcement et aux exercices spécifiques au sport.

La phase initiale se concentrera en effet sur la protection et les exercices progressifs d'amplitude de mouvement pour assurer une guérison correcte des structures anatomiques réparées. Les phases suivantes seront axées sur la restauration et l'amélioration de la force et la fonction de la coiffe des rotateurs et des muscles scapulaires. En plus de l'amélioration de la force de ces muscles, il est important d'améliorer le temps de réaction (contrôle neuromusculaire) pour permettre une stabilité protectrice lors des mouvements à grande vitesse ou des mouvements durant desquels l'épaule à un risque de dislocation comme décrit précédemment (Fedorka et al. 2015).

Les diapositives suivantes présentent les recommandations de 2018 en rééducation post-op après une procédure Latarjet élaborées par le service de réadaptation sportive de l'UW Health et le groupe de médecins de médecine sportive de l'UW Health.

Phase 1

Phase 2 :

Phase 3 :

Phase 4 :

Phase 5 :

Faits intéressants, en 2014, Radwan et al ont rapporté qu’un déficit d'équilibre a été trouvé chez les athlètes présentant un dysfonctionnement de l'épaule. Selon les auteurs, les thérapeutes et les entraîneurs devraient envisager d'intégrer l'entraînement de l'équilibre en tant que composante intégrale de la stabilité du tronc dans la rééducation des athlètes présentant un dysfonctionnement de l'épaule (Radwan et al. 2014).

Également, il sera important de travailler sur la proprioception de l’épaule. Une étude a en effet démontré que 6 mois après la chirurgie, les patients avaient récupéré seulement 50% de leur proprioception et 100% à 12 mois. Or un athlète reprendra certainement le sport bien avant 1 an post op. Par conséquent, le thérapeute ne pourra pas se contenter de ce retour naturel de la proprioception mais devra travailler avec le patient pour accélérer le retour d’une proprioception normale (Zuckerman et al. 2003).

Il nous semblait intéressant de parler de l’étude épidémiologique descriptive de Beletsky et al. qui a comparé 183 programmes de rééducation post-opératoire (Beletsky et al. 2020).

Dates de début et objectifs de la ROM passive :

Beletsky et al indique que la ROM passive postopératoire a été démarrée à 0,8 ± 1,1 semaines en moyenne. L'atteinte de l'objectif de 60° de flexion passive d’épaule a pris en moyenne 1,1 ± 1,2 semaines, et la flexion passive complète de l’épaule a été atteinte en moyenne après 3,2 ± 2,4 semaines postopératoires.

Un objectif de RE de 20 à 30 ° était en moyenne atteint après 1,5 ± 1,8 semaines postopératoires, et le délai moyen pour atteindre une RE passive complète était de 6,5 ± 2,0 semaines après l'opération.

Enfin, le temps moyen pour obtenir une ROM passive complète dans tous les plans était de 8,4 ± 3,2 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Exercices et objectifs de ROM tardive :

Dans leur étude épidémiologique descriptive de 2020, Beletsky et al indiquent que la ROM active a commencé en moyenne à 5,2 ± 1,3 semaines, avec un objectif de ROM active complète à 10,2 ± 4,0 semaines après l'opération. Enfin, un mouvement scapulo-thoracique normal devait être atteint en moyenne à 9,3 ± 4,8 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Exercices de résistance et renforcement :

Beletsky et al indiquent qu’en moyenne, les exercices de résistance ont commencé à 7,7 ± 2,1 semaines après l'opération. Le renforcement en chaîne fermée a été initié à une moyenne de 9,2 ± 3,1 semaines postopératoires. Les exercices pliométriques ont débuté en moyenne 15,1 ± 1,6 semaines après l'opération. Les dates de début variaient selon l'exercice spécifique : les rotations internes et externes résistés ont été démarrées à une moyenne de 7,8 ± 2,2 semaines, les pompes étaient autorisées à une moyenne de 10,4 ± 2,0 semaines, l'entraînement avec haltères et poids libres à 10,5 ± 4,5 semaines, et lerenforcement léger des biceps de type curl à 10,4 ± 2,9 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Activités spécifiques au sport :

Les auteurs indiquent que 20 protocoles (65%) ont fourni des recommandations spécifiques pour le retour à des activités sportives (bras en dessous de la tête), qui ont commencé en moyenne à 17 ± 2,8 semaines après l'opération. Cela a été comparé aux sports avec le bras au-dessus de la tête ou aux activités de lancer, pour lesquels 18 des protocoles (58%) recommandaient de commencer à une moyenne similaire de 17,1 ± 3,3 semaines.

Dans leur revue systématique de 2020, Bhavik et al ont indiqué que les patients atteignent l’amélioration médicale maximale à 1 an après une prise en charge chirurgicale de l'instabilité antérieure de l'épaule. Les auteurs soulignent que la majorité de cette amélioration se produit dans les 6 premiers mois postopératoires. Ils ont également rapporté un déficit postopératoire en rotation externe de 7 à 11° et que le RTS et l'instabilité récurrente sont survenus dans 75 % et 14 % des cas respectivement (Bhavik et al. 2020)

Bien que des délais généraux soient indiqués pour donner au thérapeute une référence à la moyenne, les patients progressent à des rythmes différents en fonction de leur âge, des blessures associées, de l'état de santé avant la blessure, de l'observance et de la compliance à la rééducation ainsi que de la gravité de la blessure. La taille et la localisation de la déchirure labrale ainsi que la quantité de la lésion osseuse peuvent également affecter le taux de la progression postopératoire.

Le Retour au Sport

RTS APRES GESTION CONSERVATRICE

Le délai entre la luxation et le retour à l'activité est une préoccupation majeure pour les patients et sera généralement la première question rencontrée par le médecin diagnostiqueur ou le kinésithérapeute.

Fait intéressant, la plupart des recommandations cliniques à cet égard sont basées sur des expériences anecdotiques individuelles au lieu de lignes directrices claires (Watson et al. 2016). La plupart des schémas thérapeutiques visant un retour efficace recommandent une courte période initiale d'immobilisation en simple écharpe entre 1 et 3 semaines (Owens et al. 2012 ; Varacallo et al. 2021).

Pour le retour à l'activité, certains cliniciens informent le patient que le retour est autorisé lorsque l'amplitude des mouvements et la force sont proches de la normale (Kuhn et al. 2006). Une étude de Watson et al. est d'accord avec cela, notant le consensus général selon lequel le patient doit être sans douleur avec une force scapulaire symétrique avant de revenir, survenant généralement dans les 2 à 3 semaines (Watson et al. 2016).

Cependant, cette notion a été contestée par une étude qui a montré que les patients qui sont revenus avant 6 semaines avaient des résultats significativement plus mauvais que les patients qui ont attendu plus de 6 semaines pour revenir (Simonet et al. 1984).

Bien qu'il n'existe actuellement aucun paramètre fondé sur des preuves sur la force de la coiffe des rotateurs avant le retour au sport, une étude de 2011 a révélé que la faiblesse de la force des rotateurs internes et externes était associée à une instabilité antérieure récurrente de l'épaule (Edouard et al. 2011). Cela suggère que la force symétrique de la coiffe des rotateurs entre les épaules peut être une recommandation judicieuse avant de permettre un retour complet au sport après une gestion conservatrice.

Toutefois nous verrons plus loin que ces facteurs purement physiques ne constituent qu’une partie de l’arbre décisionnelle dans le processus de retour au sport.

Délais de RTS APRES CHIRURGIE

Bien que le succès de la chirurgie de l'instabilité de l'épaule soit largement défini par l'absence de récidive, le temps de retour au sport est devenu un indicateur important et cliniquement significatif du succès après la stabilisation de l'épaule (Abdul-Rassoul et al. 2019)

Une revue systématique récente de 16 articles (Abdul-Rassoul et al. 2019) ont rapporté un taux de retour au sport de 97,5% et 83,6% après arthroscopie Bankart et Latarjet ouvert, respectivement. De plus, le délai de reprise du sport était de 5,07 mois pour Latarjet contre 5,9 mois après Bankart arthroscopique.

Bien que l'expérience du chirurgien, la technique chirurgicale et une multitude de facteurs liés au patient influencent fortement la capacité et le moment du retour au sport d'un athlète après la stabilisation de l'épaule, une composante peut-être plus discrète de cette métrique est la rééducation postopératoire.

Dans leur étude de 2020, Beletsky et al. ont indiqué que les protocoles de rééducation après un Latarjet ont permis une reprise du sport en moyenne de 19,6 ± 5,2 semaines, contre 32,4 ± 9,3 semaines dans les protocoles de Bankart rapporté par De Froda et al. (Beletsky et al. 2020 ; De Froda et al. 2018).

Beletsky et al. soulignent dans leur étude que les patients Latarjet subissent des programmes de mobilisation et d'exercices plus précoces qui peuvent contribuer à des temps de retour au sport plus précoces dans la littérature. Les auteurs émettent l'hypothèse que les chirurgiens peuvent être plus à l'aise avec la force de fixation initiale et la fiabilité de la cicatrisation osseuse par rapport à celles obtenues avec les techniques de réparation arthroscopique de Bankart. Par conséquent, cela peut se traduire par un processus de rééducation plus accéléré.

Les patients sont généralement capables de reprendre le sport entre 4 et 6 mois après la correction chirurgicale d'une luxation antérieure de l'épaule et la plupart sont capables d'atteindre un niveau d'activité pré-lésionnel (Clesham et al. 2019).

Une enquête sur 58 joueurs de football ayant subi une intervention chirurgicale pour des luxations de l'épaule a révélé que 98,7% ont pu reprendre le jeu pendant au moins 1 an sans blessure ultérieure (Pagnani et al. 2002).

Une autre étude portant sur 57 athlètes dans divers sports a révélé que tous les participants à l'étude étaient capables de reprendre le jeu et 66% d'entre eux ont déclaré que la réparation chirurgicale améliorait la fonctionnalité de leur épaule dans leur sport respectif par rapport à l'état préopératoire (Plath et al. 2015).

Sur 51 joueurs de baseball ayant subi une réparation arthroscopique de Bankart, le retour au jeu moyen était de 8,4 mois et ceux qui n'étaient pas en position de lancer montraient les meilleurs résultats (Park et al. 2019). Cette étude a également révélé que 90 % des athlètes ont pu participer à au moins un match avec une durée de suivi fixée à 24 mois.

Fait intéressant, en 2014, une équipe de chirurgiens de Besançon a démontré que pour le retour au sport, une chirurgie de Bankart en urgence (à J-15 de l’épisode) chez les athlètes de moins de 30 ans, présenterait un meilleur taux de retour au sport au même niveau ou à un niveau supérieur à celui antérieur à la blessure (Uhring et al. 2014).

Décision de retour au sport :

Que ce soit après un traitement conservateur ou chirurgical, il semble que la normalisation des facteurs purement physiques (force musculaire, amplitude, douleur, gonflement…) ne soit pas suffisante pour envisager un retour au sport dans les meilleures conditions.

La performance fonctionnelle est également un facteur important à évaluer chez le patient dans la prise de décision d’un retour au sport.

Quels tests le thérapeute peut-il proposer avant la reprise du sport ?

1) Le CKCUEST

2) L'ULRT

3) Le SMBT

Le thérapeute pourra également proposer au patient de réaliser d’autres tests fonctionnels comme par exemple un soulevé de terre à une main avec élévation au zénith. Bien entendu, en fonction du fait qu’il s’agit d’un sportif ou non, le thérapeute adaptera la charge. Toutefois, ces tests fonctionnels ne sont pas encore suffisants pour garantir un retour au sport.

Le thérapeute peut utiliser des scores. En effet, l'évaluation des résultats cliniques est essentielle pour évaluer l'efficacité du traitement et personnaliser les programmes de réadaptation, mais elle est également importante pour l'éducation des patients et leur engagement dans leurs propres soins au fil du temps (Lädermann et al. 2021).

Le WOSI et le score de Walch-Duplay sont des questionnaires auto-administrés qui viennent compléter les examens physiques pour une enquête précise du résultat objectif et subjectif fonctionnel après une chirurgie de stabilisation de l'épaule (Khiami et al. 2012). Le SANE (Single Assessment Numeric Evaluation) et le score de Rowe sont également fréquemment utilisés pour l'évaluation de l'instabilité de l' épaule (Lädermann et al. 2021).

Cunningham et al ont rapporté que le score de Rowe reflète fortement l'appréhension de l'épaule du patient en raison de ses composantes motrices (stabilité et mouvement) et cognitives (douleur ou inconfort) (Cunningham et al. 2021). Cependant, la force d'un score repose sur sa réactivité, sa fiabilité et sa validité (Guyatt et al. 1992). Le score de Rowe nécessite une évaluation par le chirurgien de l'amplitude des mouvements, qui peut être sujette à des biais (Lädermann et al. 2021). Dans leur étude de 2021, les auteurs indiquent qu’en raison de sa grande simplicité, le score d'instabilité SANE pourrait être utilisé comme alternative au score de Rowe pour le suivi des patients à différents moments (Lädermann et al. 2021).

Concernant ces résultats auto-rapportés par le patient, une mesure importante pour l'interprétation des résultats est la différence minimale cliniquement importante (MCID). Cette valeur quantifie le plus petit changement dans un score donné que les patients perçoivent comme bénéfique, que ce changement soit statistiquement significatif ou non (Jaeschke et al. 1989). Ces connaissances aident les cliniciens à réguler les attentes postopératoires des patients, à définir un temps de suivi adéquat et à rendre compte des résultats à des intervalles cliniquement pertinents (Patel et al. 2020).

Il ne faut pas oublier également que dans la prise de décision du retour au sport, d’autres facteurs interviennent en plus des facteurs physiques, de la performance fonctionnelle et des résultats rapportés par le patient. Par exemple les facteurs sociaux autour de la famille, de la satisfaction du patient, de sa qualité de vie, de l’histoire personnelle du patient vis-à-vis de sa blessure. Et également les facteurs psychologiques : la motivation, le sentiment d’auto-efficacité, la peur d’une nouvelle blessure, l’état de préparation au retour des activités.

Concernant ces facteurs psychologiques, le thérapeute peut utiliser l’échelle SIRSI (Shoulder Instability-Return to Sport after Injury). Il s’agit d’une échelle validée et reproductible qui identifie les patients prêts à reprendre le même sport après un épisode d'instabilité de l'épaule, qu'ils soient opérés ou non (Gérometta et al. 2018).

Lädermenn et al ont publié en 2018 une étude intéressante à propos de l’appréhension de l’épaule, fournissant un résumé des atteintes centrales et périphériques observées après une luxation antérieure de l'épaule. L'instabilité de l'épaule induit des altérations majeures du système nerveux central, en particulier du cortex sensorimoteur primaire, du cortex préfrontal dorso-latéral et dorso-médial, ainsi que de l'insula. Les changements dans ces zones cérébrales impliquent des fonctions émotionnelles et cognitives complexes, de l'anxiété et induisent plus d'anticipation négative et de résistance motrice chez les patients, suite à un processus de conditionnement cérébral généré par des épisodes de luxation (Lädermenn et al).

Les auteurs soulignent que même après une stabilisation chirurgicale de l’épaule, les dommages aux stabilisateurs osseux et aux tissus mous de l’épaule ainsi que les atteintes neurologiques peuvent persister (Lädermenn et al). Par conséquent, le thérapeute devra également travailler sur cette notion d’appréhension afin de donner au patient des expériences de stabilité dans des positions « d’inconfort » pour le patient.  

Une fois que le thérapeute s’est assuré d’un état stable et d’une normalisation dans :

- Les facteurs physiques : force musculaire, douleur, stabilité de l’articulation, gonflement, amplitudes de mouvement

- Les facteurs psychologiques : motivation, sentiment d’auto-efficacité, peur d’une nouvelle blessure, état de préparation à la reprise d’une activité

- Les facteurs sociaux / contextuels : les espérances de récupérations, l’histoire personnelle de la blessure, l’influence familiale, la qualité de vie, la satisfaction.

- Les performances fonctionnelles : tests fonctionnels des membres supérieurs.

À ce moment-là le thérapeute peut envisager un retour au sport pour le patient en limitant les dommages ou récidives.

Pour conclure :

- La kinésithérapie après luxation de la GH ne permet pas de diminuer le risque de récidive

- Après une chirurgie stabilisatrice, le patient doit retrouver ses capacités sportives antérieures au(x) traumatisme(s).

- Pour cela, il convient de :

o Protéger la chirurgie les 6 premières semaines

o Récupérer des amplitudes physiologiques pour la pratique du sport (autant que possible)

o Restaurer une fonction musculaire progressivement les 2 premiers mois puis réathlétiser l’épaule (et le reste) jusqu’à 4 à 6 mois.

o Restaurer un contrôle neuro-moteur efficace et redonner confiance

Exemples de prise en charge

Il est temps de tester vos connaissances à propos de cette pathologie
Je passe aux quiz

Les quiz

Testez et validez vos acquis suite à ce module
Accédez à la fiche synthèse, aux tests, aux exercices, aux échelles et scores et à la bibliographie
Voir les ressources associées

Tests

Exercices

Échelles et scores

ASES : American Shoulder and Elbow Surgeons Shoulder Score
Illimité
Spadi : L'indice de douleur et d'incapacité d'épaule
Illimité

Bibliographie du module

A, Dossim, Abalo A, Dosseh E,Songne B, Ayite A, et Gnandi-Pio F. « [Bristow-Latarjet Repairs forAnterior Instability of the Shoulder: Clinical and Radiographic Results at Mean8.2 Years Follow-Up]. » Chirurgie deLa Main 27, no 1 (4 février2008): 26‑30.

Abdul-Rassoul,Hussein, Joseph W. Galvin, Emily J. Curry, Jason Simon, et Xinning Li. « Returnto Sport After Surgical Treatment for Anterior Shoulder Instability: ASystematic Review ». The American Journal of Sports Medicine 47, no6 (mai 2019): 1507‑15.

Aboalata, Mohamed, Johannes E.Plath, Gernot Seppel, Julia Juretzko, Stephan Vogt, et Andreas B. Imhoff.« Results of Arthroscopic Bankart Repair for Anterior-Inferior ShoulderInstability at 13-Year Follow-Up ». The American Journal of Sports Medicine45, no 4 (mars 2017): 782‑87.

Adams, Christopher R.,Angelica M. DeMartino, George Rego, Patrick J. Denard, et Stephen S. Burkhart.« The Rotator Cuff and the Superior Capsule: Why We Need Both ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 32, no 12 (décembre 2016): 2628‑37.

Alkaduhimi,H., J.A. van der Linde, M. Flipsen, D.F.P. van Deurzen, et M.P.J. vanden Bekerom. « A systematic and technical guide on how to reduce a shoulderdislocation ». Turkish Journal of Emergency Medicine 16, no4 (18 novembre 2016): 155‑68.

Ardern, Clare L., PhilipGlasgow, Anthony Schneiders, Erik Witvrouw, Benjamin Clarsen, Ann Cools, BorisGojanovic, et al. « 2016 Consensus Statement on Return to Sport from theFirst World Congress in Sports Physical Therapy, Bern ». BritishJournal of Sports Medicine 50, no 14 (juillet 2016): 853‑64.

Asker, Martin, Hannah L.Brooke, Markus Waldén, Ulrika Tranaeus, Fredrik Johansson, Eva Skillgate, etLena W. Holm. « Risk Factors for, and Prevention of, Shoulder Injuries inOverhead Sports: A Systematic Review with Best-Evidence Synthesis ». BritishJournal of Sports Medicine 52, no 20 (octobre 2018): 1312‑19.

Banas, M.P., P. G. Dalldorf, W. J. Sebastianelli, et K. E. DeHaven. « Long-TermFollowup of the Modified Bristow Procedure ». The American Journal ofSports Medicine 21, no 5 (octobre 1993): 666‑71.

Bankart, A. S. Blundell.« The Pathology and Treatment of Recurrent Dislocation of theShoulder-Joint ». BJS (British Journal of Surgery) 26, no101 (1938): 23‑29.

Bankart, A.S., et M. C. Cantab. « Recurrent or Habitual Dislocation of the Shoulder-Joint.1923 ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 3‑6.

Berbig, R., D. Weishaupt, J.Prim, et O. Shahin. « Primary Anterior Shoulder Dislocation and RotatorCuff Tears ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 8, no3 (juin 1999): 220‑25.

Bhatia, Sanjeev, Rachel M.Frank, Neil S. Ghodadra, Andrew R. Hsu, Anthony A. Romeo, Bernard R. Bach,Pascal Boileau, et Matthew T. Provencher. « The Outcomes and SurgicalTechniques of the Latarjet Procedure ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association30, no 2 (février 2014): 227‑35.

Bi, Smith, Bliven Kc, MorwayGr, et Hurbanek Jg. « Management of Primary Anterior Shoulder DislocationsUsing Immobilization. » Journal of Athletic Training 50, no5 (5 mars 2015): 550‑52.

Bigliani, L. U., R. Kelkar, E.L. Flatow, R. G. Pollock, et V. C. Mow. « Glenohumeral Stability.Biomechanical Properties of Passive and Active Stabilizers ». ClinicalOrthopaedics and Related Research, no 330 (septembre 1996): 13‑30.

Bigliani, L. U., R. G.Pollock, L. J. Soslowsky, E. L. Flatow, R. J. Pawluk, et V. C. Mow.« Tensile Properties of the Inferior Glenohumeral Ligament ». Journalof Orthopaedic Research: Official Publication of the Orthopaedic ResearchSociety 10, no 2 (mars 1992): 187‑97.

Blasier, R.B., J. E. Carpenter, et L. J. Huston. « Shoulder Proprioception. Effect of JointLaxity, Joint Position, and Direction of Motion ». Orthopaedic Review23, no 1 (janvier 1994): 45‑50.

Bock, J., J. Buckup, Y.Reinig, E. Zimmermann, C. Colcuc, R. Hoffmann, F. Welsch, et Thomas Stein.« The Arthroscopic Bankart Repair Procedure Enables Complete QuantitativeLabrum Restoration in Long-Term Assessments ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 26, no12 (décembre 2018): 3788‑96.

Boffano, Michele, StefanoMortera, et Raimondo Piana. « Management of the first episode of traumaticshoulder dislocation ». EFORT Open Reviews 2, no 2 (1février 2017): 35‑40.

Bottoni, Craig R., Eric L.Smith, Mark J. Berkowitz, Robert B. Towle, et Josef H. Moore.« Arthroscopic versus Open Shoulder Stabilization for Recurrent AnteriorInstability: A Prospective Randomized Clinical Trial ». The AmericanJournal of Sports Medicine 34, no 11 (novembre 2006): 1730‑37.

Brady, W.J., C. J. Knuth, et R. G. Pirrallo. « Bilateral Inferior GlenohumeralDislocation: Luxatio Erecta, an Unusual Presentation of a Rare Disorder ».The Journal of Emergency Medicine 13, no 1 (février 1995): 37‑42.

Burkhart, S.S., et J. F. De Beer. « Traumatic Glenohumeral Bone Defects and Their Relationship toFailure of Arthroscopic Bankart Repairs: Significance of the Inverted-PearGlenoid and the Humeral Engaging Hill-Sachs Lesion ». Arthroscopy: TheJournal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 16, no 7 (octobre 2000): 677‑94.

Cannizzaro, Connor K., HaydenB. Schuette, Darby A. Houck, Michelle L. Wolcott, Armando F. Vidal, Eric C.McCarty, Jonathan T. Bravman, et Rachel M. Frank. « Sex-Based Differencesin Recurrence Rates Following Arthroscopic Anterior Shoulder Stabilization: ASystematic Review ». Arthroscopy, Sports Medicine, and Rehabilitation2, no 5 (14 octobre 2020): e637‑44.

Caplan,Jill, Terrill P. Julien, James Michelson, et Robert J. Neviaser. « MultidirectionalInstability of the Shoulder in Elite Female Gymnasts ». AmericanJournal of Orthopedics (Belle Mead, N.J.) 36, no 12 (décembre2007): 660‑65.

Carol, E. J., L. M. Falke, J.H. Kortmann, J. F. Roeffen, et P. A. van Acker. « Bristow-LatarjetRepair for Recurrent Anterior Shoulder Instability; an Eight-Year Study ».The Netherlands Journal of Surgery 37, no 4 (août 1985): 109‑13.

Carpenter, J. E., R. B.Blasier, et G. G. Pellizzon. « The Effects of Muscle Fatigue on ShoulderJoint Position Sense ». The American Journal of Sports Medicine 26,no 2 (avril 1998): 262‑65.

Carter, C.,et J. Wilkinson. « PERSISTENT JOINT LAXITY AND CONGENITAL DISLOCATION OF THEHIP ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume 46(février 1964): 40‑45.

Christofi,T., A. Kallis, D.A. Raptis, M. Rowland, et J. Ryan. « Gestion DesLuxations de l’épaule ». Trauma 9, no 1 (1 janvier2007): 39‑46.

Clesham,Kevin, et Fintan J. Shannon. « Arthroscopic Anterior Shoulder Stabilisation in Overhead SportAthletes: 5-Year Follow-Up ». Irish Journal of Medical Science 188,no 4 (novembre 2019): 1233‑37.

Cools, Ann M., Dorien Borms,Birgit Castelein, Fran Vanderstukken, et Fredrik R. Johansson.« Evidence-Based Rehabilitation of Athletes with GlenohumeralInstability ». Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy: OfficialJournal of the ESSKA 24, no 2 (février 2016): 382‑89.

Cooper, R.A., et J. J. Brems. « The Inferior Capsular-Shift Procedure for MultidirectionalInstability of the Shoulder ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 74, no 10 (décembre 1992): 1516‑21.

Crichton,James, Doug R. Jones, et Lennard Funk. « Mechanisms of TraumaticShoulder Injury in Elite Rugby Players ». British Journal of SportsMedicine 46, no 7 (juin 2012): 538‑42.

Cunningham,Gregory, Davide Zanchi, Kirsten Emmert, Rotem Kopel, Dimitri Van De Ville,Alexandre Lädermann, Sven Haller, et Pierre Hoffmeyer. « Neural Correlates ofClinical Scores in Patients with Anterior Shoulder Apprehension ». Medicineand Science in Sports and Exercise 47, no 12 (décembre 2015):2612‑20.

Cutts, Steven, Mark Prempeh,et Steven Drew. « Anterior Shoulder Dislocation ». Annals of theRoyal College of Surgeons of England 91, no 1 (janvier 2009): 2‑7.

Cyprien, J.M., H. M. Vasey, A. Burdet, J. C. Bonvin, N. Kritsikis, et P. Vuagnat. « HumeralRetrotorsion and Glenohumeral Relationship in the Normal Shoulder and inRecurrent Anterior Dislocation (Scapulometry) ». Clinical Orthopaedicsand Related Research, no 175 (mai 1983): 8‑17.

Damkjær, Lars, Tom Petersen,et Birgit Juul-Kristensen. « Is the American Society of Shoulder and ElbowTherapists’ Rehabilitation Guideline Better than Standard Care When Applied toBankart-Operated Patients? A Controlled Study ». ClinicalRehabilitation 29, no 2 (février 2015): 154‑64.

Degen, Ryan M., Christopher L.Camp, Brian C. Werner, David M. Dines, et Joshua S. Dines. « Trends inBone-Block Augmentation Among Recently Trained Orthopaedic Surgeons TreatingAnterior Shoulder Instability ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 98, no 13 (6 juillet 2016): e56.

Dickens, Jonathan F., Sean E.Slaven, Kenneth L. Cameron, Adam M. Pickett, Matthew Posner, Scot E. Campbell,et Brett D. Owens. « Prospective Evaluation of Glenoid Bone Loss AfterFirst-Time and Recurrent Anterior Glenohumeral Instability Events ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 47, no 5 (avril 2019): 1082‑89.

Doshi, Deepak, et RiteshFirke. « A New Patient-Controlled Technique for Shoulder Relocation inEmergency Departments ». The American Journal of Case Reports 15 (6novembre 2014): 485‑87.

Eberly, Vance C., Patrick J.McMahon, et Thay Q. Lee. « Variation in the Glenoid Origin of theAnteroinferior Glenohumeral Capsulolabrum ». Clinical Orthopaedics andRelated Research, no 400 (juillet 2002): 26‑31.

Edouard,Pascal, Francis Degache, Laurent Beguin, Pierre Samozino, Giorgio Gresta,Isabelle Fayolle-Minon, Frédéric Farizon, et Paul Calmels. « RotatorCuff Strength in Recurrent Anterior Shoulder Instability ». The Journalof Bone and Joint Surgery. AmericanVolume 93, no 8 (20 avril2011): 759‑65.

Émond,Marcel, Natalie Le Sage, André Lavoie, et Louis Rochette. « ClinicalFactors Predicting Fractures Associated with an Anterior ShoulderDislocation ». Academic Emergency Medicine 11, no 8(2004): 853‑58.

Farber, Adam J., RenanCastillo, Mark Clough, Michael Bahk, et Edward G. McFarland. « ClinicalAssessment of Three Common Tests for Traumatic Anterior ShoulderInstability ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume88, no 7 (juillet 2006): 1467‑74.

Fedorka, Catherine J., et MaryK. Mulcahey. « Recurrent Anterior Shoulder Instability: A Review of theLatarjet Procedure and Its Postoperative Rehabilitation ». ThePhysician and Sportsmedicine 43, no 1 (février 2015): 73‑79.

Flatow, E., R. Kelkar, R. A.Raimondo, V. Wang, R. Pollock, R. J. Pawluk, V. Mow, et L. Bigliani.« Active and passive restraints against superior humeral translation: Thecontributions of the rotator cuff, the biceps tendon, and the coracoacromialarch », 1996.

Frank, Rachel M., Anthony A.Romeo, et Matthew T. Provencher. « Posterior Glenohumeral Instability:Evidence-Based Treatment ». The Journal of the American Academy ofOrthopaedic Surgeons 25, no 9 (septembre 2017): 610‑23.

Freedman, Kevin B., Adam P.Smith, Anthony A. Romeo, Brian J. Cole, et Bernard R. Bach. « Open BankartRepair versus Arthroscopic Repair with Transglenoid Sutures or BioabsorbableTacks for Recurrent Anterior Instability of the Shoulder: AMeta-Analysis ». The American Journal of Sports Medicine 32, no6 (septembre 2004): 1520‑27.

G, Walch, Agostini Jy, LevigneC, et Nové-Josserand L. « [Recurrent Anterior and MultidirectionalInstability of the Shoulder]. » Revue deChirurgie Orthopedique et Reparatrice de L’appareil Moteur 81, no 8 (1 janvier 1995): 682‑90.

Gerber, C.,F. Terrier, et R. Ganz. « The Trillat Procedure for Recurrent Anterior Instability of theShoulder ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume70, no 1 (janvier 1988): 130‑34.

Gerometta,Antoine, Shahnaz Klouche, Serge Herman, Nicolas Lefevre, et Yoann Bohu. « TheShoulder Instability-Return to Sport after Injury (SIRSI): A Valid andReproducible Scale to Quantify Psychological Readiness to Return to Sport afterTraumatic Shoulder Instability ». Knee Surgery, Sports Traumatology,Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 26, no 1 (janvier2018): 203‑11.

Goetti, Patrick, Patrick J.Denard, Philippe Collin, Mohamed Ibrahim, Pierre Hoffmeyer, et AlexandreLädermann. « Shoulder biomechanics in normal and selected pathologicalconditions ». EFORT Open Reviews 5, no 8 (10 septembre2020): 508‑18.

Gottschalk, Lionel J., PiyushWalia, Ronak M. Patel, Matthew Kuklis, Morgan H. Jones, Stephen D. Fening, etAnthony Miniaci. « Stability of the Glenohumeral Joint With CombinedHumeral Head and Glenoid Defects: A Cadaveric Study ». The AmericanJournal of Sports Medicine 44, no 4 (avril 2016): 933‑40.

Greis, Patrick E., Matthew G.Scuderi, Alexander Mohr, Kent N. Bachus, et Robert T. Burks.« Glenohumeral Articular Contact Areas and Pressures Following Labral andOsseous Injury to the Anteroinferior Quadrant of the Glenoid ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 11, no 5 (octobre 2002): 442‑51.

Griesser, Michael J., JoshuaD. Harris, Brett W. McCoy, Waqas M. Hussain, Morgan H. Jones, Julie Y. Bishop,et Anthony Miniaci. « Complications and Re-Operations afterBristow-Latarjet Shoulder Stabilization: A Systematic Review ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 22, no 2 (février 2013): 286‑92.

Gupta, Ashish, Ruth Delaney,Kalojan Petkin, et Laurent Lafosse. « Complications of the LatarjetProcedure ». Current Reviews in Musculoskeletal Medicine 8, no1 (mars 2015): 59‑66.

Gutkowska, Olga, JacekMartynkiewicz, et Jerzy Gosk. « Position of Immobilization AfterFirst-Time Traumatic Anterior Glenohumeral Dislocation: A LiteratureReview ». Medical Science Monitor: International Medical Journal ofExperimental and Clinical Research 23 (15 juillet 2017): 3437‑45.

Habermeyer,P., U. Schuller, et E. Wiedemann. « The Intra-Articular Pressure of theShoulder: An Experimental Study on the Role of the Glenoid Labrum inStabilizing the Joint ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic &Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of NorthAmerica and the International Arthroscopy Association 8, no 2(1992): 166‑72.

Haley, Col Chad A.« History and Physical Examination for Shoulder Instability ». SportsMedicine and Arthroscopy Review 25, no 3 (septembre 2017): 150‑55.

Handoll, Helen HG, et MohammedA. Al‐Maiyah. « Surgical versus Non‐surgical Treatment for Acute AnteriorShoulder Dislocation ». Cochrane Database of Systematic Reviews, no1 (2004).

Hara, H., N. Ito, et K.Iwasaki. « Strength of the Glenoid Labrum and Adjacent ShoulderCapsule ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 5, no 4(août 1996): 263‑68.

Harryman, D. T., J. A. Sidles,S. L. Harris, et F. A. Matsen. « Laxity of the Normal Glenohumeral Joint:A Quantitative in Vivo Assessment ». Journal of Shoulder and ElbowSurgery 1, no 2 (mars 1992): 66‑76.

Hatamabadi, Hamid Reza, AliArhami Dolatabadi, Hojjat Derakhshanfar, Somaye Younesian, et Ensieh GhaffariShad. « Propofol Versus Midazolam for Procedural Sedation of AnteriorShoulder Dislocation in Emergency Department: A Randomized Clinical Trial ».Trauma Monthly 20, no 2 (mai 2015).

Heidari, Kamran, ShadiAsadollahi, Reza Vafaee, Abbas Barfehei, Hossein Kamalifar, Zein AlabedinChaboksavar, et Mohammad Sabbaghi. « Immobilization in External RotationCombined with Abduction Reduces the Risk of Recurrence after Primary AnteriorShoulder Dislocation ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 23, no6 (juin 2014): 759‑66.

Hill, Harold A., et Maurice D.Sachs. « The Grooved Defect of the Humeral Head ». Radiology35, no 6 (1 décembre 1940): 690‑700.

Hoelen, M. A., A. M. Burgers,et P. M. Rozing. « Prognosis of Primary Anterior Shoulder Dislocation inYoung Adults ». Archives of Orthopaedic and Trauma Surgery 110, no1 (1990): 51‑54.

Horst, K., R. Von Harten, C.Weber, H. Andruszkow, R. Pfeifer, T. Dienstknecht, et H. C. Pape.« Assessment of Coincidence and Defect Sizes in Bankart and Hill-SachsLesions after Anterior Shoulder Dislocation: A Radiological Study ». TheBritish Journal of Radiology 87, no 1034 (février 2014):20130673.

Hovelius, L. K., B. C.Sandström, D. L. Rösmark, M. Saebö, K. H. Sundgren, et B. G. Malmqvist.« Long-Term Results with the Bankart and Bristow-Latarjet Procedures:Recurrent Shoulder Instability and Arthropathy ». Journal of Shoulderand Elbow Surgery 10, no 5 (octobre 2001): 445‑52.

Hovelius,Lennart, et Hans Rahme. « Primary Anterior Dislocation of the Shoulder: Long-Term Prognosis atthe Age of 40 Years or Younger ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 24, no2 (février 2016): 330‑42.

Hovelius, Lennart, BjörnSandström, et Modolv Saebö. « One Hundred Eighteen Bristow-LatarjetRepairs for Recurrent Anterior Dislocation of the Shoulder ProspectivelyFollowed for Fifteen Years: Study II-the Evolution of DislocationArthropathy ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 15, no3 (juin 2006): 279‑89.

Hovelius, Lennart, BjörnSandström, Kent Sundgren, et Modolv Saebö. « One Hundred EighteenBristow-Latarjet Repairs for Recurrent Anterior Dislocation of the ShoulderProspectively Followed for Fifteen Years: Study I--Clinical Results ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 13, no 5 (octobre 2004): 509‑16.

Hui, Alexander Y., William J.McCarty, Koichi Masuda, Gary S. Firestein, et Robert L. Sah. « A SystemsBiology Approach to Synovial Joint Lubrication in Health, Injury, andDisease ». Wiley Interdisciplinary Reviews. Systems Biology andMedicine 4, no 1 (février 2012): 15‑37.

Hurley, Eoghan T., Amit K.Manjunath, David A. Bloom, Leo Pauzenberger, Hannan Mullett, Michael J. Alaia,et Eric J. Strauss. « Arthroscopic Bankart Repair Versus ConservativeManagement for First-Time Traumatic Anterior Shoulder Instability: A SystematicReview and Meta-Analysis ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic& Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association ofNorth America and the International Arthroscopy Association 36, no9 (septembre 2020): 2526‑32.

Imhoff, Andreas B., PatrickAnsah, Thomas Tischer, Christoph Reiter, Christoph Bartl, Maximilian Hench,Jeffrey T. Spang, et Stephan Vogt. « Arthroscopic Repair ofAnterior-Inferior Glenohumeral Instability Using a Portal at the 5:30-o’clockPosition: Analysis of the Effects of Age, Fixation Method, and Concomitant ShoulderInjury on Surgical Outcomes ». The American Journal of Sports Medicine38, no 9 (septembre 2010): 1795‑1803.

« Instabilitéglénohumérale postérieure : traitement fondé sur des données probantes -PubMed ». Consulté le 15 juin 2021.

Itoi, E., S.B. Lee, L. J. Berglund, L. L. Berge, et K. N. An. « The Effect of a GlenoidDefect on Anteroinferior Stability of the Shoulder after Bankart Repair: ACadaveric Study ». The Journal of Bone and Joint Surgery. AmericanVolume 82, no 1 (janvier 2000): 35‑46.

Itoi, E., R.Sashi, H. Minagawa, T. Shimizu, I. Wakabayashi, et K. Sato. « Positionof Immobilization after Dislocation of the Glenohumeral Joint. A Study with Useof Magnetic Resonance Imaging ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 83, no 5 (mai 2001): 661‑67.

Itoi, Eiji.« Pathophysiology and Treatment of Atraumatic Instability of theShoulder ». Journal of Orthopaedic Science: Official Journal of theJapanese Orthopaedic Association 9, no 2 (2004): 208‑13.

Jaeschke, R.,J. Singer, et G. H. Guyatt. « Measurement of Health Status. Ascertaining the Minimal ClinicallyImportant Difference ». Controlled Clinical Trials 10, no4 (décembre 1989): 407‑15.

Jakobsen, Bent Wulff, HansViggo Johannsen, Peter Suder, et Jens Ole Søjbjerg. « Primary Repairversus Conservative Treatment of First-Time Traumatic Anterior Dislocation ofthe Shoulder: A Randomized Study with 10-Year Follow-Up ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 23, no 2 (février 2007): 118‑23.

Jerosch, J., W. H. Castro, H.Halm, et H. Drescher. « Does the Glenohumeral Joint Capsule HaveProprioceptive Capability? » Knee Surgery, Sports Traumatology,Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 1, no 2 (1993): 80‑84.

Jerosch, J., J. Steinbeck, M.Schröder, M. Westhues, et R. Reer. « Intraoperative EMG Response of theMusculature after Stimulation of the Glenohumeral Joint Capsule ». ActaOrthopaedica Belgica 63, no 1 (mars 1997): 8‑14.

Joseph, Thomas A., James S.Williams, et John J. Brems. « Laser Capsulorrhaphy for MultidirectionalInstability of the Shoulder. An Outcomes Study and Proposed ClassificationSystem ». The American Journal of Sports Medicine 31, no1 (février 2003): 26‑35.

Kampen, Derk A. van, Tobiasvan den Berg, Henk Jan van der Woude, René M. Castelein, Caroline B.Terwee, et W. Jaap Willems. « Diagnostic Value of Patient Characteristics,History, and Six Clinical Tests for Traumatic Anterior Shoulder Instability ».Journal of Shoulder and Elbow Surgery 22, no 10 (octobre2013): 1310‑19.

Kane, Patrick, Shawn M.Bifano, Christopher C. Dodson, et Kevin B. Freedman. « Approach to theTreatment of Primary Anterior Shoulder Dislocation: A Review ». ThePhysician and Sportsmedicine 43, no 1 (février 2015): 54‑64.

Kardouni, JosephR., Craig J. McKinnon, et Amee L. Seitz. « Incidence of ShoulderDislocations and the Rate of Recurrent Instability in Soldiers ». Medicineand Science in Sports and Exercise 48, no 11 (novembre 2016):2150‑56.

Kavanaugh, J. H.« Posterior Shoulder Dislocation with Ipsilateral Humeral Shaft Fracture.A Case Report ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no131 (avril 1978): 168‑72.

Kazár, B.,et E. Relovszky. « Prognosis of Primary Dislocation of the Shoulder ». ActaOrthopaedica Scandinavica 40, no 2 (1969): 216‑24.

Kirkley, Alexandra, RobertWerstine, Andrew Ratjek, et Sharon Griffin. « Prospective RandomizedClinical Trial Comparing the Effectiveness of Immediate ArthroscopicStabilization versus Immobilization and Rehabilitation in First TraumaticAnterior Dislocations of the Shoulder: Long-Term Evaluation ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 21, no 1 (janvier 2005): 55‑63.

Kraeutler, Matthew J., Eric C.McCarty, John W. Belk, Brian R. Wolf, Carolyn M. Hettrich, Shannon F. Ortiz,MOON Shoulder Instability Group, et al. « Descriptive Epidemiology of theMOON Shoulder Instability Cohort ». The American Journal of SportsMedicine 46, no 5 (avril 2018): 1064‑69.

Kralinger, Franz S., KarlGolser, Ralph Wischatta, Markus Wambacher, et Gernot Sperner. « PredictingRecurrence after Primary Anterior Shoulder Dislocation ». The AmericanJournal of Sports Medicine 30, no 1 (février 2002): 116‑20.

Kuhn, John E. « Treatingthe Initial Anterior Shoulder Dislocation--an Evidence-Based MedicineApproach ». Sports Medicine and Arthroscopy Review 14, no4 (décembre 2006): 192‑98.

Kumar, V.P., et P. Balasubramaniam. « The Role of Atmospheric Pressure in Stabilising the Shoulder. AnExperimental Study ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume 67, no 5 (novembre 1985): 719‑21.

Laat, E. A.de, C. P. Visser, L. N. Coene, P. V. Pahlplatz, et D. L. Tavy. « NerveLesions in Primary Shoulder Dislocations and Humeral Neck Fractures. AProspective Clinical and EMG Study ». The Journal of Bone and JointSurgery. British Volume 76, no 3 (mai 1994): 381‑83.

Latarjet, M. « [Treatmentof Recurrent Dislocation of the Shoulder] ». Lyon Chirurgical 49, no8 (décembre 1954): 994‑97.

Leland, Devin P., ChristopherD. Bernard, Lucas K. Keyt, Aaron J. Krych, Diane L. Dahm, JoaquinSanchez-Sotelo, et Christopher L. Camp. « An Age-Based Approach toAnterior Shoulder Instability in Patients Under 40 Years Old: Analysis of a USPopulation ». The American Journal of Sports Medicine 48, no1 (janvier 2020): 56‑62.

Levick, J. R. « JointPressure-Volume Studies: Their Importance, Design and Interpretation ». TheJournal of Rheumatology 10, no 3 (juin 1983): 353‑57.

Levy, A. S., S. Lintner, K.Kenter, et K. P. Speer. « Intra- and Interobserver Reproducibility of theShoulder Laxity Examination ». The American Journal of Sports Medicine27, no 4 (août 1999): 460‑63.

Lewis, A.,T. Kitamura, et J. Bayley. « (ii) The classification of shoulder instability: new light throughold windows! », 2004.

Lippitt, S.,et F. Matsen. « Mechanisms of Glenohumeral Joint Stability ». ClinicalOrthopaedics and Related Research, no 291 (juin 1993): 20‑28.

Lo, Ian K. Y., Peter M.Parten, et Stephen S. Burkhart. « The Inverted Pear Glenoid: An Indicatorof Significant Glenoid Bone Loss ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association20, no 2 (février 2004): 169‑74.

Loppini,Mattia, Giacomo Delle Rose, Mario Borroni, Emanuela Morenghi, Dario Pitino,Cristián Domínguez Zamora, et Alessandro Castagna. « Is the InstabilitySeverity Index Score a Valid Tool for Predicting Failure After PrimaryArthroscopic Stabilization for Anterior Glenohumeral Instability? » Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 35, no 2 (février 2019): 361‑66.

Ma, Ruiz Ibán, Asenjo GismeroCv, Moros Marco S, Ruiz Díaz R, Del Olmo Hernández T, Del Monte Bello G, GarcíaNavlet M, Ávila Lafuente Jl, et Díaz Heredia J. « Instability SeverityIndex Score Values below 7 Do Not Predict Recurrence after Arthroscopic BankartRepair. » Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy : OfficialJournal of the ESSKA 27, no 12 (6 avril 2019): 3905‑11.

Magister, Steven, AndrewBridgforth, et Seth Yarboro. « Axillary Artery Injury Following ClosedReduction of an Age-Indeterminate Anterior Glenohumeral Dislocation ». Journalof Orthopaedic Case Reports 8, no 4 (2018): 53‑56.

Maquieira, Gerardo J.,Christian Gerber, et Alberto G. Schneeberger. « Suprascapular Nerve Palsyafter the Latarjet Procedure ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery16, no 2 (avril 2007): e13-15.

Maweja, S.,N. Sakalihasan, H. Van Damme, et R. Limet. « Axillary Artery InjurySecondary to Anterior Shoulder Dislocation: Report of Two Cases ». ActaChirurgica Belgica 102, no 3 (juin 2002): 187‑91.

McMahon, P. J., J. R.Dettling, M. D. Sandusky, et T. Q. Lee. « Deformation and StrainCharacteristics along the Length of the Anterior Band of the InferiorGlenohumeral Ligament ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 10,no 5 (octobre 2001): 482‑88.

McMahon, P. J., J. E. Tibone,P. W. Cawley, C. Hamilton, J. D. Fechter, N. S. Elattrache, et T. Q. Lee.« The Anterior Band of the Inferior Glenohumeral Ligament: BiomechanicalProperties from Tensile Testing in the Position of Apprehension ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 7, no 5 (octobre 1998): 467‑71.

McPherson, E. J., R. J.Friedman, Y. H. An, R. Chokesi, et R. L. Dooley. « Anthropometric Study ofNormal Glenohumeral Relationships ». Journal of Shoulder and ElbowSurgery 6, no 2 (avril 1997): 105‑12.

Milano,Giuseppe, Andrea Grasso, Adriano Russo, Nicola Magarelli, Domenico A.Santagada, Laura Deriu, Paolo Baudi, Lorenzo Bonomo, et Carlo Fabbriciani. « Analysisof Risk Factors for Glenoid Bone Defect in Anterior ShoulderInstability ». The American Journal of Sports Medicine 39, no9 (septembre 2011): 1870‑76.

Miller, Bruce S., David H.Sonnabend, Cameron Hatrick, Sean O’leary, Jerome Goldberg, Wade Harper, etWilliam R. Walsh. « Should Acute Anterior Dislocations of the Shoulder BeImmobilized in External Rotation? A Cadaveric Study ». Journal ofShoulder and Elbow Surgery 13, no 6 (décembre 2004): 589‑92.

Mok, D. W., A. J. Fogg, R.Hokan, et J. I. Bayley. « The Diagnostic Value of Arthroscopy inGlenohumeral Instability ». The Journal of Bone and Joint Surgery.British Volume 72, no 4 (juillet 1990): 698‑700.

MonsefKasmaee, Vahid, Seyed Mahdi Zia Zibari, et Marjan Aghajani Nargesi. « Remifentanilversus Propofol/Fentanyl Combination in Procedural Sedation for DislocatedShoulder Reduction; a Clinical Trial ». Archives of Academic EmergencyMedicine 7, no 1 (25 janvier 2019).

Morita,Wataru, et Atsushi Tasaki. « Intra- and Inter-Observer Reproducibility of Shoulder Laxity Tests:Comparison of the Drawer, Modified Drawer and Load and Shift Tests ». Journalof Orthopaedic Science 23, no 1 (1 janvier 2018): 57‑63.

Murray,Jean-Christophe, Alexandre Leclerc, Amerigo Balatri, et Stéphane Pelet. « Immobilizationin External Rotation after Primary Shoulder Dislocation Reduces the Risk ofRecurrence in Young Patients. A Randomized Controlled Trial ». Orthopaedics& Traumatology, Surgery & Research: OTSR 106, no 2(avril 2020): 217‑22.

Myers, Joseph B., et Scott M.Lephart. « Sensorimotor Deficits Contributing to GlenohumeralInstability ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no400 (juillet 2002): 98‑104.

Neviaser, Andrew S., MichaelT. Benke, et Robert J. Neviaser. « Open Bankart Repair for Revision of FailedPrior Stabilization: Outcome Analysis at a Mean of More than 10 Years ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 24, no 6 (juin 2015): 897‑901.

Nobuhara,K., et H. Ikeda. « Rotator Interval Lesion ». Clinical Orthopaedics and RelatedResearch, no 223 (octobre 1987): 44‑50.

O’Brien, S. J., M. C. Neves,S. P. Arnoczky, S. R. Rozbruck, E. F. Dicarlo, R. F. Warren, R. Schwartz, et T.L. Wickiewicz. « The Anatomy and Histology of the Inferior GlenohumeralLigament Complex of the Shoulder ». The American Journal of SportsMedicine 18, no 5 (octobre 1990): 449‑56.

Olds,Margie, Richard Ellis, et Paula Kersten. « Predicting RecurrentInstability of the Shoulder (PRIS): A Valid Tool to Predict Which Patients WillNot Have Repeat Shoulder Instability After First-Time Traumatic AnteriorDislocation ». The Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy50, no 8 (août 2020): 431‑37.

Owens, Brett D., Thomas M.DeBerardino, Bradley J. Nelson, John Thurman, Kenneth L. Cameron, Dean C.Taylor, John M. Uhorchak, et Robert A. Arciero. « Long-Term Follow-up ofAcute Arthroscopic Bankart Repair for Initial Anterior Shoulder Dislocations inYoung Athletes ». The American Journal of Sports Medicine 37, no4 (avril 2009): 669‑73.

Owens, Brett D., Jonathan F.Dickens, Kelly G. Kilcoyne, et John-Paul H. Rue. « Management ofMid-Season Traumatic Anterior Shoulder Instability in Athletes ». TheJournal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons 20, no 8(août 2012): 518‑26.

Owens, Brett D., Michele L.Duffey, Bradley J. Nelson, Thomas M. DeBerardino, Dean C. Taylor, et Sally B.Mountcastle. « The Incidence and Characteristics of Shoulder Instabilityat the United States Military Academy ». The American Journal of SportsMedicine 35, no 7 (juillet 2007): 1168‑73.

Pagnani, M.J., X. H. Deng, R. F. Warren, P. A. Torzilli, et D. W. Altchek. « Effectof Lesions of the Superior Portion of the Glenoid Labrum on GlenohumeralTranslation ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume77, no 7 (juillet 1995): 1003‑10.

Park, Jin-Young, Jae-HyungLee, Kyung-Soo Oh, Seok Won Chung, Jung-Joo Lim, et Young Min Noh.« Return to Play after Arthroscopic Treatment for Shoulder Instability inElite and Professional Baseball Players ». Journal of Shoulder andElbow Surgery 28, no 1 (janvier 2019): 77‑81.

Patel, Bhavik H., Yining Lu,Avinesh Agarwalla, Richard N. Puzzitiello, Benedict U. Nwachukwu, Gregory L.Cvetanovich, Jorge Chahla, et Brian Forsythe. « Maximal MedicalImprovement Following Shoulder Stabilization Surgery May Require up to 1 Year:A Systematic Review ». HSS Journal: The Musculoskeletal Journal ofHospital for Special Surgery 16, no Suppl 2 (décembre 2020): 534‑43.

Piasecki, Dana P., Nikhil N.Verma, Anthony A. Romeo, William N. Levine, Bernard R. Bach, et Matthew T.Provencher. « Glenoid Bone Deficiency in Recurrent Anterior ShoulderInstability: Diagnosis and Management ». The Journal of the AmericanAcademy of Orthopaedic Surgeons 17, no 8 (août 2009): 482‑93.

Plath, Johannes E., MatthiasJ. Feucht, Tim Saier, Philipp Minzlaff, Gernot Seppel, Sepp Braun, et AndreasB. Imhoff. « Sporting Activity After Arthroscopic Bankart Repair forChronic Glenohumeral Instability ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association31, no 10 (octobre 2015): 1996‑2003.

Pollock, R.G., et L. U. Bigliani. « Recurrent Posterior Shoulder Instability. Diagnosis andTreatment ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 85‑96.

Riebel, G. D., et J. B.McCabe. « Anterior Shoulder Dislocation: A Review of ReductionTechniques ». The American Journal of Emergency Medicine 9, no2 (mars 1991): 180‑88.

Rodeo, S. A., K. Suzuki, M.Yamauchi, M. Bhargava, et R. F. Warren. « Analysis of Collagen and ElasticFibers in Shoulder Capsule in Patients with Shoulder Instability ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 26, no 5 (octobre 1998): 634‑43.

Ropars, M.,A. Fournier, B. Campillo, I. Bonan, P. Delamarche, A. Crétual, et H. Thomazeau.« Reproductibilité de la mesure clinique de la rotation externe pour lediagnostic d’hyperlaxité antérieure de l’épaule ». Revue de ChirurgieOrthopédique et Traumatologique, Travaux de la Société Françaised’Arthroscopie, 96, no 8, Supplement (1 décembre 2010): S303‑7.

Rowe, C. R. « Prognosisin Dislocations of the Shoulder ». The Journal of Bone and JointSurgery. AmericanVolume 38-A, no 5 (octobre1956): 957‑77.

Sadeqi, M.,S. Klouche, N. Lefevre, S. Herman, Y. Bohu, et A. Gerometta. « Évolutiondu score psychologique ACL-RSI et retour au sport après reconstruction duligament croisé antérieur. Étude prospective chez 681 sportifs au recul de2 ans ». Journal de Traumatologie du Sport 35, no 1(1 mars 2018): 64.

Saha, A. K. « DynamicStability of the Glenohumeral Joint ». Acta Orthopaedica Scandinavica42, no 6 (1971): 491‑505.

Salomonsson, Björn, Andersvon Heine, Mats Dahlborn, Hassan Abbaszadegan, Susanne Ahlström, NilsDalén, et Ulf Lillkrona. « Bony Bankart Is a Positive Predictive Factorafter Primary Shoulder Dislocation ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 18, no10 (octobre 2010): 1425‑31.

Schwartz,E., R. F. Warren, S. J. O’Brien, et J. Fronek. « Posterior ShoulderInstability ». The Orthopedic Clinics of North America 18, no3 (juillet 1987): 409‑19.

Shah, Anup A., R. BryanButler, James Romanowski, Danny Goel, Dimitrios Karadagli, et Jon J. P. Warner.« Short-Term Complications of the Latarjet Procedure ». TheJournal of Bone and Joint Surgery. American Volume 94, no 6 (21mars 2012): 495‑501.

Shin, Sang-Jin, Young Won Ko,et Juyeob Lee. « Intra-Articular Lesions and Their Relation toArthroscopic Stabilization Failure in Young Patients with First-Time and RecurrentShoulder Dislocations ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 25,no 11 (1 novembre 2016): 1756‑63.

Shymon, Stephen J., JoannaRoocroft, et Eric W. Edmonds. « Traumatic Anterior Instability of thePediatric Shoulder: A Comparison of Arthroscopic and Open BankartRepairs ». Journal of Pediatric Orthopedics 35, no 1(janvier 2015): 1‑6.

Silliman, J.F., et R. J. Hawkins. « Classification and Physical Diagnosis of Instability of theShoulder ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 7‑19.

Simank, H.-G., G. Dauer, S.Schneider, et M. Loew. « Incidence of Rotator Cuff Tears in ShoulderDislocations and Results of Therapy in Older Patients ». Archives ofOrthopaedic and Trauma Surgery 126, no 4 (mai 2006): 235‑40.

Sparks, S. R., J. DeLaRosa, J.J. Bergan, D. B. Hoyt, et E. L. Owens. « Arterial Injury in UncomplicatedUpper Extremity Dislocations ». Annals of Vascular Surgery 14, no2 (mars 2000): 110‑13.

Sperber, A.,et T. Wredmark. « Capsular Elasticity and Joint Volume in Recurrent Anterior ShoulderInstability ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & RelatedSurgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of North Americaand the International Arthroscopy Association 10, no 6 (décembre1994): 598‑601.

Stayner, L. R., J. Cummings,J. Andersen, et C. M. Jobe. « Shoulder Dislocations in Patients Older than40 Years of Age ». The Orthopedic Clinics of North America 31, no2 (avril 2000): 231‑39.

Sugaya, Hiroyuki, JojiMoriishi, Izumi Kanisawa, et Akihiro Tsuchiya. « Arthroscopic OsseousBankart Repair for Chronic Recurrent Traumatic Anterior GlenohumeralInstability ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume87, no 8 (août 2005): 1752‑60.

Taylor, D.C., et R. A. Arciero. « Pathologic Changes Associated with Shoulder Dislocations.Arthroscopic and Physical Examination Findings in First-Time, TraumaticAnterior Dislocations ». The American Journal of Sports Medicine25, no 3 (juin 1997): 306‑11.

Terry, G. C., D. Hammon, P.France, et L. A. Norwood. « The Stabilizing Function of Passive ShoulderRestraints ». The American Journal of Sports Medicine 19, no1 (février 1991): 26‑34.

Themes, U. F. O. « Openbony augmentation of glenoid bone loss—the latarjet and variants—surgicaltechnique ». Musculoskeletal Key (blog), 21 janvier 2017.

Tibone, J.E., J. Fechter, et J. T. Kao. « Evaluation of a Proprioception Pathway in Patients with Stable andUnstable Shoulders with Somatosensory Cortical Evoked Potentials ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 6, no 5 (octobre 1997): 440‑43.

Uhring, J.,P.-B. Rey, S. Rochet, et L. Obert. « Interest of Emergency ArthroscopicStabilization in Primary Shoulder Dislocation in Young Athletes ». Orthopaedics& Traumatology, Surgery & Research: OTSR 100, no 8 Suppl(décembre 2014): S401-408.

Uhthoff, H.K., et M. Piscopo. « Anterior Capsular Redundancy of the Shoulder: Congenital orTraumatic? An Embryological Study ». The Journal of Bone and JointSurgery. British Volume 67, no 3 (mai 1985): 363‑66.

Vangsness, C. T., M. Ennis, J.G. Taylor, et R. Atkinson. « Neural Anatomy of the Glenohumeral Ligaments,Labrum, and Subacromial Bursa ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association11, no 2 (avril 1995): 180‑84.

Visser, C.P., L. N. Coene, R. Brand, et D. L. Tavy. « The Incidence of NerveInjury in Anterior Dislocation of the Shoulder and Its Influence on FunctionalRecovery. A Prospective Clinical and EMG Study ». The Journal of Boneand Joint Surgery. British Volume 81, no 4 (juillet 1999): 679‑85.

Vopat, Matthew L., Reed G.Coda, Nick E. Giusti, Jordan Baker, Armin Tarakemeh, John P. Schroeppel, ScottMullen, Jeffrey Randall, Matthew T. Provencher, et Bryan G. Vopat.« Differences in Outcomes Between Anterior and Posterior ShoulderInstability After Arthroscopic Bankart Repair: A Systematic Review andMeta-Analysis ». Orthopaedic Journal of Sports Medicine 9, no5 (mai 2021): 23259671211006436.

Walch, G.,J. Y. Agostini, C. Levigne, et L. Nové-Josserand. « [Recurrent anterior andmultidirectional instability of the shoulder] ». Revue De Chirurgie Orthopedique Et Reparatrice DeL’appareil Moteur 81, no8 (1995): 682‑90.

Wall, M. S.,et S. J. O’Brien. « Arthroscopic Evaluation of the Unstable Shoulder ». Clinicsin Sports Medicine 14, no 4 (octobre 1995): 817‑39.

Warner, J. J., M. K. Bowen, X.Deng, P. A. Torzilli, et R. F. Warren. « Effect of Joint Compression onInferior Stability of the Glenohumeral Joint ». Journal of Shoulder andElbow Surgery 8, no 1 (février 1999): 31‑36.

Warner, J. J., X. H. Deng, R.F. Warren, et P. A. Torzilli. « Static Capsuloligamentous Restraints toSuperior-Inferior Translation of the Glenohumeral Joint ». The AmericanJournal of Sports Medicine 20, no 6 (décembre 1992): 675‑85.

Warner, J. J., M. D. Miller,P. Marks, et F. H. Fu. « Arthroscopic Bankart Repair with the Suretac Device.Part I: Clinical Observations ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association11, no 1 (février 1995): 2‑13.

Wen, D. Y. « CurrentConcepts in the Treatment of Anterior Shoulder Dislocations ». TheAmerican Journal of Emergency Medicine 17, no 4 (juillet 1999):401‑7.

Wheeler, J.H., J. B. Ryan, R. A. Arciero, et R. N. Molinari. « Arthroscopic versusNonoperative Treatment of Acute Shoulder Dislocations in Young Athletes ».Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: OfficialPublication of the Arthroscopy Association of North America and theInternational Arthroscopy Association 5, no 3 (1989): 213‑17.

Whelan, Daniel B., StephanieN. Kletke, Geoffrey Schemitsch, et Jaskarndip Chahal. « Immobilization inExternal Rotation Versus Internal Rotation After Primary Anterior ShoulderDislocation: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 44, no 2 (février 2016): 521‑32.

Widjaja, Audi B., Anh Tran,Michael Bailey, et Stewart Proper. « Correlation between Bankart andHill-Sachs Lesions in Anterior Shoulder Dislocation ». ANZ Journal ofSurgery 76, no 6 (juin 2006): 436‑38.

Williams, Huw Lloyd Morgan,Jonathan Peter Evans, Nicholas Duncan Furness, et Christopher David Smith.« It’s Not All About Redislocation: A Systematic Review of ComplicationsAfter Anterior Shoulder Stabilization Surgery ». The American Journalof Sports Medicine 47, no 13 (novembre 2019): 3277‑83.

Yiannakopoulos,Christos K., Elias Mataragas, et Emmanuel Antonogiannakis. « A Comparisonof the Spectrum of Intra-Articular Lesions in Acute and Chronic AnteriorShoulder Instability ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic &Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of NorthAmerica and the International Arthroscopy Association 23, no 9(septembre 2007): 985‑90.

Zuckerman,J. D., M. A. Gallagher, C. Lehman, B. S. Kraushaar, et J. Choueka. « NormalShoulder Proprioception and the Effect of Lidocaine Injection ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 8, no 1 (février 1999): 11‑16.

Donnez votre avis
Votre avis est important, il nous aide à améliorer Fullphysio
1 - Ce module vous a-t-il été utile ?
2 - Quelle note donneriez-vous à ce module ?
3 - Rédigez un avis (optionnel mais apprécié 🙂  🙏)
Merci pour votre avis 🙏 🙏
Oups, un champ semble mal renseigné...
Davantage de modules
Tous les modules
L'instabilité de l'épaule
MODULE

L'instabilité de l'épaule

Vous trouverez ici tous les éléments nécessaires pour comprendre cette pathologie, pour réaliser un examen clinique complet et pour effectuer une prise en charge en suivant les dernières recommandations EBP.
Mis à jour le :
13/9/2021

Avant-propos

L'instabilité traumatique antérieure de l'épaule est une affection fréquente et invalidante qui touche les jeunes sportifs et les patients actifs (Bonazza et al. 2017 ; Degen et al. 2016). Étant donné que l'instabilité de l'épaule survient le plus souvent chez les patients pratiquant des activités à impacts élevés, une instabilité récurrente survient jusque chez 90 % des patients qui subissent un événement d'instabilité primaire avant l'âge de 20 ans (Robinson et al. 2006). Afin de restaurer la stabilité de l'articulation gléno-humérale, de nombreux patients subissent une stabilisation chirurgicale pour réduire le risque d'autres événements d'instabilité (Beletsky et al. 2020).

Dans ce module, nous nous pencherons dans un premier temps sur les éléments anatomiques et biomécaniques indispensables à la bonne stabilité et mobilité de l’épaule. Il sera également important de s’attarder sur les éléments pertinents de l’anamnèse et de l’examen clinique lorsqu’on se retrouve devant un patient se plaignant d’instabilité de l’épaule. Enfin, nous vous présenterons les dernières recommandations en termes de traitement dans le but de concevoir une décision de retour au sport s’appuyant sur un ensemble de facteurs physiques, psychologiques, sociaux, contextuels sans oublier les tests de performance fonctionnelle.

Introduction à la pathologie

Définition

Dans un premier temps, il est important de définir les différents termes qui sont couramment utilisés pour décrire l'instabilité gléno-humérale.

L’instabilité est un processus pathologique qui provoque une augmentation symptomatique de la translation de la tête humérale par rapport à la glène. L'instabilité, entraîne à son tour une perte de performance physique, des douleurs et parfois une faiblesse (Haley et al. 2017).

La laxité est une constatation normale, physiologique et asymptomatique, qui correspond à une translation de la tête humérale dans n'importe quelle direction dans la glène (Gerber et al. 1988).

L'hyperlaxité est constitutionnelle, multidirectionnelle, bilatérale et asymptomatique. L'hyperlaxité de l'épaule est probablement mieux définie comme une rotation externe en position R1 supérieure ou égale à 85 degrés (Walch et al. 1995) ou supérieure à 90° en R1 en décubitus dorsal (Ropars et al. 2010). Cette constatation non pathologique est un facteur de risque d'instabilité mais n'exige pas de traitement en soi, sauf en cas de laxisme pathologique manifeste.

Une laxité pathologique du ligament gléno-huméral inférieur est observée lorsque l'abduction passive en rotation neutre de l'articulation gléno-humérale est supérieure à 105 degrés, s’il existe une appréhension au-delà de 90 degrés d'abduction, ou si une différence de plus de 20 degrés entre les deux épaules est constatée (Gagey et al. 2001 ; Hovelius et al. 2016).

Une autre distinction importante concernant l'instabilité est la luxation par rapport à la subluxation. Une luxation se produit lorsqu'il n'y a plus de contact entre la tête humérale et la surface articulaire, ce qui nécessite généralement une manœuvre de réduction pour repositionner la tête humérale. Cependant, dans les cas où il y a une perte osseuse ou une fracture, il est possible de procéder à une réduction spontanée sans manœuvre de réduction (Haley et al. 2017).

Une subluxation peut être définie comme une luxation partielle ou incomplète pour laquelle aucune manœuvre de réduction n'est nécessaire (Owens et al. 2012).

Les luxations sont moins fréquentes que les subluxations et ne représentent que 15 % des nouveaux événements d'instabilité (Burkhart et al. 2000 ; Zacchilli et al. 2010).

Anatomie & Biomécanique de l’épaule

L’épaule n’est pas une mais plusieurs articulations formant un complexe appelé complexe scapulo-huméral. Ce complexe est formé de 4  articulations : l’articulation gléno-humérale, l’articulation acromio-claviculaire, l’articulation scapulo-thoracique et l’articulation sterno-claviculaire.

L’articulation gléno-humérale a 6 degrés de liberté et constitue l’articulation la plus mobile du corps humain, permettant à la main d’atteindre un large éventail de positions (Goetti et al. 2020). La mobilité de l’épaule est également assumée par 18 muscles agissant en synergie. D’un point de vue fonctionnel, l’épaule a besoin de toutes les structures anatomiques pour fonctionner en chaîne.

Dans un premier temps, le système nerveux central fournit un signal à l’unité muscle-tendon. En se contractant, le muscle transmet sa tension au tendon, qui agit alors comme un bras de levier sur l’articulation. Pour être efficace, un tel système nécessite un pivot stable.

La stabilité gléno-humérale dépend donc de la combinaison de différents facteurs que l'on peut regrouper en stabilisateurs capsulo-ligamentaires ou statiques, et en stabilisateurs musculo-tendineux ou dynamiques.

La stabilité dynamique de l'articulation est coordonnée par le contrôle cortical central exercé sur les unités musculo-tendineuses locales. A partir du signal proprioceptif provenant de ces récepteurs, un feedback coordonné et optimal de la musculature scapulo-humérale est généré. Cette réaction musculaire maintient la tête humérale centrée par rapport à la glène (Lippitt et al. 1993).

L'instabilité de l'épaule peut être causée par une blessure et/ou une défaillance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires statiques, qui possèdent les terminaisons afférentes sensitives. Cette altération des éléments stabilisateurs passifs provoque une perturbation ou un retard dans la délivrance du signal proprioceptif (Cuéllar et al. 2017). Ce signal retardé est transmis par les canaux afférents sensitifs provoquant un retard et/ou une erreur de coordination de la réponse musculaire correspondante (Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997 ; Tibone et al. 1997). Le mécanisme de stabilisation dynamique est ainsi altéré et entraine une perte de congruence articulaire.

L'arrachement (avulsion) ou la déchirure du labrum en association avec la capsule et les ligaments gléno-huméraux de l'épaule antérieure, connue sous le nom de lésion de Bankart (Bankart et al. 1993), résulte de la luxation antérieure de l'épaule. L'absence de cicatrisation de la lésion ou sa progression vers la partie inférieure de l'articulation est un facteur important de récidive d'instabilité. Plus la lésion capsulo-labrale est sévère et étendue, plus le récessus capsulaire grandit, plus la perturbation des mécanismes articulaires de la proprioception est importante et, par conséquent, plus le degré d'instabilité est important (Cuéllar et al. 2017).

La tête humérale :

La tête humérale et la fosse glénoïdienne forment l'articulation gléno-humérale. Contrairement à l'articulation de la hanche dans laquelle la tête fémorale repose complètement à l'intérieur de l'acétabulum, la tête humérale repose sur une fosse glénoïdienne peu profonde, qui ne la recouvre quasiment pas. Seulement 25% environ de la surface de la tête humérale interagit réellement avec la surface glénoïdienne (Adams et al. 2016 ; Turkel et al. 1981). En l'absence de couverture osseuse, la stabilité dépend des tissus mous qui fonctionnent comme des stabilisateurs statiques ou dynamiques : la capsule, les ligaments gléno-huméraux, la coiffe des rotateurs, la tête longue du biceps et le labrum (Cuéllar et al. 2017).

La glène humérale :

La forme habituelle de la glène est une virgule inversée. Le cartilage a une forme concave avec une épaisseur moindre de cartilage au centre de la glène, faisant de ce point le lieu de contact le plus important avec la tête humérale. La plupart des surfaces glénoïdiennes ont une orientation rétroversée de 7º et une inclinaison crânienne supérieure à 15º (Saha. 1971). La tête humérale a une rétroversion de 30º et une inclinaison de 130-150º par rapport à la tige (angle cervico-diaphysaire) (Cyprien et al. 1983)

La capsule gléno-humérale :

Elle s'étend de la glène au col anatomique de l'humérus. L'insertion glénoïdienne peut varier sur son point d'origine. Sur cette base, on peut classer la capsule en 2 types : dans le type I (80% des épaules) la capsule prend son origine sur le labrum, tandis que dans le type II (20% des épaules) la capsule prend son origine plus médialement sur le col glénoïdien (Eberly et al. 2002). Dans le type I, les récessus synoviaux capsulaires sont petits et la capsule antérieure est épaisse. En revanche dans le type II les récessus synoviaux sont plus grands et la capsule est moins résistante dans son ensemble.

La capsule gléno-humérale est volumineuse, lors du mouvement articulaire normal elle est relâchée et ne limite pas le mouvement, permettant une large amplitude de mouvement. Lorsque l'épaule approche des limites de l'amplitude normale de mouvement, la capsule se resserre progressivement et exerce un rôle stabilisateur. Lorsqu'elle se resserre, elle offre une stabilité mécanique à l'épaule et empêche la tête de dépasser les limites de stabilité. La capsule joue également un rôle clé dans le maintien de la stabilité car elle contient les afférences proprioceptives qui aident à maintenir la tête centrée en envoyant des signaux nerveux aux muscles pour qu'ils se contractent et évitent la luxation (Myers et al. 2002).

La capsule, sauf dans la partie inférieure, est renforcée par la coiffe des rotateurs. De plus, il existe des zones épaissies sur la capsule qui constituent les ligaments gléno-huméraux. Également, d'autres ligaments extra-articulaires contribuent à la stabilité gléno-humérale : ligament coraco-huméral, coraco-acromial et transverse huméral (Cuéllar et al. 2017).

Ligament huméral transverse :

Il est composé de fibres capsulaires qui s'étendent du tubercule mineur au tubercule majeur. Ce ligament n'a pas de fonction stabilisatrice directe, mais maintient la longue portion du biceps dans le sillon bicipital.

Ligament coraco-huméral :

Ce ligament prend naissance sur la face latérale de la base du processus coracoïde et s'insère sur le tubercule majeur. De par sa disposition transversale, il a pour fonction de suspendre la tête humérale lorsque le bras pend. Mais lorsque l'épaule est en abduction, ce ligament se détend et cesse d'avoir un rôle de suspension humérale.

Ligament coraco-acromial :

Ce ligament s'étend du bord antérieur de l'acromion à la pointe du processus coracoïde. Sa fonction est d'aider à stabiliser la tête humérale en évitant la translation antérieure et inférieure.

Ligaments gléno-huméraux (GHL) :

Ce sont des épaississements de la partie antérieure et inférieure de la capsule articulaire. Ils exercent leur rôle en fonction de la direction de leurs fibres. Ils n'agissent pas dans tous les mouvements possibles de l'épaule mais seulement dans certaines positions. Les ligaments gléno-huméraux sont au nombre de trois : supérieur, moyen et inférieur.

Ligament gléno-huméral supérieur :

L'origine glénoïdienne est variable : parfois elle a une origine commune avec le ligament gléno-huméral moyen, chez d'autres sujets, elle prend naissance au même endroit que le tendon du biceps et chez d'autres encore, quelque part entre ces deux structures. Dès son insertion, il s'étend jusqu'à une petite fosse légèrement supérieure à la petite tubérosité.

Il traverse l'intervalle des rotateurs formé entre le sous-scapulaire et le supra-épineux. Son épaisseur est très variable : dans quelques cas, il peut devenir presque aussi épais que le tendon du biceps, et peut être confondu avec lui. En revanche, dans d'autres cas, il ne s'agit que d'un petit épaississement capsulaire à peine perceptible sous arthroscopie.

De par sa trajectoire, il est tendu en flexion, en extension, en adduction et en rotation externe (Harryman et al. 1992). Lorsqu'il est tendu, il limite le déplacement postérieur et inférieur de la tête humérale. Cependant, les études anatomiques suggèrent que c'est le GHL qui est le moins pertinent dans la stabilité gléno-humérale (de Laat et al. 1994).

Ligament gléno-huméral moyen :

Son origine se situe dans le rebord glénoïdien antéro-supérieur et il s'insère à la face antérieure de l'humérus entre la grande tubérosité et la surface articulaire humérale. D'un point de vue arthroscopique intra-articulaire, il est identifié en avant du tendon du sous-scapulaire.

L'épaisseur de ce ligament est également très variable : il peut être épais et tendineux, mais peut aussi être très fin voire absent. Son absence semble être un facteur de risque de récidive en cas de luxation antérieure (Morgan et al. 1992).

Il devient tendu en rotation externe et en abduction jusqu'à 45º ; passé ce stade, le ligament gléno-huméral inférieur est plus pertinent (Terry et al. 1997). Sa fonction principale est d'empêcher la translation antérieure de la tête humérale.

Ligament gléno-huméral inférieur (IGHL) :

C'est le ligament de l'épaule le plus épais, le plus important et le principal stabilisateur statique lors de l'abduction de l'épaule. Il se compose de trois zones qui forment le complexe ligamentaire gléno-huméral inférieur : 2 bandes (antérieure et postérieure) et la poche axillaire qui s'étend entre les deux bandes. Cette disposition ressemble à un hamac pour la tête humérale.

Lors de l'abduction, ce complexe ligamentaire stabilise l'épaule, mais agit différemment selon la rotation du bras : en rotation interne, la bande postérieure se tend pour soutenir la tête et la face avant est relâchée. Lorsque le bras est positionné en rotation externe, la bande antérieure se tend et se déplie en soutenant la tête tandis que la bande postérieure est repliée. La bande postérieure limite également la flexion, l'adduction et la rotation interne (OBrien et al. 1990 ; Warren et al. 1984).

De manière générale, on peut retenir que le complexe capsulo-ligamentaire ne maintient l’articulation gléno-humérale que dans des positions extrêmes. Par conséquent, dans des positions intermédiaires de la vie de tous les jours, ces structures sont relâchées et ce sont plutôt les stabilisateurs actifs qui auront un impact sur la stabilité de la gléno-humérale.

Labrum :

Le labrum est un anneau fibreux qui est intimement attaché à l'os glénoïde, au cartilage articulaire et à la capsule articulaire. Histologiquement, il est composé de tissu fibreux dense. La longue portion du biceps s'y attache sur la partie supérieure et les ligaments gléno-huméraux s'attachent sur la partie antérieure. De plus, il augmente la profondeur fonctionnelle de la glène et donc améliore la zone de contact avec la tête humérale (McPherson et al. 1997 ; Pagnani et al. 1995 ; Lippitt et al. 1993).

On pense en outre que cela stabilise l'articulation en aidant à centrer la tête humérale lorsqu'elle est comprimée contre la glène par les muscles de la coiffe des rotateurs (mécanisme de compression de la concavité). Il a été rapporté qu'une perte complète du labrum antérieur diminue la zone de contact de 7 % à 15 % et augmente la pression de contact moyenne de 8 % à 20 % (Greis et al. 2002).

Une étude biomécanique de Hara et al. a identifié le labrum antéro-inférieur comme étant le point le plus faible (Hara et al. 1996). Enfin, il a été supposé qu'un labrum intact pourrait aider à créer une pression intra-articulaire négative (effet de vide) ; cet effet est cependant considéré comme marginal lorsque les muscles de la coiffe des rotateurs sont contractés (Kumar et al. 1985 ; Habermeyer et 1992 ; Warner et al. 1999).

Malgré ces effets stabilisants importants, Itoi et al ont révélé que les tissus mous seuls ne jouent qu'un rôle mineur dans la stabilité gléno-humérale à mi-amplitude de mouvement (Itoi. 2004).

PHYSIOLOGIE DE LA STABILITE gléno-humérale :

Stabilisation ligamentaire :

L'anatomie ligamentaire de l'épaule est clairement différente des ligaments du genou par exemple, car il n'y a pas de ligaments de l'épaule qui maintiennent la tension tout au long de l'arc de mouvement complet de l'épaule. Comme nous l’avions mentionné précédemment, les ligaments de l'épaule n'agissent que dans les positions extrêmes de l'amplitude de mouvement (ROM) et restent relâchés si l'épaule est au repos ou pendant une ROM non extrême (Warner et al. 1992).

Pendant la majeure partie de l'arc de mouvement, il n'y a pas de tension sur les ligaments, ceux-ci restent lâches jusqu'à un certain point où la tension augmente soudainement et rapidement. Les ligaments tendus exercent une force de compression sur la tête humérale contre la glène, stabilisant davantage l'articulation. De plus, il existe des variations personnelles de tension entre les individus ; les sujets avec une laxité accrue ont des degrés de rotation ou de translation plus élevés mais ne sont pas nécessairement moins stables (Harryman et al. 1992 ; Lippitt et al. 1994 ; Sperber et al. 1994). Ainsi les ligaments fournissent un cadre fermé de déplacement de l'articulation gléno-humérale, à l'intérieur de ce cadre les muscles jouent un rôle stabilisateur majeur.

Stabilisation musculaire :

Il existe différentes forces avec différentes intensités et directions qui agissent sur la tête humérale. Ces forces sont délivrées par le muscle deltoïde, le tendon du chef long du biceps et les muscles qui composent la coiffe des rotateurs. L'orientation musculaire est essentielle pour définir l'orientation de la force. Sous la direction de ces muscles, la force exercée sur l'épaule est différente. La somme des vecteurs de ces forces constitue la force de réaction nette. Si la force de réaction nette est dirigée vers la glène, l'articulation reste stable. Plus les forces exercées vers la glène sont importantes, plus la stabilité de l'articulation est grande. Concernant les forces exercées par le deltoïde, les portions postérieure et moyenne sont plus importantes pour stabiliser l'articulation (Kavanaugh et al. 1978). La coiffe des rotateurs postéro-supérieure (supra-épineux et infra-épineux) est indispensable car elle produit un effet « plafond » entre l'acromion et la tête humérale qui limite la translation supérieure même au repos (Flatow et al. 1996). Lorsqu'il y a un déficit de l'un de ces muscles, un désalignement des forces nettes se développe, augmentant les risques de luxation, car la force nette peut ne pas être dirigée vers la glène.

On peut également souligner l’importance des muscles scapulaires, bien plus nombreux que les muscles de la coiffe des rotateurs. En effet, le bon fonctionnement de ces muscles permet une stabilité adéquate de la scapula qui est elle-même essentielle à la bonne stabilité de l’articulation gléno-humérale.

Stabilisation osseuse :

L'arc glénoïdien « efficace » est la totalité de la surface glénoïdienne dans laquelle repose l'humérus. Cet arc est formé par le cartilage glénoïde, l'os sous-jacent et le labrum. Si cet arc diminue pour une raison quelconque, les risques de luxation augmentent, car la possibilité que la force de réaction nette soit dirigée loin de la glène augmente. L'antéversion glénoïde peut également augmenter le risque d'instabilité car la force de réaction nette peut être dirigée hors de la glène.

Le mouvement scapulo-thoracique est essentiel pour obtenir un large mouvement des bras avec l'humérus aligné avec la glène. Si la glène ne suit pas l'humérus pendant le mouvement, l'humérus peut s'éloigner du centre de la glène, ce qui augmente le risque d'instabilité. Quelle qu'en soit la cause, si la tête humérale n'est pas centrée dans la glène, l'articulation devient moins stable.

Propriétés physiques de l’articulation qui assurent la stabilité :

L'effet adhésif, l'effet d'aspiration et la pression négative sont des propriétés physiques de l’épaule qui font qu’elle reste stable, y compris au repos.

L'adhérence entre la glène et la tête humérale est due à l'attraction moléculaire entre le liquide synovial et les surfaces chondrales de la glène et de l'humérus. Les maladies dégénératives ou inflammatoires peuvent affecter cet effet d'attraction en modifiant les caractéristiques moléculaires du liquide articulaire (Hui et al. 2012).

L'effet d'aspiration est dû à l'environnement étanche qu'assurent le labrum et la capsule. Cet effet d'aspiration aspire le liquide et l'air hors de l’articulation et résiste à la traction.

De plus, il existe une pression négative produite par la membrane synoviale qui, par action osmotique, élimine le liquide articulaire libre. Cette dépression provoque un effet de vide et donne de la stabilité à l’articulation. Cet effet est affecté par les techniques arthroscopiques ou arthrographiques mais aussi par les épanchements articulaires (Levick et al. 1983).

Proprioception :

La proprioception est la somme de tous les stimuli afférents provenant de l'articulation vers le système nerveux. Depuis les travaux de Turkel et al. (1981), la connaissance du rôle important de la proprioception articulaire de l’épaule s’est accrue. La proprioception de l’épaule a en effet un rôle essentiel dans le contrôle de l’activation correcte des stabilisateurs actifs (Turkel et al. 1981). Des études sur des pièces anatomiques ont confirmé la présence des terminaisons afférentes correspondantes (corpuscules de Pacini et de Ruffini) et leur répartition dans le complexe capsulo-ligamentaire de l'épaule (Vangsness et al. 1995). Ces récepteurs surveillent les mouvements et les positions des extrémités articulaires dans l'espace.

PHYSIOPATHOLOGIE DE L’INSTABILITE

Tous ces éléments fonctionnent donc correctement et en synergie jusqu’à ce que l’épaule rencontre un problème : pathologies, traumatismes, micro-traumatismes...

Outre la lésion du labrum et des éléments capsulo-ligamentaires, d'autres altérations peuvent être présentes au niveau d'autres structures, pouvant engendrer une instabilité gléno-humérale : lésion osseuse glénoïdienne ou humérale, ou lésion du tendon glénoïdien sous-scapulaire.

De manière générale, il est désormais admis que la cause des luxations gléno-humérales récidivantes est une combinaison de lésions anatomiques (inhérentes ou acquises) des facteurs statiques dits capsulo-ligamentaires. Cette combinaison de blessures provoque, comme nous l'avons noté, un déséquilibre supplémentaire dans les performances harmoniques des différents éléments musculaires qui interagissent avec l'épaule (une altération des facteurs dits « dynamiques ») (Warner et al. 1999). Ainsi, la lésion par avulsion labrale (arrachement) est souvent associée à une laxité capsulaire excessive qui favorise une redondance pathologique.

Une telle redondance est retrouvée dans la plupart des cas de luxation humérale récidivante et surtout dans les cas plus complexes ou multidirectionnels (Warner et al. 1999). La laxité excessive qui favorise la redondance capsulaire pathologique peut même être de nature congénitale. Il existe cependant d'autres causes de laxité capsulaire plus fréquentes que l'étiologie congénitale : microtraumatismes répétés, traumatismes majeurs, épisodes multiples ou une combinaison de ceux-ci (Joseph et al. 2003).

De plus, dans certains cas, ces lésions des structures anatomiques peuvent être associées à des modifications structurelles ou morphologiques (maladies du collagène, dysplasie...) et/ou à des variantes anatomiques ou congénitales qui jouent également un rôle en facilitant la luxation de l'articulation de l'épaule (Uhthoff et al. 1985).

Analysons les différents éléments impliqués dans la stabilité de l'épaule et comment leurs variations ou blessures favorisent l'instabilité.

Blessures anatomiques :

Le concept de blessure en « cercle » l’instabilité résulte de la combinaison de quatre types de lésions (Warner et al. 1999) :

- Avulsion labrale (lésion de Bankart ou ses variantes) avec ou sans lésion associée de la bande antérieure du ligament gléno-huméral inférieur.

- Déformation plastique de la capsule : allongement irréversible de la capsule ou du ligament gléno-huméral inférieur.

- Lésion par distension ou allongement de la capsule dans l'intervalle des rotateurs.

- Défaut de l'os huméral ou glénoïdien.

Pour qu'une luxation se produise, les lésions doivent être produites au moins dans deux parties opposées de l'articulation. Ce phénomène intègre le concept dit de « blessure en cercle » décrit par Warren depuis 1984 (Warren et al. 1984 ; Schwartz et al. 1987).

Avulsion labrale et ligament gléno-huméral inférieur :

Sa blessure au cours de l'épisode de luxation a été initialement décrite par Perthes et, séparément, par Bankart (Fig.44) (Bankart et al. 1993 ; Pagnani et al. 1999). Le décollement du labrum entraîne une lésion de la capsule et de l'IGHL. Certaines variations anatomiques de la disposition du labrum et de ses attaches ligamentaires pourraient favoriser l'instabilité, comme l'a décrit De Palma (De Palma et al. 1949).  

Déformation plastique capsulaire :

L'allongement irréversible de la capsule et du ligament gléno-huméral inférieur est une condition nécessaire de la luxation récidivante. La capsule se comporte comme une structure unique et le développement d'une blessure à un moment donné s'accompagne d'une blessure dans la capsule opposée (« concept de cercle ») (Warren et al. 1984 ; Schwartz et al. 1987). Ainsi, les cas d'instabilité de l'épaule ont souvent plus d'une composante de blessure. Cette association est considérée comme une instabilité de type bidirectionnelle (antérieure-inférieure, postérieure-inférieure) ou une instabilité de type multidirectionnelle (Bigliani et al. 1992).

Neer a décrit la présence d'une redondance à la partie inférieure de la capsule dans des études d'instabilité multidirectionnelle ( OBrien et al. 1990). Cependant, les études de tension réalisées par Bigliani, Speer et Mc Mahon, entre autres, sont celles qui ont montré qu'une déformation plastique non récupérable de la capsule et du ligament gléno-huméral inférieur est primordiale pour une instabilité multidirectionnelle. La capsule peut également présenter une réduction congénitale des fibres de collagène (Neer et al. 1980 ; Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 1998 ; McMahon et al. 2001).

Il est bien connu que ces altérations conduisent à une hyperlaxité, qui est généralement poly-articulaire. Cependant, dans la plupart des cas de luxation récurrente, seules des formes moins prononcées de laxité sont trouvées; celles-ci peuvent entraîner la présence de signes d'hypermobilité articulaire. L'origine de la laxité capsulaire peut être congénitale ou constitutionnelle (Uhthoff et al. 1985 ; Rodeo et al. 1998 ; Wall et al. 1995), mais elle peut aussi être traumatique et acquise, l'origine probablement la plus fréquente étant un mélange de prédisposition inhérente et d'une composante traumatique (Bigliani et al. 1992 ; Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 2001 ; McMahon et al. 1998 ; Wall et al. 1995 ; Mok et al. 1990). Nous avons noté précédemment que la capsule peut également présenter des variations anatomiques dans son insertion qui peuvent prédisposer à l'instabilité (Uhthoff et al. 1985).

Lésion de l’intervalle des rotateurs :

Neer a introduit le terme « intervalle des rotateurs » (Neer et al. 1980) en définissant une zone capsulaire entre les muscles subscapulaire et supra-épineux s'étendant dans un triangle avec une base au niveau de la coracoïde. D'après les études anatomiques, cette structure capsulaire est renforcée par deux structures ligamentaires : le ligament gléno-huméral supérieur et le ligament coraco-huméral (Taylor et al. 1997). Harryman a montré que l'intervalle des rotateurs joue un rôle important dans la stabilisation de l'épaule en limitant les déplacements inférieurs et postérieurs (Harryman et al. 1992). Il existe deux types de lésion de l'intervalle des rotateurs : l'atténuation avec réaction synoviale ou la rupture nette (Nobuhara et al. 1987). La lésion de l'intervalle des rotateurs est nécessaire et concomitante au développement d'un évidement capsulaire inférieur élargi (« concept de cercle de blessures ») qui est typique d'une luxation récurrente avec une composante directionnelle antéro-inférieure (Warren et al. 1984, Schwartz et al. 1987).

Défauts osseux gléno-huméraux :

Les défauts osseux qui surviennent dans la glène et l'humérus lors des épisodes de luxation contribuent à l'instabilité récurrente. L'instabilité due au défaut glénoïdien se produit dans la gamme moyenne de mouvement, car dans cette gamme, la stabilité est donnée par la concavité glénoïdienne et l'effet de compression exercé par la musculature de l'épaule (Itoi et al. 2000). En revanche, l'instabilité due au défaut huméral se produit aux extrémités de l'amplitude de mouvement, car c'est là que les défauts huméraux peuvent s'engager avec le rebord glénoïdien, provoquant une instabilité. Les lésions osseuses glénoïdiennes surviennent dès le premier épisode de luxation dans 22 % des cas (Taylor et al. 1997), mais dans les cas de luxation récidivante, elles peuvent être observées dans 90 % des cas (Piasecki et al. 2009). Si la chirurgie est réalisée pendant la phase aiguë, des fragments d'os peuvent généralement être trouvés (Porcellini et al. 2005), alors que si la chirurgie est retardée de plus de 6 mois, ces fragments auront souvent été réabsorbés (Sugaya et al. 2005). Le défaut huméral se situe dans la tête humérale postérieure en cas d'instabilité antérieure, et il est connu sous le nom « d’encoche de Hill-Sachs ». Ce défaut huméral se produit lorsque l'humérus s'engage contre la glène pendant la luxation et la réduction et est déjà présent jusque chez 51 % des patients après le premier épisode de luxation. La perte osseuse doit être évaluée avec soin car si elle n'est pas traitée correctement pendant la chirurgie, elle peut entraîner l'échec de la chirurgie. Les patients sans défaut osseux ont un risque de récidive d'environ 4%, tandis que ceux ayant une perte osseuse ont un risque de récidive pouvant atteindre 67% (Burkhart et al. 2005).

Une étude biomécanique a montré qu'une perte glénoïdienne supérieure-inférieure de plus de 21 % de la longueur implique un risque élevé d'échec malgré une bonne réparation de la lésion de Bankart (Itoi  et al. 2000). D'autres cliniciens considèrent une perte de 25 % de la largeur de la glène comme la taille critique qui nécessite une attention supplémentaire et des procédures associées à la réparation chirurgicale de Bankart (Lo et al. 2004). Par conséquent, une perte de longueur supérieure-inférieure de 20 % ou une perte de largeur de 25 % ou plus au niveau de la partie antéro-inférieure de la glène nécessiterait la réalisation d'une procédure de greffe osseuse associée (Walch et al. 2000).

Altération de la proprioception :

Il existe deux théories qui tentent d'expliquer cette altération de la proprioception :

- Il y aurait une lésion ou une atteinte neurologique des éléments constitutifs de l'arc réflexe proprioceptif reposant soit sur les récepteurs eux-mêmes (mécanorécepteurs), soit sur les motoneurones qui complètent l'arc réflexe.

- Il existe une lésion primaire et / ou une insuffisance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires qui maintiennent les terminaisons afférentes sensorielles. Il en résulterait une perturbation de la détection des signaux de stress de pression et d'élongation, et une altération du signal serait transmise par les canaux afférents sensoriels.

Bien qu'il n'existe pas de travaux contrastés prouvant la certitude de la première théorie, la lésion capsulaire ("la déformation plastique") définie comme "redondance" a été confirmée par divers auteurs, comme déjà noté (Bigliani et al. 1996 ; Speer et al. 1994 ; McMahon et al. 1998 ; McMahon et al. 2001). Par conséquent, un retard ou un manque de coordination de la réponse musculaire correspondante se produit (Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997).

Les résultats de diverses études nous permettent de constater que les capteurs capsulaires ne sont pas altérés ou lésés en cas d'instabilité (Tibone et al. 1997 ; Bigliani et al. 1997 ; Blasier et al. 1994 ; Carpenter et al. 1998 ; Zuckerman et al. 1999). Ceux-ci ne sont pas non plus modifiés par l'âge ou la chirurgie. Il existe certes une altération de la fonction proprioceptive chez les patients aux épaules instables, démontrée par différents auteurs par un retard dans la détection des mouvements passifs, notamment de rotation externe mais elle n'est pas liée à des modifications des capteurs (Tibone et al. 1997 ; Bigliani et al. 1997 ; Blasier et al. 1994 ; Carpenter et al. 1998 ; Zuckerman et al. 1999).

En résumé, le dysfonctionnement proprioceptif serait produit par une production du signal retardée due à des altérations structurelles au niveau de la capsule ( Jerosch et al. 1993 ; Jerosch et al. 1997). Dans l'épaule instable se serait produite une blessure et/ou une défaillance des éléments stabilisateurs capsulo-ligamentaires passifs. C'est à ce niveau que se trouvent les terminaisons afférentes sensorielles. En raison de cette blessure, il résulte une perturbation de la détection des signaux de pression, de stress et de l'allongement par les canaux sensoriels afférents. Cette perturbation prend la forme d'une réponse musculaire retardée et/ou non coordonnée, provoquant la perte de la congruence articulaire. Il s'agirait de la perturbation de la chaîne patho-mécanique qui altère le mécanisme de proprioception et provoque une instabilité ou une chaîne de luxation récurrente. Le tableau s'aggraverait avec une augmentation des dommages capsulo-labraux et un élargissement de l'évidement capsulaire (Zuckerman et al. 2003).

INCIDENCE

L’articulation gléno-humérale représente l’articulation du corps humain la plus souvent luxée, ce qui peut entraîner des luxations ou des subluxations récurrentes (Kazar et al. 1969). Environ 1% à 2% de la population générale connaîtra une luxation gléno-humérale au cours de sa vie (Gottschalk et al. 2016). En particulier, les hommes jeunes et actifs de moins de 30 ans, qui ont un risque accru d'instabilité récurrente (Heidari et al. 2014 ; Zacchilli et al. 2010). Près de la moitié de toutes les luxations de l'épaule (48,6%) se produisent chez les patients de 15 à 29 ans, avec le taux le plus élevé de luxations récurrentes (64%) chez ceux âgés de moins de 30 et un rapport de taux d'incidence homme-femme de 2,64 (Zacchilli et al. 2010).

La luxation antérieure représente 96 % des cas et est souvent le résultat de mécanismes indirects impliquant le plus souvent des mouvements forcés ayant des degrés variés d’abduction, de rotation externe et d’extension. L'exemple classique est celui de la chute dirigée en arrière avec réception main tendue (Chang et al. 2020).

La luxation postérieure est la 2e direction de luxation la plus fréquente, représentant 2 à 4 % des cas. Les luxations postérieures sont généralement dues à des mécanismes indirects tels qu'un choc électrique ou des convulsions, provoquant la contraction des rotateurs internes (relativement plus forts dans l'épaule) :  muscles grand dorsal, grand pectoral et subscapulaire (Chang et al. 2020).

Instabilité antérieure VS instabilité postérieure :

Une étude sur l'instabilité de l'épaule réalisée par le Multicenter Orthopedic Outcomes Network (MOON) Shoulder Instability Group (Kraeutler et al. 2018) a conclu que la plupart des patients qui subissent une chirurgie de stabilisation de l'épaule sont au début de la vingtaine ou moins, et que l'instabilité antérieure est plus fréquente que l’instabilité postérieure. Ces résultats ont également été trouvés par de nombreuses autres études (Bernhardson et al. 2019 ; Kane et al. 2015 ; Owens et al. 2007). Bien que l'instabilité postérieure ne soit pas aussi courante, certains sous-groupes ont une prévalence élevée, notamment les haltérophiles, les joueurs de football et les joueurs de rugby (Frank et al. 2017 ; Lanzi et al. 2017).

Les symptômes de présentation de l'instabilité antérieure sont très différents de l'instabilité postérieure. Une étude de cohorte de Bernhardson et al comparant les résultats de l'instabilité antérieure et postérieure entre 200 patients a déterminé que les patients présentant une instabilité antérieure se présentent généralement après un mécanisme identifiable de blessure (nécessitant une réduction par un médecin) et des plaintes d'instabilité (Bernhardson et al. 2019). D'autre part, les patients présentant une instabilité postérieure présentaient principalement de la douleur, mais aucun mécanisme de blessure ni plainte d'instabilité. Cela se produit fréquemment dans le cadre de microtraumatismes répétitifs, tels que le développé couché à long terme, le banc incliné ou les pompes. Ainsi, les haltérophiles, les joueurs de football et les joueurs de rugby ont une prévalence plus élevée d'instabilité postérieure de l'épaule (Frank et al. 2017 ; Lanzi et al. 2017).

Dans leur étude de 2021, Vopat et al indiquent que dans l'ensemble, les patients présentant une instabilité antérieure de l'épaule étaient 2,31 fois plus susceptibles d’atteindre un RTS que les patients présentant une instabilité postérieure. Même si les patients présentant une instabilité antérieure étaient plus susceptibles d’atteindre un RTS, ils avaient toujours un risque 1,53 fois plus élevé de souffrir d'instabilité postopératoire (Vopat et al. 2021).

A noter que les auteurs ont remarqué dans leur étude que les hommes étaient significativement plus susceptibles d'avoir une instabilité antérieure de l'épaule tandis que les femmes étaient significativement plus susceptibles d'avoir une instabilité postérieure de l'épaule (Vopat et al. 2021).

Vous avez terminé l'introduction à la pathologie ? Passez à la suite !
Voir le diagnostic/ bilan

Bilan

DIAGNOSTIC D’UNE INSTABILITE ANTERIEURE

Lors de l'évaluation d'un patient chez qui on suspecte une instabilité de l'épaule, il est essentiel d'obtenir une anamnèse détaillée et précise. Il faut demander au patient de décrire le moment déclencheur, le mécanisme lésionnel et la position de l'épaule lors d’un éventuel traumatisme : le thérapeute tentera de discerner une vraie luxation d'un événement de subluxation. Il déterminera également :

- Si le patient a eu recours à une réduction médicalement assistée ou à une réduction autonome

- Le temps écoulé depuis l'événement initial

- La fréquence des événements d'instabilité

- La perturbation fonctionnelle causée par l'instabilité.

Une anamnèse approfondie doit également évaluer le niveau d'activité (y compris les sports avec ou sans contact), tout traitement antérieur (Owens et al. 2011), les antécédents professionnels et le statut actuel de l'emploi, la main dominante, tout antécédent de blessure/traumatisme à l'épaule(s) et/ou au cou, et tout antécédent chirurgical pertinent.

Les patients souffrant d'une instabilité antérieure présentent souvent des douleurs qui surviennent en fin de mouvement et ils se plaignent souvent d'une sensation d'instabilité imminente lorsque le bras est en position d'abduction et de rotation externe.

Plusieurs facteurs dans l'anamnèse peuvent suggérer que la perte de l'os glénoïde est l'étiologie la plus probable de l'instabilité, y compris un événement initial à haute énergie impliquant une charge axiale sur la glène (Burkhart et al. 2000), des plaintes d'instabilité dans les zones médianes du mouvement (20 à 60 degrés d'abduction) (Owens et al. 2011) ou des luxations récurrentes survenant lors d'activités simples de la vie quotidienne.

Également une suspicion clinique accrue est justifiée dans le cadre d’antécédents de convulsions ou de chocs électriques, de polytraumatisme dans lequel l'instabilité de l'épaule a été négligée ou manquée (Varacallo et al. 2021). Des cas de subluxations récurrentes à basse énergie peuvent être suspectées si le patient se plaint d’épisodes d'instabilité de l'épaule pendant le sommeil, pouvant indiquer une instabilité plus complexe impliquant une perte osseuse importante (Varacallo et al. 2021). Les cliniciens doivent rechercher toute comorbidité médicale ou antécédents familiaux de troubles du tissu conjonctif sous-jacents ou d'hyperlaxité généralisée à l'examen.

EXAMEN PHYSIQUE

Un examen musculosquelettique complet doit être effectué, comprenant une inspection, une palpation, un test d'amplitude de mouvement (ROM), une évaluation de la force motrice, un état neuro-vasculaire et des tests de provocation.

Pour évaluer la laxité par rapport à l'instabilité, il faut examiner l'épaule controlatérale à la recherche de similitudes, ou pour détecter une hyperlaxité ou une instabilité multidirectionnelle. Par ailleurs, l'hypermobilité devra également être évaluée au niveau des autres articulations du corps.

Sur base des 5 tests de laxité articulaire proposés par Carter et Wilkinson (Carter et al. 1964), le thérapeute peut effectuer un examen généralisé de la laxité articulaire à la fois des membres supérieurs et des membres inférieurs :

1. Apposition passive du pouce sur la face palmaire de l'avant-bras

2. Hyperextension passive des doigts qui viennent se placer parallèlement à la face dorsale de l'avant-bras.

3. Hyperextension du coude supérieure à 10°

4. Hyperextension du genou supérieure à 10°

5. Dorsiflexion passive excessive de la cheville et éversion du pied

De manière générale, un point est attribué à chaque composante avec un score total sur cinq pour chaque côté. Un score de plus de 3 points incluant les articulations des membres supérieurs et inférieurs est généralement fixé comme critère de laxité articulaire généralisée Carter et al. 1964 ; Morita et al. 2017).

Pour rappel, les sujets présentant une laxité accru de l'articulation de l'épaule sont plus enclins à l'instabilité lors d'événements traumatiques mineurs (Lewis et al. 2004). De nombreuses études ont rapporté la présence d'une hyperlaxité articulaire généralisée chez les patients présentant une instabilité antérieure de l'épaule (Dubs et al. 1988 ; Caplan et al. 2007 ; Cooper et al. 1992).

Dans leur étude de 2017, Wataru et al. soulignent la difficulté de l'évaluation de la laxité de l'épaule par un seul test. L'avantage de combiner plusieurs tests cliniques a été discuté dans le diagnostic de l'instabilité de l'épaule (Farber et al. 2006 ; van Kampen et al. 2013) et devrait également être discuté pour la laxité de l’épaule l'épaule (Wataru et al. 2017).

Pour détecter une hyperlaxité de l’articulation gléno-humérale, le thérapeute peut effectuer plusieurs tests comme le test d'hyper-abduction de Gagey, le sulcus test, le test du tiroir antéro-postérieur modifié et le test de RE en R1.

L'inspection générale du patient doit également inclure l'évaluation des cicatrices chirurgicales antérieures, des déformations et de l'atrophie musculaire. Le muscle deltoïde présente souvent une atrophie dans les cas de luxations chroniques, atrophie qui se caractérise par la proéminence de l'acromion et l'écrasement de l'épaule. Cette atrophie du deltoïde peut être due à une lésion du nerf axillaire. Les résultats peuvent être assez subtils, en particulier chez les patients obèses (Varacallo et al. 2021).

Une atrophie au-dessus de l'épine scapulaire peut indiquer une lésion du supra-épineux. Une atrophie isolée de l'infra-épineux peut indiquer un piégeage du nerf supra-scapulaire au niveau de l'encoche spino-glénoïde. Il faut également évaluer la scapula pour voir si elle est ailée (Owens et al. 2011).

La palpation de la ceinture scapulaire peut fournir des informations précieuses. La sensibilité de la face antérieure de l'articulation gléno-humérale est fréquente chez les patients présentant une instabilité antérieure. Les amplitudes actives et passives de l'épaule doivent être documentées dans plusieurs positions, y compris la flexion, l'abduction et la rotation interne et externe coude au corps et à 90° d’abduction.

Un examen moteur et sensoriel complet doit également être effectué. Chez le patient plus âgé, un examen complet de la coiffe des rotateurs doit être effectué car plus de 50 % des patients âgés de plus de 40 ans développent une déchirure de la coiffe des rotateurs à la suite d'une luxation de l'épaule, et l'incidence continue d'augmenter avec l'âge (Simank et al. 2006). Des tests provocateurs doivent être utilisés pour évaluer l'instabilité de l'épaule comme l’apprehension test,  le relocation test et le surprise test.

Test d'appréhension :

Relocation test :

Surprise test :

DIAGNOSTIC DE LA LUXATION ANTERIEURE

Il est quasiment impossible de passer à côté d’une luxation antérieure. Elle est donc souvent diagnostiquée cliniquement compte tenu de son aspect classique.

Les patients présentent normalement le bras en adduction et en rotation interne, montrant une perte du contour deltoïde normal (Watson et al. 2016). Un sillon postérieur ou un vide gléno-huméral peut être visible, et la tête humérale peut être palpable en avant. Les radiographies peuvent être utilisées pour confirmer le diagnostic, ainsi que pour visualiser les dommages concomitants à l'os.

En général, les radiographies avant la réduction de l'épaule ne sont pas nécessaires sauf si l'une des trois conditions suivantes est remplie :

- âge supérieur à 40 ans

- première luxation

- mécanisme traumatique de la blessure

Si ces 3 facteurs sont négatifs, il existe une valeur prédictive négative de 96,6 % pour la fracture associée (Émond et al. 2004).

Les radiographies standards pour aider aux diagnostics initiaux, ou dans l'évaluation post-réduction, sont les suivantes : vues antéro-postérieures en rotation neutre, externe et interne, une vue latérale ou « Y » dans le plan scapulaire et une vue axillaire (Pollock et al. 1993). La tomodensitométrie (TDM) n'est pas systématiquement utilisée au départ, sauf pour mieux évaluer la perte osseuse chez les luxations primaires, si une intervention chirurgicale est nécessaire. Une angiographie TDM pour identifier une possible lésion vasculaire.

L'IRM est la meilleure imagerie pour les pathologies des tissus mous, telles que les lésions du labrum, du nerf axillaire ou de la capsule de l'épaule, mais elle est rarement utilisée car l'anamnèse et l'examen physique fournissent la plupart des informations essentielles (Pollock et al. 1993).

COMPLICATIONS ASSOCIEES

Atteinte osseuse :

L'évaluation des lésions osseuses avant la réduction est nécessaire car les fractures humérales peuvent entraîner des complications et des dommages supplémentaires. Une lésion relativement fréquente associée aux luxations antérieures de l'épaule implique la tête postérolatérale de l'humérus qui impacte la glène antéro-inférieure, provoquant une dépression corticale de la tête postérolatérale de l'humérus, connue sous le nom de lésion de Hill-Sachs (Hill et al. 1940). La prévalence des lésions de Hill-Sachs était de 54 % dans une étude à grande échelle des luxations antérieures (Hovelius et al. 1996). De la même manière, une lésion osseuse de Bankart survient lorsque le bord antérieur de la glène inférieure est endommagé par le déplacement de la tête de l'humérus. La prévalence des lésions de Bankart dans les luxations antérieures de l'épaule a été rapportée à environ 73 % dans deux études (Widjaja  et al. 2006 ; Horst et al. 2014). Un défaut de plus de 20 % de la zone est considéré comme « critique » et doit être traité chirurgicalement. La détection de ces lésions est intéressante étant donné leur association avec un risque accru de luxation récidivante.

Cependant, il a été démontré que les scores ISIS (Indice de gravité de l’instabilité) inférieurs ou égaux à 6 ne sont pas utiles pour prédire un risque accru de récidive à moyen terme (Iban et al. 2019). Toutefois une étude de cas-témoins en 2019 a démontré que l'Instability Severity Index Score (ISIS) est un outil validé permettant d'évaluer le taux de récidive de luxation après une chirurgie arthroscopique chez les patients présentant une instabilité de l'épaule. Dans leur étude, la stabilisation arthroscopique chez les patients avec un indice de gravité d'instabilité ≤ 3 est associée à un risque significativement plus faible de récidive de l'instabilité gléno-humérale par rapport à celui des patients avec un indice de sévérité d'instabilité > 3 points (Loppini et al. 2019).

Pour rappel, le score ISIS a été développé pour aider les chirurgiens dans la sélection du « bon » patient pour l’intervention de Bankart sous arthroscopie dans l’instabilité antérieure récidivante de l’épaule (Balg et al. 2007).

Les facteurs de risque suivants ont été intégrés dans ce score préopératoire de 10 points :

- Âge du patient inférieur à 20 ans au moment de la chirurgie

- Participation à des sports de compétition ou de contact ou à des activités impliquant une activité avec les bras au-dessus de la tête

- Hyperlaxité de l'épaule

- Lésion de Hill-Sachs présente sur une radiographie antéropostérieure de l'épaule en rotation externe

- Perte du contour glénoïdien inférieur

Les luxations de l'épaule avec fractures concomitantes sont fréquemment associées à une lésion vasculaire puisque seulement 1% des patients présentant une lésion vasculaire ne présentent aucune lésion osseuse (Sparks et al. 2000). Compte tenu de ces associations, l'évaluation des lésions osseuses dans les luxations de l'épaule est importante pour déterminer les stratégies de gestion appropriées.

Atteinte nerveuse :

Des lésions nerveuses surviennent également en association avec les luxations de l'épaule. La perte axonale après une luxation antérieure s'est avérée être de 45 à 48%, avec des facteurs de risque notables d'âge, d'ecchymoses et de fractures (Visser et al. 1999 ; de Laate et al. 1994). Le nerf axillaire est le plus souvent affecté compte tenu des rapports étroits qu’il développe avec l’articulation gléno-humérale. Initialement, le diagnostic n’est pas aisé, car la recherche de troubles de la sensibilité du moignon de l’épaule est peu discriminative “à chaud”. C’est le déficit moteur du deltoïde associé à une amyotrophie rapide qui est le plus évocateur dans les jours ou semaines qui suivent la luxation. Un électromyogramme sera demandé à 3 semaines de l’accident en cas de doute.

La “triade terrible” de l’épaule associe luxation antérieure récidivante, rupture de la coiffe des rotateurs et paralysie complète du nerf axillaire (Simonich et al. 2003).

Moins fréquemment, le plexus brachial peut être blessé à la suite d'une traction latérale produite par la luxation. Les types de dommages dépendent de la position humérale au moment de la luxation. L'abduction et la rotation interne peuvent endommager toutes les faisceaux tandis que l'extension du coude et du poignet sont associées à une lésion du faisceau médial. Les faisceaux postérieur et médial peuvent tous deux être impactés par luxation avec flexion du coude (Cutts et al. 2009).

Atteinte vasculaire :

Les lésions vasculaires sont des complications rares mais émergentes des luxations de l'épaule. La section de l'artère axillaire, une complication rare mais majeure de la luxation de l'épaule, laisse présager une morbidité élevée si elle n'est pas correctement reconnue (Magister et al. 2018). L'incidence des lésions artérielles avec luxation a été rapportée à 2% (Stayner et al. 2000). Bien que les problèmes vasculaires soient plus fréquents dans les luxations des patients âgés ou atteints d'athérosclérose, ils peuvent survenir chez des personnes de tout âge (Visser et al. 1999). Dans une revue concernant 90 personnes ayant eu une luxation antérieure, la morbidité était de 50 % lorsque la réduction était réalisée quelques semaines après la luxation (Calvet et al. 1942). La détection d'une lésion vasculaire implique généralement une diminution du pouls et un hématome axillaire saillant, bien que la circulation collatérale puisse fournir un remplissage capillaire malgré une lésion artérielle (Maweja et al. 2002). En cas d’une diminution du pouls ou d’une diminution de la température cutanée, une angiographie est recommandée pour évaluer correctement l'état vasculaire.

Déchirures de la coiffe des rotateurs :

Lorsque le premier épisode de luxation survient après 40 ans, le risque de rupture de la coiffe des rotateurs devient significatif du fait de la perte d’élasticité naturelle des tissus (Walch et al. 1987). C’est le tendon supra-épineux qui est le plus souvent concerné, parfois en association avec l’infra-épineux. Les déchirures de la coiffe des rotateurs se produisent à côté des luxations à une fréquence allant de 7 à 32 %, les personnes plus âgées étant plus fréquemment touchées (Imhoff et al. 2010 ; Simank et al. 2006 ; Berbig et al. 1999). Au moindre doute, cette complication sera systématiquement recherchée par l’examen clinique et une imagerie adaptée.

Chez le sujet âgé, la rupture de la coiffe des rotateurs peut préexister à l’instabilité ou en être la conséquence directe. Il s’agit le plus souvent de ruptures étendues et rétractées, concernant au moins 2 tendons. L’infiltration graisseuse est alors fréquemment significative. La rupture de la coiffe, souvent massive, peut être la conséquence d’un premier épisode d’instabilité antérieure chez une personne âgée. Dans d’autres cas, la rupture étendue de la coiffe survient de façon plus chronique, au décours d’une instabilité récidivante, qu’elle aggrave. La rupture étendue de la coiffe peut être elle-même source de récidives fréquentes, provoquant alors un tableau d’instabilité majeure de l’épaule.

PRONOSTIC

La re-luxation de l'articulation scapulo-humérale est encore très fréquente après un traitement approprié, avec dans certaines études des taux de récurrence supérieurs à 70% (Rowe. 1956 ; Wheeler et al. 1989 ; Bottoni et al. 2002).

Lorsqu’on s’intéresse à la physiopathologie des traumatismes dans des sports de type rugby (Crichton et al. 2012) ou dans des sports de lancer (Asker et al. 2018), on ne retrouve pas de facteurs prédictifs permettant de mettre en place des programmes de prévention d’un premier épisode de luxation. En effet dans leur revue systématique et méta-analyse de 2015 Olds et al. rapportent les facteurs de risques suivants :

- Une âge de ≤ 40 ans augmente le risque de récidive par 13

- Le fait d’être un homme augmente le risque de récidive par 3

- Le fait de présenter une fracture du tubercule majeur diminue le risque de récidive par 7

- Le fait de présenter une hyperlaxité augmente le risque de récidive par 3

Par conséquent, il est clair qu’un thérapeute ne peut s’appuyer sur ces facteurs de risques non modifiables pour mettre en place des programmes de préventions efficaces.

Concernant l’âge, une étude portant sur 15 246 luxations antérieures de l'épaule a révélé une récidive globale de 28,7 %. Le taux de récidive de luxation était plus élevé chez les soldats de moins de 40 ans (Kardouni et al. 2016). Une autre étude portant sur 154 luxations antérieures de l'épaule a retrouvé une tendance similaire, avec un taux de récidive de 68 % chez les patients de moins de 20 ans, 54 % chez les patients de moins de 30 ans et seulement 12 % chez les patients de plus de 30 ans (Vermeiren et al. 1999).

Une étude de 2020 sur 654 patients avec un suivi moyen de 11,1 ans a établi des pourcentages de risques en fonction de l’âge. Par rapport au premier épisode de luxation, les auteurs ont démontré que chaque année de moins (par rapport à 40 ans) augmente le risque de récidive de 4,1 % et de chirurgie de 2,8% (Leland et al. 2020).

Dans leur étude de 2019, Olds et al. se sont concentrés uniquement sur les sujets qui se sont re-luxés l’épaule dans l'année suivant l'événement initial et ont trouvé un taux de récidive de 36 % (Olds et al. 2019). Le caractère commun des luxations antérieures récurrentes de l'épaule peut être attribué aux déformations de l'anatomie de l'épaule présentes après la luxation initiale. Ces déformations causées par des blessures comprennent une laxité anormale de la capsule articulaire et des muscles environnants, des déformations de la tête de l'humérus et une contracture des muscles entourant l'articulation gléno-humérale (Hovelius et al. 1996 ;  Olds et al. 2019 ; Olds et al. 2015).

L’encoche de Malgaigne constitue une lésion au niveau de la tête humérale qui est retrouvée dans 70 à 95% des cas après une première luxation (Shin et al. 2016). Étant donné que cette encoche est retrouvée quasiment systématiquement dans la littérature, il n’a pas été initialement supposé qu’elle puisse influencer le risque d’instabilité après le premier épisode de luxation. Toutefois, Shin et al. en 2016 ont démontré que le positionnement et la taille de l’encoche peuvent augmenter l’instabilité (Shin et al. 2016).

Les lésions ligamentaires et labrales, retrouvées dans 95% des cas après une première luxation, ainsi que les lésions glénoïdiennes, retrouvées dans 30 à 70% des cas après une 1er épisode de luxation, augmentent le risque d’instabilité de l’épaule (Shin et al. 2016).

Les luxations antérieures de l'épaule qui surviennent ultérieurement augmentent le risque de perte osseuse glénoïdienne, exacerbant les déformations de l’épaule déjà présentes après la blessure initiale (Milano et al. 2011). Une évaluation de 714 athlètes a constaté une perte osseuse glénoïdienne de 6,8% après un premier événement d'instabilité antérieure de l'épaule et une perte osseuse glénoïdienne totale de 22,8% dans le cadre d'une instabilité récurrente (Dickens et al. 2019).

Une étude primaire évaluant les luxations récidivantes en cas de perte osseuse glénoïdienne a retrouvé des taux de récidive similaires au reste de la littérature, avec un taux de 27% chez les patients de plus de 30 ans et un taux de 72% chez les patients de moins de 23 ans (Hovelius et al. 1996) .

En outre, des études plus récentes, y compris une revue systématique et une méta-analyse, ont révélé que l'âge plus jeune des patients, le sexe masculin, l'hyperlaxité de l'articulation gléno-humérale, des niveaux d'activité plus élevés, une douleur accrue et des niveaux plus élevés de peur d'une nouvelle blessure augmentent également le risque de récidive de luxation (Hovelius et al. 1996 ; Olds et al. 2019).

Une enquête distincte a observé des luxations récurrentes en raison de facteurs anatomiques et a révélé que l’angle de contention huméral et le rapport hauteur/largeur de la glène étaient des facteurs de risque significatifs (Hong et al. 2019). En effet, un angle de contention huméral plus petit (< 64° = cut-off) est associé à un risque d’instabilité plus élevé ; et les personnes dont le rapport hauteur/largeur de la glène était supérieur à 1,58 (glène plus haute et plus fine) présentaient un risque de blessure 2,64 fois plus élevé que celles dont le rapport était inférieur à 1,58 (Hong et al. 2019)

Dans une récente étude de 2020, Olds et al ont développé le « Predicting Recurrent Instability of the Shoulder » (PRIS) qui est un outil permettant d’aider le praticien à prédire quels patients sont moins susceptibles de souffrir d'instabilité de l'épaule dans l'année suivant la première luxation traumatique antérieure de l'épaule (Olds et al. 2020). Il est pertinent de s’intéresser aux différents facteurs de risques qui ont été utilisés pour développer cet outil ; l’âge, les lésions osseuses de Bankart, l'immobilisation après une luxation, la luxation de l'épaule du côté dominant, la kinésiophobie (peur du mouvement et des blessures), la douleur et le handicap perçus.

Vous avez terminé le diagnostic/bilan ? Passez à la prise en charge !
Voir la prise en charge

Prise en charge

À noter : Retrouvez des exemples de prises en charge en vidéos en fonction de l'irritabilité du patient en bas de cette page

REDUCTION

La gestion rapide des luxations antérieures de l'épaule est absolument essentielle pour des résultats optimaux pour les patients, car il existe un risque élevé de réduction instable si l'épaule n'est pas traitée pendant plus de 24 heures après la blessure initiale (Hovelius et al. 1996). Une réduction précoce conduit également à une réduction du risque de spasme musculaire et de manipulation dommageable des structures neurovasculaires de l'épaule (Christofi et al. 2007).

Bien qu'il existe un consensus clair concernant la chronologie de la réduction de la luxation antérieure de l’épaule, la méthode optimale de réduction est moins évidente. Il existe plus de 20 méthodes différentes de réduction de l'épaule avec des variations de traction, de levier et de manipulation scapulaire ; cependant, aucune méthode de réduction optimale n'a été établie (Alkaduhimi et al. 2016 ; Kuhn et al. 2006).

Le choix d'une méthode de réduction par un clinicien est principalement basé sur les préférences personnelles et la capacité du patient à maintenir son épaule dans la position appropriée (Kuhn et al. 2006 ; Doshi et al. 2014 ; Riebel et al. 1991). En vue de la sédation procédurale pour la réduction de la luxation, une combinaison d'un narcotique et d'une benzodiazépine, avec ou sans addition de propofol, est le plus souvent utilisée (Hatamabadi et al. 2015).

Il a récemment été démontré que le rémifentanil avait une efficacité analgésique égale et un délai d'action plus court par rapport à l'association de propofol et de fentanyl, mais présentait également des taux d'apnée significativement plus élevés (Kasmaee et al. 2019).

Le méthoxyflurane inhalé, lorsqu'il est utilisé dans le service d'urgence pour les luxations de l'épaule, s'est récemment avéré avoir un temps de récupération plus court et être d'une efficacité égale à celle du propofol (Umana et al. 2019).

IMMOBILISATION

Plusieurs études ont étudié les techniques d'immobilisation optimales pour la gestion des luxations antérieures de l'épaule. Une de ces études a démontré que le risque de récidive de la luxation n'était pas influencé par la forme d'immobilisation choisie. En effet, il a été constaté que les patients qui portaient une écharpe standard, jusqu'à ce qu'ils se sentent à l'aise sans elle, présentaient des résultats à long terme tout aussi efficaces que les patients avec des formes formelles d'immobilisation (Hovelius et al. 1996).

Une méta-analyse a trouvé que l'immobilisation pendant plus d'une semaine après une luxation antérieure de l'épaule n'améliore pas le risque de récidive. La même étude démontre également une légère diminution des taux de récidive de luxation avec l'immobilisation en rotation externe par rapport à la rotation interne (Smith et al. 2015).

Cela peut être dû à une séparation moindre du labrum déchiré et à une force de contact labrum-glénoïde accrue dans les lésions de Bankart lorsque l'épaule affectée est fixée à l'extérieur (Itoi et al. 2001 ; Miller et al. 2004). Bien que ces résultats soient prometteurs, l'immobilisation en rotation externe peut être une position plus inconfortable pour les patients, posant des difficultés temporaires dans les activités quotidiennes. Ceci doit être pris en considération lors du choix de la meilleure forme d'immobilisation pour un patient.

Cependant, les rapports concernant la rotation externe ne sont pas unanimement favorables. Une revue de la littérature sur la position d'immobilisation après des luxations antérieures traumatiques de l'épaule a montré que la rotation externe n'avait pas de supériorité sur la rotation interne (Gutkowska et al. 2017).

Bien que la rotation externe ait entraîné une meilleure coaptation du labrum et de la fosse glénoïdienne, il n'y avait pas de différences significatives dans les taux de récidive de luxation ou concernant la qualité de vie des patients. Il est supposé que l'immobilisation en rotation externe peut être la méthode de choix pour les patients présentant une lésion labro-ligamenteuse spécifique avec luxation antérieure de l'épaule, mais les conclusions étayées par la recherche restent à déterminer (Gutkowska et al. 2017).

Il a été suggéré que l'immobilisation en rotation externe ne devrait être envisagée que chez des patients hautement motivés et compliants qui sont informés de l'inconfort et des difficultés possibles dans les tâches quotidiennes pendant l'utilisation de l’attelle. Enfin, les patients à forte demande d’activité physique, y compris les athlètes professionnels, devraient subir une évaluation IRM avant l'immobilisation pour toute lésion potentielle des tissus mous, telle qu'une déchirure du muscle sous-scapulaire, ce qui éliminerait la possibilité d'une immobilisation en rotation externe (Gutkowska et al. 2017).

Dernièrement, une étude de 2020 sur 50 patients a révélé que l’immobilisation en rotation externe montrait une amélioration significative par rapport à la rotation interne pour les luxations récurrentes dans le sous-groupe d'âge 20-40 ans (Murray et al. 2020).

Traitement chirurgical VS traitement conservateur

Les stratégies de gestion des luxations incluent souvent des options chirurgicales. Pour les patients de moins de 30 ans, le traitement non chirurgical a été associé à des taux significativement plus élevés de luxation récurrente en dehors des jeunes adolescents (Jakobsen et al. 2007 ; Mahure et al. 2018).

Une étude, sur 10 ans, a déterminé que les patients traités de manière conservatrice présentaient un taux de récidive de 62 % contre 9 % chez les patients ayant subi une réparation chirurgicale (Jakobsen et al. 2007). La réparation chirurgicale est une option attrayante pour les patients à haut risque ayant subi une luxation antérieure de l'épaule traumatique, âgés de 21 à 30 ans et qui participent à des sports à haut risque (Kralinger et al. 2002).

En 2017, Boffano et al. ont proposé un algorithme de traitement après une première luxation antérieure de l’épaule. Les auteurs rapportent que pour toutes les premières luxations, la prise en charge non opératoire est privilégiée dans leur établissement. C'est notamment le cas des personnes présentant une instabilité multidirectionnelle ou une laxité accrue des tissus mous. La kinésithérapie et la modification de l'activité sont initialement testées dans cette population.

Les mesures conservatrices sont souvent largement préférées chez les patients plus âgés ou les patients plus jeunes qui ne sont pas activement engagés dans des activités avec les bras au-dessus de la tête, comme par exemple le baseball, le hurling ou les tractions. Cependant, comme mentionné plus haut, les patients plus jeunes et plus actifs sont connus pour avoir un taux de récidive plus élevé. Par conséquent, la chirurgie pour les luxations primaires chez cette population peut permettre une diminution des récidives (Boffano et al. 2017).

De nombreuses études ont été publiées sur les options de traitement chirurgical de la luxation de l'épaule. Une revue de 655 articles sur la chirurgie de l'instabilité de l'épaule a révélé que 10 des 31 procédures recevaient des recommandations de grade A ou B (Glazebrook et al. 2018). Ceux qui ont reçu le grade A en faveur de la recommandation comprenaient les procédures de Bankart ouvert, de Bankart arthroscopique et de Latarjet.

Pour les lésions de Bankart, la réparation chirurgicale a montré un grand succès dans la prévention des luxations récurrentes avec une faible morbidité chirurgicale et est suggérée comme étant supérieure à l'immobilisation conservatrice (Wen et al. 1999 ; Bock et al. 2018).

Dans leur revue systématique et méta-analyse, Hurley et al ont démontré que la réparation arthroscopique de Bankart a entraîné un taux de récidive 7 fois inférieur et un taux de retour au jeu plus élevé que la gestion conservatrice. Les auteurs ont donc conclu que la réparation arthroscopique de Bankart peut être recommandée pour être effectuée de manière routinière chez les patients présentant une première luxation et pratiquant un sport (Hurley et al. 2020).

L'instabilité récurrente après la réparation arthroscopique de Bankart était de 8,1 % et était associée à des patients plus jeunes, une atteinte bilatérale et une réduction fermée (réduction non chirurgicale) avant la réparation (Mahure et al. 2018).

Le taux d'échec global de la réparation Bankart, regroupé à partir d'une méta-analyse de 12 études, s'est avéré être de 13,7 % (Adam et al. 2018). Une étude analysant le succès de cette procédure a révélé que les échecs surviennent généralement en raison d'erreurs techniques ou d'une mauvaise sélection des patients. Compte tenu de cela, certains cliniciens suggèrent que la réparation chirurgicale de Bankart devrait être réservée aux patients présentant une instabilité antérieure unidirectionnelle, post-traumatique et un tissu ligamentaire bien développé (Warner et al. 1995).

De plus cette technique n'est pas suffisante si il y a également une blessure osseuse significative qui se produit lors de la luxation. Certains auteurs emploient l’image d’une balle de golf et de son tee.  Si le côté du tee de golf se casse, la balle de golf tombera du tee.

De même, dans l'épaule, si plus de 20% de la glène antéro-inférieure est manquante ou fracturée, alors la réparation labrale standard de Bankart ne permettra pas d'obtenir une épaule stable. Une lésion bipolaire, c'est-à-dire une perte d'os glénoïde plus un défaut osseux dans la tête humérale, sera également instable avec une simple une réparation labrale.

Concernant la procédure Latarjet, celle-ci consiste à transposer le processus coracoïde avec le tendon du biceps à travers le subscapulaire, devant la glène. Le docteur Patte a ajouté un système de verrouillage en venant fixer la capsule sur la coracoïde pour augmenter la stabilité. Cette technique est utilisée pour traiter la luxation récurrente et a démontré d'excellents résultats cliniques à long terme et un taux de retour au sport élevé (Gilat et al. 2020).

Les complications les plus courantes rapportées après la procédure de Latarjet sont l'hématome postopératoire, l'infection, la non-union de la coracoïde, le matériel douloureux ou lâche, la rigidité et la perte de rotation externe, la maladie articulaire dégénérative iatrogène, la rupture du sous-scapulaire et la récurrence de l'instabilité (Young et al. 2011 ; Hovelius et al. 2004 ; Hovelius et al. 2006 ; Burkhart et al. 2007 ; Banas  et al. 1993 ; Hovelius et al. 2001). Des lésions neurologiques peuvent survenir après l'intervention de Latarjet avec un taux pouvant aller jusqu’à 10 % (Banas  et al. 1993). Les lésions neurologiques les plus courantes concernent les nerfs musculo-cutanés et axillaires, mais des lésions du nerf supra-scapulaire dues au placement de la vis près de l'encoche spinoglénoïde ont également été rapportées (Maquieira et al. 2007 ; Shah et al. 2012 ; Griesser et al. 2013 ; Bhatia et al. 2013).

Burkhart et al. (2007) ont trouvé seulement 4 luxations récurrentes chez 102 patients dans la période postopératoire précoce. Young et Walch (Young et al. 2011) ont commenté plus de 2000 cas dans leur institution, avec un taux d'instabilité récurrente de seulement 1%, un retour au niveau de jeu pré-lésionnel de 83%, et, sur la base du score de Rowe, 76% des patients ont obtenu de bons résultats. La non-union est survenue chez environ 3 % des patients (Young et al. 2011).

Banas et al. (1993) ont trouvé un taux d'union de 82% dans le suivi à long terme de la procédure de Latarjet ; cependant, 14% des patients avaient une union fibreuse et de nombreux patients souffraient de douleurs dues soit au matériel, soit à l'union fibreuse elle-même. Ils ont constaté que 14% des patients ont dû être réopérés : 10% pour le retrait de la vis et 4 % pour la stabilisation.

De nombreux patients ont une rotation externe réduite après la procédure de Latarjet. Hovelius et al. (2001) ont trouvé une perte moyenne de 7,4° de la rotation externe en adduction et de 8° en abduction.

Ils ont affirmé que cela pouvait être réduit par une rééducation appropriée. Young et Walch (Young et al. 2011) n'ont pas trouvé de perte significative de la rotation externe dans leur population de patients, et attribuent cela à leur approche par division du subscapulaire, à la réparation de la capsule au moignon du ligament acromio-coracoïdien, et à leurs protocoles de rééducation postopératoire immédiate.

Dans leur étude de 2018, Bliven et al ont démontré que la procédure de Latarjet produit moins de récidives, de meilleurs résultats rapportés par les patients et un mouvement de rotation externe moins restreint que la réparation de Bankart (Bliven et al. 2018).

GESTION POST-OPERATOIRE

Après une chirurgie, le patient présente généralement des douleurs, des limitations de mobilités voire des raideurs, une diminution de la force musculaire, des défauts proprioceptifs, une appréhension…

De ce fait les objectifs du kinésithérapeute reposeront sur la recherche d’une indolence, d’une récupération des amplitudes physiologiques, d’une récupération des propriétés musculaires, d’une récupération d’un contrôle neuro-moteur efficace et de la restauration de la confiance dans l’épaule.

La règle des 3 P sera importante à respecter quelle que soit l’intervention chirurgicale : la rééducation se doit d’être Précautionneuse au départ pour respecter le délai cicatriciel, Progressive tout le temps et Puissante en fin de rééducation.

Le patient se doit également de respecter la règle des 3 P le concernant : Patience, Persévérance et garder un esprit Positif.

Comparaison des protocoles de rééducation post-opératoires entre le transfert de la coracoïde de Latarjet et la réparation arthroscopique de Bankart :

Quelle que soit la technique ou la stratégie utilisée pour traiter l'instabilité antérieure de l'épaule, le rôle de la rééducation postopératoire est essentiel pour obtenir une stabilité fonctionnelle et un retour à l'activité approprié (Damkjær et al. 2015 ; DeFroda et al. 2018 ; Fedorka et al. 2015).

De nombreux chirurgiens considèrent que les protocoles de rééducation postopératoire sont similaires (après un Bankart ou un Latarjet), étant donné que les deux procédures traitent l'instabilité antérieure de l'épaule (Beletsky et al. 2020).

Dans leur étude de 2020, Beletsky et al. ont comparé les protocoles de rééducation post-opératoire entre le transfert de la coracoïde de Latarjet et la réparation arthroscopique de Bankart (Beletsky et al. 2020).

Les auteurs ont indiqué que quelle que soit l’intervention chirurgicale, les protocoles de rééducation contiennent un degré élevé de variabilité en ce qui concerne les exercices recommandés et les objectifs de mouvement.

Ils soulignent toutefois qu’un bon nombre de variables et dates de début se produisent beaucoup plus tôt dans les protocoles Latarjet par rapport aux programmes Bankart. Par exemple, les auteurs rapportent des délais moyens plus longs pour la flexion passive complète (7,2 ± 2,4 vs 3,2 ± 2,4 semaines), la RE de 20° à 30° (3,6 ± 1,6 vs 1,5 ± 1. 8 semaines) et le mouvement scapulo-thoracique normal (14,7 ± 4,6 vs 9,3 ± 4,8 semaines) pour les protocoles de Bankart par rapport aux protocoles de Latarjet.

De plus, les protocoles de Bankart recommandent plus souvent l'immobilisation en écharpe que les protocoles de Latarjet (80 % contre 35,5 % ; P < 0,001).

Ces constatations peuvent contribuer aux métriques de retour au jeu plus précoces identifiées dans la littérature pour le Latarjet par rapport à la réparation arthroscopique de Bankart (32,4 ± 9,3 vs 19,6 ± 5,2 semaines) (Beletsky et al. 2020).

Après une opération de type Latarjet, il est essentiel d'établir une communication ouverte entre le patient, le chirurgien, et le kinésithérapeute. Le thérapeute doit comprendre le protocole de rééducation du chirurgien et apprécier la confiance qu’à le chirurgien dans la stabilité du greffon et de la réparation.

La plupart des programmes de rééducation postopératoire comportent 4 ou 5 phases qui guident le patient à travers un ensemble gradué d'exercices progressant de la ROM passive à la ROM active-assistée, et finalement au renforcement et aux exercices spécifiques au sport.

La phase initiale se concentrera en effet sur la protection et les exercices progressifs d'amplitude de mouvement pour assurer une guérison correcte des structures anatomiques réparées. Les phases suivantes seront axées sur la restauration et l'amélioration de la force et la fonction de la coiffe des rotateurs et des muscles scapulaires. En plus de l'amélioration de la force de ces muscles, il est important d'améliorer le temps de réaction (contrôle neuromusculaire) pour permettre une stabilité protectrice lors des mouvements à grande vitesse ou des mouvements durant desquels l'épaule à un risque de dislocation comme décrit précédemment (Fedorka et al. 2015).

Les diapositives suivantes présentent les recommandations de 2018 en rééducation post-op après une procédure Latarjet élaborées par le service de réadaptation sportive de l'UW Health et le groupe de médecins de médecine sportive de l'UW Health.

Phase 1

Phase 2 :

Phase 3 :

Phase 4 :

Phase 5 :

Faits intéressants, en 2014, Radwan et al ont rapporté qu’un déficit d'équilibre a été trouvé chez les athlètes présentant un dysfonctionnement de l'épaule. Selon les auteurs, les thérapeutes et les entraîneurs devraient envisager d'intégrer l'entraînement de l'équilibre en tant que composante intégrale de la stabilité du tronc dans la rééducation des athlètes présentant un dysfonctionnement de l'épaule (Radwan et al. 2014).

Également, il sera important de travailler sur la proprioception de l’épaule. Une étude a en effet démontré que 6 mois après la chirurgie, les patients avaient récupéré seulement 50% de leur proprioception et 100% à 12 mois. Or un athlète reprendra certainement le sport bien avant 1 an post op. Par conséquent, le thérapeute ne pourra pas se contenter de ce retour naturel de la proprioception mais devra travailler avec le patient pour accélérer le retour d’une proprioception normale (Zuckerman et al. 2003).

Il nous semblait intéressant de parler de l’étude épidémiologique descriptive de Beletsky et al. qui a comparé 183 programmes de rééducation post-opératoire (Beletsky et al. 2020).

Dates de début et objectifs de la ROM passive :

Beletsky et al indique que la ROM passive postopératoire a été démarrée à 0,8 ± 1,1 semaines en moyenne. L'atteinte de l'objectif de 60° de flexion passive d’épaule a pris en moyenne 1,1 ± 1,2 semaines, et la flexion passive complète de l’épaule a été atteinte en moyenne après 3,2 ± 2,4 semaines postopératoires.

Un objectif de RE de 20 à 30 ° était en moyenne atteint après 1,5 ± 1,8 semaines postopératoires, et le délai moyen pour atteindre une RE passive complète était de 6,5 ± 2,0 semaines après l'opération.

Enfin, le temps moyen pour obtenir une ROM passive complète dans tous les plans était de 8,4 ± 3,2 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Exercices et objectifs de ROM tardive :

Dans leur étude épidémiologique descriptive de 2020, Beletsky et al indiquent que la ROM active a commencé en moyenne à 5,2 ± 1,3 semaines, avec un objectif de ROM active complète à 10,2 ± 4,0 semaines après l'opération. Enfin, un mouvement scapulo-thoracique normal devait être atteint en moyenne à 9,3 ± 4,8 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Exercices de résistance et renforcement :

Beletsky et al indiquent qu’en moyenne, les exercices de résistance ont commencé à 7,7 ± 2,1 semaines après l'opération. Le renforcement en chaîne fermée a été initié à une moyenne de 9,2 ± 3,1 semaines postopératoires. Les exercices pliométriques ont débuté en moyenne 15,1 ± 1,6 semaines après l'opération. Les dates de début variaient selon l'exercice spécifique : les rotations internes et externes résistés ont été démarrées à une moyenne de 7,8 ± 2,2 semaines, les pompes étaient autorisées à une moyenne de 10,4 ± 2,0 semaines, l'entraînement avec haltères et poids libres à 10,5 ± 4,5 semaines, et lerenforcement léger des biceps de type curl à 10,4 ± 2,9 semaines après l'opération (Beletsky et al. 2020).

Activités spécifiques au sport :

Les auteurs indiquent que 20 protocoles (65%) ont fourni des recommandations spécifiques pour le retour à des activités sportives (bras en dessous de la tête), qui ont commencé en moyenne à 17 ± 2,8 semaines après l'opération. Cela a été comparé aux sports avec le bras au-dessus de la tête ou aux activités de lancer, pour lesquels 18 des protocoles (58%) recommandaient de commencer à une moyenne similaire de 17,1 ± 3,3 semaines.

Dans leur revue systématique de 2020, Bhavik et al ont indiqué que les patients atteignent l’amélioration médicale maximale à 1 an après une prise en charge chirurgicale de l'instabilité antérieure de l'épaule. Les auteurs soulignent que la majorité de cette amélioration se produit dans les 6 premiers mois postopératoires. Ils ont également rapporté un déficit postopératoire en rotation externe de 7 à 11° et que le RTS et l'instabilité récurrente sont survenus dans 75 % et 14 % des cas respectivement (Bhavik et al. 2020)

Bien que des délais généraux soient indiqués pour donner au thérapeute une référence à la moyenne, les patients progressent à des rythmes différents en fonction de leur âge, des blessures associées, de l'état de santé avant la blessure, de l'observance et de la compliance à la rééducation ainsi que de la gravité de la blessure. La taille et la localisation de la déchirure labrale ainsi que la quantité de la lésion osseuse peuvent également affecter le taux de la progression postopératoire.

Le Retour au Sport

RTS APRES GESTION CONSERVATRICE

Le délai entre la luxation et le retour à l'activité est une préoccupation majeure pour les patients et sera généralement la première question rencontrée par le médecin diagnostiqueur ou le kinésithérapeute.

Fait intéressant, la plupart des recommandations cliniques à cet égard sont basées sur des expériences anecdotiques individuelles au lieu de lignes directrices claires (Watson et al. 2016). La plupart des schémas thérapeutiques visant un retour efficace recommandent une courte période initiale d'immobilisation en simple écharpe entre 1 et 3 semaines (Owens et al. 2012 ; Varacallo et al. 2021).

Pour le retour à l'activité, certains cliniciens informent le patient que le retour est autorisé lorsque l'amplitude des mouvements et la force sont proches de la normale (Kuhn et al. 2006). Une étude de Watson et al. est d'accord avec cela, notant le consensus général selon lequel le patient doit être sans douleur avec une force scapulaire symétrique avant de revenir, survenant généralement dans les 2 à 3 semaines (Watson et al. 2016).

Cependant, cette notion a été contestée par une étude qui a montré que les patients qui sont revenus avant 6 semaines avaient des résultats significativement plus mauvais que les patients qui ont attendu plus de 6 semaines pour revenir (Simonet et al. 1984).

Bien qu'il n'existe actuellement aucun paramètre fondé sur des preuves sur la force de la coiffe des rotateurs avant le retour au sport, une étude de 2011 a révélé que la faiblesse de la force des rotateurs internes et externes était associée à une instabilité antérieure récurrente de l'épaule (Edouard et al. 2011). Cela suggère que la force symétrique de la coiffe des rotateurs entre les épaules peut être une recommandation judicieuse avant de permettre un retour complet au sport après une gestion conservatrice.

Toutefois nous verrons plus loin que ces facteurs purement physiques ne constituent qu’une partie de l’arbre décisionnelle dans le processus de retour au sport.

Délais de RTS APRES CHIRURGIE

Bien que le succès de la chirurgie de l'instabilité de l'épaule soit largement défini par l'absence de récidive, le temps de retour au sport est devenu un indicateur important et cliniquement significatif du succès après la stabilisation de l'épaule (Abdul-Rassoul et al. 2019)

Une revue systématique récente de 16 articles (Abdul-Rassoul et al. 2019) ont rapporté un taux de retour au sport de 97,5% et 83,6% après arthroscopie Bankart et Latarjet ouvert, respectivement. De plus, le délai de reprise du sport était de 5,07 mois pour Latarjet contre 5,9 mois après Bankart arthroscopique.

Bien que l'expérience du chirurgien, la technique chirurgicale et une multitude de facteurs liés au patient influencent fortement la capacité et le moment du retour au sport d'un athlète après la stabilisation de l'épaule, une composante peut-être plus discrète de cette métrique est la rééducation postopératoire.

Dans leur étude de 2020, Beletsky et al. ont indiqué que les protocoles de rééducation après un Latarjet ont permis une reprise du sport en moyenne de 19,6 ± 5,2 semaines, contre 32,4 ± 9,3 semaines dans les protocoles de Bankart rapporté par De Froda et al. (Beletsky et al. 2020 ; De Froda et al. 2018).

Beletsky et al. soulignent dans leur étude que les patients Latarjet subissent des programmes de mobilisation et d'exercices plus précoces qui peuvent contribuer à des temps de retour au sport plus précoces dans la littérature. Les auteurs émettent l'hypothèse que les chirurgiens peuvent être plus à l'aise avec la force de fixation initiale et la fiabilité de la cicatrisation osseuse par rapport à celles obtenues avec les techniques de réparation arthroscopique de Bankart. Par conséquent, cela peut se traduire par un processus de rééducation plus accéléré.

Les patients sont généralement capables de reprendre le sport entre 4 et 6 mois après la correction chirurgicale d'une luxation antérieure de l'épaule et la plupart sont capables d'atteindre un niveau d'activité pré-lésionnel (Clesham et al. 2019).

Une enquête sur 58 joueurs de football ayant subi une intervention chirurgicale pour des luxations de l'épaule a révélé que 98,7% ont pu reprendre le jeu pendant au moins 1 an sans blessure ultérieure (Pagnani et al. 2002).

Une autre étude portant sur 57 athlètes dans divers sports a révélé que tous les participants à l'étude étaient capables de reprendre le jeu et 66% d'entre eux ont déclaré que la réparation chirurgicale améliorait la fonctionnalité de leur épaule dans leur sport respectif par rapport à l'état préopératoire (Plath et al. 2015).

Sur 51 joueurs de baseball ayant subi une réparation arthroscopique de Bankart, le retour au jeu moyen était de 8,4 mois et ceux qui n'étaient pas en position de lancer montraient les meilleurs résultats (Park et al. 2019). Cette étude a également révélé que 90 % des athlètes ont pu participer à au moins un match avec une durée de suivi fixée à 24 mois.

Fait intéressant, en 2014, une équipe de chirurgiens de Besançon a démontré que pour le retour au sport, une chirurgie de Bankart en urgence (à J-15 de l’épisode) chez les athlètes de moins de 30 ans, présenterait un meilleur taux de retour au sport au même niveau ou à un niveau supérieur à celui antérieur à la blessure (Uhring et al. 2014).

Décision de retour au sport :

Que ce soit après un traitement conservateur ou chirurgical, il semble que la normalisation des facteurs purement physiques (force musculaire, amplitude, douleur, gonflement…) ne soit pas suffisante pour envisager un retour au sport dans les meilleures conditions.

La performance fonctionnelle est également un facteur important à évaluer chez le patient dans la prise de décision d’un retour au sport.

Quels tests le thérapeute peut-il proposer avant la reprise du sport ?

1) Le CKCUEST

2) L'ULRT

3) Le SMBT

Le thérapeute pourra également proposer au patient de réaliser d’autres tests fonctionnels comme par exemple un soulevé de terre à une main avec élévation au zénith. Bien entendu, en fonction du fait qu’il s’agit d’un sportif ou non, le thérapeute adaptera la charge. Toutefois, ces tests fonctionnels ne sont pas encore suffisants pour garantir un retour au sport.

Le thérapeute peut utiliser des scores. En effet, l'évaluation des résultats cliniques est essentielle pour évaluer l'efficacité du traitement et personnaliser les programmes de réadaptation, mais elle est également importante pour l'éducation des patients et leur engagement dans leurs propres soins au fil du temps (Lädermann et al. 2021).

Le WOSI et le score de Walch-Duplay sont des questionnaires auto-administrés qui viennent compléter les examens physiques pour une enquête précise du résultat objectif et subjectif fonctionnel après une chirurgie de stabilisation de l'épaule (Khiami et al. 2012). Le SANE (Single Assessment Numeric Evaluation) et le score de Rowe sont également fréquemment utilisés pour l'évaluation de l'instabilité de l' épaule (Lädermann et al. 2021).

Cunningham et al ont rapporté que le score de Rowe reflète fortement l'appréhension de l'épaule du patient en raison de ses composantes motrices (stabilité et mouvement) et cognitives (douleur ou inconfort) (Cunningham et al. 2021). Cependant, la force d'un score repose sur sa réactivité, sa fiabilité et sa validité (Guyatt et al. 1992). Le score de Rowe nécessite une évaluation par le chirurgien de l'amplitude des mouvements, qui peut être sujette à des biais (Lädermann et al. 2021). Dans leur étude de 2021, les auteurs indiquent qu’en raison de sa grande simplicité, le score d'instabilité SANE pourrait être utilisé comme alternative au score de Rowe pour le suivi des patients à différents moments (Lädermann et al. 2021).

Concernant ces résultats auto-rapportés par le patient, une mesure importante pour l'interprétation des résultats est la différence minimale cliniquement importante (MCID). Cette valeur quantifie le plus petit changement dans un score donné que les patients perçoivent comme bénéfique, que ce changement soit statistiquement significatif ou non (Jaeschke et al. 1989). Ces connaissances aident les cliniciens à réguler les attentes postopératoires des patients, à définir un temps de suivi adéquat et à rendre compte des résultats à des intervalles cliniquement pertinents (Patel et al. 2020).

Il ne faut pas oublier également que dans la prise de décision du retour au sport, d’autres facteurs interviennent en plus des facteurs physiques, de la performance fonctionnelle et des résultats rapportés par le patient. Par exemple les facteurs sociaux autour de la famille, de la satisfaction du patient, de sa qualité de vie, de l’histoire personnelle du patient vis-à-vis de sa blessure. Et également les facteurs psychologiques : la motivation, le sentiment d’auto-efficacité, la peur d’une nouvelle blessure, l’état de préparation au retour des activités.

Concernant ces facteurs psychologiques, le thérapeute peut utiliser l’échelle SIRSI (Shoulder Instability-Return to Sport after Injury). Il s’agit d’une échelle validée et reproductible qui identifie les patients prêts à reprendre le même sport après un épisode d'instabilité de l'épaule, qu'ils soient opérés ou non (Gérometta et al. 2018).

Lädermenn et al ont publié en 2018 une étude intéressante à propos de l’appréhension de l’épaule, fournissant un résumé des atteintes centrales et périphériques observées après une luxation antérieure de l'épaule. L'instabilité de l'épaule induit des altérations majeures du système nerveux central, en particulier du cortex sensorimoteur primaire, du cortex préfrontal dorso-latéral et dorso-médial, ainsi que de l'insula. Les changements dans ces zones cérébrales impliquent des fonctions émotionnelles et cognitives complexes, de l'anxiété et induisent plus d'anticipation négative et de résistance motrice chez les patients, suite à un processus de conditionnement cérébral généré par des épisodes de luxation (Lädermenn et al).

Les auteurs soulignent que même après une stabilisation chirurgicale de l’épaule, les dommages aux stabilisateurs osseux et aux tissus mous de l’épaule ainsi que les atteintes neurologiques peuvent persister (Lädermenn et al). Par conséquent, le thérapeute devra également travailler sur cette notion d’appréhension afin de donner au patient des expériences de stabilité dans des positions « d’inconfort » pour le patient.  

Une fois que le thérapeute s’est assuré d’un état stable et d’une normalisation dans :

- Les facteurs physiques : force musculaire, douleur, stabilité de l’articulation, gonflement, amplitudes de mouvement

- Les facteurs psychologiques : motivation, sentiment d’auto-efficacité, peur d’une nouvelle blessure, état de préparation à la reprise d’une activité

- Les facteurs sociaux / contextuels : les espérances de récupérations, l’histoire personnelle de la blessure, l’influence familiale, la qualité de vie, la satisfaction.

- Les performances fonctionnelles : tests fonctionnels des membres supérieurs.

À ce moment-là le thérapeute peut envisager un retour au sport pour le patient en limitant les dommages ou récidives.

Pour conclure :

- La kinésithérapie après luxation de la GH ne permet pas de diminuer le risque de récidive

- Après une chirurgie stabilisatrice, le patient doit retrouver ses capacités sportives antérieures au(x) traumatisme(s).

- Pour cela, il convient de :

o Protéger la chirurgie les 6 premières semaines

o Récupérer des amplitudes physiologiques pour la pratique du sport (autant que possible)

o Restaurer une fonction musculaire progressivement les 2 premiers mois puis réathlétiser l’épaule (et le reste) jusqu’à 4 à 6 mois.

o Restaurer un contrôle neuro-moteur efficace et redonner confiance

Exemples de prise en charge

Il est temps de tester vos connaissances au sujet de cette pathologie
Je passe aux quiz

Les quiz

Testez et validez vos acquis suite à ce module
Accédez à la fiche synthèse, aux tests, aux exercices, aux échelles et scores et à la bibliographie
Voir les ressources associées

Fiche synthèse

Tests

Exercices

Échelles et scores

ASES : American Shoulder and Elbow Surgeons Shoulder Score
Illimité
Spadi : L'indice de douleur et d'incapacité d'épaule
Illimité

Bibliographie du module

A, Dossim, Abalo A, Dosseh E,Songne B, Ayite A, et Gnandi-Pio F. « [Bristow-Latarjet Repairs forAnterior Instability of the Shoulder: Clinical and Radiographic Results at Mean8.2 Years Follow-Up]. » Chirurgie deLa Main 27, no 1 (4 février2008): 26‑30.

Abdul-Rassoul,Hussein, Joseph W. Galvin, Emily J. Curry, Jason Simon, et Xinning Li. « Returnto Sport After Surgical Treatment for Anterior Shoulder Instability: ASystematic Review ». The American Journal of Sports Medicine 47, no6 (mai 2019): 1507‑15.

Aboalata, Mohamed, Johannes E.Plath, Gernot Seppel, Julia Juretzko, Stephan Vogt, et Andreas B. Imhoff.« Results of Arthroscopic Bankart Repair for Anterior-Inferior ShoulderInstability at 13-Year Follow-Up ». The American Journal of Sports Medicine45, no 4 (mars 2017): 782‑87.

Adams, Christopher R.,Angelica M. DeMartino, George Rego, Patrick J. Denard, et Stephen S. Burkhart.« The Rotator Cuff and the Superior Capsule: Why We Need Both ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 32, no 12 (décembre 2016): 2628‑37.

Alkaduhimi,H., J.A. van der Linde, M. Flipsen, D.F.P. van Deurzen, et M.P.J. vanden Bekerom. « A systematic and technical guide on how to reduce a shoulderdislocation ». Turkish Journal of Emergency Medicine 16, no4 (18 novembre 2016): 155‑68.

Ardern, Clare L., PhilipGlasgow, Anthony Schneiders, Erik Witvrouw, Benjamin Clarsen, Ann Cools, BorisGojanovic, et al. « 2016 Consensus Statement on Return to Sport from theFirst World Congress in Sports Physical Therapy, Bern ». BritishJournal of Sports Medicine 50, no 14 (juillet 2016): 853‑64.

Asker, Martin, Hannah L.Brooke, Markus Waldén, Ulrika Tranaeus, Fredrik Johansson, Eva Skillgate, etLena W. Holm. « Risk Factors for, and Prevention of, Shoulder Injuries inOverhead Sports: A Systematic Review with Best-Evidence Synthesis ». BritishJournal of Sports Medicine 52, no 20 (octobre 2018): 1312‑19.

Banas, M.P., P. G. Dalldorf, W. J. Sebastianelli, et K. E. DeHaven. « Long-TermFollowup of the Modified Bristow Procedure ». The American Journal ofSports Medicine 21, no 5 (octobre 1993): 666‑71.

Bankart, A. S. Blundell.« The Pathology and Treatment of Recurrent Dislocation of theShoulder-Joint ». BJS (British Journal of Surgery) 26, no101 (1938): 23‑29.

Bankart, A.S., et M. C. Cantab. « Recurrent or Habitual Dislocation of the Shoulder-Joint.1923 ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 3‑6.

Berbig, R., D. Weishaupt, J.Prim, et O. Shahin. « Primary Anterior Shoulder Dislocation and RotatorCuff Tears ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 8, no3 (juin 1999): 220‑25.

Bhatia, Sanjeev, Rachel M.Frank, Neil S. Ghodadra, Andrew R. Hsu, Anthony A. Romeo, Bernard R. Bach,Pascal Boileau, et Matthew T. Provencher. « The Outcomes and SurgicalTechniques of the Latarjet Procedure ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association30, no 2 (février 2014): 227‑35.

Bi, Smith, Bliven Kc, MorwayGr, et Hurbanek Jg. « Management of Primary Anterior Shoulder DislocationsUsing Immobilization. » Journal of Athletic Training 50, no5 (5 mars 2015): 550‑52.

Bigliani, L. U., R. Kelkar, E.L. Flatow, R. G. Pollock, et V. C. Mow. « Glenohumeral Stability.Biomechanical Properties of Passive and Active Stabilizers ». ClinicalOrthopaedics and Related Research, no 330 (septembre 1996): 13‑30.

Bigliani, L. U., R. G.Pollock, L. J. Soslowsky, E. L. Flatow, R. J. Pawluk, et V. C. Mow.« Tensile Properties of the Inferior Glenohumeral Ligament ». Journalof Orthopaedic Research: Official Publication of the Orthopaedic ResearchSociety 10, no 2 (mars 1992): 187‑97.

Blasier, R.B., J. E. Carpenter, et L. J. Huston. « Shoulder Proprioception. Effect of JointLaxity, Joint Position, and Direction of Motion ». Orthopaedic Review23, no 1 (janvier 1994): 45‑50.

Bock, J., J. Buckup, Y.Reinig, E. Zimmermann, C. Colcuc, R. Hoffmann, F. Welsch, et Thomas Stein.« The Arthroscopic Bankart Repair Procedure Enables Complete QuantitativeLabrum Restoration in Long-Term Assessments ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 26, no12 (décembre 2018): 3788‑96.

Boffano, Michele, StefanoMortera, et Raimondo Piana. « Management of the first episode of traumaticshoulder dislocation ». EFORT Open Reviews 2, no 2 (1février 2017): 35‑40.

Bottoni, Craig R., Eric L.Smith, Mark J. Berkowitz, Robert B. Towle, et Josef H. Moore.« Arthroscopic versus Open Shoulder Stabilization for Recurrent AnteriorInstability: A Prospective Randomized Clinical Trial ». The AmericanJournal of Sports Medicine 34, no 11 (novembre 2006): 1730‑37.

Brady, W.J., C. J. Knuth, et R. G. Pirrallo. « Bilateral Inferior GlenohumeralDislocation: Luxatio Erecta, an Unusual Presentation of a Rare Disorder ».The Journal of Emergency Medicine 13, no 1 (février 1995): 37‑42.

Burkhart, S.S., et J. F. De Beer. « Traumatic Glenohumeral Bone Defects and Their Relationship toFailure of Arthroscopic Bankart Repairs: Significance of the Inverted-PearGlenoid and the Humeral Engaging Hill-Sachs Lesion ». Arthroscopy: TheJournal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 16, no 7 (octobre 2000): 677‑94.

Cannizzaro, Connor K., HaydenB. Schuette, Darby A. Houck, Michelle L. Wolcott, Armando F. Vidal, Eric C.McCarty, Jonathan T. Bravman, et Rachel M. Frank. « Sex-Based Differencesin Recurrence Rates Following Arthroscopic Anterior Shoulder Stabilization: ASystematic Review ». Arthroscopy, Sports Medicine, and Rehabilitation2, no 5 (14 octobre 2020): e637‑44.

Caplan,Jill, Terrill P. Julien, James Michelson, et Robert J. Neviaser. « MultidirectionalInstability of the Shoulder in Elite Female Gymnasts ». AmericanJournal of Orthopedics (Belle Mead, N.J.) 36, no 12 (décembre2007): 660‑65.

Carol, E. J., L. M. Falke, J.H. Kortmann, J. F. Roeffen, et P. A. van Acker. « Bristow-LatarjetRepair for Recurrent Anterior Shoulder Instability; an Eight-Year Study ».The Netherlands Journal of Surgery 37, no 4 (août 1985): 109‑13.

Carpenter, J. E., R. B.Blasier, et G. G. Pellizzon. « The Effects of Muscle Fatigue on ShoulderJoint Position Sense ». The American Journal of Sports Medicine 26,no 2 (avril 1998): 262‑65.

Carter, C.,et J. Wilkinson. « PERSISTENT JOINT LAXITY AND CONGENITAL DISLOCATION OF THEHIP ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume 46(février 1964): 40‑45.

Christofi,T., A. Kallis, D.A. Raptis, M. Rowland, et J. Ryan. « Gestion DesLuxations de l’épaule ». Trauma 9, no 1 (1 janvier2007): 39‑46.

Clesham,Kevin, et Fintan J. Shannon. « Arthroscopic Anterior Shoulder Stabilisation in Overhead SportAthletes: 5-Year Follow-Up ». Irish Journal of Medical Science 188,no 4 (novembre 2019): 1233‑37.

Cools, Ann M., Dorien Borms,Birgit Castelein, Fran Vanderstukken, et Fredrik R. Johansson.« Evidence-Based Rehabilitation of Athletes with GlenohumeralInstability ». Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy: OfficialJournal of the ESSKA 24, no 2 (février 2016): 382‑89.

Cooper, R.A., et J. J. Brems. « The Inferior Capsular-Shift Procedure for MultidirectionalInstability of the Shoulder ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 74, no 10 (décembre 1992): 1516‑21.

Crichton,James, Doug R. Jones, et Lennard Funk. « Mechanisms of TraumaticShoulder Injury in Elite Rugby Players ». British Journal of SportsMedicine 46, no 7 (juin 2012): 538‑42.

Cunningham,Gregory, Davide Zanchi, Kirsten Emmert, Rotem Kopel, Dimitri Van De Ville,Alexandre Lädermann, Sven Haller, et Pierre Hoffmeyer. « Neural Correlates ofClinical Scores in Patients with Anterior Shoulder Apprehension ». Medicineand Science in Sports and Exercise 47, no 12 (décembre 2015):2612‑20.

Cutts, Steven, Mark Prempeh,et Steven Drew. « Anterior Shoulder Dislocation ». Annals of theRoyal College of Surgeons of England 91, no 1 (janvier 2009): 2‑7.

Cyprien, J.M., H. M. Vasey, A. Burdet, J. C. Bonvin, N. Kritsikis, et P. Vuagnat. « HumeralRetrotorsion and Glenohumeral Relationship in the Normal Shoulder and inRecurrent Anterior Dislocation (Scapulometry) ». Clinical Orthopaedicsand Related Research, no 175 (mai 1983): 8‑17.

Damkjær, Lars, Tom Petersen,et Birgit Juul-Kristensen. « Is the American Society of Shoulder and ElbowTherapists’ Rehabilitation Guideline Better than Standard Care When Applied toBankart-Operated Patients? A Controlled Study ». ClinicalRehabilitation 29, no 2 (février 2015): 154‑64.

Degen, Ryan M., Christopher L.Camp, Brian C. Werner, David M. Dines, et Joshua S. Dines. « Trends inBone-Block Augmentation Among Recently Trained Orthopaedic Surgeons TreatingAnterior Shoulder Instability ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 98, no 13 (6 juillet 2016): e56.

Dickens, Jonathan F., Sean E.Slaven, Kenneth L. Cameron, Adam M. Pickett, Matthew Posner, Scot E. Campbell,et Brett D. Owens. « Prospective Evaluation of Glenoid Bone Loss AfterFirst-Time and Recurrent Anterior Glenohumeral Instability Events ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 47, no 5 (avril 2019): 1082‑89.

Doshi, Deepak, et RiteshFirke. « A New Patient-Controlled Technique for Shoulder Relocation inEmergency Departments ». The American Journal of Case Reports 15 (6novembre 2014): 485‑87.

Eberly, Vance C., Patrick J.McMahon, et Thay Q. Lee. « Variation in the Glenoid Origin of theAnteroinferior Glenohumeral Capsulolabrum ». Clinical Orthopaedics andRelated Research, no 400 (juillet 2002): 26‑31.

Edouard,Pascal, Francis Degache, Laurent Beguin, Pierre Samozino, Giorgio Gresta,Isabelle Fayolle-Minon, Frédéric Farizon, et Paul Calmels. « RotatorCuff Strength in Recurrent Anterior Shoulder Instability ». The Journalof Bone and Joint Surgery. AmericanVolume 93, no 8 (20 avril2011): 759‑65.

Émond,Marcel, Natalie Le Sage, André Lavoie, et Louis Rochette. « ClinicalFactors Predicting Fractures Associated with an Anterior ShoulderDislocation ». Academic Emergency Medicine 11, no 8(2004): 853‑58.

Farber, Adam J., RenanCastillo, Mark Clough, Michael Bahk, et Edward G. McFarland. « ClinicalAssessment of Three Common Tests for Traumatic Anterior ShoulderInstability ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume88, no 7 (juillet 2006): 1467‑74.

Fedorka, Catherine J., et MaryK. Mulcahey. « Recurrent Anterior Shoulder Instability: A Review of theLatarjet Procedure and Its Postoperative Rehabilitation ». ThePhysician and Sportsmedicine 43, no 1 (février 2015): 73‑79.

Flatow, E., R. Kelkar, R. A.Raimondo, V. Wang, R. Pollock, R. J. Pawluk, V. Mow, et L. Bigliani.« Active and passive restraints against superior humeral translation: Thecontributions of the rotator cuff, the biceps tendon, and the coracoacromialarch », 1996.

Frank, Rachel M., Anthony A.Romeo, et Matthew T. Provencher. « Posterior Glenohumeral Instability:Evidence-Based Treatment ». The Journal of the American Academy ofOrthopaedic Surgeons 25, no 9 (septembre 2017): 610‑23.

Freedman, Kevin B., Adam P.Smith, Anthony A. Romeo, Brian J. Cole, et Bernard R. Bach. « Open BankartRepair versus Arthroscopic Repair with Transglenoid Sutures or BioabsorbableTacks for Recurrent Anterior Instability of the Shoulder: AMeta-Analysis ». The American Journal of Sports Medicine 32, no6 (septembre 2004): 1520‑27.

G, Walch, Agostini Jy, LevigneC, et Nové-Josserand L. « [Recurrent Anterior and MultidirectionalInstability of the Shoulder]. » Revue deChirurgie Orthopedique et Reparatrice de L’appareil Moteur 81, no 8 (1 janvier 1995): 682‑90.

Gerber, C.,F. Terrier, et R. Ganz. « The Trillat Procedure for Recurrent Anterior Instability of theShoulder ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume70, no 1 (janvier 1988): 130‑34.

Gerometta,Antoine, Shahnaz Klouche, Serge Herman, Nicolas Lefevre, et Yoann Bohu. « TheShoulder Instability-Return to Sport after Injury (SIRSI): A Valid andReproducible Scale to Quantify Psychological Readiness to Return to Sport afterTraumatic Shoulder Instability ». Knee Surgery, Sports Traumatology,Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 26, no 1 (janvier2018): 203‑11.

Goetti, Patrick, Patrick J.Denard, Philippe Collin, Mohamed Ibrahim, Pierre Hoffmeyer, et AlexandreLädermann. « Shoulder biomechanics in normal and selected pathologicalconditions ». EFORT Open Reviews 5, no 8 (10 septembre2020): 508‑18.

Gottschalk, Lionel J., PiyushWalia, Ronak M. Patel, Matthew Kuklis, Morgan H. Jones, Stephen D. Fening, etAnthony Miniaci. « Stability of the Glenohumeral Joint With CombinedHumeral Head and Glenoid Defects: A Cadaveric Study ». The AmericanJournal of Sports Medicine 44, no 4 (avril 2016): 933‑40.

Greis, Patrick E., Matthew G.Scuderi, Alexander Mohr, Kent N. Bachus, et Robert T. Burks.« Glenohumeral Articular Contact Areas and Pressures Following Labral andOsseous Injury to the Anteroinferior Quadrant of the Glenoid ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 11, no 5 (octobre 2002): 442‑51.

Griesser, Michael J., JoshuaD. Harris, Brett W. McCoy, Waqas M. Hussain, Morgan H. Jones, Julie Y. Bishop,et Anthony Miniaci. « Complications and Re-Operations afterBristow-Latarjet Shoulder Stabilization: A Systematic Review ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 22, no 2 (février 2013): 286‑92.

Gupta, Ashish, Ruth Delaney,Kalojan Petkin, et Laurent Lafosse. « Complications of the LatarjetProcedure ». Current Reviews in Musculoskeletal Medicine 8, no1 (mars 2015): 59‑66.

Gutkowska, Olga, JacekMartynkiewicz, et Jerzy Gosk. « Position of Immobilization AfterFirst-Time Traumatic Anterior Glenohumeral Dislocation: A LiteratureReview ». Medical Science Monitor: International Medical Journal ofExperimental and Clinical Research 23 (15 juillet 2017): 3437‑45.

Habermeyer,P., U. Schuller, et E. Wiedemann. « The Intra-Articular Pressure of theShoulder: An Experimental Study on the Role of the Glenoid Labrum inStabilizing the Joint ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic &Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of NorthAmerica and the International Arthroscopy Association 8, no 2(1992): 166‑72.

Haley, Col Chad A.« History and Physical Examination for Shoulder Instability ». SportsMedicine and Arthroscopy Review 25, no 3 (septembre 2017): 150‑55.

Handoll, Helen HG, et MohammedA. Al‐Maiyah. « Surgical versus Non‐surgical Treatment for Acute AnteriorShoulder Dislocation ». Cochrane Database of Systematic Reviews, no1 (2004).

Hara, H., N. Ito, et K.Iwasaki. « Strength of the Glenoid Labrum and Adjacent ShoulderCapsule ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 5, no 4(août 1996): 263‑68.

Harryman, D. T., J. A. Sidles,S. L. Harris, et F. A. Matsen. « Laxity of the Normal Glenohumeral Joint:A Quantitative in Vivo Assessment ». Journal of Shoulder and ElbowSurgery 1, no 2 (mars 1992): 66‑76.

Hatamabadi, Hamid Reza, AliArhami Dolatabadi, Hojjat Derakhshanfar, Somaye Younesian, et Ensieh GhaffariShad. « Propofol Versus Midazolam for Procedural Sedation of AnteriorShoulder Dislocation in Emergency Department: A Randomized Clinical Trial ».Trauma Monthly 20, no 2 (mai 2015).

Heidari, Kamran, ShadiAsadollahi, Reza Vafaee, Abbas Barfehei, Hossein Kamalifar, Zein AlabedinChaboksavar, et Mohammad Sabbaghi. « Immobilization in External RotationCombined with Abduction Reduces the Risk of Recurrence after Primary AnteriorShoulder Dislocation ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 23, no6 (juin 2014): 759‑66.

Hill, Harold A., et Maurice D.Sachs. « The Grooved Defect of the Humeral Head ». Radiology35, no 6 (1 décembre 1940): 690‑700.

Hoelen, M. A., A. M. Burgers,et P. M. Rozing. « Prognosis of Primary Anterior Shoulder Dislocation inYoung Adults ». Archives of Orthopaedic and Trauma Surgery 110, no1 (1990): 51‑54.

Horst, K., R. Von Harten, C.Weber, H. Andruszkow, R. Pfeifer, T. Dienstknecht, et H. C. Pape.« Assessment of Coincidence and Defect Sizes in Bankart and Hill-SachsLesions after Anterior Shoulder Dislocation: A Radiological Study ». TheBritish Journal of Radiology 87, no 1034 (février 2014):20130673.

Hovelius, L. K., B. C.Sandström, D. L. Rösmark, M. Saebö, K. H. Sundgren, et B. G. Malmqvist.« Long-Term Results with the Bankart and Bristow-Latarjet Procedures:Recurrent Shoulder Instability and Arthropathy ». Journal of Shoulderand Elbow Surgery 10, no 5 (octobre 2001): 445‑52.

Hovelius,Lennart, et Hans Rahme. « Primary Anterior Dislocation of the Shoulder: Long-Term Prognosis atthe Age of 40 Years or Younger ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 24, no2 (février 2016): 330‑42.

Hovelius, Lennart, BjörnSandström, et Modolv Saebö. « One Hundred Eighteen Bristow-LatarjetRepairs for Recurrent Anterior Dislocation of the Shoulder ProspectivelyFollowed for Fifteen Years: Study II-the Evolution of DislocationArthropathy ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 15, no3 (juin 2006): 279‑89.

Hovelius, Lennart, BjörnSandström, Kent Sundgren, et Modolv Saebö. « One Hundred EighteenBristow-Latarjet Repairs for Recurrent Anterior Dislocation of the ShoulderProspectively Followed for Fifteen Years: Study I--Clinical Results ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 13, no 5 (octobre 2004): 509‑16.

Hui, Alexander Y., William J.McCarty, Koichi Masuda, Gary S. Firestein, et Robert L. Sah. « A SystemsBiology Approach to Synovial Joint Lubrication in Health, Injury, andDisease ». Wiley Interdisciplinary Reviews. Systems Biology andMedicine 4, no 1 (février 2012): 15‑37.

Hurley, Eoghan T., Amit K.Manjunath, David A. Bloom, Leo Pauzenberger, Hannan Mullett, Michael J. Alaia,et Eric J. Strauss. « Arthroscopic Bankart Repair Versus ConservativeManagement for First-Time Traumatic Anterior Shoulder Instability: A SystematicReview and Meta-Analysis ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic& Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association ofNorth America and the International Arthroscopy Association 36, no9 (septembre 2020): 2526‑32.

Imhoff, Andreas B., PatrickAnsah, Thomas Tischer, Christoph Reiter, Christoph Bartl, Maximilian Hench,Jeffrey T. Spang, et Stephan Vogt. « Arthroscopic Repair ofAnterior-Inferior Glenohumeral Instability Using a Portal at the 5:30-o’clockPosition: Analysis of the Effects of Age, Fixation Method, and Concomitant ShoulderInjury on Surgical Outcomes ». The American Journal of Sports Medicine38, no 9 (septembre 2010): 1795‑1803.

« Instabilitéglénohumérale postérieure : traitement fondé sur des données probantes -PubMed ». Consulté le 15 juin 2021.

Itoi, E., S.B. Lee, L. J. Berglund, L. L. Berge, et K. N. An. « The Effect of a GlenoidDefect on Anteroinferior Stability of the Shoulder after Bankart Repair: ACadaveric Study ». The Journal of Bone and Joint Surgery. AmericanVolume 82, no 1 (janvier 2000): 35‑46.

Itoi, E., R.Sashi, H. Minagawa, T. Shimizu, I. Wakabayashi, et K. Sato. « Positionof Immobilization after Dislocation of the Glenohumeral Joint. A Study with Useof Magnetic Resonance Imaging ». The Journal of Bone and Joint Surgery.American Volume 83, no 5 (mai 2001): 661‑67.

Itoi, Eiji.« Pathophysiology and Treatment of Atraumatic Instability of theShoulder ». Journal of Orthopaedic Science: Official Journal of theJapanese Orthopaedic Association 9, no 2 (2004): 208‑13.

Jaeschke, R.,J. Singer, et G. H. Guyatt. « Measurement of Health Status. Ascertaining the Minimal ClinicallyImportant Difference ». Controlled Clinical Trials 10, no4 (décembre 1989): 407‑15.

Jakobsen, Bent Wulff, HansViggo Johannsen, Peter Suder, et Jens Ole Søjbjerg. « Primary Repairversus Conservative Treatment of First-Time Traumatic Anterior Dislocation ofthe Shoulder: A Randomized Study with 10-Year Follow-Up ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 23, no 2 (février 2007): 118‑23.

Jerosch, J., W. H. Castro, H.Halm, et H. Drescher. « Does the Glenohumeral Joint Capsule HaveProprioceptive Capability? » Knee Surgery, Sports Traumatology,Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 1, no 2 (1993): 80‑84.

Jerosch, J., J. Steinbeck, M.Schröder, M. Westhues, et R. Reer. « Intraoperative EMG Response of theMusculature after Stimulation of the Glenohumeral Joint Capsule ». ActaOrthopaedica Belgica 63, no 1 (mars 1997): 8‑14.

Joseph, Thomas A., James S.Williams, et John J. Brems. « Laser Capsulorrhaphy for MultidirectionalInstability of the Shoulder. An Outcomes Study and Proposed ClassificationSystem ». The American Journal of Sports Medicine 31, no1 (février 2003): 26‑35.

Kampen, Derk A. van, Tobiasvan den Berg, Henk Jan van der Woude, René M. Castelein, Caroline B.Terwee, et W. Jaap Willems. « Diagnostic Value of Patient Characteristics,History, and Six Clinical Tests for Traumatic Anterior Shoulder Instability ».Journal of Shoulder and Elbow Surgery 22, no 10 (octobre2013): 1310‑19.

Kane, Patrick, Shawn M.Bifano, Christopher C. Dodson, et Kevin B. Freedman. « Approach to theTreatment of Primary Anterior Shoulder Dislocation: A Review ». ThePhysician and Sportsmedicine 43, no 1 (février 2015): 54‑64.

Kardouni, JosephR., Craig J. McKinnon, et Amee L. Seitz. « Incidence of ShoulderDislocations and the Rate of Recurrent Instability in Soldiers ». Medicineand Science in Sports and Exercise 48, no 11 (novembre 2016):2150‑56.

Kavanaugh, J. H.« Posterior Shoulder Dislocation with Ipsilateral Humeral Shaft Fracture.A Case Report ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no131 (avril 1978): 168‑72.

Kazár, B.,et E. Relovszky. « Prognosis of Primary Dislocation of the Shoulder ». ActaOrthopaedica Scandinavica 40, no 2 (1969): 216‑24.

Kirkley, Alexandra, RobertWerstine, Andrew Ratjek, et Sharon Griffin. « Prospective RandomizedClinical Trial Comparing the Effectiveness of Immediate ArthroscopicStabilization versus Immobilization and Rehabilitation in First TraumaticAnterior Dislocations of the Shoulder: Long-Term Evaluation ». Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 21, no 1 (janvier 2005): 55‑63.

Kraeutler, Matthew J., Eric C.McCarty, John W. Belk, Brian R. Wolf, Carolyn M. Hettrich, Shannon F. Ortiz,MOON Shoulder Instability Group, et al. « Descriptive Epidemiology of theMOON Shoulder Instability Cohort ». The American Journal of SportsMedicine 46, no 5 (avril 2018): 1064‑69.

Kralinger, Franz S., KarlGolser, Ralph Wischatta, Markus Wambacher, et Gernot Sperner. « PredictingRecurrence after Primary Anterior Shoulder Dislocation ». The AmericanJournal of Sports Medicine 30, no 1 (février 2002): 116‑20.

Kuhn, John E. « Treatingthe Initial Anterior Shoulder Dislocation--an Evidence-Based MedicineApproach ». Sports Medicine and Arthroscopy Review 14, no4 (décembre 2006): 192‑98.

Kumar, V.P., et P. Balasubramaniam. « The Role of Atmospheric Pressure in Stabilising the Shoulder. AnExperimental Study ». The Journal of Bone and Joint Surgery. British Volume 67, no 5 (novembre 1985): 719‑21.

Laat, E. A.de, C. P. Visser, L. N. Coene, P. V. Pahlplatz, et D. L. Tavy. « NerveLesions in Primary Shoulder Dislocations and Humeral Neck Fractures. AProspective Clinical and EMG Study ». The Journal of Bone and JointSurgery. British Volume 76, no 3 (mai 1994): 381‑83.

Latarjet, M. « [Treatmentof Recurrent Dislocation of the Shoulder] ». Lyon Chirurgical 49, no8 (décembre 1954): 994‑97.

Leland, Devin P., ChristopherD. Bernard, Lucas K. Keyt, Aaron J. Krych, Diane L. Dahm, JoaquinSanchez-Sotelo, et Christopher L. Camp. « An Age-Based Approach toAnterior Shoulder Instability in Patients Under 40 Years Old: Analysis of a USPopulation ». The American Journal of Sports Medicine 48, no1 (janvier 2020): 56‑62.

Levick, J. R. « JointPressure-Volume Studies: Their Importance, Design and Interpretation ». TheJournal of Rheumatology 10, no 3 (juin 1983): 353‑57.

Levy, A. S., S. Lintner, K.Kenter, et K. P. Speer. « Intra- and Interobserver Reproducibility of theShoulder Laxity Examination ». The American Journal of Sports Medicine27, no 4 (août 1999): 460‑63.

Lewis, A.,T. Kitamura, et J. Bayley. « (ii) The classification of shoulder instability: new light throughold windows! », 2004.

Lippitt, S.,et F. Matsen. « Mechanisms of Glenohumeral Joint Stability ». ClinicalOrthopaedics and Related Research, no 291 (juin 1993): 20‑28.

Lo, Ian K. Y., Peter M.Parten, et Stephen S. Burkhart. « The Inverted Pear Glenoid: An Indicatorof Significant Glenoid Bone Loss ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association20, no 2 (février 2004): 169‑74.

Loppini,Mattia, Giacomo Delle Rose, Mario Borroni, Emanuela Morenghi, Dario Pitino,Cristián Domínguez Zamora, et Alessandro Castagna. « Is the InstabilitySeverity Index Score a Valid Tool for Predicting Failure After PrimaryArthroscopic Stabilization for Anterior Glenohumeral Instability? » Arthroscopy:The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: Official Publication of theArthroscopy Association of North America and the International ArthroscopyAssociation 35, no 2 (février 2019): 361‑66.

Ma, Ruiz Ibán, Asenjo GismeroCv, Moros Marco S, Ruiz Díaz R, Del Olmo Hernández T, Del Monte Bello G, GarcíaNavlet M, Ávila Lafuente Jl, et Díaz Heredia J. « Instability SeverityIndex Score Values below 7 Do Not Predict Recurrence after Arthroscopic BankartRepair. » Knee Surgery, Sports Traumatology, Arthroscopy : OfficialJournal of the ESSKA 27, no 12 (6 avril 2019): 3905‑11.

Magister, Steven, AndrewBridgforth, et Seth Yarboro. « Axillary Artery Injury Following ClosedReduction of an Age-Indeterminate Anterior Glenohumeral Dislocation ». Journalof Orthopaedic Case Reports 8, no 4 (2018): 53‑56.

Maquieira, Gerardo J.,Christian Gerber, et Alberto G. Schneeberger. « Suprascapular Nerve Palsyafter the Latarjet Procedure ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery16, no 2 (avril 2007): e13-15.

Maweja, S.,N. Sakalihasan, H. Van Damme, et R. Limet. « Axillary Artery InjurySecondary to Anterior Shoulder Dislocation: Report of Two Cases ». ActaChirurgica Belgica 102, no 3 (juin 2002): 187‑91.

McMahon, P. J., J. R.Dettling, M. D. Sandusky, et T. Q. Lee. « Deformation and StrainCharacteristics along the Length of the Anterior Band of the InferiorGlenohumeral Ligament ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 10,no 5 (octobre 2001): 482‑88.

McMahon, P. J., J. E. Tibone,P. W. Cawley, C. Hamilton, J. D. Fechter, N. S. Elattrache, et T. Q. Lee.« The Anterior Band of the Inferior Glenohumeral Ligament: BiomechanicalProperties from Tensile Testing in the Position of Apprehension ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 7, no 5 (octobre 1998): 467‑71.

McPherson, E. J., R. J.Friedman, Y. H. An, R. Chokesi, et R. L. Dooley. « Anthropometric Study ofNormal Glenohumeral Relationships ». Journal of Shoulder and ElbowSurgery 6, no 2 (avril 1997): 105‑12.

Milano,Giuseppe, Andrea Grasso, Adriano Russo, Nicola Magarelli, Domenico A.Santagada, Laura Deriu, Paolo Baudi, Lorenzo Bonomo, et Carlo Fabbriciani. « Analysisof Risk Factors for Glenoid Bone Defect in Anterior ShoulderInstability ». The American Journal of Sports Medicine 39, no9 (septembre 2011): 1870‑76.

Miller, Bruce S., David H.Sonnabend, Cameron Hatrick, Sean O’leary, Jerome Goldberg, Wade Harper, etWilliam R. Walsh. « Should Acute Anterior Dislocations of the Shoulder BeImmobilized in External Rotation? A Cadaveric Study ». Journal ofShoulder and Elbow Surgery 13, no 6 (décembre 2004): 589‑92.

Mok, D. W., A. J. Fogg, R.Hokan, et J. I. Bayley. « The Diagnostic Value of Arthroscopy inGlenohumeral Instability ». The Journal of Bone and Joint Surgery.British Volume 72, no 4 (juillet 1990): 698‑700.

MonsefKasmaee, Vahid, Seyed Mahdi Zia Zibari, et Marjan Aghajani Nargesi. « Remifentanilversus Propofol/Fentanyl Combination in Procedural Sedation for DislocatedShoulder Reduction; a Clinical Trial ». Archives of Academic EmergencyMedicine 7, no 1 (25 janvier 2019).

Morita,Wataru, et Atsushi Tasaki. « Intra- and Inter-Observer Reproducibility of Shoulder Laxity Tests:Comparison of the Drawer, Modified Drawer and Load and Shift Tests ». Journalof Orthopaedic Science 23, no 1 (1 janvier 2018): 57‑63.

Murray,Jean-Christophe, Alexandre Leclerc, Amerigo Balatri, et Stéphane Pelet. « Immobilizationin External Rotation after Primary Shoulder Dislocation Reduces the Risk ofRecurrence in Young Patients. A Randomized Controlled Trial ». Orthopaedics& Traumatology, Surgery & Research: OTSR 106, no 2(avril 2020): 217‑22.

Myers, Joseph B., et Scott M.Lephart. « Sensorimotor Deficits Contributing to GlenohumeralInstability ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no400 (juillet 2002): 98‑104.

Neviaser, Andrew S., MichaelT. Benke, et Robert J. Neviaser. « Open Bankart Repair for Revision of FailedPrior Stabilization: Outcome Analysis at a Mean of More than 10 Years ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 24, no 6 (juin 2015): 897‑901.

Nobuhara,K., et H. Ikeda. « Rotator Interval Lesion ». Clinical Orthopaedics and RelatedResearch, no 223 (octobre 1987): 44‑50.

O’Brien, S. J., M. C. Neves,S. P. Arnoczky, S. R. Rozbruck, E. F. Dicarlo, R. F. Warren, R. Schwartz, et T.L. Wickiewicz. « The Anatomy and Histology of the Inferior GlenohumeralLigament Complex of the Shoulder ». The American Journal of SportsMedicine 18, no 5 (octobre 1990): 449‑56.

Olds,Margie, Richard Ellis, et Paula Kersten. « Predicting RecurrentInstability of the Shoulder (PRIS): A Valid Tool to Predict Which Patients WillNot Have Repeat Shoulder Instability After First-Time Traumatic AnteriorDislocation ». The Journal of Orthopaedic and Sports Physical Therapy50, no 8 (août 2020): 431‑37.

Owens, Brett D., Thomas M.DeBerardino, Bradley J. Nelson, John Thurman, Kenneth L. Cameron, Dean C.Taylor, John M. Uhorchak, et Robert A. Arciero. « Long-Term Follow-up ofAcute Arthroscopic Bankart Repair for Initial Anterior Shoulder Dislocations inYoung Athletes ». The American Journal of Sports Medicine 37, no4 (avril 2009): 669‑73.

Owens, Brett D., Jonathan F.Dickens, Kelly G. Kilcoyne, et John-Paul H. Rue. « Management ofMid-Season Traumatic Anterior Shoulder Instability in Athletes ». TheJournal of the American Academy of Orthopaedic Surgeons 20, no 8(août 2012): 518‑26.

Owens, Brett D., Michele L.Duffey, Bradley J. Nelson, Thomas M. DeBerardino, Dean C. Taylor, et Sally B.Mountcastle. « The Incidence and Characteristics of Shoulder Instabilityat the United States Military Academy ». The American Journal of SportsMedicine 35, no 7 (juillet 2007): 1168‑73.

Pagnani, M.J., X. H. Deng, R. F. Warren, P. A. Torzilli, et D. W. Altchek. « Effectof Lesions of the Superior Portion of the Glenoid Labrum on GlenohumeralTranslation ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume77, no 7 (juillet 1995): 1003‑10.

Park, Jin-Young, Jae-HyungLee, Kyung-Soo Oh, Seok Won Chung, Jung-Joo Lim, et Young Min Noh.« Return to Play after Arthroscopic Treatment for Shoulder Instability inElite and Professional Baseball Players ». Journal of Shoulder andElbow Surgery 28, no 1 (janvier 2019): 77‑81.

Patel, Bhavik H., Yining Lu,Avinesh Agarwalla, Richard N. Puzzitiello, Benedict U. Nwachukwu, Gregory L.Cvetanovich, Jorge Chahla, et Brian Forsythe. « Maximal MedicalImprovement Following Shoulder Stabilization Surgery May Require up to 1 Year:A Systematic Review ». HSS Journal: The Musculoskeletal Journal ofHospital for Special Surgery 16, no Suppl 2 (décembre 2020): 534‑43.

Piasecki, Dana P., Nikhil N.Verma, Anthony A. Romeo, William N. Levine, Bernard R. Bach, et Matthew T.Provencher. « Glenoid Bone Deficiency in Recurrent Anterior ShoulderInstability: Diagnosis and Management ». The Journal of the AmericanAcademy of Orthopaedic Surgeons 17, no 8 (août 2009): 482‑93.

Plath, Johannes E., MatthiasJ. Feucht, Tim Saier, Philipp Minzlaff, Gernot Seppel, Sepp Braun, et AndreasB. Imhoff. « Sporting Activity After Arthroscopic Bankart Repair forChronic Glenohumeral Instability ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association31, no 10 (octobre 2015): 1996‑2003.

Pollock, R.G., et L. U. Bigliani. « Recurrent Posterior Shoulder Instability. Diagnosis andTreatment ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 85‑96.

Riebel, G. D., et J. B.McCabe. « Anterior Shoulder Dislocation: A Review of ReductionTechniques ». The American Journal of Emergency Medicine 9, no2 (mars 1991): 180‑88.

Rodeo, S. A., K. Suzuki, M.Yamauchi, M. Bhargava, et R. F. Warren. « Analysis of Collagen and ElasticFibers in Shoulder Capsule in Patients with Shoulder Instability ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 26, no 5 (octobre 1998): 634‑43.

Ropars, M.,A. Fournier, B. Campillo, I. Bonan, P. Delamarche, A. Crétual, et H. Thomazeau.« Reproductibilité de la mesure clinique de la rotation externe pour lediagnostic d’hyperlaxité antérieure de l’épaule ». Revue de ChirurgieOrthopédique et Traumatologique, Travaux de la Société Françaised’Arthroscopie, 96, no 8, Supplement (1 décembre 2010): S303‑7.

Rowe, C. R. « Prognosisin Dislocations of the Shoulder ». The Journal of Bone and JointSurgery. AmericanVolume 38-A, no 5 (octobre1956): 957‑77.

Sadeqi, M.,S. Klouche, N. Lefevre, S. Herman, Y. Bohu, et A. Gerometta. « Évolutiondu score psychologique ACL-RSI et retour au sport après reconstruction duligament croisé antérieur. Étude prospective chez 681 sportifs au recul de2 ans ». Journal de Traumatologie du Sport 35, no 1(1 mars 2018): 64.

Saha, A. K. « DynamicStability of the Glenohumeral Joint ». Acta Orthopaedica Scandinavica42, no 6 (1971): 491‑505.

Salomonsson, Björn, Andersvon Heine, Mats Dahlborn, Hassan Abbaszadegan, Susanne Ahlström, NilsDalén, et Ulf Lillkrona. « Bony Bankart Is a Positive Predictive Factorafter Primary Shoulder Dislocation ». Knee Surgery, SportsTraumatology, Arthroscopy: Official Journal of the ESSKA 18, no10 (octobre 2010): 1425‑31.

Schwartz,E., R. F. Warren, S. J. O’Brien, et J. Fronek. « Posterior ShoulderInstability ». The Orthopedic Clinics of North America 18, no3 (juillet 1987): 409‑19.

Shah, Anup A., R. BryanButler, James Romanowski, Danny Goel, Dimitrios Karadagli, et Jon J. P. Warner.« Short-Term Complications of the Latarjet Procedure ». TheJournal of Bone and Joint Surgery. American Volume 94, no 6 (21mars 2012): 495‑501.

Shin, Sang-Jin, Young Won Ko,et Juyeob Lee. « Intra-Articular Lesions and Their Relation toArthroscopic Stabilization Failure in Young Patients with First-Time and RecurrentShoulder Dislocations ». Journal of Shoulder and Elbow Surgery 25,no 11 (1 novembre 2016): 1756‑63.

Shymon, Stephen J., JoannaRoocroft, et Eric W. Edmonds. « Traumatic Anterior Instability of thePediatric Shoulder: A Comparison of Arthroscopic and Open BankartRepairs ». Journal of Pediatric Orthopedics 35, no 1(janvier 2015): 1‑6.

Silliman, J.F., et R. J. Hawkins. « Classification and Physical Diagnosis of Instability of theShoulder ». Clinical Orthopaedics and Related Research, no291 (juin 1993): 7‑19.

Simank, H.-G., G. Dauer, S.Schneider, et M. Loew. « Incidence of Rotator Cuff Tears in ShoulderDislocations and Results of Therapy in Older Patients ». Archives ofOrthopaedic and Trauma Surgery 126, no 4 (mai 2006): 235‑40.

Sparks, S. R., J. DeLaRosa, J.J. Bergan, D. B. Hoyt, et E. L. Owens. « Arterial Injury in UncomplicatedUpper Extremity Dislocations ». Annals of Vascular Surgery 14, no2 (mars 2000): 110‑13.

Sperber, A.,et T. Wredmark. « Capsular Elasticity and Joint Volume in Recurrent Anterior ShoulderInstability ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & RelatedSurgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of North Americaand the International Arthroscopy Association 10, no 6 (décembre1994): 598‑601.

Stayner, L. R., J. Cummings,J. Andersen, et C. M. Jobe. « Shoulder Dislocations in Patients Older than40 Years of Age ». The Orthopedic Clinics of North America 31, no2 (avril 2000): 231‑39.

Sugaya, Hiroyuki, JojiMoriishi, Izumi Kanisawa, et Akihiro Tsuchiya. « Arthroscopic OsseousBankart Repair for Chronic Recurrent Traumatic Anterior GlenohumeralInstability ». The Journal of Bone and Joint Surgery. American Volume87, no 8 (août 2005): 1752‑60.

Taylor, D.C., et R. A. Arciero. « Pathologic Changes Associated with Shoulder Dislocations.Arthroscopic and Physical Examination Findings in First-Time, TraumaticAnterior Dislocations ». The American Journal of Sports Medicine25, no 3 (juin 1997): 306‑11.

Terry, G. C., D. Hammon, P.France, et L. A. Norwood. « The Stabilizing Function of Passive ShoulderRestraints ». The American Journal of Sports Medicine 19, no1 (février 1991): 26‑34.

Themes, U. F. O. « Openbony augmentation of glenoid bone loss—the latarjet and variants—surgicaltechnique ». Musculoskeletal Key (blog), 21 janvier 2017.

Tibone, J.E., J. Fechter, et J. T. Kao. « Evaluation of a Proprioception Pathway in Patients with Stable andUnstable Shoulders with Somatosensory Cortical Evoked Potentials ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 6, no 5 (octobre 1997): 440‑43.

Uhring, J.,P.-B. Rey, S. Rochet, et L. Obert. « Interest of Emergency ArthroscopicStabilization in Primary Shoulder Dislocation in Young Athletes ». Orthopaedics& Traumatology, Surgery & Research: OTSR 100, no 8 Suppl(décembre 2014): S401-408.

Uhthoff, H.K., et M. Piscopo. « Anterior Capsular Redundancy of the Shoulder: Congenital orTraumatic? An Embryological Study ». The Journal of Bone and JointSurgery. British Volume 67, no 3 (mai 1985): 363‑66.

Vangsness, C. T., M. Ennis, J.G. Taylor, et R. Atkinson. « Neural Anatomy of the Glenohumeral Ligaments,Labrum, and Subacromial Bursa ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association11, no 2 (avril 1995): 180‑84.

Visser, C.P., L. N. Coene, R. Brand, et D. L. Tavy. « The Incidence of NerveInjury in Anterior Dislocation of the Shoulder and Its Influence on FunctionalRecovery. A Prospective Clinical and EMG Study ». The Journal of Boneand Joint Surgery. British Volume 81, no 4 (juillet 1999): 679‑85.

Vopat, Matthew L., Reed G.Coda, Nick E. Giusti, Jordan Baker, Armin Tarakemeh, John P. Schroeppel, ScottMullen, Jeffrey Randall, Matthew T. Provencher, et Bryan G. Vopat.« Differences in Outcomes Between Anterior and Posterior ShoulderInstability After Arthroscopic Bankart Repair: A Systematic Review andMeta-Analysis ». Orthopaedic Journal of Sports Medicine 9, no5 (mai 2021): 23259671211006436.

Walch, G.,J. Y. Agostini, C. Levigne, et L. Nové-Josserand. « [Recurrent anterior andmultidirectional instability of the shoulder] ». Revue De Chirurgie Orthopedique Et Reparatrice DeL’appareil Moteur 81, no8 (1995): 682‑90.

Wall, M. S.,et S. J. O’Brien. « Arthroscopic Evaluation of the Unstable Shoulder ». Clinicsin Sports Medicine 14, no 4 (octobre 1995): 817‑39.

Warner, J. J., M. K. Bowen, X.Deng, P. A. Torzilli, et R. F. Warren. « Effect of Joint Compression onInferior Stability of the Glenohumeral Joint ». Journal of Shoulder andElbow Surgery 8, no 1 (février 1999): 31‑36.

Warner, J. J., X. H. Deng, R.F. Warren, et P. A. Torzilli. « Static Capsuloligamentous Restraints toSuperior-Inferior Translation of the Glenohumeral Joint ». The AmericanJournal of Sports Medicine 20, no 6 (décembre 1992): 675‑85.

Warner, J. J., M. D. Miller,P. Marks, et F. H. Fu. « Arthroscopic Bankart Repair with the Suretac Device.Part I: Clinical Observations ». Arthroscopy: The Journal ofArthroscopic & Related Surgery: Official Publication of the ArthroscopyAssociation of North America and the International Arthroscopy Association11, no 1 (février 1995): 2‑13.

Wen, D. Y. « CurrentConcepts in the Treatment of Anterior Shoulder Dislocations ». TheAmerican Journal of Emergency Medicine 17, no 4 (juillet 1999):401‑7.

Wheeler, J.H., J. B. Ryan, R. A. Arciero, et R. N. Molinari. « Arthroscopic versusNonoperative Treatment of Acute Shoulder Dislocations in Young Athletes ».Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic & Related Surgery: OfficialPublication of the Arthroscopy Association of North America and theInternational Arthroscopy Association 5, no 3 (1989): 213‑17.

Whelan, Daniel B., StephanieN. Kletke, Geoffrey Schemitsch, et Jaskarndip Chahal. « Immobilization inExternal Rotation Versus Internal Rotation After Primary Anterior ShoulderDislocation: A Meta-Analysis of Randomized Controlled Trials ». TheAmerican Journal of Sports Medicine 44, no 2 (février 2016): 521‑32.

Widjaja, Audi B., Anh Tran,Michael Bailey, et Stewart Proper. « Correlation between Bankart andHill-Sachs Lesions in Anterior Shoulder Dislocation ». ANZ Journal ofSurgery 76, no 6 (juin 2006): 436‑38.

Williams, Huw Lloyd Morgan,Jonathan Peter Evans, Nicholas Duncan Furness, et Christopher David Smith.« It’s Not All About Redislocation: A Systematic Review of ComplicationsAfter Anterior Shoulder Stabilization Surgery ». The American Journalof Sports Medicine 47, no 13 (novembre 2019): 3277‑83.

Yiannakopoulos,Christos K., Elias Mataragas, et Emmanuel Antonogiannakis. « A Comparisonof the Spectrum of Intra-Articular Lesions in Acute and Chronic AnteriorShoulder Instability ». Arthroscopy: The Journal of Arthroscopic &Related Surgery: Official Publication of the Arthroscopy Association of NorthAmerica and the International Arthroscopy Association 23, no 9(septembre 2007): 985‑90.

Zuckerman,J. D., M. A. Gallagher, C. Lehman, B. S. Kraushaar, et J. Choueka. « NormalShoulder Proprioception and the Effect of Lidocaine Injection ». Journalof Shoulder and Elbow Surgery 8, no 1 (février 1999): 11‑16.

Donnez votre avis
Votre avis est important, il nous aide à améliorer Fullphysio
1 - Ce module vous a-t-il été utile ?
2 - Quelle note donneriez-vous à ce module ?
3 - Rédigez un avis à propos de ce module (optionnel)
Merci pour votre avis 🙏 🙏
Oups, un champ semble mal renseigné...
Davantage de modules
This is some text inside of a div block.

Passez en Illimité

Passez dès maintenant en abonnement ILLIMITÉ pour accéder à ce module
Sans engagement
Déductible des frais professionnels
Nous répondons en quelques minutes

Ils utilisent Fullphysio, Ils témoignent

Peggy G.
Kinésithérapeute libérale
Je suis kiné depuis 24 ans, il est utile et indispensable de revoir les fondamentaux étayés par les nouvelles données scientifiques. Fullphysio est devenu un partenaire de travail efficace pour être toujours au top en un minimum de temps! la plateforme est facile d'utilisation, les fiche synthétisent parfaitement bien ce qui est essentiel à notre pratique quotidienne, de l'anatomie en passant par la biomécanique, le bilan diagnostic, le traitement et la bibliographie. belle et découverte et j'attend toujours avec impatience les nouveaux modules! Merci à toute l'équipe.
Emma U.
Kinésithérapeute libéral
"Fullphysio constitue une base de données forte utile que j'utilise régulièrement dans ma pratique"
Justine D.
Kinésithérapeute libéral
"Fullphysio est à coup sûr un outil qui m'est utile dans ma formation continue grâce aux quiz, vidéos, synthèses et modules"
Julien C.
Kinésithérapeute libéral
"Je suis kiné libéral depuis peu et j'ai découvert Fullphysio il y a quelques mois. Cette plateforme est constituée de superbes modules très complets et des fiches synthèses qui permettent en un coup d'œil de revoir les fondamentaux de certaines pathologies ! C'est un nouvel outil que j'utilise au quotidien, et qui m'aide à développer mes connaissances théoriques et pratiques, grâce aux vidéos de tests et d'exercices. Enfin chez Fullphysio votre voix compte ! Vous pouvez voter pour les prochains thèmes que vous aimeriez voir sortir. Merci à l'équipe de Fullphysio toujours à l'écoute, et qui nous facilite le travail au quotidien."
Marie P.
Étudiante kiné en 4ème année
"Je cherche à me préparer dès maintenant aux spécificités de ma future pratique professionnelle de kiné libéral. Fullphysio est un excellent moyen d’approfondir mes connaissances à propos de pathologies que je rencontrerai. Ce qui me plaît particulièrement dans Fullphysio est la manière dont sont élaborés les modules. Cela me permet de m’y retrouver très facilement et de me projeter de manière plus concrète dans la prise en charge de patients. De plus, toutes ces ressources sont établies à partir de données récentes et proviennent de sources scientifiques fiables."
Rémy M
Kinésithérapeute libéral
"Fullphysio m’a permis de développer beaucoup de connaissances qui étaient lointaines pour moi au niveau des pathologies ainsi qu’au niveau traitements. La qualité de l’enseignement et les exercices adaptés à chaque type de pathologie permettent un apprentissage total. Fullphysio me facilite vraiment la vie car toutes les informations sont basées sur l’évidence donc ça me permet de lire directement sans avoir à chercher par mes propres moyens. Fullphysio est une plateforme complète, interactive et très ludique avec les quiz pour se tester, l’accès aux différentes vidéos, aux différents tests qui permettent d’éliminer ou d’argumenter les différentes pathologies que peut avoir notre patient."
Arthur P.
Étudiant kiné en 4ème année
"En tant qu’étudiant en 4ème année et futur professionnel, Fullphysio m’aide à organiser mes séances, revoir mes pathologies et avoir des exemples d’exercices à adapter dans ma prise en charge avec mon patient. Je gagne beaucoup de temps avec des fiches claires et synthétiques ! On ressent beaucoup de travail derrière chaque module ! Je recommande !"
Simon G
Kinésithérapeute libéral
"Afin d’être mieux préparé à prendre en charge une pathologie bien spécifique, je n’hésite pas à consulter fullphysio.io"
Antonio B.
Étudiant kiné en 4ème année
Je suis étudiant en 4ème année, avec Fullphysio j'ai de quoi enrichir mes connaissances sur plein de sujets variés. Les modules sont hypers intéressants et à la page de l'actualité. Avec Fullphysio je gagne du temps dans mes révisions. L'équipe est très professionnelle et à l'écoute !
Julie D.
Kinésithérapeute libéral
"Fullphysio est une plateforme très pratique qui regroupe beaucoup d’informations. Elle est très bien organisée, par thème et facile à utiliser. À souligner également le chouette suivi de la part de l'équipe"
Paloma M.
Étudiante kiné en 2ème année
"Étant en seconde année de kiné et voulant compléter mon enseignement. Je m'appuie désormais tous les jours sur toutes les ressources que propose Fullphysio. Les synthèses sont complètes, simples et organisées, à l'image du site d'ailleurs. Ce qui me fait gagner un temps non négligeable ! Merci beaucoup du travail que vous fournissez."
Pierre H
Kinésithérapeute libéral
"La centralisation des informations proposée par Fullphysio m'a permis de gagner un temps précieux sur mon emploi du temps. Je pourrais difficilement m'en passer maintenant"
Émilie P.
Kinésithérapeute libéral
"Grâce à Fullphysio j’ai pu améliorer la prise en charge de mes patients très rapidement !”
Savanah H.
Kinésithérapeute libéral
“Fullphysio est devenu pour moi la façon idéale de tester et rafraîchir mes connaissance grâce aux nombreux outils mis à notre disposition"
Antoine P.
Kinésithérapeute libéral
"Fullphysio est un outil très intéressant pour tout kinésithérapeute désirant maintenir ses compétences à jour"
This is some text inside of a div block.
This is some text inside of a div block.
This is some text inside of a div block.

On nous pose souvent ces questions, on y répond !

À quelle fréquence sont ajoutées les ressources ?
Nous ajoutons de nouvelles ressources toutes les semaines. La conception de ces ressources nous demande un travail de recherche scientifique extrêmement important afin de vous fournir des contenus de très grande qualité et à forte valeur ajoutée. 

Les modules et les fiches synthèses sont les ressources qui demandent le plus de préparation. Celles-ci sont ajoutées en moyenne tous les 15 jours.
Concernant les autres ressources, celles-ci sont ajoutées toutes les semaines.
Les ressources sont-elles régulièrement mises à jour ?
Absolument ! Nous veillons à mettre régulièrement à jour toutes nos ressources afin que vous restiez à la page et à la pointe de l'actualité en kinésithérapie.
Vous devez mettre beaucoup de temps pour créer les ressources, non ?
Toute l’équipe est mobilisée pour vous proposer des ressources de très grande qualité et à forte valeur ajoutée. Nous travaillons chaque jour avec passion pour arriver à ce résultat !
Pour vous donner un ordre d'idée, pour un module et ses ressources associées, cela nous demande entre 5 à 10 jours de travail complet et 4 personnes mobilisées.

Beaucoup de travail pour nous, mais un gain de temps incroyable pour vous !
Puis-je démarrer avec un abonnement Découverte (gratuit) et passer en Illimité par la suite ?
Tout à fait ! Vous pouvez découvrir la plateforme à votre rythme avec l’abonnement Découverte qui est gratuit et passer en Illimité quand vous le souhaiterez.
Je veux souscrire à un abonnement Illimité. Comment utiliser mon code de parrainage ou mon code promo ?
Au moment où la fenêtre de paiement s’affiche vous avez simplement à cliquer sur “J’ai un code promotionnel” (voir ci-dessous) puis à indiquer votre code. La réduction sera appliquée.
Quels sont les moyens de paiements pour souscrire à un abonnement Illimité ?
Vous avez la possibilité de régler votre abonnement par carte bancaire via notre solution de paiement sécurisée Stripe.
Si je prends un abonnement Illimité mensuel, dois-je payer manuellement tous les mois ou c’est automatique ?
Votre abonnement se renouvelle automatiquement tous les mois. Vous n’avez rien à faire !
Les abonnements sont-ils vraiment sans engagement ?
Oui, les abonnements sont sans engagement. Vous avez la possibilité de résilier très facilement votre abonnement à tout moment en vous rendant sur votre Tableau de bord > Abonnement > annuler mon abonnement.
Comment modifier mon moyen de paiement ?
Rendez-vous sur votre Tableau de bord > Abonnement > Gérer mon abonnement & informations de paiement.
À qui s'adresse Fullphysio ?
Étudiants : Aux étudiants qui souhaitent gagner du temps dans la compréhension des pathologies étudiées en cours et appréhender de manière concrète les pathologies qu'ils traiteront en tant que kinésithérapeute !

Kinésithérapeutes : Aux kinés qui souhaitent gagner du temps dans la recherche d’informations essentielles à la bonne prise en charge de vos patients et qui veulent gagner en efficacité ainsi qu'en confiance dans leurs prises en charge.Aux kinés qui souhaitent perfectionner leurs compétences en permanence afin d’améliorer les résultats de leurs traitements.
NOUS SOMMES LÀ POUR VOUS !
Fullphysio, c’est une équipe à votre service !
Pour toute demande contactez-nous par email ou par téléphone :
+33 7 80 99 74 37
contact@fullphysio.io

Ou posez-nous directement une question ici !

Nous avons reçu votre demande !
Oups ! Il semblerait qu'un champ du formulaire soit erroné !